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Publié le par Florian Rouanet
Tout d’abord récitons saint Paul affirmant « Je suis un citoyen romain ». Ceci était à la base de la volonté du clérico-fascisme à l’italienne. L’esprit de Constantin souffle et soufflera encore tant qu’il se trouvera encore des chrétiens romains et des Européens de l’Ouest sur ce foutu globe.
M. Misciatelli, catholique militant et partisan du Ventennio, a opéré une critique intéressante, l’analyse de son livre sera sectionnée comme suit : nationalisme italien, doctrine sociale de l’Église, les pouvoirs temporel et spirituel, italianité et romanité, condamnation d’Action française et dite démocratie chrétienne.
Haut les cœurs !

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1) Le clérico-fascisme :
La fraction clérico-fasciste (soit la partie du régime la plus en accord avec l’Église) est le courant qui nous représente le mieux avec Deus Vult et celui-ci est parfaitement symbolisé par la Madonna del Manganello.
« L’Église catholique est infaillible en matière religieuse et morale, grâce à la présence continuelle du Saint-Esprit, elle est indéfectible dans son organisation sociale ; elle n’admet donc aucun changement essentiel à sa forme constitutive.
Piero Misciatelli, Le fascisme et les catholiques.
L’auteur possède une bonne connaissance de la doctrine sociale de l’Église et, en bon « jusqu’au-boutiste », au regard de ce qu’il vient d’écrire, on est droit de penser qu’il aurait pu conclure le constat de la Vacance du Saint-Siège. Nous pourrions en dire autant de Carl Schmitt. En effet, le Pape est infaillible, il représente la plus haute autorité sur Terre et son enseignement est indemne de toute hérésie et de tout sophisme. Dans l’Église, la société des hommes est démocratique à la base et aristocratique au sommet, même le plus humble d’entre nous (sans diplôme aucun) peut devenir « Pape » par le mérite, la pratique et l’obtention des saints ordres. Les plus censés qui avaient vraiment gardé la foi, auraient vu le coup venir et n’auraient jamais accepté ladite « liberté religieuse » des modernistes condamnée in. Pascendi.
La notion de liberté :
« Ceux qui professent ce principe confondent l’idée de la liberté avec celle du bien proprement dit, qui seul constitue en soi une fin et ne peut donner lieu à des excès. La liberté, dans sa nature, est un instrument et un moyen : lorsqu’elle tombe aux mains d’une puissance qui peut aboutir au bien comme au mal, et dont la valeur dépend de ses moyens de réalisation ou de l’objet auquel elle s’attache, la liberté à besoin de règles qui la limitent. »
Vincenzo Gioberti, Les espérances d’Italie.
Ces règles relèvent de la morale vraie, elles condamnent le délire d’une liberté d’expression sans cadre voulue par les « chouardiens », sans jamais défendre ni le libéralisme ni le socialisme, mais son contraire catholique, fédéral et monarchiste. L’absence de règle est amorale, voire immorale.
Ce sont les passions humaines qui nécessitent un cadre strict pour maintenir la société politique et le Bien commun. Au lieu de rêver d’une « pure démocratie » un peuple a tout intérêt à être dompté par un Auguste pour recouvrer les vraies libertés humaines contre la liberté maléfique du désordre.
Sur la nécessité de la dictature, Donoso Cortès aurait dit pareil, ou encore Charles Maurras à propos de l’autorité qui libère. Liberté et autorité sont deux réalités parallèles à traiter chacune dans leur ordre par la fin qu’elles poursuivent : le bien. C’est idem dans la pensée anti-libérale de la contre-révolution.
« Dans des moments exceptionnels, il faut la volonté forte et sûre d’un seul homme. Le suffrage de la majorité ne veut rien dire : au lieu d’accomplir la résurrection de l’Italie il pourrait bien la réduire à néant, si l’on se représente de quel bon sens sont capables les hommes dont ce suffrage serait l’émanation. (…) Il n’y a pas un seul exemple d’un peuple qui ait pu renaître et triompher d’énormes obstacles au moyen de délibérations et de parlottes : tous ont dû leur salut à l’inspiration individuelle et à la dictature. »
« Le Risorgimento fut aristocratique par essence, bourgeois en apparence, et populaire en aucune manière. »
Vincenzo Gioberti, Les espérances d’Italie.
