• Définitions modernes et babélisme : un “anticonclavisme” entre Palmar et Guérard ?



    Foi, communion hiérarchique, autorité et visibilité ; suite au communiqué tempéré des Mgrs da Silva et Roy

  • ⚔️ 👑 Choc des « conclaves », « duel aristotélicien » des définitions 👑 ⚔️

    ⁂ Arène du Concilium imperfectum fidèle

    Oyez, lecteur aguerri, retenez le souffle sentant le souffre : voici qu’en la mêlée doctrinale surgit un néologisme novateur et curieux — le « conclavisme ». Nous ferraillerons, en ce jour, contre la néo-Tour de Babel d’un vocabulaire mouvant, les conspirations de sacristie du cagibi et les illusions mystiques palmariennes :

    Dans le vif, nous déplierons successivement les cinq manches du combat :

    • de la Lettre Mgrs Da Silva et Roy où naquit la tempête des suspicions ;
    • aux années 1983-1986Mgr Guérard forgea le mot tandis que Mgr Musey relançait la machine ;
    • puis nous plongerons dans le cirque de Palmar de Troya, des stigmatisés aveugles aux papes-éclairs.
    • Nous examinerons ensuite les joutes sur la hiérarchie, la juridiction et le Salut des âmes avant de conclure par un refus de la Babel terminologique, ce chaos d’étiquettes où l’abus du mot tue la communion, l’unité et le vrai.

    Préparez vos heaumes : la joute promet d’éclabousser bien de la mauvaise encre. Et la satire qui trépigne ici, n’ôte rien au sérieux des questions traitées ; elle aiguise simplement notre scalpel dialectique.

    Crise d’autorité et de visibilité ? Terminologies piégeuses et Cassiciacum

    Antenna I.O. Vox Frequencia

    ☧ Sémantique qui cogne

    🪢 Cordage terminologique tendu : quiconque y bronche s’étrangle.

    BABÉLISME, n. m. : « Confusion, absence de rigueur ou d’unité… » (cnrtl.fr)


    CONCLAVE, n. m. : « Assemblée des cardinaux convoqués pour élire le Souverain Pontife « sous clef » » (cnrtl.fr)
    CONCILE, n. m. : « Assemblée délibérative d’évêques et de prélats, convoqués et réunis par un Pape, pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline et/ou de liturgie » (cnrtl.fr)
    CONCILE GÉNÉRAL IMPARFAIT (CGI), loc. : Réunion de cardinaux et/ou d’évêques convoquée en période de vacance prolongée du Siège apostolique (par hérésie ou empêchement grave), afin de constater la déchéance d’un pseudo-pape et/ou de procéder à une élection papale en l’absence de possibilité de convocation pontificale légitime.


    ANTI-CONCLAVISME, n. m. (néologisme) : chez Mgr Guérard des Lauriers, ce serait une tendance de fidèles ou d’évêques privés de siège à élire ad hoc un Pape un Concile, hors du collège cardinalice.
    ANTI-NÉO-CONCLAVISME, n. m. (encore plus néologisme…) : chez les fidèles médiocres modernes, tendance à confondre, non sans facilité, la position dudit CGI avec la follie mystique du Palmarisme espagnol.

    ☩ Anciennes leçons conflictuelles

    C.G.I.

    « En d’autres termes, le R.P. McKenna et moi-même, nous engageons à ne favoriser en aucune façon, voire à combattre ouvertement, s’il le faut, une tendance encore latente qui va s’affirmant de plus en plus, qu’on peut désigner sous le nom de “conclavisme“.
    Les tenants ou instigateurs (notamment Mgr Musey et Mgr Vezelis en Amérique ; et, en Allemagne, le groupe d’Einsicht) de cette tendance visent, par des procédés divers et convergents, à susciter un mini-Conclave dont l’élu se trouverait ipso facto constitué le chef visible de l’Église militante.
    Nous disons non au Conclavisme : materialiter tantum, parce que Mgr Wojtyla est encore, apparemment et malheureusement, “pape” materialiter.
    Et nous disons non, surtout, c’est-à-dire formaliter et simpliciter, parce que, dans l’Église, NON EST SESSIO NISI A SOLO DEO. »

