• Itinéraire nationaliste-catholique de deux figures italiennes : Alessandro Manzoni (poète national) et Cesare Balbo (néo-guelfe pro-pontife/monarque)



    🇮🇹 Un écho réparateur avec Vincenzo Gioberti ? Entre piété et patrie, au service de l’Italie

  • Pour le patriotisme trinitaire : langue, autel, sang

    ⁂ Arène du tricolore bénit

    Ô lecteur, arpentez ici deux chapitres – vifs, pénétrants, au souffle providentiel – où l’esprit catholique et ledit sentiment national s’unissent pour réclamer l’âme d’une nation.
    Ces deux figures du XIXème siècle, ni tribuns révolutionnaires, ni adversaires de l’Église, incarnent une voie mesurée, traditionnelle et conservatrice, refusant à la fois la radicalité jacobine et la théocratie spéculative de Vincenzo Gioberti.

    En effet, Alessandro Manzoni et Cesare Balbo, lors du Risorgimento, en sa version catholique prudente, ne connurent point de conflits notables avec l’Église catholique : bien au contraire, ils demeurèrent fidèles au cadre doctrinal, moral et ecclésiologique romain, à rebours de Vincenzo Gioberti, dont les propositions opinionistes dans une confédération italienne frisaient la théocratie gallicane teintée de « nationalisme clérical ».

    Si Manzoni conserva toute sa vie une piété sobre et orthodoxe – sans trouble avec le magistère –, Balbo, quant à lui, aristocrate piémontais, se fit le chantre d’un néoguelfisme diplomatique favorable au Piémont mais respectueux du Saint-Siège.
    En revanche, leur catholicisme fervent et leur rejet du jacobinisme — maquillé de sauce tomate ! — les opposèrent aux républicains-laïcs-bourgeois-libéraux-maçons, à la révolution carbonarienne et aux éléments les plus radicaux du Risorgimento (Mazzini, Garibaldi, Cavour), qui jugeaient leur modération et leur foi anachroniques.
    Ainsi, ni adversaires de l’Église, ni tribuns subversifs, Manzoni et Balbo incarnèrent une voie italienne conservatrice, chrétienne et patriote, et plus prudente que celle d’un Gioberti, dont les excès spéculatifs et « crypto-libéraux » finirent par irriter à la fois Rome et Turin — Turin étant la première capitale à ce moment-là.

    Manzoni : Le livre de Misciatelli sur Le Fascisme et les Catholiques, Manzoni est cité en tant qu’auteur de « Les espérances de l’Italie », et tout le « nationalisme catholique » est en germe avec lui. Gioberti

    Gioberti : il était un libéral et a fini par abandonner le Pape pour la maison de Savoie, hautement suspecte sous Victor-Emmanuel II. Son livre « Del rinnovamento civile d’Italia » publié en 181, finira à l’Index l’année d’après ; tandis que Pie IX évite toute compromission, afin de conserver les États catholiques en Europe.

    ALLEGRO !

    Antenna I.O. Vox Frequencia


    ☧ Lexique de cogneur

    • RISORGIMENTO : mouvement historique pour l’unité italienne au XIXᵉ siècle, mêlant aspiration patriotique et refondation institutionnelle.
    • NÉO-GUELFISME : concept politique religieux cherchant à associer le pouvoir pontifical et monarchique dans une union tempérée.
    • PIÉTÉ SOBRE : attitude dévote, dénuée d’excès, respectueuse du magistère et de la liturgie authentique.
    • CARBONARISME : mouvement semi-secret libéral-républicain, opposé à la modération guelfe et à la Papauté.

    ☩ Ancienne école létale

    « Quand l’impresa d’indipendenza a duré treize siècles, elle devait durer encore treize autres, ou vingt-six, ou l’infini, sans jamais s’achever, il faudrait néanmoins la poursuivre avec espérance ; car c’est le devoir de toute nation ; il vaut mieux une nation poursuivant cette entreprise au sein d’une servitude interminable qu’une autre qui s’y accommoderait et s’en consolerait. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, Capo VIII, p. 101 (éd. Capolago, 1844) (it.wikisource.org)

    « Mais j’aime plus que Dante encore cette Italie qu’il aima, fût-ce en se trompant ; instruit par cinq nouveaux siècles, j’aime, par-dessus tout homme et toute chose italienne, l’Indépendance d’Italie. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, Capo VII, p. 72 (it.wikisource.org)

    « Le remède dont disposent les nations chrétiennes, et dont les antiques étaient dépourvues, c’est l’Église chrétienne ; incorruptible en soi, elle suffit à les préserver de la corruption mortelle, à conserver la vertu, l’opérante operosità cristiana qui restaure. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, Capo VII, p. 61(it.wikisource.org)

    « Grégoire VII et tous les siens furent les guérisseurs d’une Chrétienté corrompue en général, mais de l’Italie plus corrompue encore en particulier ; de la restauration de la discipline à Rome découla, presque comme par nécessité, l’Indépendance italienne. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, p. 63 (it.wikisource.org)

