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Publié le par Florian Rouanet
Voici un 2e dossier de l’AFS, avec l’apport de nos correctifs, lequel complétera à merveille un autre dossier AFS, concernant le libéralisme (non) catholique !
Le point faible de l’ouvrage reste de prendre Vatican II pour un « vrai concile douteux » et ainsi, le Vatican pour l’autorité légitime de l’Eglise catholique malgré tous les défauts (hérésies !) soulignés. Également, celui-ci donne trop de crédit à l’argumentation lefebvriste ralliée ou semi-ralliée (type Jean Madiran).
Nous en avons cependant corrigé la teneur.Contexte social et politique :
Nous nous situons principalement dans les sociétés européennes de l’Ouest, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, avec les réussites dites démocratiques et américaines.
Les clercs d’alors (prélats modernistes, pour le moment ordonné dans le vrai rite de l’Eglise), épousent, en majorité écrasante, l’esprit du monde.
C’est dans ce contexte de reniement des régimes nationalistes en général, que naîtra l’évènement tant honnis à juste titre des catholiques de tradition et sans aucune digue gouvernementale de ce genre pour arrêter le torrent (la piété de Franco lui fait davantage obéir à la juridiction présentée).
En somme, il faut s’excuser de certaines accointances et il devient interdit, ou mal vu le cas échéant, d’être trop de « droite », réactionnaire : l’abbé de Nantes, maurrassien, pro-fasciste et en faveur de la guerre d’Algérie, en avait fait les frais !.De plus, il fallait s’actualiser et jusqu’ici pourquoi pas, d’autant que le concile du Vatican (véritable celui-là, définissant raison et foi contre le rationalisme, traitant d’infaillibilité pontificale et de Divine constitution de l’Eglise) a été interrompu le 20 octobre1870 à cause de la guerre franco-prussienne.
Ouverture :
Débutant le 11 octobre 1962, il sera clos un peu plus de 3 ans plus tard, le 8 décembre 1965.
Jean XXIII/Roncalli annonce un concile, seulement trois mois après son accession au pontificat (évènement qui marquera publiquement la fin de la papauté « véritable » jusqu’à nos jours, si ce n’est pas le décès de Pie XII tout simplement), le 25 janvier 1959 (idée rejeté d’abord de Pie XI et XII).
Un concile n’est pas un petit événement, car, dogmatique, il prétend définir universellement des points de doctrines, de droits, en conviant les clercs du monde entier sous le sceau papal.
Cela détruit d’avance l’argument tradi’ du concile qui n’engage rien, dont l’infaillibilité.Une potentielle « acceptation universelle » ne se fait certes pas contre l’Eglise, la foi et les dogmes. Il y aura d’ailleurs du remous dès le début, et, il faut rappeler que, grâce au recul, le Père jésuite méxicain Saenz y Arriaga déclare le Siège vacant, suite aux modifications/provocations perverses et non-catholiques de Paul VI/Montini en 1971 par la publication de son livre « La nouvelle Église montinienne » (La nueva Iglesia Montiniana).
De la tradition catholique aux modernistes :
Après la disparition de saint Pie X, le modernisme connaît un nouvel essor.
Plus tard, le pape Pie XII, recevant Mgr Lefebvre, lui confia que son pouvoir s’arrêtait au seuil du palier qui se tenait devant eux. C’était déjà la fin.Lors du déroulement de Vatican d’eux, la commission, à caractère doctrinal, est dirigée par le cardinal Ottaviani : un moderniste déjà présent sous Pie XII, qui, avec le cardinal Bacci, a contribué à détruire le rite de la sainte Messe..
Voit le jour une « Alliance européenne » nommée comme telle dans « Le Rhin se jette dans le Tibre » du Père Ralph Wiltgen, lequel obtient, avec le cardinal Liénard (à ne pas confondre avec Liénart, sacreur de Mgr Lefebvre), de repousser le scrutin, afin de placer le plus possible de prélats modernistes le 13 octobre 1962.
Le 20 octobre ils obtiennent 49% des sièges des 16 commissions.Une contre-alliance conservatrice verra le jour en octobre 1963, et se fera entendre à partir de l’année suivante. Elle prendra le nom de Coetus Internationalis Patrum, réunissant les Mgrs Lefebvre, Carli et de Proença Sigaud.
