• Courrier des lecteurs

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  • Courrier des lecteurs de Rivarol par David Veysseyre (juillet 2018) :

    Il est roboratif de constater depuis la semaine dernière et l’article sur Moeller van den Bruck que Rivarol entreprenne une série de portraits sur quelques coryphées idéologiques de la Révolution conservatrice. Il est encore mieux de nous faire découvrir des personnalités complètement méconnues de ce mouvement, mais très importantes dans l’histoire des sciences humaines et de la connaissance de l’esprit humain. La Révolution conservatrice allemande ne fut pas un mouvement d’individus sacrifiant à un narcissisme de très bas aloi en faisant des centaines de vidéos sur Youtube, mais d’abord un mouvement de gentilshommes et d’honnêtes hommes très cultivés et virils complètement dévoués à la renaissance de l’Allemagne après la Première Guerre mondiale. J’aurais quelques quelques éléments à rajouter au bel article de Paul-André Delorme. La littérature sur le sujet est malheureusement uniquement en allemand, il n’y a absolument rien en français.

    J’avais pensé à traduire un jour Blüher, il est absolument génial, mais autodidacte dans une époque où on pouvait s’instruire réellement et dans un pays où le niveau scolaire était le plus élevé au monde, il est parfois dans ses livres brouillon et pas toujours clair, le lire est assez fastidieux. Blüher est absolument méconnu en France et ailleurs, alors qu’il a révélé par ses travaux un des traits les plus intimes et les plus profonds du caractère de l’homme européen.

    C’est encore une fois la science et l’érudition allemandes qui ont fait progresser notre connaissance des hommes, de l’homme et de l’humanité, c’est le propos principal des sciences humaines: lever le voile sur une partie de notre être que nous méconnaissons. Quant aux sciences naturelles, elles se proposent de nous donner une meilleure intelligence du monde physique et biologique.

    Ce que dit Blüher avait cependant commencé à être entrevu un peu avant lui. C’est d’abord l’ethnologue allemand Heinrich Schurtz au début du XIXe siècle qui a découvert que l’homme était mû par deux instincts sociaux: l’un conduisant à la formation d’une famille, c’est d’après Schurtz le seul instinct dominant l’homme à l’époque bourgeoise, et l’autre à la constitution de “sociétés masculines”. Il vaudrait d’ailleurs mieux employer le pérégrinisme Männerbund pour rendre la notion de “société masculine”. Mais cet autre instinct menant à la constitution de sociétés masculines fermées et formées par affinités électives (Männerbund), réunies autour d’un chef charismatique, est réprimé aujourd’hui (depuis deux siècles environ) par la société bourgeoise et ses obligations. Il n’existe presque plus.

    Ce n’est que dans l’équilibre entre famille et investissement dans une société masculine qu’un homme s’accomplit réellement, trouve un véritable équilibre et que l’Etat et la société s’affermissent et se renforcent. 

    Hans Blüher, un ancien membre des Wandervögel et le théoricien principal des Bündischen (quatrième groupe de la Révolution conservatrice dans la taxinomie de mon maître Armin Mohler, les Bündischen sont des mouvements de jeunesse anti-bourgeois et typiquement allemands en révolte contre la société des adultes, mais il n’y a là rien de gauchiste, c’est une forme de scoutisme typiquement allemand qui veut revenir à l’innocence et la pureté, à la grâce en quelque sorte, mais grâce païenne, celle de la communion avec la nature) va reprendre tout le dossier dans son maître-ouvrage de 1917 : “Die Rolle der Erotik in der männlichen Gesellschaft“, “le rôle de l’érotisme dans la société masculine”. Il va ainsi rajouter l’élément érotique dans l’explication de ce phénomène.

    Blüher fait procéder ces deux formes de socialisation (famille et société masculine) de deux dispositions intimes de l’homme qu’il faut appréhender comme deux inclinations érotiques antagonistes animant chaque être masculin.

    La première inclination érotique de l’homme mène donc à la conquête sexuelle de la femme et à la constitution d’une famille; l’autre inclination érotique se porte sur son pareil quant au sexe: l’homme, c’est elle qui autorise la constitution du Männerbund ou société masculine. Par société masculine, il faut entendre la moitié de la vie d’un homme sain qui se consacre à tout ce qui est créateur de culture, de civilisation et d’ordre: l’Etat et la politique, l’armée, la science, la vraie culture, tout ce qui partant organise et élève.