    « Et il en résulte cet enseignement : la Vertu engendre l’Indépendance ; et cet autre encore : nul, peut-être, n’influe autant sur les vertus nationales que les ecclésiastiques. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, Capo VII, p. 63 (it.wikisource.org)


    « Una nazione dove siano in vigore vari idiomi e la quale aspiri ad avere una lingua in comune, trova naturalmente in questa varietà un primo e potente ostacolo al suo intento. »
    « Une nation dans laquelle coexistent plusieurs idiomes, et qui aspire à posséder une langue commune, trouve naturellement dans cette diversité un premier et puissant obstacle à son dessein. »
    Alessandro Manzoni, De l’unité de la langue et des moyens de la diffuser, rapport au ministre B. Bonghi (1868)


    Σ Plan d’attaque par manche

    1. 📖 I. Alessandro Manzoni – la conscience catholique du poète-nation
    2. 🏛 II. Cesare Balbo – l’ingénieur politique d’une Italie pontificale

    I. Alessandro Manzoni – la conscience catholique du poète-nation

    📜 Poésie, Foi et unité

    En Manzoni s’incarne l’union sacrée entre Verbe poétique et vocation nationale. Poète élevé dans les canons de la foi catholique, nourri de la pensée augustinienne, il pressent que toute régénération politique ne peut éclore sans un humus spirituel enraciné. Sa poésie, sans être simple effusion romantique, cette verve devient imprécation patriotique. C’est ainsi que dans Marzo 1821, il prophétisait.

    En ses strophes se trouve la quintessence de ce patriotisme trinitaire cristallisé dans la foi. Il propose une unité organique, enracinée dans l’ethnie, la religion et la langue commune. Puis, il s’élève contre les fragments dialectaux, cette Babel contemporaine.

    🛡 La tempérance contre le jacobinisme

    Jamais Manzoni ne sacrifia l’orthodoxie de la Foi et de ses idées aux idoles modernes. Sa piété, sobre et rigoureuse, ne s’encanailla point dans les brouillards de la libre pensée ni dans les fièvres sanglantes. Il répudie les Carbonari, les républicanismes impies, et garde intacte la déférence au Saint-Siège. Cette fidélité explique qu’il soit reconnu comme une des voix catholiques les plus pures du Risorgimento.

    Son œuvre, et notamment La Pentecoste, exalte l’Église comme image visible de la Cité céleste, témoin du Sang incorruptible : la poésie s’érige ici comme dogme en strophe, évangélisation par les vers. Manzoni, sans clamer d’utopie, s’affirme bâtisseur d’une conscience nationale catholique.

    Trois paragraphes poétiques clés

    « Han giurato : Non fia che quest’onda
    Scorra più tra due rive straniere ;
    Non fia loco ove sorgan barriere
    Tra l’Italia e l’Italia, mai più ! »
    — Alessandro Manzoni, Marzo 1821, strophe I, v. 5-8 (1821)

    « Una gente che libera tutta,
    O fia serva tra l’Alpe ed il mare ;
    Una d’arme, di lingua, d’altare,
    Di memorie, de sangue et de cœur. »
    — Alessandro Manzoni, Marzo 1821, strophe III, v. 29-32 (1821)

    « Madre de’ Santi, immagine
    Della Città superna ;
    Del Sangue incorruttibile
    Conservatrice eterna … »
    — Alessandro Manzoni, La Pentecoste, Inni sacri (1812), strophe I

    II. Cesare Balbo – L’ingénieur politique d’une Italie pontificale

    Pour le retour d'une Italie pontificale et d'une monarchie nationale tempérée,
    conduite par une aristocratie cultivée

    👑 Aristocratie et catholicisme politique

    Homme de plume et d’État, le Piémontais Cesare Balbo conjugue noblesse d’intention et justice politique. Il n’idolâtre point la république, ni ne sombre dans l’adoration servile des monarchies absolues. Il propose un modèle : une Italie confédérée, défendue par la Maison de Savoie, unifiée par les libertés chrétiennes, soucieuse de l’autel romain.

    Ce n’est point chimère spéculative, mais plan mûri, mû par un sens théologique de l’histoire : Balbo lit l’histoire sous le prisme providentiel : l’Église comme levain régénérateur. Il oppose cette foi agissante au cancer jacobin à la sauce pesto

    Il posera les jalons d'un nationalisme qui prépara le terrain au XXème siècle
    et à ses militants-théoriciens tels que Enrico Corradini ou Benito Mussolini.

    ⚖️ Néoguelfisme et politique vertueuse

    Balbo réhabilite effectivement la fonction spirituelle des ecclésiastiques dans la genèse des vertus publiques.

