• Vitalisme : science de la vie contre gnose globaliste ?



    Du souffle organique des Anciens aux modernes, contre l’artificialité pathologique

  • Qu'est-ce que le vitalisme ? Quel peut être son apport intellectuel ? Pour un organicisme fascisant ?

    ⁂ Arène du quadrilatère

    Ô lecteur,
    Il est des mots philosophiques que le siècle prononce sans les comprendre, et qu’il invoque sans révérence. Le vitalisme, d’abord fleuron de la médecine montpelliéraine, force mystérieuse logée au cœur des êtres, revient mais devient sous d’autres atours l’étendard d’une « spiritualité liquide » où le yoga remplace la messe, et où les prêtres en gilet pastel susurrent des pseudo-mantras sous des croix arc-en-ciel.

    Tandis que le corps social est pensé en corps malade, soumis à un traitement technocratique, la vieille idée organiciste, jadis bastion de l’Ordre Ancien et des philosophies thomistes, est aujourd’hui dévoyée en une parodie antispéciste, égalitariste, hostile au surnaturel.
    Or, le vitalisme transhumain et technologiste est un antivitalisme, nous proposons donc celui puissant et naturel des fascismes européens, de la civilisation occidentale, héritière gréco-romaine et chrétienne !

    Ainsi, notre tâche n’est point de rejeter le mot, mais d’en restaurer le sens – et d’en dénoncer les travestissements. Et des médecins philosophes mentionnés ci-après ont aidés à décrétés ces phénomènes de la vie. C’est le principe vital, un vivant, c’est plus que la matière qui le constitue, ce qui définit bien le courant fasciste avec le terme d’organicisme. C’est pourquoi nous avions répondu à Joël Hautebert sur ce dernier terme.
    En outre, le marxisme, comme le national-socialisme, doit beaucoup à l’analogie biologique : mais où le second voit un enracinement racial et sacré, le premier perçoit une matière sociale, sans grâce.

    Le vitalisme est mort, vive le vitalisme !
    Non celui du yoga pastel, mais celui du corps civique chrétien, contre toutes formules vaines et incantatoires.


    ☧ Bandage lexical

    VITALISME, subst. masc. BIOL., PHILOS. Doctrine selon laquelle les phénomènes de la vie ne peuvent être expliqués par les seules lois physico-chimiques, mais requièrent l’hypothèse d’une force vitale distincte de la matière inerte.

    ORGANICISME, subst. masc. Doctrine qui conçoit le corps social à l’image d’un organisme vivant, chaque membre (individu, classe, institution) y occupant une fonction analogue à celle d’un organe.

    FASCISME, subst. masc. Doctrine que Mussolini érigea en Italie en système politique et qui est caractérisée par la toute puissance de l’État (intervention de l’État dans l’économie, étatisation des appareils idéologiques, développement de l’appareil répressif dominé par la police politique, prépondérance de l’exécutif sur le législatif, etc.) et par l’exaltation du nationalisme.
    Toute doctrine qui vise à instaurer dans un pays un État d’exception de type mussolinien; cet État lui-même.
    Fascisme espagnol, français;

    EUGÉNISME, subst. fém. Ensemble des recherches (biologiques, génétiques) et des pratiques (morales, sociales) qui ont pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d’améliorer la race humaine. Eugénique positive, négative; eugénisme volontaire.

    ☩ Vielle leçon létale

    « Il faut une cause qui ne soit point matérielle pour expliquer l’unité et la finalité des actes vitaux : c’est ce que j’appelle le principe vital. »
    Paul-Joseph Barthez, Nouvelle mécanique des mouvements de l’homme et des animaux, 1798, Montpellier, tome I, p. 12.

    « Ce principe, sans être une âme ni une matière, est une cause immatérielle unie au corps vivant, agissant dans un dessein que la matière inerte n’explique point. »
    Paul-Joseph Barthez, Nouveaux éléments de la science de l’homme, 1806, Paris, t. II, p. 37.

    « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. »
    Xavier Bichat, Recherches physiologiques sur la vie et la mort, 1800, Paris : F. Didot, chap. I.

    « Il y a deux vies distinctes : la vie de relation, par laquelle nous sentons et agissons ; la vie organique, par laquelle nous subsistons. »
    Xavier Bichat, ibid., chap. III.

    « Le phénomène le plus universel, c’est la volonté de vivre ; elle est ce que la réalité cache derrière l’apparence. »
    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, 1819 (trad. fr. A. Burdeau, PUF, 1942), livre II, §23.