    Même un club de skat où des hommes se retrouvent à l’exclusion des femmes, Blüher le considère comme un succédané de Männerbund. Selon Blüher, l’Etat procèderait aussi de ce dernier, c’est aussi une  découverte et je crois qu’il a tout à fait raison. L’Etat n’est pas né, comme le croient tous les théoriciens du contrat (Hobbes, Locke, Rousseau et ensuite les marxistes qui voient dans l’Etat la garantie et la protection de la propriété) par l’accord établi entre les membres d’un même groupe en vue d’abdiquer une partie de leurs droit pour le déléguer à un souverain qui les protègerait ensuite de la violence des autres membres.

    Il faut cependant conjurer l’erreur commise dans l’interprétation érotique du Männerbund, Blüher s’est fait mal voir à cause de ce malentendu jamais dissipé, on a énormément disputé de ses thèses dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. Je pense que c’est simplement une forme d’érotisme sublimée et l’érotisme est à entendre ici comme un désir d’amitié aristocratique et de commerce amical viril (voir le De Amicitia de Cicéron ou l’Ethique à Nicomaque d’Aristote) pour échapper à la médiocrité quotidienne. Le Männerbund n’est pas non plus un anti-féminisme, c’est seulement l’aspiration à retrouver des formes de sociabilité plus traditionnelles et une distribution des rôles beaucoup plus stricte des sexes. On trouvait déjà en Allemagne avant 1914 que la société se féminisait et que les hommes ne tenaient pas leur rang. S’ils revenaient aujourd’hui… 

    Depuis les Indo-Européens et la Kriegsgemeinschaft jusqu’au cercle aristocratique autour de Stefan Georges, le Club de Juin de la Motzstrasse à Berlin, en passant par les banquets antiques, les écoles philosophiques antiques (Académie, Lycée, Jardin), la Pléiade (groupe de 7 poètes à la Renaissance en France), la chevalerie médiévale, l’académie néo-platonicienne à Florence (dont les membres les plus illustres étaient Marcile Ficin, Laurent de Medecis, Pic de la Mirandole, Ange Politien) au XVe siècle, les Burschenschaften, l’armée prussienne, et les mouvements de jeunesse allemands de l’entre-deux-guerres (les Bündischen), tout ce qui a été créateur de progrès humain et de civilisation dans notre histoire a été en effet directement ou indirectement le fruit des sociétés aristocratiques masculines. Le sport, la guerre, la politique, la poésie, la philosophie, l’art, la science, la recherche, l’esthétique procèdent toutes peu ou prou de ces dernières et participent tous du projet créateur de tout homme digne de ce nom, c’est en gros l'”héroïsme” qui compenserait la médiocrité de la vie bourgeoise dans le sein familial. 
     
    Chez certains hommes cependant, on peut observer un déséquilibre flagrant et le Männerbund, le désir de sociabilité masculine, le projet aristocratique (poésie, philosophie, sport, recherche, politique, etc.) prévaut totalement au détriment de la vie familial. N’oublions pas que la sociabilité masculine chez les Européens est censée toujours produire de la culture, de l’ordre, de la beauté et de la civilisation.
    On a pu énormément observer ce phénomène dans l’Antiquité païenne, dans la Grèce classique surtout et un peu dans la Rome républicaine. Quant aux sociétés celtes et germaniques, c’est difficilement comparable, elles n’avaient pas atteint encore à cette époque le niveau de culture et de civilisation des nations classiques. On le voit bien dans les dialogues de Platon, chez Xénophon aussi, beaucoup se contentaient en effet uniquement de culture, d’échange fructueux et dialectique et de fraternité d’armes, c’est uniquement le commerce constant d’hommes de qualité qui leur procuraient une félicité de tous les instants. Chacun cherchait à s’illustrer ensuite dans un domaine pour gagner l’admiration de ses compagnons.