    Mgr Guérard des Lauriers, lors du sacre de McKenna, à Raveau en France, le 22 août 1986

    « Eh bien, nous dit saint Robert Bellarmin dans son ouvrage classique De conciliis et Ecclesia, I, c. 14, par les évêques de l’Église. En cas de vacance de la papauté à cause de l’hérésie, il leur appartiendrait de se réunir, dit-il, en Concile général – quoique « imparfait » – à cette seule fin, à savoir « fournir à l’Église une tête [visible] ». Pourquoi ne tenez-vous pas compte non plus de cette grande autorité ? »

    Mgr George Musey, « Lettre ouverte à Mgr Lefebvre » publiée in. Bulletin du Sacré-Cœur, en novembre 1983 [traduction depuis l’anglais].


    PALMAR

     « Alors moi, je ne suis pas du tout conclaviste (…) Il faut que le concile soit œcuménique. (…) Or, aujourd’hui, ces braves évêques de Palmar de Troya, ils n’ont pas fait un Concile œcuménique, ils ont fait un Pape entre-eux, dans leur coin, c’est absurde ; ça ajoute à la confusion. »

    Maxence Hecquard, conférence « Les origines d’une crise annoncée dans la Sainte Écriture » vers 1:53:07, Rennes, le 26 mai 2024 (sa conférence impliquée YT, son livre concerné CSRB) — l’auteur se défendait de promouvoir la thèse d’un CGI (?) par ladite juridiction universelle chez Dom Gréa.

    Σ Plan par manche

    Chapitres
    🏟 I. Lettre Da Silva & Roy : la tempête des suspicions
    🕍 II. 1983-1986 : Guérard forge le mot, Musey relance la machine
    🔥 III. Palmar de Troya : du stigmatisé aveugle au pape éclair
    ⚖️ IV. Hiérarchie, juridiction et salut des âmes : qui tient la clef ?
    🧩 V. Babel terminologique : quand l’étiquette tue la communion

    🏟 I. Lettre Da Silva & Roy : la tempête des suspicions paranoïaques

    En face, le Tradistan est paranoïaque

    En raison de l’océan d’incompréhensions et de déshonnêtetés, de nos jours, on se cabre : un communiqué daté de l’Octave du Cœur Sacré de Jésus, ce 4 juillet 2025, signé par LL. EE. (« Leurs Excellences ») Mgrs Rodrigo Ribeiro da Silva et Pierre Roy, surgit comme un clairon dans la nuit.

    Ces deux évêques, déjà liés par le sacre de São Paulo en 2024, y dénoncent la psalmodie de leurs calomniateurs semi-privés, rappellent que ladite « hiérarchie moderniste romaine actuelle » n’est point l’Église catholique et, surtout, revendiquent le droit/devoir pour les évêques restés fidèles de se réunir, afin de panser les plaies, en ces temps de vacance effective du Siège apostolique.

    Communiqué important de LL. EE. Mgr Rodrigo da Silva et Mgr Pierre Roy :