Nous ne partageons pas tout à fait l’enthousiasme/engouement de M. Gioberti pour le Risorgimento, car cette période qui a concrétisé tardivement l’unité nationale d’Italie, a en même temps incarnée une fracture entre cléricaux et anticléricaux (ce que nous déplorons). Le patriotisme très administratif des francs-maçons a pris le dessus par la même occasion. Mais il fallait bien que l’Italie passe douloureusement par là, et dans l’imaginaire populaire, l’Église, plus fédérale et monarchiste, apparaissait curieusement comme le dernier boulon qui devait sauter pour réaliser cette unité. Ainsi, hélas, l’évènement fut aussi l’objet d’un conflit entre les patriotes et l’Église en Italie. Également, l’Italie a obtenu son unité tout en professant son indépendance également contre les doctrines germaniques et la vassalité des institutions françaises encore présentes après N. Bonaparte.
Vicenzo Gioberti, homme d’État et philosophe : incarne en partie les prémices d’un nationalisme italien (avec Enrico Corradini) lors du Risorgimento qui eu cours au XIXe siècle (et auquel se rattacha Manzoni, Balbo, Rosmini, Tommaseo, etc). Il était romain, fédéral et catholique, opposé à l’humanitarisme maçonnique et abstrait de Giuseppe Mazzini.
De plus, avec Misciatelli, rappelons que le Pape Pie IX, fut à l’époque lui aussi un promoteur de cette unité italienne, mais à la façon catholique : c’est-à-dire sans déclarer la guerre à l’Autriche, du fait du caractère international de l’Église militante. Il fallait de cette manière éviter le schisme des pays germaniques.
Citons aussi Cavour, de la maison de Savoie, qui a été par sa volonté un des premiers artisans de l’unification italienne, pourtant franc-maçon, bourgeois et anticlérical, du reste exactement comme Mazzini et Garibaldi !
Fascisme et catholicisme :
« Grâce au fascisme, le crucifix est retourné à l’école, la croix montée au sommet du Capitole ; ainsi, à l’école primaire où se forme la conscience de la jeunesse, l’enseignement religieux a été rétabli. La loi qui tend à réprimer les excès de la presse, la loi contre la franc-maçonnerie, les lois pour la protection de la morale publique et de la famille, les mesures de prévoyance pour l’enfance – toute cette législation s’inspire des plus pures doctrines catholiques. C’est au gouvernement fasciste que l’on doit la fondation à Milan par les catholiques de l’Université du Sacré-Coeur, université reconnue par l’État, et la reddition des grands foyers historiques du mysticisme et du spiritualisme italiens à leurs gardiens légitimes qui en avaient été expulsés et qui avaient passé de longues années en exil. »
Piero Misciatelli – Le fascisme et les catholiques (1924, Milan).
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2) Temporel et spirituel
« Je dis que le royaume temporel ne reçoit pas son essence du royaume spirituel ; il n’en reçoit pas non plus son attribut, ni son moyen de réalisation matérielle ; mais il reçoit le moyen d’agir avec la vertu la plus grande, à la lumière de la grâce que la bénédiction du Souverain Pontife dispense au scier sur la terre. (…)
Que César donc témoigne à Pierre ce respect que le fils aîné doit à son père, parce qu’il est éclairé par la lumière de la bonté paternelle ; que cette lumière brille avec le plus grand éclat sur le monde, dont César n’est le chef que par la puissance de celui qui gouverne le royaume temporel. »
Dante, Livre III.
Le monarque tire sinon son pouvoir de la nature même, y compris en l’absence de l’acte d’un Pontife. Idem pour un père de famille où il lui suffit pour ça d’un témoin de mariage pour être validé et non du Pape en personne (à moins de l’interpréter comme une représentation ; encore que par la nature même, celui-ci est bien le père biologique d’un enfant).
