-
Publié le par Florian Rouanet
⁂ Arène de combat
Ô cher lecteur, songe un instant à ce qu’était Rome au IIIᵉ siècle : persécutions vespérales, martyrs couchés dans les catacombes, clergé dispersé, fidèles craintifs. Et pourtant, c’est au cœur de cette tempête, de ces ténèbres, que jaillit une lumière ineffable, descendue non directement des urnes, mais du ciel. L’Esprit-Saint, le Christ, en sa liberté souveraine, n’attendit ni décomptes ni pourparlers à proprement parler : il posa sa colombe sur le chef de Fabien, un simple laïc, et en fit Pape.
D’aucuns de nos jours – prisonniers de leurs constructions scolastico-modernistes – se plaisent à différencier « matière » et « forme » du Pontificat, à échafauder des (fou)thèses que l’âme rustique du Chrétien fidèle ne saurait qu’éprouver comme des songes captieux. Ces spéculations surnommées sédéprivationnistes, broche sur le vide par excellence, font du mystère du Saint Siège une mécanique désenchantée : ils attendent sempiternellement une conversion théorique d’un « faux Pape moderniste ».
Et pourtant, ces derniers — les modernistes —, sont pensés, par eux, comme les assassins des âmes.C’est pourtant au sein d’un silence sacré, sans grandes clameurs d’assemblée ni acclamation de conclave « classique », que Fabien devint Vicaire du Christ. Face à cela, que sont les arguties des théoriciens de l’attente perpétuelle, de la « Divine providence » sans témoignage palpable ?
Il existe diverses résolutions à la dite crise de l’autorité dans l’Église, dont la plus « naturelle », ecclésiologique, serait un CGI (Concile général imparfait).Saint Fabien, élu du Ciel en 236 – modèle contre les mirages sédéprivationnistes

☧ Bandage lexical contre les castrateurs
Élection (lat. electio): Choix par lequel on désigne une personne à une charge, ici divine.
Miracle : Fait surnaturel manifestant l’intervention divine, ici avérée et publique.
Sédéprivationnisme : théorie infirmée née d’une branche traditionaliste « post-Vatican II », selon laquelle le siège de Pierre n’est occupé que matériellement par des personnes dont l’intention hérétique les priverait de l’autorité formelle.
Qui peut élire le Pape
Électeurs (lat. electores) : Avant la réforme grégorienne et la constitution In nomine Domini de 1059 — le pape Nicolas II ici ne crée pas à proprement parler le cardinalat, car cette dignité existait déjà sous des formes embryonnaires dans l’Église de Rome depuis l’Antiquité, toutefois, ce texte marque un tournant décisif dans l’attribution du droit d’élire le Pape —, l’élection du Pontife romain relevait du clergé de Rome (évêques suburbicaires, prêtres titulaires, diacres), avec le consentement du peuple chrétien et parfois la confirmation de l’Empereur.
Le droit médiéval retient cette triple harmonie — clergé, fidèles et autorité chrétienne — comme norme organique (cf. Liber Diurnus, décrétales de Grégoire le Grand). Ce n’est qu’ensuite que les cardinaux, issus du presbyterium romain, furent graduellement investis du monopole électoral, par pragmatisme et souci d’efficacité.
De même, en cas de vacance universelle ou défaillance du collège cardinalice, c’est le principe de suppléance ecclésiale (per epikie) qui prévaut, permettant aux évêques catholiques restés fidèles à la foi de toujours de désigner un successeur légitime à saint Pierre (cf. canonistes médiévaux comme Hostiensis ou le cardinal Torquemada).
Qui peut être élu Pape
Éligibilité (lat. idoneitas) : Selon la doctrine scolastique constante, tout homme baptisé, catholique et sain d’esprit, peut être validement élu Pape (cf. Gratien, Décret, dist. 79, c.11 : « Papa ex quolibet ordine »). Toutefois, l’Église requiert en pratique qu’il soit catholique de foi intègre, homme de mœurs irréprochables et libre de toute suspicion d’hérésie ou d’irrégularité canonique. Il n’est pas requis qu’il soit déjà évêque : s’il est seulement prêtre ou même simple clerc, il doit être consacré évêque immédiatement après son acceptation, car le Pontificat requiert la plénitude du sacrement de l’Ordre (cf. Pie XII, Mystici Corporis, 1943).
L’élection d’un hérétique notoire, même baptisé, serait nulle de plein droit, selon la doctrine de la perte du pouvoir par déviation de la foi (cf. saint Robert Bellarmin, Cajetan, Suarez, Billuart, bulle de Paul IV (?), Droit canon de 1917 de Benoît XV, etc.).☩ Vielle leçon érudite
« Il arriva en ces jours un événement prodigieux dans l’Église de Rome. Alors que tous les frères étaient réunis pour élire un évêque, plusieurs noms d’hommes estimables furent proposés. Or, Fabien, un homme venu des champs, tout à fait inconnu et simple laïc, assistait à cette assemblée.