    « Nous,
    Mgr Rodrigo Ribeiro da Silva,
    Mgr Pierre Roy,

    Suite à des controverses nous concernant, mais auxquelles nous n’avons eu aucune part, et afin de mettre un terme aux rumeurs, déclarons ce qui suit :
    • que nous n’avons pas fait et n’avons pas l’intention de faire l’apologie du « conclavisme » ;
    • qu’il ne nous appartient pas de décider individuellement de ce qui doit être fait pour porter remède à la situation présente de l’Église ;
    • que nous considérons la hiérarchie de la secte conciliaire comme n’étant en aucune manière la véritable hiérarchie de l’Église catholique ;
    • que les évêques restés fidèles à la Foi ont le droit et le devoir de se rassembler pour réfléchir ensemble à la situation présente de l’Église ; à cette assemblée, quand Dieu permettra qu’elle voie le jour, il appartiendra de se prononcer sur ce qui peut ou ne peut pas être fait pour porter remède à la crise que traverse l’Église ;
    • qu’une telle assemblée devrait inclure l’unanimité morale des évêques de la Tradition catholique ;
    • qu’en attendant, il est parfaitement légitime de discuter paisiblement de la situation de l’Église sans subir les pressions des uns et des autres ;
    • que les évêques catholiques ne peuvent pas s’exonérer d’avoir le souci de l’Église universelle ; ils ne peuvent par conséquent ne se soucier que de leur troupeau individuel, former chacun sa propre secte et refuser la communion qui doit exister entre les membres de l’Église ; refuser la communion et vouloir n’avoir aucun contact avec les autres membres de l’Église pour de simples désaccords théologiques ou personnels est en effet un péché grave contre la Charité qui doit unir les membres de l’Église ;
    • que si une quelconque juridiction, qui ne peut disparaître de l’Église et quelle que soit sa nature, doit encore exister aujourd’hui, elle ne peut appartenir qu’à ceux qui sont restés fidèles à la Foi Catholique.

    Nous demandons à tous, et en particulier aux inquisiteurs autoproclamés, de s’abstenir de parler en notre nom sans avoir nullement vérifié auprès de nous leurs assertions.

    Habités par le souci de l’unité catholique, nous implorons l’Esprit-Saint d’unir les cœurs de tous les clercs afin de démontrer en pratique cette unité et de faire face ensemble à la fureur de l’apostasie du monde moderne qui trouve sa manifestation évidente dans la secte conciliaire.

    Avec l’assurance de nos prières et de notre sollicitude,

    En l’Octave du Cœur Sacré de Jésus, le 4 juillet 2025, »

    — Mgr Rodrigo Ribeiro da Silva
    Mgr Pierre Roy

    La missive, rédigée sur un ton tour à tour suppliant et martial, vise les agitateurs qui, d’un mot-épouvantail — « conclavisme » — cherchent à ligoter toute concertation d’évêques fidèles. Elle pointe, sans les nommer, certains disciples de la thèse dite Cassiciacum :

    En effet, ceux-là mêmes qui voient dans l’étiquette « conclave » un danger universel, et préfèrent, par un paradoxe criant, la juridiction fantomatique de clercs materialiter hérétiques à la prudente collégialité d’évêques demeurés catholiques. La lettre s’achève sur une imploration à l’Esprit-Saint : que s’unissent les cœurs pour affronter la fureur de l’apostasie contemporaine. latinmassmaritimes.org

    Dans les heures qui suivirent, certaines chancelleries traditionnelles frémirent. On vit fleurir, dans la nasse numérique, critiques, éloges, clins d’œil ironiques. Et certains, comme nous, y trouvèrent une bouffée d’air salubre dans ce marasme ambiant.

    Nous, rédacteur de la Straße (!), constatons surtout que ces deux évêques osent rappeler la dimension universelle de l’épiscopat : ils ne sauraient se limiter à leur glèbe locale quand la Barque toute entière semble tanguer. Le fiel des vile scribes, à rebours, confirme involontairement la pertinence de l’initiative : car si l’on crie si fort, c’est que le coup a porté !


    🕍 II. 1983-1986 : Guérard forge le mot, Musey relance la machine

    « Faut pas confondre identité de Pape materialiter
    et expression de Pape formaliter »
    #LeTransexualismeDuDogme...

    Remontons de quatre décennies : en 1983, Mgr Musey, évêque de nationalité américaine et d’origine libanaise, sacré par Mgr Ngô-Đình Thục, adresse à Mgr Lefebvre une lettre-torpille sur la nécessité d’un Concile général imparfait. Là gît l’étincelle : l’idée qu’un aréopage d’évêques puisse remédier — per se, in solidum — à la vacance prolongée du Siège s’inscrit noir sur blanc — il en était de même pour Mgr Vezelis, formé par les successeurs du Père Saenz y Arriaga.