L’Église accepte des formes variées de régimes dans l’histoire : république, démocratie, dictature militaire, royauté, etc., cependant les doctrines ne peuvent lui être indifférentes.
L’homme religieux ne peut se séparer de l’homme politique. Le principe d’autorité :
« De même qu’Il (le Christ) a voulu que, dans le Royaume céleste, les chœurs des anges soient distincts et subordonnés les uns aux autres, de même il a établi dans l’Église différents grades d’ordres, avec des fonctions diverses ; tous les membres n’en sont pas apôtres, docteurs, ni pasteurs. De la même façon il a constitué dans la société des ordres différents par la dignité, par les droits et par la puissance, afin que l’État, comme l’Église, forme un seul corps composé d’un grand nombre de membres, les uns plus nobles que les autres, mais tous nécessaires les uns aux autres et soucieux du bien commun. »
Léon XIII, Quod apostolici muneri (lettre encyclique du 28 décembre 1878).
À propos de la condamnation d’Action Française :
Misciatelli racconte qu’un beau jour, un prélat démocrate-chrétien se présenta devant saint Pie X pour dépeindre en Charles Maurras un philosophe athée avant de lui demander de le condamner. On prête cette réponse au Saint-Père « Plutôt que de vous occupez de ces choses-là, allez donc lire votre bréviaire : vous êtes prêtre. Moi, j’admire en Maurras l’un des plus grands défenseurs de l’Église. »
Il est vrai que la condamnation de l’Action française, autour de laquelle était concentrée les forces de la réaction française, a redonné une place et une espérance aux survivants du Sillon de Marc Sangnier… Rappelons toutefois que l’A.F était « condamnable et à ne pas condamner » justement pour cette raison selon saint Pie X (et ce, malgré ses erreurs positivistes, ses pensées paganisantes et son naturalisme, etc.). Pie XI ne l’entendra pas de cette manière, tandis que Pie XII finira par lever l’excommunication après quelques ententes.
« La paix entre le Quirinal et le Vatican est un événement d’une importance capitale, non seulement pour l’Italie, mais aussi pour le monde. Pour les Italiens, il suffira de rappeler que le 11 février 1929, le Royaume d’Italie a été finalement et solennellement reconnu par le Souverain Pontife sous le sceptre de la Maison de Savoie, avec Rome comme Capitale de l’État italien. De notre côté, nous avons reconnu loyalement la souveraineté du Saint-Siège, non seulement parce qu’elle existait en fait, non seulement en raison des proportions presque insignifiantes qui ne diminuent en rien son autre grandeur, mais surtout parce que nous sommes convaincus que le Chef suprême d’une religion universelle ne peut être sujet d’aucun État, sous peine de déchéance de la catholicité, synonyme d’universalité. »
Benito Mussolini, Discours à la première Assemblée quinquennale du Régime, 10 mars 1929.
Le souci de l’unité italienne et de la place de l’Église durant le Risorgimento est donc enfin résolu grâce à la période fasciste.
☧3) Principe d’empire romainL’Église enseignait au bénéfice de l’Empire romain, la soumission aux lois civiles (comme Saint-Pierre et Saint-Paul envers le Roi représentant de Dieu sur terre) et a ainsi pouvoir sauver ce qui était encore viable.L’Empereur et la prière :
« Per me reges regnant (Prov. VIII, 15 ; « par moi les rois règnent »), lit-on dans la Bible. Au-dessus de l’Église brille l’éternelle lumière de la Révélation, issue de la Bible, de l’Évangile, des Pères et de saint Thomas, ainsi que de l’Empire romain ».
Piero Misciatelli – Le fascisme et les catholiques (1924, Milan).