Comme il n’était dans l’esprit de personne de le proposer, soudain une colombe descendit du ciel et se posa sur sa tête, à la manière de celle qui descendit sur le Sauveur. Émerveillés par ce signe manifeste et céleste, tous, d’une seule voix, proclamèrent qu’il était digne. Et bien qu’il fût encore laïc, ils le choisirent unanimement comme évêque. »
— Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 29. Éditions de référence : Patrologia Graeca, t. 20, col. 601–602 (texte grec) ; trad. Abbé Maran (1856).
« Par l’excellence de sa foi, par sa fermeté dans la confession, il fut un exemple pour nous tous ; et, de l’Orient à l’Occident, son sang fut comme un témoignage suprême d’unité. »
— Témoignage de saint Cyprien de Carthage, Lettre (Épître 9), évêque de Carthage, loue Fabien.
Σ Plan d’attaque par manche
-
🕊️ Un Pape élu « sans vote », par Dieu et l’assemblée
-
🔧 Théories sédéprivationnistes : artefacts sans vertu ; modernistes : faux électeurs, assassins des âmes 🌩️
-
🏛️ L’indéfectibilité de l’Église ne dépend pas des hommes 📯 La Providence n’a point besoin de Cassiciacum
🕊️ Quand l’Esprit descendit d’en haut, les électeurs se turent 🕊️
I. 🕊️ Un Pape élu « sans vote », par Dieu et l’assemblée
Sous les règnes des empereurs Alexandre Sévère et Maximin le Thrace, l’Église est tantôt tolérée, tantôt pourchassée.
Mais l’an 236 frappe, le 10 janvier précisément, les évêques romains s’étaient réunis, non point dans le tumulte de factions, mais pour rechercher la volonté divine. Fabien, « laïc campagnard » inconnu au bataillon, n’avait point été consulté. Et pourtant, une colombe descendit du firmament, se posa sur son front — et toute assemblée, saisie d’une révérence extatique, clama : « Il est digne. » L’unanimité n’émanait point de procédures, bien que « ces dernières » couronnées le tout, mais d’un éblouissement sacré.
Il fut saisi et assis sur le trône. Il ne s’agissait ni d’une nomination politique, ni d’un compromis clérical. L’on pourrait même dire : ce fut le conclave « anti-conclave ».
Son pontificat commence sous l’empereur Gordien III, qui fut relativement bienveillant envers les chrétiens. C’est une période de paix relative qui permit à Fabien de gouverner l’Église avec efficacité. Il est martyrisé sous l’empereur Dèce et meurt le 20 janvier 250. Son martyre est attesté par plusieurs sources, dont sa mention explicite dans les Actes des Martyrs et l’inscription sur son tombeau dans la crypte papale de la Via Appia :
« FABIANVS EPISCOPVS MARTYR »
(inscription gravée en lettres grecques dans la Catacombe de Saint-Calixte)Moins d'urnes, plus de burnes, et de sainteté surtout !
II. 🔧 Théories sédéprivationnistes : artefacts sans vertu ; modernistes : faux électeurs, assassins des âmes 🌩️
Ce contraste est saisissant devant l’attente fébrile et inachevée des disciples de Cassiciacum. Leur mécanique d’Église double — sombrant justement dans la duplicité, duplicem — d’« autorité matérielle » sans forme pontificale ne repose que sur un funambule « dogmatique », marchant sur la corde raide de distinctions scolastiques fortement absconses.
Ils dénoncent avec raison les hérésies conciliaires, mais prétendent simultanément que les évêques/cardinaux modernistes, bien qu’invalides et invalidés, puissent encore perpétuer la succession matérielle. Voilà qui confine à l’absurde.
Par ailleurs, d’après le catéchisme de Saint Pie X, les schismatiques sont les baptisés qui refusent d’obéir aux pasteurs légitimes. Mais comme les modernistes ne sont pas des pasteurs légitimes, il n’y a absolument rien de schismatique dans le fait de considérer qu’ils ne sont pas des électeurs légitimes. Du reste, les électeurs du pseudo Léon XIV n’ont aucune autorité. En plus ce ne sont que des laïcs, vu qu’ils ont été invalidement ordonnés.
À quoi bon maintenir la façade d’un siège occupé « de matière » (materialiter, ou matière à litière !) par des traîtres notoires, ennemis de la foi, sans doute invalidement ordonnés, et déjà déchus ipso facto, notamment par le droit canonique « formaliter » de 1917 ?