    Trois ans plus tard, le dominicain français Michel-Louis Guérard des Lauriers — déjà auteur de la thèse Cassiciacum — sacre à son tour Mgr Robert Mc Kenna — proclamant sa thèse, par la même occasion, comme un quasi-dogme — et, dans la même foulée, invente le terme conclavisme — en tant qu’horreur absolue, à l’instar du mot fascisme pour la gauche. Sous sa plume, ce néologisme devient anathème d’avance, massue rhétorique : il désigne toute tentative, par des évêques dits traditionalistes d’élire un Pontife sans l’ombre d’un « cardinal materialiter« . Sodalitium

    Or cette définition, taillée sur mesure, souffre de deux lacunes béantes. D’abord, elle confond l’élection proprement dite avec la préparation concertée : échanger et coordonner n’est point élire. Aussi, un « conclave » se fait avec des cardinaux — et en privé —, or, ils sont tous modernistes aujourd’hui…
    Ensuite, elle méconnaît la l’autorité épiscopale en tant de flou et d’absence : si ces évêques ne possèdent plus aucune portion de l’autorité du Christ, en cas de vacance, alors le Corps serait décapité/absorbé/supprimé. Ils gèlent le catholicisme dans une léthargie mortifère !

    La réaction de Mgr Musey, avec sa reprise en main de 1985 à la CMRI se structurant, fut de rappeler que l’Église n’est pas un club de théologiens doubles : quand l’urgence commande, les évêques ont mission de sauver les âmes, de coordonner les fidèles, et quitte à tenir : Concilium sine papa, Concilium per papam.

    Ainsi, entre 1983 et 1986, se scellent les deux pôles que nous voyons encore s’affronter : d’un côté, l’attentisme figé de la lettre guérardienne ; de l’autre, la « dynamique museyenne » d’un concile réorganisateur.

    Viva la prochaine diaconesse-Papesse trans-materialiter !

    Chronique de rappels au Tradiland lors des années 1980 :

    • 1983 : lettre de Mgr Musey sur le Concile général imparfait à Mgr Lefebvre
    • 1984 : Mgr Thuc semble avoir été récupéré par les autorité conciliaire, sans doute sous pression.
    • 1985: Mgr Musey reprend et réordonne de façon généralisée la CMRI
    • 1986 : Mgr Guérard procède au sacre de Mgr Mc Kenna et invente le terme conclavisme pour dénoncer les partisans d’un Concile général imparfait.
    • 1988 : sacres dits sans mandat par Mgr Lefebvre, le faisant basculer d’un même coup « Non Una Cum » Wojtyla selon le père Épiney.

    Les abbés IMBC, singulièrement Francesco Ricossa et Jocelyn Le Gal, ne font que reprendre le flambeau de leur maître en pensée. C’est ce qui fait des guérardiens des agitateurs, à la virulence et la véhémence mal placées.

    On vend sa thèse comme d’autres vendent des cravates aux marchés aux puces !

    🔥 III. Palmar de Troya : du stigmatisé aveugle au pape éclair

    De la double innovation (guérardisme, "anticonclavisme")
    à l'innovation simpliste par-dessus le marché (anti-palmarisme)

    Une rumeur andalouse fait « d’apparition mariale » en 1974, des larmes lacrymales et puis soudain, en l’été 1978, « l’aveugle stigmatisé » Clemente Domínguez y Gómez — sacré par Mgr Thuc en 1975 suite à des recommandations d’Écone… — se proclame « Grégoire XVII », transférant – prétend-il – le Siège apostolique d’Urbs à El Palmar de Troya. Sous prétexte de révélations mystiques privées, le pontife de « l’église palmarienne » dit canoniser, dès septembre, Jean XXIII et Paul VI, faisant d’eux, selon son propre rite, des saints palmaro-romains… ; il poursuivra ces canonisations le 24 octobre 1978, dans un élan d’auto-légitimation frisant la pantalonnade. palmarianchurch.org