« La paix réalisée par l’Empire romain sous Constantin ne fut possible que lorsque sur l’aigle de César brilla le signe de la croix »
Piero Misciatelli, Le fascisme et les catholiques.Le saint évêque parle des « empereurs bien-aimés, fils et défenseurs de l’Église ».Saint Ambroise de Milan en sermon Contra Auxentium (proche de Théodosre).Priant Dieu, « qu’Il lui plaise de renverser les ennemis du nom romain et les adversaires de la confession catholique ».Sacramentaire de saint Léon.« Prions pour tous les empereurs ; faisons des vœux pour leur longue existence, pour la sûreté de l’Empire, pour que la maison soit pourvue, que les armées soient fortes, que le Sénat soit loyal, que le peuple soit bon, que le monde vive en paix. »Tertullien, Apologétique.« Ô déshonneur, l’armée romaine victorieuse du monde, maîtresse du monde, a peur, tremble, est vaincue… Ô empire infortuné ! Les Pannoniens et les Hérules t’ont dévasté. Dans la cité règne la faim ! Hors de la cité, les glaives ennemis. Ce n’est pas pour sa liberté, mais pour sa vie que Rome a combattu. Combattu ? Non, elle a vendu ses trésors domestiques, elle a donné son or pour vivre ! Le monde romain est à son déclin. Je pleure sur la mort du monde entier ! »Saint Jérôme, Épître III. Ad Eliodorum (déplorant la décadence des Romains refusant une guerre salvatrice).La romanité jusque dans les pères !
Europe, italianité et romanité :
Tous s’accordent à dire que les Italiens sont les plus purs héritiers – ou les héritiers directs – de l’Empire romain, malgré l’évolution de son peuple :
« Dans les populeuses métropoles de l’Europe et des Amériques comme dans les landes désolées des pays barbares, là où se dresse une Église catholique, là est Rome ; là l’Italien retrouve le temple sa foi, non pas seulement religieuse, mais aussi nationale. Là sur les lèvres étrangères qui ne parles pas la langue de Dante, il entend encore l’antique parler impérial, et il voit célébrer à la romaine les rites augustes de sa religion millénaire.
Comme s’exalte l’orgueil de notre race, lorsque dans ces terres lointaines nous entendons le témoignage vivant de la latinité, dans le langage des Césars et des Pontifes ! Sous les voûtes de Westminster comme dans la pénombre gothique de la cathédrale de Cologne, à Notre-Dame comme dans la cathédrale de Séville, dans les milliers et les milliers d’églises catholiques dispersées sur tout le globe, dans celles qui sont riches par leur histoire et leurs beautés comme dans celles qui, pauvres et humbles, se cachent dans les villages, le pèlerin italien peut, a plus juste titre que ses frères en Dieu, se repérer à lui-même avec les voix de saint Paul : Civis romanus sum. Et près de ces pierres sacrées, il comprend alors ce qu’est la civilisation, et comment, dans l’éternelle succession des siècles, une grande lumière perce les ténèbres de l’histoire : la lumière de Rome. »
Piero Misciatelli – Le fascisme et les catholiques (1924, Milan).
☧4) Démocratie faussement chrétienneNous entamons ici la partie la plus longue, mais aussi la plus intéressante. Le Parti populaire ou les populaires (i popolari) ont prétendu représenter le sentiment catholique, et ont parfois atteint une haute sphère d’influence, alors qu’ils avaient pour origine la sociale démocratie. Ils dénonçaient une vile manipulation de la part du fascisme lorsque celui-ci a voulu se rapprocher du catholicisme sans jamais se dire que cela pouvait se faire de bonne foi. À une époque, ils ont pu défendre un peu l’Italie de l’anticléricalisme délirant, mais plus le temps passait et plus ils se sont mis à penser comme nos pires ennemis : toujours à aimer les demi-mesures par peur de se mettre à dos les socialistes, y compris lorsque viendra le désordre gravissime du bolchevisme trotskyste en Italie.
À les écouter – un peu comme les rousseauistes -, la société serait purement conventionnelle, professant de surcroît un dogme vague de « volonté populaire » inspiré de la Révolution française. Leur sophisme complètement inorganique confond esprit et corps chez l’homme, de même qu’il confond souverain et sujet d’une société. L’autorité n’est plus extérieure, mais intérieure, elle serait interne à la volonté de chaque homme…
Ils approuvent sous un aspect juridique, la sempiternelle lutte des classes, le suffrage universel et le matérialisme historique, tout comme chez les socialistes maçons, notamment par la voix du père moderniste Don Stutzo. Ils usent du christianisme, mais pour mieux y injecter le poison contradictoire de la démocratie moderne. Ils sont imprégnés des principes du « modernisme religieux » (qui culminera après la guerre de 45 – les forces traditionnelles étant mortes -, à Vatican II dans les années 60) plus que tout autres.