    « Ce n’est pas l’intelligence qui est le principe premier, mais bien la volonté aveugle, qui anime la nature entière. »
    Arthur Schopenhauer, ibid., livre II, §27.

    « La vie elle-même est volonté de puissance : conservation n’en est qu’une conséquence secondaire. »
    Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance, fragments posthumes (1883–1888), § 650 (éd. Colli-Montinari, Gallimard, 1995, vol. 8, p. 349).

    « La vie n’est pas une adaptation au milieu, mais une invention, une affirmation, une conquête. »
    Friedrich Nietzsche, ibid., § 684.

    « La vie est élan, elle jaillit, elle invente plus qu’elle ne s’adapte. »
    Henri Bergson, L’Évolution créatrice, 1907, Paris : PUF, chap. II, p. 135 (éd. quadrige).

    « Nous appelons élan vital cette poussée qui traverse la matière, pour organiser, diversifier, complexifier sans finalité pré-écrite. »
    Henri Bergson, ibid., chap. III, p. 260.


    « La limite du traditionalisme, c’est la mentalité réactionnaire, l’incapacité à comprendre que la société moderne ne peut pas être ressoudée par des formules religieuses ou légitimistes, mais par une idéologie politique conservatrice-révolutionnaire capable de conquérir les masses. En rejetant tout le monde moderne, le traditionalisme risque de ne pas saisir les idées de communauté organique, de nation, de race élaborées par le romantisme et qui ont été confirmées par les grands acquis de la linguistique, de l’archéologie, de l’anthropologie, lesquels nous fournissent une nouvelle conception de la « culture »: une conception rigoureusement positive, mais antidémocratique et antiégalitaire. »

    — David Veysseyre, missive du 9 juin 2025.


    Σ Plan d’attaque par manche

    💥Programme :

    I. 🧬 Aux origines : vitalisme classique et école de Montpellier
    II. 🦴 Organicisme ou corps mécanique ? Entre Aristote, Haeckel et saint Thomas
    III. ☣️ Perversion contemporaine : panthéisme, bio-pouvoir et yoga pastoral VS 🛡 Retour au réel : vitalisme hiérarchique et enraciné



    Introduction générale – Une force vitale malmené

    I. 🧬 Aux origines : vitalisme classique et école de Montpellier

    D’abord, il faut rappeler que le vitalisme, au XVIIIᵉ siècle, fut d’abord une réponse à la morgue matérialiste cartésienne. Barthez et Bordeu, mais également Bichat, postulent une force intérieure, vis medicatrix naturae, qui n’est directement ni l’âme théologique, ni le pur mécanisme. Cette pensée, toute pré-scientifique qu’elle semble à l’esprit moderne, repose pourtant sur l’idée profonde d’une hiérarchie des êtres, d’un ordre ontologique où l’homme occupe une place supérieure.
    Or, c’est précisément cela qui déplaît aux non-clercs contemporains : l’inégalité des puissances vitales.

    Ce vitalisme fondateur prend racine dans la tradition hippocratique et galénique. Il ne rejette pas l’expérimentation, mais la subordonne à une conception téléologique — le monde obéit à une finalité — du vivant. À rebours du positivisme du XIXᵉ siècle, en aristotélicien notamment, il affirme que : « La matière est informée, et l’information vient d’en haut. »

    Les « élans vitaux » de Bergson au XXᵉ siècle poursuivent cette veine, reprise par Charles Péguy, mais glissent hélas parfois vers une forme de « mysticisme laïcisé », dit républicain, dégagé de toute transcendance surnaturelle.


    II. 🦴 Organicisme ou corps mécanique ? Entre Aristote, Haeckel et saint Thomas

    Là où Aristote distingue la forme substantielle de l’homme — son âme rationnelle — Ernst Haeckel, au XIXᵉ siècle, y voit un simple agrégat d’instincts et de flux. En créant le mot écologie, Haeckel ouvre la voie à une naturalisation intégrale de l’homme, niant sa supériorité et son destin métaphysique.
    C’est la voie que pris l’écologie moderne, utilisant l’environnement contre l’homme, bien que l’écologie soit noble, lorsqu’elle est bien comprise.

    C’est dans cette veine que s’inscrivent, paradoxalement ou non, des pans entiers de l’écologie politique de gauche — des Verts —, ceux qui— tout en rejetant l’ordre naturel — singent un organicisme inversé, dans une lubie panthéiste et soi-disant égalitaire.