Entre le 3 et le 21 juin, se déroulera la mort de Jean XXIII, puis l' »élection » de Paul VI, et ce dernier, ira jusqu’à remettre en cause les rites, les rendant ainsi douteux et invalides, ce qui fera ainsi perdre progressivement le sacerdoce à tous les « clercs » attaché à « Vatican II ».
70 schémas sont préparés et semblent sérieux, puis une vingtaine in fine, plus douteux seront retenus.
Plaire aux protestants… :
Le 29 octobre 1963 – La question suivante est soumise au vote des « pères conciliaires » :
« Plaît-il aux pères conciliaires que le schéma sur la très Sainte Vierge, Mère de l’Eglise, soit révisé de manière à devenir le chapitre 6 du schéma sur l’Eglise ? »
La réponse est « oui ».
Alors que la question est odieuse en elle même.
Et les « Papes conciliaires », sans rappeler le rôle de la Sainte Vierge, le tairont.
En voici la conséquence, selon l’abbé Berto :
« Le funeste vote (du 29 octobre 1963) apostasiant l’Evangile des noces de Cana, loin d’inviter la sainte Vierge, lui avait signifié son congé. Elle encombrait ! La Vierge Marie encombrait le Concile qui l’invitait à sortir. Oh ! Elle ne se l’est pas fait dire deux fois ! La terre n’a pas tremblé, la foudre n’est pas tombée sur Saint-Pierre.
Elle est sortie discrètement, dans un profond silence; seulement si discrètement qu’Elle n’a pas dit » Vinum non habent » (ils n’ont plus de vin); et les destins de la deuxième session ont été scellés. ».
Via Coetus Internationalis Patrum, Mgr Carli propose déjà un renouvellement de la condamnation du communisme, le 9 novembre 1965, et bien avant le Jean Paul II/Woytyla, lequel se donnait quelques airs conservateurs et patriotiques polonais en son époque.
Bien qu’ayant reçu la signature de 450 pères conciliaires (dans le bon sens du termes ?), cela ne sera pas suivi d’effets.Le 7 décembre 1965, veille de la fermeture de Vatican d’eux, la nouvelle/fausse conception sur la Liberté religieuse passe à 2308 voix contre 70 (quel aveuglement et quel rouleau compresseur !).
Les textes promulgués par Vatican II (par ordre d’importance) :
4 constitutions (dont Lumen gentium, Gaudium et spes…), 9 décrets et 3 déclarations (dont Dignitatis humanae, Nostra aetate…).
Cela n’est pas rien, prétend engager infailliblement toute l’Eglise, en même temps de fonder une nouvelle religion humaniste abstraite…À cette époque, vous aviez une telle confusion qu’une page était de bonne doctrine et une autre page bordée d’hérésies, comme le Père Calmel avait l’habitude de dire.
Depuis, avec Bergoglio/François, celui-ci enchaîne presque que les frasques hérétiques, ce qui, par ailleurs, a le mérite d’être moins double.Une logomachie se met en place, où tout est « pastoral », pseudo décentralisé.
« Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique; tournez la page, vous croyez lire un rationaliste.
Ecrivent-ils l’histoire : nulle mention de la divinité de Jésus-Christ; montent-ils dans la chaire sacrée, ils la proclament hautement. Historiens, ils dédaignent Pères et Conciles; catéchistes, ils les citent avec honneur ».
Saint Pie X, Pascendi domini gregis (encyclique anti moderniste).
Trilogie conciliabulaire (faux concile, forfaiture) :
Les documents de Vatican d’eux ont une unité de pensée rappelant le tryptique liberté-égalité-fraternité à travers la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme !
Vatican II c’est 1789 « dans » l’Eglise, comme dirait le cardinal Saenz cité par Mgr Lefebvre.
– 1) Liberté religieuse : pour eux, ce droit fondateur prépare les autres droits : cela devient une liberté civique et sociale d’exprimer un « sentiment religieux », individuellement ou collectivement.
Alors que cette expression doit signifier : la seule expression du véritable culte, les autres n’ayant aucune valeur et ne pourront êtres tolérés, par le pouvoir politique, pour des raisons contextuels, au grand maximum.Vatican d’eux demande même aux États de faire respecter la laïcité, dans le sens de l’expression de tous les cultes quels qu’ils soient…
– 2) collégialité : sont réunis les gens d’une même fonction, en particulier les évêques, afin de décentraliser le pouvoir papal (ce qui va contre le « vrai » Concile du Vatican et sa « monarchie pontificale »).
