• Montini alias Paul VI et les rouges, éléments marquants et ossature pugnace



    Parcours familial, arguments comminatoires, Ostpolitik, historiographie, etc.

  • 🔥 Néo-pontificat entre diplomatie froide
    et accusa­tions plus ou moins fondées 🥊

    ⁂ Arène modernisto-rouge

    Ô lecteur intrépide, entrons d’emblée dans l’arène : Montini, devenu Paul VI, au premier abord, ne fut point trop publiquement fervent du communisme ; et sa famille, bercée globalement par un catholicisme socialisant et pré-libéral — dont le dossier mériterait encore d’être approfondi —, ne demeurait pas marxiste stricto sensu.

    Néanmoins, son œuvre diplomatique, drapée des apparences du Siège vaticaniste, qualifiée “d’Ostpolitik”, l’accoupla, par « pragmatisme » (mais aussi compatibilité), à des régimes communistes ; ce compromis — au regard de la Tradition — devint un pacte coupable.

    Nous explorons les méandres de cet affrontement entre vocations pastorales et accusations politiques.

    Antenna I.O. Vox Frequencia


    ☧ Lexique de cogneur

    OSTPOLITIK, du terme allemand : « politique envers l’Est », ici appliquée à l’entité Vatican II, signifiant le dialogue avec les pays communistes et l’URSS


    ☩ Ancienne école

    « Vous n’avez pas le droit de laisser votre pays envahi par le socialisme et le communisme, ou vous n’êtes plus catholiques ! […] Oui, cette politique nous en voulons : la politique des saints, la politique des papes qui s’opposèrent à Attila ; afin que la France redevienne catholique. »
    — Mgr Marcel Lefebvre, Homélie du jubilé sacerdotal, Paris, 23 septembre 1979, p. 1 du feuillet Textes de Monseigneur pour le temps des élections.


    « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, […] Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie. »
    — Mgr Marcel Lefebvre, Déclaration d’Écône, 21 novembre 1974. (La Porte Latine)


    « Crois-tu que les 262 successeurs légitimes de saint Pierre nous aient trompés durant près de vingt siècles ? Pauvre ÉGLISE du Christ alors, pauvres fidèles ! Dans quelles ténèbres épaisses auront-ils été plongés pendant tant d’années ! […] Je déteste de toute mon âme cette fausse Église qui conduit les fidèles à l’apostasie, […] je déteste ses évêques qui ne sont plus de légitimes pasteurs, mais des mercenaires devenus loups. »
    — S.E. Mgr Moisés Carmona y Rivera (évêque Sede vacante mexicain), Carta al Canónigo Justino Salmerón, Acapulco, 8 juillet 1990. (capillavedia.blogspot.com)


    Σ Plan d’attaque par manche

    1. 🧱 Origines familiales
    2. 🕵️ Accusations de philocommunisme
    3. 🕊 Ostpolitik : gestes et accords
    4. ⚔ Oppositions internes et enseignements véritables
    5. 📚 Historiographie et documents probants

    🏟 I. Origines familiales

    Issu d’une lignée démocrate-chrétienne lombarde (déjà semi-déviante), Giovanni Battista Montini — père de Paul VI — s’illustra au sein du Parti populaire italien, militant en faveur des œuvres sociales, certes non purement communiste.

    Giuditta Alghisi, sa mère, demeura dépourvue d’engagement politique marqué, tandis que les frères Montini, dont Lodovico, évoluèrent également au sein de la Démocratie chrétienne.

    🛠 Si la famille Montini n’a rien d’un creuset absolument communiste, elle a milité au sein de la controversé action catholique bientôt récupérer par le père pré-moderniste Don Luigi Sturzo  : socialisant, en un sens humaniste quasi maçonnique.


    🧭 II. Accusations de philocommunisme

    Des voix essentiellement « traditionalistes » — par exemple : Don Luigi Villa, Roberto de Mattei et la SSPX — propagent des récits de rencontres secrètes, notamment entre Montini et Togliatti, voire un réseau d’influence soviétique, notamment via le jésuite compatible Tondi .

    Ces dires parfois difficilement prouvables ont pour eux quelques arguments toutefois, et s’ils reposent sur des témoignages indirects, les archives elles conservent certaines choses et évitent de trop fuiter à ce niveau. Il y a donc une défiance légitime envers la Rome moderniste, l’« Ostpolitik » vaticane et l’hydre communiste.

    Ces évêques traditionalistes et Sede vacante susmentionnés, voix dissonantes jaillissant au XXᵉ siècle finissant, dénoncent la duplicité de la Rome post-conciliaire au travers de compromissions géopolitiques — encore davantage courante en Amérique avec la christianisante et sudaméricaine dite théologie de la libération. Leur verbe est nourri d’une Foi sans compromission et c’est en quoi ils ont raison certainement.


    🌍 III. Ostpolitik : gestes et accords

    Un anti-Divini Redemptoris...