    Ce « chef d’œuvre » d’ecclésiologie personnelle ne s’arrête pas là, car le ridicule ne tuant point : le 9 octobre 1983, l’apostolique constitution palmarienne (lol) promulgue la messe de cinq minutes – trois segments industriellement expédiés (offertoire, consécration, communion : prières au bas de l’autel supprimées, lecture expédiée, canon considérablement abrégé, pas de sermon et communion debout ou rapide…), destinés à enchaîner les messes « en série » afin, dit-on, de combler la « déperdition sacramentelle » dans le monde. magnuslundberg.net Wikipédia

    La dramaturgie atteint son comble : une juridiction autoproclamée, des conciles locaux, un code liturgique taillé sur mesure, le tout scellé par l’hyper-autoritarisme d’un pape-éclair. Ainsi voit-on comment le babélisme mystique peut enfanter, du jour au lendemain, une hiérarchie-miroir clownesque plus prompte à canoniser le modernisme qu’à incarner universellement. À Palmar, la « figure pontificale » cesse d’être le roc pétrinien pour se muer en gageure publicitaire.

    À rebours des fantasmes — pour le coup — post-guérardiens, Palmar n’est pas le fruit d’une doctrine partisante du « CGI », mais surtout un mysticisme crypto-moderniste improvisé, domestique, errant ; c’est ici, et dès l’origine, la gnose paroxystique et visionnaire d’un seul. D’ailleurs, la construction de ce mythe ressemble furieusement au « miracle » qu’attendent éperdument des traditionalistes de toutes sortes.
    D’où l’inanité de l’odieux amalgame : assimiler la réunion d’évêques Sede vacante à cette farce andalouse relève d’une manœuvre captieuse, destinée à museler toute collégialité catholique réelle.


    ⚖️ IV. Hiérarchie, juridiction et salut des âmes : qui tient la clef ?

    Dans l'Église l'autorité est hiérarchique. Elle s'y reçoit hiérarchiquement ! Du haut vers le bas :
    Du Christ au Pape, et aux évêques par dévolution en l'absence de Pierre ou de cardinaux

    Face à la vacance prolongée, deux tentations se dressent : le fétichisme du conclave cardinalice-moderniste – « sans cardinaux, point de Pape » – et son opposé lunaire, le pape-garagiste bricolé dans l’arrière-cour d’un pseudo-visionnaire.
    Entre ces deux écueils, s’ouvre la voie étroite d’une collégialité épiscopale responsable : les successeurs des Apôtres, même privés de Siège territorial, demeurent ordonnés ad totam Ecclesiam.

    La consécration épiscopale confère le triple munus de sanctifier, enseigner et gouverner, lequel ne peut s’exercer que dans la communion hiérarchique avec la tête (quand présente) et les membres du collège. Ainsi, il n’en reste pas moins que les évêques participent, par ontologie sacramentelle, à la sollicitudo omnium Ecclesiarum : ils portent, dans leurs épaules baptismales, la charge universelle des âmes.

    Et, en droit divin, la dimension épiscopale précède l’institution cardinalice médiévale-tardive ; les cardinaux sont électeurs de iure humano, par droit écclésiastique, l’épiscopat est de fondation chrétienne, apostolique.

    Nous avons la Foi, "eux" l'autorité, les cojones...