Les populaires donc, au moment de la menace rouge des années 1910/20, au lieu de se radicaliser dans le catholicisme, ont voulu paraître moderne en jouant la carte du marxisme ouvrier. Dès que Mattei Gentili fut expulsé du Parti vers juillet 1923, cela marqua leur dislocation accélérée : ils ont été si opportunistes que, tour à tour, ils se sont ralliés aux socialistes, aux libéraux et – temporairement – aux fascistes.
En fait, dans la droite démocratique, c’est seulement « début vingtième », que les libéraux, se trouvant en face des masses socialistes, cherchèrent le vote des catholiques (après avoir professé un anticléricalisme acharné !). C’est ce qui fit naître le parti démocrate-chrétien (prétendant se revendiquer de Rerum Novarum, tout en étant infesté par le socialisme révolutionnaire dit souverainiste et populaire ; et en réalité ayant un fond pré-moderniste). À ce moment-là, en Europe, nous entrons de nouveau dans cette phase de décadence et de perte du sens.
Mais la tendance de gauche chez les démocrates chrétiens, en Italie comme dans le reste de l’Europe, est plus forte, car elle permet de faire passer le bien du parti à la place de celui de la patrie, tout cela noyé dans un vague internationalisme. C’est ce contre quoi les fascismes ont lutté en priorité : c’est alors que les catholiques timorés (adepte de la prudence excessive qui confine à l’imprudence) soutiennent ce parti plus que le fascisme qui est anti-moderniste.
« L’esprit de gauche du Parti populaire s’inspire des principes du modernisme, non seulement en matière politique, mais également dans sa conception religieuse et doctrinale du christianisme et de l’Église. »
Piero Misciatelli, Le fascisme et les catholiques.
« La doctrine du pouvoir, telle que l’Église catholique l’a pensée, enseigne l’obéissance active et la résistance passive ; les doctrines philosophiques de nos démocraties enseignent l’obéissance passive et la résistance active ; l’homme se trouve ainsi toujours placé devant ce dilemme : l’esclavage ou l’insurrection. »
Piero Misciatelli, Le fascisme et les catholiques, Aphorismes.« C’est chose évidente que la multitude ne peut en aucune manière être gouvernée par beaucoup d’hommes, si ceux-là sont divisés entre eux. Car lorsque beaucoup sont au pouvoir, il faut une certaine unité pour qu’ils puissent gouverner ; mais l’union entre beaucoup n’existe que par analogie avec ce qui est « un » en soi ; donc, ce qui est « un » gouverne mieux. »
Saint Thomas d’Aquin, De Regimine Principium.
Être libéral peut s’entendre de différentes manières, comme être débonnaire, patient et miséricordieux, dans ce cas c’est même une vertu ; il s’agit alors d’une honnête façon d’être et de se comporter vis-à-vis du prochain.
Cependant, libéral au sens moderne du terme, se rapporte plutôt au libéralisme philosophique, au modérantisme, etc. En bref, à un esprit de concession sur les principes et une réticence systématique devant la vérité par totale couardise.
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Maintenant, passons un cran si vous le voulez bien : les populaires Italiens (équivalant du Zentrum en Allemagne) pensaient avoir le monopole du catholicisme, alors que leurs doctrines étaient solennellement condamnées de l’Église. Par exemple, ils défendent la liberté de la presse au sens libéralo-socialiste.
Pie VI est le premier à dénoncer ce système face à la guillotine qui abattu Louis XVI en France :
« Ou est donc cette liberté de pensée et d’action que l’Assemblée nationale accorde à l’homme en société, comme un droit imprescriptible de la nature ? Ce droit chimérique, n’est-il pas en contradiction avec les décrets de la Providence, à qui nous devons tout ce que nous possédons ? Peut-on d’ailleurs ignorer que l’homme a été créé non pour lui-même, mais pour être utile à ses semblables ? (…) Les hommes n’ont pu se réunir et constituer une société sans poser des limites à cette liberté, sans la subordonner aux lois et à l’autorité de leurs chefs. »
Bref de Pie VI, 10 mars 1791.
