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Publié le par Florian Rouanet
Nous invoquons de la part du généralissime Franco une mégarde vis-à-vis de la situation, car de bonne foi en pensant faire selon la volonté de l’Église (corps mystique du Christ), il eut obéit aux ordres modernistes en affirmant sa soumission filiale à la juridiction de l’Église. Ce n’est pas étonnant pour le dernier pays pieusement catholique d’Europe de l’Ouest que représentait l’Espagne pour la période contemporaine. C’est ce qui l’a mais malheureusement fait suivre Vatican II sans retenu.
Lui et son régime avaient une cécité à l’égard de l’esprit démocrate-chrétien ainsi que de « l’infiltration » moderniste de l’Église militante en son époque, ce qui n’était pas le cas avec Mussolini et Hitler. Toujours est-il qu’accepter l’apostasie dans son État – par ailleurs imposé à la Colombie après guerre – est chose inacceptable pour un catholique. Le manque de soutiens à l’échelle nationale comme internationale et ecclésiastique, a même fait qu’il se rapprocha des ésoteristes de l’Opus Déi qui se paraît d’une devanture traditionnelle…
Traité au détour d’un propos sur l’autorité dans l’Église (Nicolas Magne aux ESR – Éditions Saint-Rémi) :
«1. Avrillé consent à reconnaître que le magistère ordinaire est infaillible lorsque, dans l’exercice de ce même magistère, une proposition est déclarée devoir être crue ou tenue “de façon ferme et définitive”…
Or :
a) Le magistère ordinaire est infaillible notamment en tant qu’il atteste qu’une proposition est révélée ou connexe à la Révélation – ce en raison de quoi cette même proposition doit être crue ou tenue “de façon ferme et définitive”.
b) Avrillé induit ses affidés en erreur en occultant la nature des choses, à savoir que c’est le caractère révélé ou connexe à la Révélation d’une proposition qui est infailliblement garanti et qui est la cause du caractère obligatoire de cette même proposition. Le caractère obligatoire d’une chose n’est pas la cause de la vérité de cette même chose ; c’est la vérité de la chose, en tant qu’elle est infailliblement garantie, qui est la cause de son caractère obligatoire.
c) La Déclaration Dignitatis humanae de Vatican II atteste expressément que le (prétendu) droit à la liberté religieuse est révélé ou (à tout le moins) connexe à la Révélation. Si Paul VI avait été pape cette proposition serait donc infailliblement garantit et enseignée. Et il s’ensuivrait nécessairement, de par la nature des choses – même si cela n’a pas été signifié explicitement – que le (prétendu) droit à la liberté religieuse s’imposerait à tous les fidèles comme devant être cru ou tenu “de façon ferme et définitive”.
C’est d’ailleurs sur ce fondement que l’Espagne franquiste changea sa propre Constitution en 1967 : parce que, Paul VI étant regardé comme pape et (conséquemment) Vatican II comme concile œcuménique, le (prétendu droit) à la liberté religieuse devait conséquemment s’imposer dans la catholique Espagne. C’est aussi la raison pour laquelle toutes les fraternités et communautés traditionalistes ralliées à l’église conciliaire se voient immanquablement contraintes, les unes après les autres, à accepter le (prétendu) droit à la liberté religieuse.»
La vraie liberté religieuse est celle de lutter pour l’expression du seul vrai culte, et non de tomber dans un œcuménisme qui viendrait réduire toutes expressions cultuelles (vraie et fausses) à égalité.

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