Oser prétendre que les hérétiques soient encore électeurs légitimes revient à dire que Caïphe pouvait encore désigner un successeur à Moïse. La divine constitution de l’Église n’est pas respecté du guerardos. Alors que ces « conciliaires » n’ont conservé ni Foi, ni Ordre, ni Intention. Ils ont piétiné Messe, vidé les sacrements de leur substance, courbé l’Église vers le monde. Leur reconnaissance reviendrait à proclamer qu’on peut hériter du trône de Pierre en étant fils du Diable.
III. 📯 L’indéfectibilité de l’Église ne dépend pas des hommes : La Providence n’a point besoin de Cassiciacum
La Sainte Église ne s’est point effondrée au IIIᵉ siècle alors même que Rome s’embrasait. Pourquoi céderait-elle maintenant à cause de l’invalidité de faussaires épiscopaux ?
L’indéfectibilité est promesse divine. Et si Dieu, dans Sa liberté, le veut, Il pourrait susciter derechef un Fabien — « sans bulletin », presque sans concile ! Nihil obstat.
Mais vouloir y mettre un futur élu désigné par les suppôts de Vatican II relève d’une faute de logique aussi lourde que celle d’un « ultramontain progressiste ».La thèse totaliste (sédévacantisme pur) au moins reconnaît jusqu’au bout que le Siège est vide.Toutefois, les adeptes de cette dernière ne s’embarrasse hélas point de l’autorité et de la visibilité de l’Église, préférant défendre presque uniquement « la Foi « .
Les bienheureuses mystiques – Anna-Maria Taïgi, Élisabeth Canori Mora – ne parlaient point d’un « conclave de cardinaux obligatoire », mais de l’intervention divine désignant Elle-même, au travers de l’Assemblée de fidèles validés. Cette espérance n’a besoin ni de théories intermédiaires (guérardisme, lefebvrisme) ni de faux cardinaux pour se réaliser !
En effet, et c’est important comme remarque : saint Fabien a été indiqué/désigné par la Troisième Personne de la Sainte-Trinité, mais il a été élu par des hommes, comme l’exige l’Église de Dieu… Ils étaient bel et bien libres de ne pas le reconnaître et de continuer leurs gesticulations. À Dieu tout est possible, soit ; mais toujours est-il que les hommes doivent faire leur devoir.
🛎 Frappe chirurgicale inflige KO
Durant son pontificat de quatorze années, saint Fabien s’attacha à réorganiser l’Église romaine, nommant sept diacres pour superviser les districts ecclésiastiques et veillant à la conservation des catacombes, où il fit inhumer ses prédécesseurs. Il poursuivit également la rédaction des Actes des martyrs, œuvre commencée sous Antère, afin de préserver la mémoire des témoins de la foi.
Et ce que Dieu a accompli autrefois, Il peut le faire derechef. Pape Saint Fabien, simple laïc, fut désigné sans appel par la descente d’un oiseau céleste. Les hommes virent, comprirent, désignèrent oui, mais se turent.
Qu’attendent donc les sédéprivationnistes pour cesser leurs bavardages encombrant ? Qu’un « conciliabule apostat » leur désigne un pontife valide ? Ils se rendent complices des assassins des âmes, à un degré certain.
Non, l’Église ne faillira point. Elle peut être réduite dans l’ordre visible à des catacombes ; elle peut être « décapitée » ad tempus, mais il reste une autorité légitime — les évêques demeurés fidèles — et Elle ne sera point livrée aux mains de ceux qui La violentent !
Il nous revient de croire, de prier, de jeûner, d’agir, non de spéculer dans le vent. De servir, non de gloser. L’Esprit souffle où Il veut – et non où le « canoniste » privé veut.
Post-Scriptum : Le Pape n’est point un concept ou un fantôme surnaturel, coupé de moitié, mais un homme vivant, visible, plein et entier, discerné par les siens, et revêtu d’autorité. Tout système qui suspend cette évidence est une fabrique à doutes.
Pugiliste lettré
📚 Pour approfondir
-
Histoire ecclésiastique, Eusèbe de Césarée — Éd. du Cerf.
-
Thèse de Cassiciacum, Mgr Guérard des Lauriers – Virgo-Maria.org
🥊 Nos articles de la Straße
Où se trouvent la Juridiction et l’Autorité de l’Église ? (Abbé Jaqumin)
L’apôtre Paul confirmerait Pierre, ou bien c’est l’inverse ?
L’église montinnienne dite de Paul VI et Mgr Guérard des Laurriers
Errements du courant dit « Reconnaître et Résister » en 14 points — Abbé Zins
Laurent Morlier, ou la critique d’un “survivantiste anticonclaviste”
-

5 commentaires
Réagissez à cet article !