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Publié le par Florian Rouanet
Janus-Conclavistus Represent
Préambule :
Saint Cyprien de Carthage affirmait avec force :
« L’Église est en l’Évêque, tout comme l’Évêque est en l’Église. »
Or, actuellement sur le globe – ou la terre plate pour les intimes héhé ? -, où les successeurs de Pierre, depuis Vatican II, enseignent des erreurs/hérésies contraires à la foi catholique, la question se pose : Avec le Bon Dieu, l’Église est-elle encore dans ces évêques modernistes, ou bien a-t-elle trouvé refuge ailleurs ?
Dans son ouvrage Catholiques malgré Rome, Jean-Pierre Chantin explore l’histoire de ceux qui, en France, ont voulu rester catholiques tout en rejetant l’autorité romaine. Si ce phénomène (pour le coup peu recommandable, car se dirigeant contre de vrais Papes légitimes !) s’est illustré notamment avec la Petite Église du XIXᵉ siècle, il se retrouve aujourd’hui, dans le courant dit traditionaliste, qui oscille entre refus de « l’autorité conciliaire » issue de Vatican II et acceptation d’une papauté corrompue.
Mais comment peut-on légitimer notre action et prétendre demeurer catholique, tout en niant l’autorité de ceux qui « représenteraient l’Église » ?

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Sommaire :
I. L’épiscopat est un pouvoir de gouvernement
II. La crise actuelle & la survie de la hiérarchie catholique
III. Une hiérarchie en exil ?☧
I. L’épiscopat est un pouvoir de gouvernement
Une erreur fondamentale, répandue dans certains cercles traditionalistes, consiste à affirmer que l’évêque, par sa consécration, ne reçoit qu’un pouvoir d’ordre, distinct du pouvoir de gouvernement. Cette idée, développée notamment par le dominicain Mgr Guérard des Lauriers avec sa théorie poussant à la notion d’un « épiscopat diminué », contredit la doctrine catholique traditionnelle.
De nombreux théologiens affirment au contraire que l’épiscopat implique intrinsèquement un pouvoir de gouvernement…
Le père Piault écrivait ainsi dans la Nouvelle Revue Théologique de décembre 1949 :
« Pouvoir pastoral qui utilise le gouvernement, le sacrifice, l’enseignement : voici l’épiscopat, voici, pouvons-nous conclure, ce que cet ordre suprême vient conférer à l’évêque. »
M.J. Gerlaud, en 1930, précisait que l’évêque n’est pas seulement habilité à conférer les sacrements, mais qu’il reçoit aussi une autorité intrinsèque sur le Corps mystique :
« La consécration épiscopale est d’une autre sorte de sacerdoce, car elle confère au Corps Mystique le pouvoir de gouvernement de Christ, elle crée une exigence de juridiction. »
De même, L.-M. Orrieux affirmait dans la Revue Thomiste de 1958 :
« Si les évêques ne sont pas de simples préfets, c’est parce que la racine de leur titre vient de Dieu par voie sacramentelle : leur consécration les qualifie comme pasteurs. »
Ainsi, équivalent aux apôtres, l’évêque reçoit de Dieu un pouvoir de gouvernement immédiatement lié apr le fait même de son ordination, et non d’une simple faculté territoriale secondaire à exercer ce pouvoir sous condition d’une délégation directe du Pape – en temps d’autorité légitime c’est cependant le cas ! Cette distinction est capitale, car elle implique que même devant une situation de vacance du Siège apostolique, l’épiscopat traditionnel (ou du moins les évêques une fois réunis universellement, à la face des catholiques de la Terre) reste en possession d’une autorité légitime.
II. La crise actuelle & la survie de la hiérarchie catholique
Si, comme nous venons de le voir, l’évêque détient par essence un pouvoir de gouvernement, sans parler de dite « juridiction de suppléance », il devient évident que les évêques fidèles à la Tradition, si possible les mieux avisés (!), ne peuvent se contenter d’une attitude passive, selon leurs devoirs devant Dieu et le troupeau de fidèles. La crise actuelle exige des pasteurs qu’ils exercent cette autorité pour préserver l’Église.