    Missive du 17.12.2019 par notre lecteur Olivier P. :
    « Bonjour Florian, J’ai eu à cœur de regarder votre dernière conférence sur le “fascisme thomiste”, j’en ai été très surpris et ravi à la fois. Je vous ai déjà croisé par le passé à Saint-Nicolas-du-Chardonnet et à Notre-Dame de Consolation, j’avoue que je ne suivais pas spécialement votre actualité du fait de votre “jeunesse” (j’exagère bien sûr, je ne suis né qu’en 1986, disons que j’attache plus d’importance aux auteurs plus vieux ou morts). Grâce à vous, j’ai découvert Nicolás Gómez Dávila que je ne connaissais que de nom, j’ai pu me procurer les trois ouvrages disponibles en français. Je suis aux anges. Courageux, humble, intelligent et cultivé, je dois avouer avoir été agréablement surpris de votre “évolution”. Même si je n’ai pas tranché la question du sédévacantisme (que j’ai découvert grâce à Maxence Hecquard en 2008) que je ne connais rien au fascisme italien (étant indécis de nature, et puis assez éloigné de cette mouvance, étant moins radical que vous, quoique…). Étant quand même un thomiste patenté, je tenais à vous adresser ce message pour vous féliciter, vous trouvant bien plus efficace et intelligent que certains dans le “milieu”.

    Pour l’accent circonflexe par David Veysseyre (février 2016, Rivarol)

    J’ai lu comme d’habitude avec beaucoup d’attention et de plaisir le texte de M. Fromentoux qui s’afflige de la disparition de l’accent circonflexe.

    Tous les ambitieux, les ignorants, les philistins et les incultes qui nous gouvernent font tout pour baisser le niveau, c’est seulement à ce prix qu’ils se sentiront grands et légitimes. Je le répète, une Belkacem, un Sarkozy, un Valls, un Hollande auraient été impossibles même sous la IIIe République et je ne parle pas d’une Merkel ou d’un Gabriel sous l’Empire allemand ou la République de Weimar.

    Je suis aussi étonné par l’indigence des réaction de “spécialistes” défendant l’accent circonflexe, ils ne vont pas au fond de la chose, c’est pourtant si simple.  Grâce aux progrès de la linguistique romane, nous avons aujourd’hui la possibilité de saisir beaucoup mieux la nature et l’essence du français. L’orthographe française ne peut être qu’étymologique, le français est la langue des homophones dans la mesure où le latin parlé en Gaule du nord a évolué beaucoup plus loin phonétiquement à cause des habitudes articulatoires différentes et plus nordiques de ses locuteurs, mélange de Gallo-Belges romanisés et de Francs (la thèse du superstrat francique du romaniste bâlois von Wartburg est essentielle pour mieux appréhender la constitution de la langue d’oïl et l’évolution particulière du latin en Gaule du nord) qui ont été beaucoup plus nombreux qu’on l’a dit (quand Hannibal dit dans sa chronique il y a six semaines qu’ils n’ont été que 3 %, c’est faux, l’archéologie en témoigne, notamment l’archéologie mérovingienne, ainsi que la phonologie, le lexique et la syntaxe des dialectes du nord du domaine d’oïl, notamment le picard et la wallon et même un peu le francien où le superstrat francique a été plus important qu’ailleurs, il suffit de considérer la toponymie entre Seine et Somme et encore plus entre Somme et Canche). Ce mélange fut consommé en Gaule septentrionale au IXe siècle à peu près avec l’extinction des juridictions ethniques, les unes pour Gallo-Romains, les autres pour les Francs.

    L’étude historique et diachronique de la langue française nous rend donc ici de signalés services, parce que nous saisissons les causes de ce que nous croyons irrégulier ou conventionnel, en l’occurrence l’accent circonflexe, il suffit de considérer les homophones en français : coup/cou/coût, alors que c’est en espagnol golpe/cuello/ coste et en italien colpo/collo/costo, ainsi que pécheur/pêcheur alors que c’est pecador/pescador en esp., peccatore/pescatore en it. ou encore comte/compte/conte, alors que c’est conde, recuento, cuento en esp. et conte, conto, raconto en it., etc. Tous ces exemples viennent des mêmes étymons pour les trois langues, respectivement colaphus, collus, constare / peccator, pescator /comitatem, computo, contare. L’espagnol et l’italien n’ont pas besoin d’orthographe étymologique, l’orthographe phonétique suffit chez eux, parce que les mots du fonds populaire de leur langue ont évolué moins loin phonétiquement, ils sont donc plus différenciés.