    Ainsi se dissipe la hantise guérardienne scindant Foi et Autorité en deux : délibérer entre évêques n’est pas usurper, c’est exercer l’acuité doctrinale requise pour « veiller au salut des âmes », fin suprême du droit canonique. Également, les juridictions dites « matérielles » – pistonnées par un pape fantôme – tantôt moderniste, tantôt un cardinal Siri ou un Montini Paul VI retenu dans les géôles vaticanes — ne sauraient abroger le devoir grave de tenir à termes un CGI.
    Faute de quoi, l’on remet entre les mains d’apostats la création de cardinaux fictifs et cadavériques, comme si le Christ avait promis l’indéfectibilité non à son Église, mais à sa caricature moderniste.

    Le guérardos s’auto-ruine en n’assumant pas l’autorité : car, dans ce cas, au nom de quoi l’écouter lui plutôt qu’un autre ?

    La vraie question n’est donc pas : « Qui élira ? », mais « Qui osera se rencontrer ? » d’abord. Tant que les évêques catholiques se traiteront mutuellement d’« anticonclavistes » ou de « conclavistes » à tour de bras, la barque restera en rade, et les fidèles, détraqués et abandonnés à la houle sectaire, se demanderont quelle clef ouvre encore la porte du Salut

    Que l’on se souvienne : le pasteur – fût-il évêque de Rome ou simple évêque – est institué pour édifier et non pour édulcorer. Par leur consécration, les évêques possèdent la clef de voûte : alors, qu’ils cessent de la cacher sous le boisseau des polémiques, s’arment de hardiesse et de foi, et qu’ils la tournent ensemble pour rouvrir aux fidèles la cité de Dieu.

    Le Concilium imperfectum est la seule vraie paix, tout le reste n'est qu'llusions,
    romans de gare mystiques et autres fadaises amphigouriques

    🧩 V. Babel terminologique : quand l’étiquette tue la communion

    À rebours de la Pentecôte, Babel engourdit nos langues ! Ces hasards sémantiques trahissent un temps où l’on préfère vaguement classer que comprendre :

    Chaque camp forge son argot, sa marque déposée…, afin de prétendre excommunier le voisin le plus similaire, par des formules incantatoires, et sans joute préalable. À peine l’on profère « conclavisme » que l’assemblée frémit, sortez « anticonclavisme », et c’est la banquise qui se fige !

    Or le mot, mal dégrossi, dissimule trois réalités modernes, distinctes sinon opposées :

    • L’anticonclavisme fantasmé — monstre hybride que l’on assimile, pêle-mêle au palmarisme, au pape caché Siri, ou au garage paroissial.
    • L’anticonclavisme dogmatisé — réflexe défensif qui postule qu’aucun évêque ne saurait même discuter ensemble d’une issue.
    • Le *concile authentique — assemblée d’évêques restés fidèles dont l’Église fait un moyen, pour perpétuer son Essence.

    Dans ce vacarme, le pauvre fidèle se trouvent orphelins d’une parole univoque et n’obtient guère réponse à ses craintes : les uns crient au schisme — comme on beugle au viole —, dès qu’un évêque serre la main d’un frère d’égal dignité ; les autres imaginent que Notre-Seigneur, las d’attendre, parachutera demain un pontife complet, naissant dans les choux comme les enfants mâles. Pendant ce temps, la vraie question demeure, masquée sous les décombres verbeux.

    Il nous faut donc, avant toute théologie appliquée, une purification du vocabulaire, sur laquelle on peut s’entendre sans voile.
    Nommer clairement la vacance, décrire précisément les droits résiduels de l’épiscopat, rappeler la finalité et ranger au grenier ces étiquettes à usage polémique qui gangrènent la charité. Sans quoi l’on perpétuera cette farce noire de cabaret, où l’on se damne pour un mot, tandis que les sacrements se raréfient et que l’erreur se faufile, quasi-triomphante.

    Chacun se donne sa propre définition d'un terme,
    et même parfois on ne définit pas avant de parler : c'est babel !

