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Publié le par Florian Rouanet
Reconnaissance & Obéissance - Doctrine & Unité
Préambule :
Pour aujourd’hui, nous allons traiter de divers sujets sur le mode du pot pourri, et ce n’est pas rien de le dire : feu à boulets rouges omnidirectionnels sur le Tradistan !
En effet, dans la jungle des débats sur ladite crise de l’Église, certains s’imaginent résoudre le(s) problème(s) par des solutions qui, sous prétexte de pureté doctrinale, confinent à l’absurde, lorsqu’ils cherchent déjà à trouver des solutions.C’est ainsi que l’on voit fleurir un constat sur la vacance du Siège de Pierre, sans vouloir expressément retrouver un Pape (la solution dite conclaviste serait « trop humaine » – sic), ou encore une hostilité dogmatique au « Una Cum », alors même que la question du « sacre invalide », ou probablement invalide, est bien plus centrale que cette distinction.
Nous allons démontrer en quoi certaines obessessions sont des impasses aliturgiques et contradictoires, et en quoi les thèses innovatrices de Verrua Savoia (guérardisme) comme d’Éconne (lefebvrisme) sont partis d’un mauvais pied, se construisant dans l’action, pour finir par se mordre la queue, en faisant, par exemple, de Paul celui qui confirme Pierre, c’est l’inversion hiérarchique théorisée !