    Lorsqu’il s’assit sur le trône en 1963, Paul VI poursuivit la stratégie diplomatique entamée par Roncalli Jean XXIII. Son objectif affiché relevait d’un maintien d’une « présence pastorale minimale » derrière le rideau de fer. Face à l’impénétrable matérialisme dialectique, il opta pour un « concubinage prudentiel », en ce que certains nommèrent l’Ostpolitik.

    Cela se manifesta concrètement par des entretiens avec des figures centrales du bloc soviétique. Ainsi, le 27 avril 1966, Paul VI reçut en audience privée Andreï Gromyko, ministre des Affaires étrangères de l’URSS, puis en 1973, Nicolas Ceaușescu, tyran roumain, franchit les portes du Vatican.
    Ces gestes diplomatiques, symboliques à souhait, avaient pour visée officielle la réouverture de séminaires, la libération de prélats, ou encore l’amorce de dialogues bilatéraux. Ces rencontres ne furent peut-être pas adhésion, mais compromis certain avec l’ennemi.

    ✒ L’Accord de Metz

    Le plus célèbre épisode de cette Ostpolitik fut scellé en août 1962. Le cardinal Tisserant rencontra alors le métropolite Nikodim de « l’église orthodoxe russe ». À la clef : l’URSS s’engageait à autoriser la présence d’observateurs orthodoxes à Vatican II, en échange du silence de l’Église sur le communisme.

    Ce non-dit diplomatique — jamais couché dans un texte officiel, mais attesté par de multiples sources — devint l’objet de maintes querelles historiographiques. L’historien Roberto de Mattei considère cet accord tacite comme un « pacte honteux », lequel musèle la voix catholique à l’heure où les peuples souffraient sous le joug marxiste.

    Cela permettra de faire participer des infiltrés rouges audit conciliabule.

    🧮 Résultats et limites

    Quelques concessions furent obtenues : nominations d’évêques en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie. Mais sans surprise, le contrôle étatique, lui, persista avec sévérité. Pire encore, en 1966, le voyage jubilaire prévu en Pologne fut annulé sous pression soviétique. Rome flechissait en effet devant les autels de la diplomatie matérialiste…

    À l’inverse, les défenseurs de cette politique, tel l’historien hongrois Fejérdy, évoquent un « moindre mal », une « option du possible » pour protéger ce qui restait d’estampillés catholiques en terres rouges.


    ✝ IV. Oppositions internes et enseignements véritables

    Au sein des lignées vaticanes elles-mêmes, l’Ostpolitik provoqua une relative levée de boucliers :

    Le cardinal Mindszenty, martyr des cachots hongrois, vit dans cette ligne vaticane une trahison de l’espérance chrétienne. Le cardinal conservateur connu Giuseppe Siri de Gênes fustigea un « compromis doctrinal ».

    Appuyé par la Tradition passée, de nombreux traditionalistes — journalistes, prélats dont Mgr Lefebvre, ou simples fidèles — y virent à plus forte raison, la marque d’un désarmement moral et spirituel, sinon une prémisse du collapse doctrinal post-conciliaire.

    Le Pape Pie XI dans l’encyclique Divini Redemptoris :

    Athéisme révolutionnaire du communisme

    « Le communisme est par sa nature antireligieux et considère la religion comme “l’opium du peuple”, parce que les principes religieux qui parlent de la vie d’outre-tombe empêchent le prolétaire de poursuivre la réalisation du paradis soviétique, qui est de cette terre. »
    Pape Pie XI, Divini Redemptoris, n. 22 (La Porte Latine, Wikipédia)


    Doctrine subversive de l’ordre social et moral

    « Voici le nouvel Évangile que le communisme bolchevique et athée prétend annoncer au monde, comme un message de salut et de rédemption ! Système rempli d’erreurs et de sophismes, opposé à la raison comme à la révélation divine ; doctrine subversive de l’ordre social puisqu’elle en détruit les fondements mêmes, système qui méconnaît la véritable origine, la nature et la fin de l’État, ainsi que les droits de la personne humaine, sa dignité et sa liberté. »
    Pape Pie XI, Divini Redemptoris, n. 14 (Vatican)


    Fruits sanguinaires d’un système sans freins

    « Ce ne sont pas des phénomènes passagers […] non, ce sont les fruits naturels d’un système qui est dépourvu de tout frein intérieur. […] Lorsque du cœur des hommes l’idée même de Dieu s’efface, leurs passions débridées les poussent à la barbarie la plus sauvage. »
    Pape Pie XI, Divini Redemptoris, n. 21 (La Porte Latine)


    V. 📚 Historiographie et documents probants

    ⟦ Audience du 27 avril 1966 (première brèche moscovite) : Andreï Gromyko ⟧

    « Le Souverain Pontife me confia avoir reçu le ministre soviétique Andreï Gromyko le 27 avril, en audience strictement privée. »
    — Télégramme de l’ambassadeur H. C. Lodge au Département d’État, 30 avril 1966 (Bureau de l’historien)

    « Le chef de la diplomatie soviétique et Paul VI s’entretinrent quarante minutes dans la bibliothèque privée du Pape. »
    The Catholic Northwest Progress, 29 avril 1966 (thecatholicnewsarchive.org)