Aujourd’hui, François/Bergoglio nous parle de Synodalité, en un sens encore plus égalitaire : même une laïque de base, sans enfant en « blue jean », débarque de nulle part dans le cœur de la « messe » et va jusqu’à prétendre faire de la théologie (se faisant, elle deviendrait elle, le mâle alpha).
– 3) Œcuménisme : Vatican d’eux croit pouvoir chercher l’unité de ceux qui se disent chrétiens, puis dans l’absolu, de tous les humains, quels que soient leur profession de foi…
La religion catholique est la seule vraie et n’a pas besoin d’être confirmée ou améliorée par une quelconque confession autre et fausse.
Il y a opposition claire et nette entre Magistère de l’Eglise et le modernisme Vatican d’eux : primauté et exclusivité du rite de l’Eglise + christianisme fondé sur Pierre le Chef suprême et la profession de foi doit être public et régenter les lois sociales (règne du Christ Roi, en plus de réprimer les fausses religions.
Et loin d’être un ignorant, l’abbé Ratzinger/Benoît XVI constate, cette opposition entre enseignement Magistériel de l’Eglise et Vatican d’eux.
Tout cela incarne un « contre-syllabus » selon cette remarque du Père Congar :
« On ne peut nier qu’un tel texte (la déclaration « Dignitatis Hunanae ») ne dise matériellement autre chose que le Syllabus de 1864 et même à peu près le contraire des propositions 15, 77 et 79 de ce document ».
In. « Cardinal » Ratzinger Les principes de la théologie catholique p. 426-427.
Du théocentrisme à l’anthropocentrisme :
C’est un genre de révolution copernicienne.
On y professe un humanisme abstrait teinté de religieux, comme si nature et grâce n’avait plus d’équilibre.Et cet « anthropocentrisme » n’est même plus l’homme de l’ordre naturel, porté vers le Bien commun, et pieux, mais c’est un homme abstrait et « dynamique », un lot d’atomes à assembler vaguement, se dirigeant à peu près où il voudrait.
« L’Église, en vertu de l’Évangile qui lui a été confié, proclame les droits des hommes, reconnaît et tient en grande estime le dynamisme de notre temps qui, partout, donne un nouvel élan à ses droits.»
(Constitution Gaudium et spes).
« La célébration de la messe face au peuple, qui s’est généralisée à partir de 1969, est l’une des conséquences de l’anthropocentrisme de Vatican II. »
Arnaud de Lassus.
L’expression « Peuple de Dieu » en est un marqueur :
Il suffit de « croire en Dieu » tel un déiste ou un agnostique et cela serait satisfaisant, ou du moins une première étape valide.
Et après la fausse « aristocratie épiscopale », vient le populisme…
Ils introduisent la « demi-appartenance » à l’Eglise, alors que soit on en est membre, soit on n’en est pas. Ce sont là des innovations déjà condamnées qui assassinent les âmes.
On se retrouverait en communion relative avec tout le monde.Devant une telle gnose, comment ne pas être alerté ? Le judaïsme sécularisé a clairement, de façon sue ou non sue, tous les esprits de ces prélats modernistes qui, depuis des décennies ont perdu le sacerdoce.
Conclusion (Arnaud de Lassus) :
Voici quelques expressions qui caractérisent Vatican II et qui figurent dans les textes cités ci dessus :
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Une certaine forme de fermeture au surnaturel.
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Le primat du pape mis en cause par la collégialité.
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L’affirmation (contraire au bon sens) de l’existence de deux pouvoirs suprêmes dans l’Église.
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Une tentative pour une réconciliation officielle avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789.
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Des vérités présentées avec une mentalité moderniste.
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Un effondrement doctrinal résultant du refus de saint Thomas d’Aquin et de sa méthode.
Nous ajoutons surtout que, par le fait même, cette manipulation moderniste, modifiant doctrine et rites, font qu’ils sortent ispo facto de l’Eglise catholique, et que l’Autorité légitime revient aux évêques de Tradition (par subsidiarité, comme il n’y a plus de cardinaux ni de Pape), car ayant une juridiction, ensemble, et universelle, directement conférée par Dieu : faisant qu’ils doivent se réunir pour défendre la foi et procéder à l’élection d’un Pape, avec toute la publicité nécessaire.
Action familiale et scolaire, juin 2012 (pour les cinquante ans de Vatican II).
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