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Sommaire :
I. L’absurdité de la critique du « conclavisme trop humain »
II. L’impasse du « Non Una Cum » & son artificialité communautaire
III. Cassiciacum/Ecône : une Église renversée où Paul confirme Pierre ?
IV. Incohérences ecclésiologiques : quand l’évêque refuse l’obéissance qu’il exige (réformes de Pie XII)☧
I. L’absurdité de la critique du « conclavisme trop humain »
Certains nous accusent de vouloir une solution « trop humaine » à la crise de l’Église. Mais alors, qu’attendent-ils ?
- Dans l’expectative durant mille ans, avec une solution « purement divine » ? Une conversion d’un « mauvais pape conciliaire materialiter » en 2250 ? Mais alors, pourquoi Notre Seigneur a-t-Il confié l’Église à des hommes, certes unis par la Grâce ?
- Faut-il supprimer la Papauté, l’Église, ou simplement le problème ?
Vous avez 4 heures !
À moins que tous les Papes de l’histoire n’aient été des extraterrestres revêtus d’une apparence humaine, la question devient ridicule dans le premier cas.
En outre, lorsque l’Eglise reçoit un légitime successeur, c’est toujours, à travers elle, le Christ qui le désigne. La solution est toujours « providentielle », dans le sens où elle vient de Dieu, bien que les hommes le constatent universellement par cette entremise !
La foi catholique nous enseigne effectivement que Dieu agit à travers l’histoire et les institutions religieuses qu’Il a fondées. La mission divine passe par les hommes, tout comme l’Incarnation a nécessité une nature humaine véritable.
Être catholique de tradition, mais ne pas constater la vacance objective (hérésies relativistes publiques, etc.), puis ne pas professer un Concile général imparfait des évêques restés fidèles est un non sens !II. L’impasse du « Non Una Cum » communautaire & son artificialité communautaire
La question du « Non Una Cum », mal posée, mais légitime et plutôt juste, est souvent soulevée dans le contexte des messes dites sédévacantistes. Mais cette fixation linguistique, à un moment du Canon de la messe, est un « faux problème ».
En réalité, même un prêtre sédévacantiste est « Una Cum » son évêque, ou le Saint-Siège au moins implicitement, puisqu’il le mentionne dans la liturgie.
Cette conception négative rappelle le point faible des antifascistes, qui n’existent que par haine et rejet d’un fascisme souvent mythifié.Au-delà, un vrai problème n’est pas de savoir si « Una Cum » est prononcé, mais bien :
- La validité des rites (sacres, messe, confession, etc) : un prêtre « ordonné » par un évêque invalide n’est pas prêtre – à cause d’un rite qui n’est pas celui de l’Église.
- L’acceptation ou non desdites réformes de Vatican II.
- La reconnaissance même partielle de l’autorité d’un « pape Vatican II ».
Se définir « Non Una Cum », tout en considérant que François-Bergoglio, ses prédécesseurs et ses successeurs, étaient/sont/seront légitimement élus et tiennent une autorité légitime, même relative ou amoindrie (guérardisme, lefebvrisme) n’est pas très honnête quant à cette profession de « Non Una Cum », comme dans le cas d’un « Una Cum » « désobéissant ».
En outre, ne point distinguer la question des sacres et de la succession apostolique, avec qui sont les vrais évêques (vrais rites + les mieux avisés sur la doctrine) de ceux qui ne le sont point, est une ineptie.
III. Cassiciacum/Écône : une Église renversée où Paul confirme Pierre ?
Si cela s’entend de ne pas considérer véritable pape un prétendu chef qui s’écarte de la Foi et de la Tradition, la Thèse de Cassiciacum, elle, prétend que les « papes conciliaires » restent matériellement papes, élus par un conclave moderniste, mais non formellement, faute « d’intention ».
Ainsi, les modernistes tiendraient physiquement l’Église en otage, ce qui est impossible dans son essence, notamment surnaturelle. Un non-catholique ou anti-catholique, ne saurait prétendre avoir un quelconque droits sur l’Église de Dieu.
Elle propose donc un critère nouveau & arbitraire :
- Un « pape » devient formellement pape s’il rejette Vatican II.
- Mais QUI décide de ce critère ? QUI valide cette « conversion » ?
Cela aboutit à une absurdité ecclésiologique et même à un « conclavisme sauvage » comme dirait l’abbé Jaqumin :
C’est Paul qui confirme Pierre, et non Pierre qui confirme Paul.
Idem, lorsque des évêques et abbés de la FSSPX, fussent-ils éclairés, prétendent « corriger fraternellement » un supérieur, ou prétendu-t-elle, en la personne du « pape conciliaire », qui professe des hérésies et des sophismes.
L’Église a toujours fonctionné dans l’autre sens : c’est le Souverain Pontife qui confirme l’Église, et non l’inverse. Et c’est pourquoi il faut en retrouver un (!), dont on fera dépendre la juridiction territoriale ensuite.En réalité, si l’Église pouvait perdre son pouvoir d’élire légitimement le Pontife romain, alors elle cesserait d’être l’Église instituée par Notre Seigneur, or c’est impossible.
Ce point, outre l’hérésie qui fait cesser d’être Pape en tout point, ruine toute la prétendue orthodoxie de ladite Thèse, en faisant reposer l’autorité sur ceux qui n’en ont pas.IV. Incohérences ecclésiologiques : quand l’évêque refuse l’obéissance qu’il exige (réformes de Pie XII)
Un autre problème est celui de certains évêques traditionalistes lato sensu, exigeant une obéissance absolue de leurs fidèles (et ils ont souvent raisons de dénoncer la désobéissance des laïcs), mais tout en refusant eux-mêmes d’obéir à un Pape légitime comme Pie XII. Ce que ne pratique pas la CMRI de Mgr Pivarunas.
Mgr Scharf, de la Concorde augustinienne, est loin d’être un cas isolé. En effet, s’il prône une obéissance inconditionnelle, et rappelle la grandeur des droits et devoirs de l’épiscopat, et que les laïcs ne respectent pas vraiment, nous avons hélas du mal à concevoir et appliquer cela, si son propre évêque, n’obéit pas à une réforme obligatoire d’un pape légitime, par exemple.
Cette contradiction rappelle la 8e proposition condamnée du Synode janséniste de Pistoie par Pie VI :
« De même, le synode est persuadé « que les droits que l’évêque a reçus de Jésus-Christ pour gouverner l’Église ne peuvent être ni altérés, ni empêchés ; là où l’exercice de ces droits, pour quelque motif que ce soit, a été interrompu, l’évêque peut toujours et doit revenir dans ses droits originaires toutes les fois que l’exige le plus grand bien de son Église » (De l’ordre, § 25).
Mais aussi :
Par là, il [le synode] insinue que l’exercice des droits épiscopaux ne peut être empêché ou contenu par aucune autorité supérieure, toutes les fois qu’un évêque estimera, à son propre jugement, que cela est convenable au plus grand bien de son Église. Proposition qui conduit au schisme et à la destruction du gouvernement hiérarchique ; proposition erronée. » »
— Bulle Auctorem Fidei, Pie VIL’Église ne fonctionne pas selon l’auto-légitimation et un évêque ne peut s’accorder des droits qu’il refuse aux autres.
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Conclusion
L’obsession du « Non Una Cum », la fausse logique de Cassiciacum, et les confusions ou incohérences de certains évêques traditionalistes lato sensu, témoignent d’un profond désordre doctrinal, ecclésiologique, avant de manquer d’unité effective.
L’Église ne repose pas sur des critères arbitraires et innovateur, mais sur un ordre hiérarchique voulu par Notre Seigneur, ainsi que sur la Tradition de l’Église.
Il est temps de :
- Rejeter les débats stériles sur le « Non Una Cum », qui détournent du vrai problème.
- Refuser les pseudo-solutions où « Paul confirme Pierre », qui inversent l’ordre catholique.
- Revenir à une ecclésiologie cohérente, fondée sur une succession apostolique réelle & une action concrète, universellement reconnue.
Le surnaturalisme dégénéré de toute sorte, doit céder la place à une pensée catholique enracinée dans le réel, basé sur la foi et la doctrine, sans sombrer dans un pendant naturaliste opposé à l’extrême.

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Où se trouvent la Juridiction et l’Autorité de l’Église ? (Abbé Jaqumin)
Réforme de la Semaine Sainte de Pie XII – Père Lavery (CMRI)
Conciles de Pise & de Constance, ou la nécessité d’un “chef visible”
« Je suis le seul validement ordonné ! » – Père Coomaraswamy
Lorsque Mgr Guérard des Lauriers rejetait la solution « conclaviste » (sic)

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