    (Photographie d’époque : poignée de main Paul VI-Gromyko, Church Revolution in Pictures, Tradition in Action.) (traditioninaction.org)

    ⟦ Audience du 6 juin 1973 : Nicolae Ceaușescu ⟧

    « Paul VI et Ceaușescu conversèrent près d’une heure ; durant la première moitié de l’entretien, ils demeurèrent seuls, assistés seulement d’interprètes. »
    The Georgia Bulletin, 7 juin 1973, p. 2. (thecatholicnewsarchive.org)

    « Dans l’avant-dernière semaine de mai 1973, le président Ceaușescu se rendit à Rome puis au Vatican ; le communiqué conjoint du Saint-Siège et de la Roumanie souligna l’urgence de convoquer la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. »
    — François Carle, « Les pourparlers exploratoires d’Helsinki (II) », Études internationales, vol. IV, nᵒ 4, 1973, p. 503. (Érudit)

    ⟦ Le “pacte de Metz” – 18 août 1962 ⟧

    « La Russie orthodoxe enverra des observateurs au Concile ; en contrepartie, l’Église catholique garantit que celui-ci ne condamnera pas le communisme. »
    Projet d’accord secret, Cardinal Tisserant – Métropolite Nikodim, Metz, 18 août 1962 (vaticanii.com)


    ⟦ N. V. Podgorny au Vatican – 31 janvier 1967 ⟧

    « Le président du Praesidium soviétique, Nikolaï Podgorny, fut reçu aujourd’hui par le Pape Paul VI pour une audience historique d’une heure. »
    British Pathé Newsreel, 31 janvier 1967 (British Pathé)


    ⟦ Josip Broz Tito – 29 mars 1971 ⟧

    « La visite dont Votre Excellence nous honore aujourd’hui éveille en Notre esprit de vives émotions. » — Adresse de Paul VI au président de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, 29 mars 1971 (Vatican)
    Le reportage d’actualité souligna qu’il s’agissait du premier chef d’État communiste reçu officiellement par un « Pontife ». (British Pathé)

    ⚜️ Perspectives archivistiques

    — La mémoire des contemporains rappellera encore que « Paul VI accueillit, entre autres dirigeants marxistes, le dictateur roumain Nicolae Ceaușescu en 1973 » ; notation récapitulative de l’historien James Bascom consacrée à l’Ostpolitik pontificale ; Tradition, Family and Property, 3 juin 2021. (The American TFP)
    L’Osservatore Romano (édition quotidienne, 28-29 avril 1966 ; 7-8 juin 1973) renferme les compte-rendus officiels et les photographies protocolaires.
    — Les actes de la Secrétairerie d’État (fonds Archivio Segreto Vaticano, série AA.EE.SS., Roumanie & U.R.S.S.) conservent les notes d’Agostino Casaroli relatives à ces deux entrevues.
    — Côté américain, le National Archives and Records Administration (Record Group 59, Central Foreign Policy Files) détient le télégramme intégral d’Henry C. Lodge cité supra.


    🛎 Sentence par KO 🕊

    L’affaire est scellée : Montini n’était point marxiste, ni par le sang, ni par la plume. Pourtant, en sacrifiant la condamnation du communisme sur l’autel de la diplomatie, Paul VI commit un choix grave, que d’aucuns jugent infamant.

    Là où ses prédécesseurs — de Pie IX à Pie XII — frappaient le communisme d’anathèmes, Paul VI opta pour le silence stratégique. Cette politique, si elle put paraître prudente aux yeux de la diplomatie vaticane, fut perçue, dans le cœur des fidèles martyrisés, comme un abandon pur et simple.

    Qu’on s’en félicite ou qu’on s’en lamente, le silence du Concile sur le communisme est un fait historique, et ce fait, Montini l’assuma. Aux historiens d’en juger la portée. Aux âmes droites d’en tirer les leçons.


    📚 Pour approfondir


    La Rédaction pugilistique lettrée


    🥊 Nos articles de la Straße

    Recension de « Le fascisme et les catholiques » de Piero Misciatelli (Milan, 1924) aux éditions Reconquista Press

    Laïcité et communisme avec le retour de Charles de Gaulle

    Pie XII et le communisme, au lendemain de la Guerre

    Contre Divini Redemptoris, Alain Soral verse nettement dans la très sud-américaine « théologie de la libération »

    Quand Mgr Carmona écrivait au général Pinochet

    Mgr Lefebvre & François Brigneau chez Serge de Beketch

    « Il se pose alors, de nouveau, le dilemme qui s’est présenté à Monseigneur Lefebvre en 1988 » – Fraternité de la Transfiguration

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  • 8 commentaires




    […] Montini Paul VI et les rouges, éléments marquants et ossature pugnace […]


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    […] Enfin, en 2019, Rome et Tel-Aviv célébrèrent le 25ᵉ anniversaire de leurs relations diplomatiques. Une apothéose politique pour un processus amorcé sous le traitre pro-rouge Montini Paul VI. […]


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