    L’organicisme politique chrétien, tel que développé par saint Thomas d’Aquin, s’appuie sur une comparaison prudente et structurante : c’est la société comme corps mystique, hiérarchisé, ordonné au Bien commun. Ce modèle fut le soubassement des monarchies médiévales et même de la théologie politique de Pie XII.
    Sans dissoudre l’individu dans le Tout, il l’ordonne chaque partie selon une finalité surnaturelle : le Salut, concourant aux multiples biens. Ainsi, l’État et l’Église agissent non comme masse amorphe, mais comme ordonnancement.


    III. ☣️ Perversion contemporaine : panthéisme, bio-pouvoir et yoga pastoral VS. 🛡 Retour au réel : vitalisme hiérarchique et enraciné

    Pour en remettre une couche, la version darwiniste ou apparentée, l’organicisme athée devient aujourd’hui instrument d’ingénierie (anti)sociale : eugénisme faux, euthanasie, stérilisation du « pauvre » au nom de Gaïa.
    La liturgie post-conciliaire en pastel devient, elle aussi, une forme de vitalisme invertébré, sentimental, crypto-populiste, ArtVitalisme du dimanche matin sous cellophane, où le Fils de Dieu serait à réduire à un vague coach spirituel.

    Cette ère du « nouvel âge » gauchiste, crypto-bouddhique, Avatar-esque et droit-de-l’hommiste, après avoir soutenu l’ère industriel, ces mêmes gôches prétendent renouer avec la nature, les campagnes, contre la technologie et les villes.

    Mais ce « gnosticisme vitaliste », dès lors, sert d’alibi à des entreprises d’autodivinisation de l’individu, par l’alimentation, le sport déconnecté du reste, ou la pseudo-méditation. C’est là qu’intervient le « vitalisme inégal » que nous revendiquons : toutes les vies ne se valent pas. Tous les élans ne sont pas saints.


    Et, toutefois, le clivage gauche-droite étant dépassé, s’il y eut un Darwin, il y eut aussi un Arthur de Gobineau… Et, par exemple, l’écologie promue par le national-socialisme était d’essence « raciale » : elle plaçait l’homme dans son berceau communautaire, enraciné, dans un environnement naturel.

    Contre cet état de fait, il est possible, aujourd’hui, de restaurer un « vitalisme de droite », enraciné dans l’histoire, la terre et la Grâce. Ce vitalisme ne nie pas la science, mais l’encadre. Il postule une anthropologie complète, une écologie communautaire, anti cosmopolite. Un corps social n’est pas une soupe de cellules interchangeables.

    Ainsi, tout comme le Pape Léon XIII relança le thomisme en plein « positivisme », il nous appartient de refonder un organicisme sacré, propre à défendre la vraie vie, contre la vie nue, et la vraie société, contre la ruche technocratique.


    🛎 Conclusion par KO

    L'organicisme et le vitalisme ne sont pas tombés en désuétude, ils vivent

    En résumé : le vitalisme véritable — celui de Barthez, de saint Thomas d’Aquin, de nos ancêtres « monarchiques » — mérite d’être restauré. Mais il doit être dénoué du fétichisme biologique et athée moderne, du yoga de trottoir, des blouses blanches de laboratoire woke.

    Le corps social, oui ; mais comme corps mystique. L’homme cet animal oui, mais cet animal religieux aussi ! La force vitale, certes ; mais comme principe donné, non auto-inventé.

    Post-Scriptum : Celui qui croit dans l’égalitarisme biologique n’engendre que l’inhumanité.


    📚 Livres & chapitres

    • Joël Hautebert, L’organicisme est-il contre-révolutionnaire ?, intégralisme-organique.com
    • Henry Coston, Non ! L’écologie n’est pas de gauche, Paris, 1995
    • Charles Wolfe, Science et métaphysique : le problème du vivant, de la Révolution Scientifique au vitalisme (2022). Chapitre analysant les réponses matérialistes et vitalistes aux origines de la biologie moderne.
    • Pierre Vial & Alain de Benoist, Pour une renaissance culturelle (1979), recueil de textes issus de la revue Éléments et GRECE, abordant des thèmes vitalistes dans le cadre d’une renaissance traditionnelle et civilisationnelle.
    • Guillaume Faye, dans Archéofuturisme (1998), évoque un « constructivisme vitaliste », la synthèse entre haute technologie et racines ancestrales destinées à revitaliser l’Europe future.

    La Rédaction pugilistique

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