    🛎 Gong final : sentence par KO

    Si les fascismes sont le courage de l'Europe, alors ledit conclavisme est sursaut de la Tradition

    La confusion des langues est l’arme préférée du malin, faisant bégayer la vérité jusqu’à la rendre méconnaissable. Souffrez donc, Abbés et Monseigneurs, que vos plumes cessent de gifler les nuages pour enfin toucher terre sanctifiée : qu’une réunion s’esquisse, qu’un dialogue s’ouvre, qu’un plan se dresse.

    En temps de « confusion classique » un Concile est un grand remède, en l’absence de Pape, il devient héroïque, et dit imparfait. Rien ne sert en effet de crier « conclaviste ! » ou « anticonclaviste ! » : l’Église n’est point un ring de slogans, mais l’Arche du salut. Quiconque clame « Babel ! » sans définir trahit déjà la Vérité qu’il prétend défendre.

    Il est évident que nous voulons uniquement demeurer catholique romain, fut-ce de façon « intransigeante », et cela, sans nous voir affubler d’horribles mots repoussoirs tels que traditionaliste, sédévacantiste ou conclaviste.

    Gong, rideau ; à bon entendeur, salut.

    Nota Bene en vrac :

    • Ces controverses trouvent écho dans les cercles lefebvristes, il nourrit, in fine, la querelle qui mène aux sacres de 1988.
    • Que la joute s’émoustille encore en 2025 prouve que la plaie n’est pas refermée : le vocabulaire, tel un sépulcre blanchi, cache toujours le nerf à vif de l’autorité.
    • Avec un tel « milieu » la foi ne respire plus la vigeur d’autrefois, et entre « l’apostolat sédévacantiste » (sic) d’un Crux Joachim, tirant une tronche de croc-mort, et un Matthieu Lavagna, sympathique et présentant bien, il n’est pas si étonant que des gens préfèrent « se rallier » directement !

    📚 Pour approfondir

    • Magnus Lundberg, The Palmarian Order of Mass, 2017.
    • Controvérsia Católica, « Entretien avec Mgr Pierre Roy », 6 janv. 2024.
    • CNRTL, entrées Babélisme & Conclave (ressources lexicales).

    La Rédaction


    🥊 Nos articles de la Straße

    Pourquoi l’Église convoque-t-elle des conciles ? Les Sièges vacants ipso facto et les conciles généraux parfaits et imparfaits

    Quand Mgr Guérard des Lauriers invente le terme de conclavisme, pour mieux le combattre…

    Étude Palmar de Troya — Palmarisme mystique, crypto-modernisme et conclavisme lunaire

    Le sociabilisme “NUC” guérardien : pourquoi cette thèse est étrangère à la Tradition catholique

    Hegel entre l’Europe et les Amériques catholiques — et sa réception ciblée chez Joseph Mérel

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    Quelques comptes-rendus des journées à Catholiques de France 2025

    Le canoniste Naz et la théologie canonique, puis le conflit entre Mgrs Lefebvre et Guérard des Lauriers

    Itinéraire nationaliste-catholique de deux figures italiennes : Alessandro Manzoni (poète national) et Cesare Balbo (néo-guelfe pro-pontife/monarque)

    Les trois lois de la vie selon le Dr. Alexis Carrel : conserver, propager, élever

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    Extraits sur l’Église et la fausse autorité – Mgrs Roy et Pivarunas

    Sacres épiscopaux sans mandat romain : le précédent historique d’une vacance prolongée de 1268 à 1271 à la lumière de l’Aquinate

    CRUX Abdel-Joachim (II), platiste “formaliter” au croc pointu, reparaît avec l’écuelle des “damnés” : Ab. Zins, Reynouard et moi-même

    Mgrs Da Silva & Lefebvre sur ladite sédévacance, l’ »épiscopat » & la question du conclave

    Quand et comment pourrions-nous retrouver un véritable Pape ? (Mgr Pierre Roy)


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  • 12 commentaires




    En terme de théologie dogmatique, qu’est-ce qui conférent l'Autorité légitime ?...


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    Dans l'Église l'autorité est hiérarchique. Elle s'y reçoit hiérarchiquement.


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