    Ce point est capital : la nation, pour être, doit être morale ; pour être morale, elle doit être chrétienne ; pour être chrétienne, elle doit vivre en amitié avec l’Église et son sol. Ce trépied fonde tout l’édifice balbien, contre celui babélien !

    À rebours de l’imprécateur Mazzini et du gallicanisé Gioberti, Balbo conçoit une confédération à visage national-catholique, une Italie une par l’altare et la Chiesa, libre par ses communes, forte par sa monarchie, fidèle par son alliance au Siège apostolique véritable.

    L'auteur n'est pas à confondre avec Italo Balbo — auquel il fait écho par son nom —,
    lequel est issu de l'époque squadriste et fasciste !
    👑 Aristocratie 🎓

    « …Reconnu par nombre de bons esprits, si je ne m’abuse, par cette cour, par cette chancellerie, par cette aristocratie viennoise, laquelle n’est pas seulement très noble et très élégante, mais encore très civilisée et même cultivée ; et il est surtout reconnu par l’aristocratie et par toute la nation hongroise. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, éd. Firmin-Didot, Paris, 1844, p. 47. (moodle2.units.it)

    « La maxime rustique de ne pas mettre la charrette avant les bœufs est d’autant meilleure en politique : il faut songer aux conducteurs avant au char conduit ; ainsi à l’ordre nouveau à établir avant de renverser l’ancien… »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, cap. II, éd. Capolago, 1844, p. 15. (it.wikisource.org)

    ✙ Catholicisme politique

    « Si les Espérances que nous avons exposées pour notre patrie demeuraient isolées, si nous n’attendions qu’un progrès de vertu et d’opinion dans notre peuple, un progrès d’union entre le peuple et les princes, un progrès d’indépendance pour toute l’Italie, sans en espérer de semblables, voire de plus grands encore, pour l’ensemble de la chrétienté, toutes ces Espérances nous sembleraient à nous-mêmes bien peu solides… »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, cap. XIII « Il progresso cristiano presente », éd. Tipografia Elvetica, Capolago, 1844, p. 354. (it.wikisource.org)

    ⚔️ Monarchie italienne

    « Je croirais que le premier et le plus fréquent des songes conçus alors fut celui d’une monarchie embrassant toute la péninsule, d’un Royaume d’Italie. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, cap. II, éd. Capolago, 1844, p. 16. (it.wikisource.org)

    🏰 Néoguelfisme

    « Mais laissons ces antiques projets : le Prince de Machiavel, le Pape des Guelfes, l’Empereur des Gibelins, et la monarchie de Dante ; tous ne furent guère plus que des songes en leur temps, et ne sont plus aujourd’hui que des songes surannés. »
    — Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia, cap. II, éd. Capolago, 1844, p. 16. (it.wikisource.org)

     ✠ Papauté

    « …Dans l’août on vit mourir le pape Borgia. […] On dit qu’Alexandre VI institua la censure ecclésiastique des livres; il ne fit qu’en étendre l’application aux ouvrages imprimés. »
    — Cesare Balbo, Storia d’Italia dalle origini fino ai nostri giorni, Livre VII, chap. III « Alessandro VI papa », éd. Le Monnier, Florence, 1846, p. 13. (it.wikisource.org)


    🛎 Sentence par KO

    Nationalité, théocratie, fédéralisme & Constitution ?

    Ainsi, nous constatons que Manzoni et Balbo ont incarné une synthèse équilibrée — contre le néo-nationalisme de gauche — et fondée sur trois vertus fondamentales :

    • Un patriotisme inlassable ;
    • Une foi catholique ;
    • Une doctrine politique.

    Quand bien même Gioberti aurait exalté une primauté morale papale, ces deux figures porte, à rebours, une voie harmonieuse où le Trône et l’Autel concourent au ciment d’une patrie sanctifiée, lucide, coopérante.

    Retrouvons spiritualité et civisme, alors la clef de la renaissance nationale et morale seront !

    « L’amour que je porte à l’Italie… Rien, à mon sens, ne contrarie davantage son relèvement que les doctrines outrancières et l’activité de leurs propagateurs… »
    — Vincenzo Gioberti, Del primato morale e civile degli italiani, Partie I, chap. IV, p. 3. (it.wikisource.org)

    « Le Christianisme a embelli, anobli, sanctifié la monarchie, la ramenant à ses principes et la dépeignant comme une paternité sociale… »
    — Vincenzo Gioberti, Del primato morale e civile degli italiani, Partie I, chap. IV, p. 8. (it.wikisource.org)


    📚 Pour approfondir

    • Le Fascisme et les Catholiques – Piero Misciattelli (Reconquista Press)
    • Vincenzo Gioberti, Del primato morale e civile degli italiani (1843)
    • Cesare Balbo, Delle speranze d’Italia (Capolago, 1844)
    • Alessandro Manzoni, Del­l’unità della lingua e dei mezzi di diffonderla (1868)
    • Telegram : Intégralisme organique — https://t.me/francenatio

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