Les Papes n’ont cessé de condamner les excès de ces rejetons souverainistes appelés démocrates-chrétiens : Diu satis de Pie VII rejette l’esprit libertaire, Mirari Vos de Grégoire XVI condamne le libéralisme catholique et le Syllabus de Pie XI condamne toutes les sortes de naturalismes, Léon XIII a diffusé une série d’encycliques en réponse aux États laïcs et aux utopies socialistes, sans parler de saint Pie X avec Pascendi… Graves de comuni re du 18 janvier 1901 précisera ensuite que, par démocratie chrétienne, il fallait comprendre uniquement « l’action des catholiques dans la Cité » et non une souveraineté individuelle inébranlable et mythifiée.
Les populaires tels que Murri et Livio Tovini, dans leur discours à Monza du 21 mai 1916, ont usé de Rerum novarum dans un sens antigouvernemental et en faveur « des forces nouvelles du prolétariat » (sic). Une idée qui n’a jamais été défendue, mais au contraire dénoncée dans cette même encyclique, en préférant nettement à cela la stabilité corporative de l’État et du peuple. L’avènement de la pseudo démocratie-chrétienne n’est pas à trouver chez les pontifes, mais dans l’utilisation de catholiques infestés par l’influence socialisante et matérialiste qui ont fini par extrapoler les textes du Magistère.
La liberté de l’erreur tue l’esprit et l’âme même :
« Pour justifier leurs rêves de bonheur social, ils se réclament de l’Évangile, interprété à leur manière, et, ce qui est encore plus grave, ils font appel à un Christ défiguré et diminué. (…)
Léon XIII a déjà condamné une certaine démocratie arrivée à un tel point de perversion que, dans la société, elle attribue la souveraineté au peuple et qu’elle poursuit la suppression et le nivellement des classes. »
Saint Pie X, Notre charge apostolique sur Le Sillon (lettre encyclique).
Fascisme national et catholicisme universel :
« Les fascistes ont raison d’excommunier les hérétiques de la patrie comme l’Église a toujours eu raison lorsqu’elle priva de la communion des vrais croyants les hérétiques qui s’imaginaient posséder la vraie foi. C’est ainsi que le Christ, que d’aucuns se figurent plein de mansuétude et semblable à un libéral, s’arma un jour de verges cinglantes pour chasser du temple de Dieu les marchands et les profanateurs. (…)
Lorsque les fascistes divisent les Italiens en deux grands partis, les nationaux et les anti-nationaux, ils énoncent une vérité catholique. »
Piero Misciatelli, Le fascisme et les catholiques (1924, Milan).
Enfin comme dernier volet de cet article, mentionnons le fait que les populaires acceptent la fausse « souveraineté populaire » et le principe de séparation entre Église et État (ex : loi 1905 en France. Leur bête noire affichée c’est le « cléricalisme » (sic ; domination de l’Église sur la Cité).Don Sturzo dans son livre de 1924 « Parti populaire et fascisme » dénonce même un Benito Mussolini « nationaliste clérical » (sic), en souhaitant conserver à soi la loi – essentiellement anti-religieuse – du divorce.Le père Don Luigi Sturzo – et tous ses partisans – est condamné ici :« Il y a aujourd’hui des hommes qui déclarent que tout pouvoir vient du peuple, que par conséquent ceux qui exercent ce pouvoir dans l’État ne l’exercent pas en propre, mais par délégation du peuple, ce qui revient à dire que ce dernier peut leur retirer l’autorité dont il les a investis. Tous ceux qui soutiennent ce raisonnement marchent sur les traces des esprits impies qui, au siècle dernier, se sont donné le nom de philosophe. »Léon XIII, Diuturnum illud.☧
Bibliographie de l’auteur – Commande à Reconquista Press.


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