• « Je suis le seul validement ordonné ! » – Père Coomaraswamy



    L’impossible unité du “traditionalisme catholique” ?

  • Le monde du catholicisme traditionaliste, ou Tradiland, reste un véritable labyrinthe doctrinal, divisé entre les semi-ralliés, les sédévacantistes complets, les conclavistes et les sédéprivationnistes.
    Loin d’afficher une unité salvatrice (doctrinale et politique), face aux dérives modernistes notamment issues du concile Vatican II, ces factions se livrent une guerre intestine, chacune prétendant à la pureté doctrinale et à la validité exclusive des sacres et ordinations. L’unité, pourtant essentielle dans la lutte pour la restauration de la Tradition, semble ici demeurait un rêve lointain.

    Une logique sectaire à dénoncer

    C’est non sans ironie mordante que le Père Rama Coomaraswamy, prêtre américain d’origine indienne, moquait cet esprit hooligan de division en attribuant à chaque clerc « traditionaliste », sédévacantiste ou non, cette assertion : « Je suis le seul validement ordonné ! ».

    En effet, au nom de quoi, de quels arguments raisonnés, les lignées lefebvristes (issues de Mgr Marcel Lefebvre) et thucistes (issues de Mgr Pierre-Martin Ngô-Dinh-Thuc) s’anathématisent-elles mutuellement, contestant la validité des sacres respectifs ? Pis encore, au sein même de la Fraternité Saint-Pie X, les tensions internes ne cessent d’alimenter de nouvelles dissidences : Mgr Williamson et la « Résistance » en sont un exemple frappant – les deux lignées lefebvristes ont tendances à s’annuler malgré leur appartenance à une même « sous branche ».

    Cette situation donne à voir un spectacle affligeant où la suspicion généralisée remplace la charité et la fraternité chrétienne. Si l’on considère que nous sommes en cas de nécessité, en raison d’un Siège apostolique vacant et de ladite crise de l’Église, alors l’action des traditionalistes, lato sensu, devrait être non seulement permise, mais souhaitable, intégrée et nécessaire !
    Certes, l’adhésion pleine et entière à la doctrine catholique est une exigence absolue, mais la gravité de la situation actuelle, l’absence d’autorité légitime reconnue universellement, impose une certaine compréhension mutuelle, faute de quoi la désunion continuera de miner cette œuvre traditionnelle de restauration.

    Il n’y a pas à dire, les plus petites différences sont les plus insupportables, et c’est fascinant !

    Des condamnations mutuelles sans fin

    L’ancienne source de cette analyse se trouvait sur Fide Catholica, devenu Fide Post. Le passage suivant illustre parfaitement la confusion et la méfiance qui règnent dans le camp traditionaliste :

    « D’un autre côté, la Société de Saint Pie V nie la validité de toute ordination ou consécration issue de l’archevêque vietnamien Pierre-Martin Ngô-Dinh-Thuc. Il y a ceux qui, comme Mgr Thomas Fouhy, jettent le soupçon sur toutes les ordinations dérivées de l’archevêque français Marcel Lefebvre à cause des liens maçonniques du cardinal Liénart, lequel a ordonné et sacré Lefebvre.

    Et puis il y a ceux qui mettent en doute les évêques et les prêtres qui dérivent de la soi-disant lignée brésilienne qui était autrefois schismatique, mais qui s’est réconciliée avec Rome (NDT : certains prêtres et évêques issus du schisme de Mgr Duarte Costa, excommunié par Pie XII dans les années 1940, se réconcilieront officieusement avec Pie XII à la fin des années 1958, avant d’être « reçus » dans l’Église par « Jean XXIII »…). Actuellement, la personne la plus importante dans cette lignée est Mgr Patrick Taylor (NDT : Mgr Taylor est mort en 2018). Et puis il y a Mgr Louis Vezelis (NDT : Mgr Vezelis est mort en 2013), qui soutient que tout évêque, ou prêtre, qui n’accepte pas sa primauté vis-à-vis de ce qu’il appelle sa « juridiction universelle », n’a pas le droit de donner les sacrements. (…)

    Malachi Martin, qui a enquêté en mon nom à Rome sur la validité de divers évêques traditionnels – Rome ayant récemment tenu des registres stricts sur ces questions – m’assure que les ordinations et les consécrations de l’archevêque Ngô-Dinh-Thuc sont au-delà de tout doute valides. Il en va de même pour les ordinations de Mgr Patrick Taylor. L’évêque Taylor vient d’une lignée brésilienne – un groupe qui était initialement schismatique mais qui s’est réconcilié avec Rome avant Vatican II. J’ai en ma possession une lettre manuscrite de Malachi Martin affirmant la validité de l’évêque Patrick Taylor. Je n’ai jamais discuté avec lui la question des ordinations et des sacres de Mgr Lefebvre, mais je suppose, d’après d’autres commentaires, qu’il les considérait comme valides. Encore une fois, je n’ai jamais discuté avec lui de la position de Mgr Vezelis, mais comme il tire ses ordres de l’archevêque Ngô-Dinh-Thuc, il faut supposer qu’ils sont valides. L’autre évêque au sujet duquel je lui ai demandé de se renseigner était Mgr Thaddeus Alioto, au Mexique, dont il m’a de nouveau assuré qu’il était valide. Mgr Alioto était un dominicain qui a été ordonné en 1950 par Pie XII et a été consacré par Mgr Maxi avant les changements. »

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