Dans Catholiques malgré Rome, M. Chantin montre comment, dès le XIXᵉ siècle, certains fidèles en France ont refusé d’obéir à une hiérarchie qu’ils considéraient illégitime – même si ce n’était certes pas le cas… La Petite Église, par exemple, rejeta Pie VII – par rapport au Concordat révolutionnaire empreint d’abus avec Napoléon Bonaparte -, et maintint une pratique religieuse autonome, allant jusqu’à proclamer la vacance du Siège apostolique. Le Père Grangeard, l’un de leurs meneurs, déclarait en 1820 :
« Le Siège est vacant et l’Église n’a plus d’autre chef que Notre Seigneur Jésus-Christ. »
Une situation similaire se retrouve aujourd’hui avec la contestation – popularisée notamment par Mgr Viganò – du « Pape » Bergoglio François et de ses prédécesseurs modernistes. Mais contrairement au XIXᵉ siècle, où aucun évêque ne remit en cause l’autorité de Rome, notre époque a vu des prélats courageux dénoncer l’imposture conciliaire. Citons notamment :
- Mgr Ngô-Dinh-Thuc,
- Mgr de Castro-Mayer,
- Mgr Marcel Lefebvre, qui, bien que n’ayant pas officiellement adhéré au sédévacantisme, laissa entendre, davantage en privé (source feu abbé Guépin), qu’il considérait les Papes de Vatican II comme illégitimes.
Face à cela, une question demeure : les évêques dits traditionalistes lato sensu doivent/peuvent-ils exercer une véritable juridiction en l’absence d’un Pape légitime ? La réponse est affirmative, car, comme nous l’avons démontré maints fois par nos productions passées, ainsi que plus haut. « L’épiscopat » contient en lui-même un pouvoir de gouvernement et il doit se sentir pour cela légitime, tout comme les Mgr da Silva et Roy.
III. Une hiérarchie en exil ?
La situation actuelle, rappelle étrangement certaines prophéties du passé, révélation privée ou publique peu importe concernant notre propos du jour, bien que l’on puisse prouver notre affaire sans – Magistère, pères enseignants et Droit canon suffisent. Ainsi, une visionnaire vendéenne annonçait au début du XIXᵉ siècle :
« Elle règnera, cette religion sainte, mais ce ne sera pas le pape, ni le roi actuel qui la feront régner, mais un roi selon mon cœur et un pape que j’aurai créé dans ma miséricorde. »
(A. Billaud, La Petite Église dans la Vendée et les Deux-Sèvres, p. 435)Cette juste attente d’un restaurateur de l’Ordre catholique est profondément ancrée dans la foi catholique. Et en attendant cet hypothétique renouveau, l’Église continue d’exister là où se trouve la véritable foi et ses promoteurs, au travers de clercs physiques : les évêques ordonnés dans le rite de l’Église !
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Catholiques malgré Rome : un ouvrage essentiel pour notre temps !
L’étude de Jean-Pierre Chantin permet de mieux comprendre les résistances catholiques face à une autorité jugée illégitime. Son analyse des mouvements dissidents en France, du XIXᵉ au XXIᵉ siècle, offre une perspective précieuse sur la situation actuelle et les choix à faire pour demeurer catholique malgré la crise.
Ainsi, face à la subversion moderniste, la question n’est plus de savoir si nous devons obéir à Rome, mais plutôt comment maintenir la véritable hiérarchie et garantir la continuité de l’Église. L’histoire montre que l’Église subsiste toujours, non dans les institutions vides de foi, mais là où demeure la vérité doctrinale et sacramentelle.
Utilisation délicate à avoir selon véritables autorités ou non, ce qui constitue la condition sine qua non !
Le quatrième de couverture du livre en question :
« Il ne paraît pas concevable qu’il puisse exister des catholiques sans Rome.
Le but de cette étude est de partir à la recherche de ces insatisfaits dans l’histoire religieuse de la France depuis la Révolution. Qui ont été, et qui sont encore, ces croyants qui se disent catholiques mais rechignent à suivre les consignes de la papauté dans une période où celle-ci renforce son pouvoir central?? Leurs parcours peuvent se résumer à trois options?: les plus conservateurs regrettent que l’Église romaine s’engage dans des concessions faites à la modernité, les plus réformateurs lui font le reproche inverse de ne pas assez répondre aux nouvelles attentes des croyants, enfin, d’autres vont trouver des réponses à leurs inquiétudes dans le recours direct à Dieu.
Est-ce qu’une minorité peut revendiquer une orthodoxie et reprocher au pape d’être dans l’erreur?? Voilà l’une des questions qu’avec bien d’autres ce livre affronte.
Cette histoire des marges révèle non seulement la distance prise par quelques groupes finalement peu importants, mais encore celle prise par un plus grand nombre de croyants moins visibles qui, forts des mêmes griefs, s’éloignent tout autant, mais sans bruit.
Jean-Pierre Chantin est spécialisé dans l’histoire religieuse de la France. Il est l’auteur de plusieurs livres dont un ouvrage sur les Marges du christianisme et, dernièrement, De sectes en hérésies. »

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