    C’est pourquoi nous sommes obligés d’avoir en français une orthographe étymologique pour les mots d’origine populaire appartenant au fonds primitif de la langue, c’est-à-dire les mots français authentiques qui sont les mots latins transformés par les Gallo-Belges et les Gallo-Francs romanisés du nord de la Gaule entre le VIe et le Xe siècle (l’autre partie du lexique est la vocabulaire savant emprunté au latin et au grec à partir du XIVe siècle par les lettrés), les ancêtres des Français ethniques de cette partie de la future France, c’est-à-dire tous les locuteurs de langue d’oïl : Picards, Normands, Bourguignons, Wallons, Champenois, Franciens, Angevins, Bretons de dialecte gallo, Lorrains, Francs-Comtois et puis aussi Berrichons, Poitevins, Saintongeais (bien que le sud de la Saintonge était à la langue d’oc encore au Moyen Âge, il suffit de voir les toponymes comme Gémozac et Jonzac) et Lyonnais, Dauphinois, Savoyards, Suisses romands, Valdôtains (pour ces cinq derniers groupes qui constituent le franco-provençal, ce dernier s’apparente plus à la langue d’oïl qu’à la langue d’oc). Ainsi notre bel accent circonflexe marque tout simplement l’histoire du mot et il n’est jamais là par hasard, il est plus que nécessaire, il est consubstantiel à l’histoire du mot. Dieu soit loué cependant, reconnaissons à cette réforme sa sagesse et son mérite, elle ne supprime toutefois pas l’accent circonflexe pour les homophones, mûr (lat. maturus) subsiste et on pourra toujours faire la différence avec mur (<lat. murus), idem pour pécheur < lat. peccator et pêcheur < lat. pescator. On peut voir au passage que l’accent circonflexe ne marque pas seulement dans l’évolution phonétique du mot d’origine populaire l’amuïssement du “s”, il marque aussi l’amuïssement d’une syllabe, c’est le cas de maturus qui est passé a “mûr”. Mais pour le reste, c’est toutefois un appauvrissement important qui menace notre langue, qui était ne l’oublions pas, la langue de toutes les aristocraties et de toutes les élites européennes en général au XVIIIe et XIXe siècle. Même si le mot n’est pas homophone, il va être affligeant et très regrettable de pouvoir écrire à présent forêt, boîte, maîtresse, goûter sans accent circonflexe, c’est dépouiller ces mots de leur histoire et les rendre vides et insipides à l’image des cancres qui nous gouvernent. Tous viennent de très loin, respectivement forestis silva; *buxita (forme gallo-romaine) < pyxida < πυξις (français savant “pyxide”, boîte où on met l’hostie); magister; gustare

    Message vocal du 21 avril 2014 de l’abbé Daniel Maréchal :

    « Je suis une relation du docteur Ploncard d’Assac et puis je suis vos vidéos sur internet ; je tenais tout particulièrement à vous féliciter pour tout le travail que vous faites, c’est très bien, continuez, c’est une excellente chose. Haut les Coeurs et en union de prière. »

    Mot laissé le 26 août 2013, par Nathanaël P. (futur abbé), à l’occasion de la fin d‘un camp d’été MJCF en Toscane :

    « Mon cher, J’espère que vous avez apprécié ce camp, qu’il vous a été édifiant aussi bien que distrayant. J’aurais du mal à oublier votre silhouette de bon français, béret vissé sur la tête, cartes en main et assis autour d’un verre de limonade. Votre caractère fut, je pense, apprécié de tous. Votre connaissance de la langue italienne nous a été d’une aide précieuse, aide que j’ai parfois, je vous prie de m’excuser, trop sollicitée. J’ai remarqué votre détermination à connaître et prier toujours plus NSJC [Notre Seigneur Jésus Christ]. Que Dieu vous garde toujours dans Ses sentiers. »