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Publié le par Florian Rouanet
Après avoir invoqué Mgr Thuc et ses ignées voici celle Liénart/Lefebvre.
Nous n’avons pas de mal à reconnaître la validité et la légitimité des deux lignées apostoliques qu’ils ont ouvertes (Mgr Lefebvre et Thuc, sans « mandats modernistes » romains), en nous abstenant, d’ailleurs, d’éliminer à la va-vite tous les autres candidats consacrés par l’évêque vietnamien…, et de n’accepter, comme certains le font, hélas, que Mgr Guérard des Laurriers, Mgr Zamora et Mgr Carmona).
Certains remettent en question jusque la validité de l’Ordre de Mgr Lefebvre, sous prétexte que le cardinal Lienart, ayant par la suite suivi le conciliabule de Vatican II, aurait appartenu à la franc-maçonnerie selon la principale source du Marquis mytho de la Franquerie.
Dans le cas de Mgr Lefebvre :
En fait, certains visent le cardinal Liénart surtout, et non Mgr Lefebvre.
« L’abbé » Zins vise Mgr Ngo Dinh Thuc lui-même, ses actes (soi-disant ou schismatiques ou hétérodoxes ou simoniaques).Et c’est un sujet heureux pour la gymnastique intellectuelle/théologique !
Il y a des évêques qui doutent tout simplement des ordres de Mgr Lefebvre, à cause du cas du cardinal Liénart.
Il existe une lettre de Mgr Ngô-Dinh-Thuc lui-même qui proposait à Mgr Lefebvre de lui transmettre les saints ordres sous condition à cet effet. L’évêque vietnamien avait été mis au courant ainsi du « problème Liénart ». Mgr Lefebvre n’y a pas répondu.
Toutefois, il n’y a aucun doute sur ce sacre de Lefebvre par le cardinal Lienart, parce qu’il y avait trois co-consécrateurs et cette mention suffit à elle-même.
Aussi, le rite d’ordination de l’Église a bien été effectué avec l’intention de faire ce que veut l’Église.
Par ailleurs, l’acharnement qu’il a subit des autorités conciliaires nous indique qu’elles savaient qu’il était bien évêque…
Il y a une autre objection (pour nous faire l’avocat du diable) cela dit, qui reste intéressante :
Mgr Lefebvre a été ordonné prêtre par Mgr Liénart.
À moins que l’on croit valide un sacrement reçu per saltum (terme qui a deux sens en théologie sacramentelle), s’il a reçu l’épiscopat, sans avoir reçu le sacerdoce avant, c’est douteux.
Per saltum peut signifier, en théologie sacramentelle :
1° – reçu en accéléré : exemple : être ordonné prêtre le 10 janvier 2024, être consacré évêque le 16 janvier 2024 ;
2° – reçu par saut : exemple : être ordonné diacre le 3 mars 1998, puis être consacré évêque le 18 janvier 2022, sans avoir reçu l’ordination sacerdotale donc.
Le constat est clair : le niveau intellectuel des traditionalistes et des clercs est faible.
À force de répéter qu’on est les meilleurs et surtout que les autorités conciliaires sont simples d’esprit, naïves et dans l’erreur (sur-estimation d’une part et sous-estimation tout aussi dangereuse d’autre part)… on finit par croire qu’on leur est cent fois supérieur en tout… il suffit d’étudier la question pour se rendre compte que les « conciliabullaires » ont plusieurs coups d’avance et qu’ils nous dépassent de très loin.
Dans les premiers siècles de l’Église, il y a vraisemblablement eu des cas de consécrations épiscopales per saltum…, au second sens du terme (car au premier sens du terme, ce peut être fréquent selon les époques et les lieux). C’était tenu pour valide, mais irrégulier. Et cette pratique finît par être condamnée.
Mais le sacre sans l’ordination, c’est invalide !
Le monde tradi’ étant petit :
Mgr Liénart a également ordonné prêtre Michel Collin, le futur « Pape Clément XV », du « Petit-Vatican » à Clémery, autoproclamé « Successeur de S. S. Jean XXIII », mort en 1974.
L’abbé Georges de Nantes avait, semble-t-il, beaucoup d’espoir dans Mgr Lefebvre, pour que ce dernier convoque un dit Concile général imparfait. Mais, l’ancien évêque de Tulle ne voulut pas en entendre parler, ni de cet abbé, ni du Révérend Père Saenz y Arriaga.
Et aujourd’hui, nous en sommes là, à tourner en rond, sans digne successeur « véritable » de saint Pierre en vu.
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Quelques commentaires correctifs supplémentaires, mis en parallèle de l’action de Mgr Thuc :
1. Liénart ordonna et consacra Mgr Lefebvre bien avant « Vatican II ». Tout comme Mgr Thuc, ordonné et consacré avant « Vatican II » : aucun reproche ne peut être objectivement formulé.
2. À « Vatican II », Mgr Lefebvre fut clairement sur la ligne conservatrice et anticommuniste.
À Vatican II, Mgr Ngo Dinh Thuc fut plutôt progressiste sans plus et anticommuniste pareillement : idem, aucun reproche ne peut être objectivement formulé.3. Le cardinal Liénart, s’il a appartenu à la franc-maçonnerie, ce qui dans l’absolu peut-être le cas : tout cela fut resté secret.
À « Vatican II, pour Mgr Ngo Dinh Thuc , la chose est publique : mais c’est capillotracté de lui reprocher son (relatif) progressisme.4. Les consécrations de Lefebvre eurent un caractère médiatique, publique, etc. Quelqu’un comme « l’abbé (?) » Zins de son côté, les reconnaît comme « sacrilèges et schismatiques ».
Ce dernier reproche surtout à l’évêque vietnamien d’avoir accompli des consécrations en privé, ou bien devant trop peu de témoins, qu’il considère comme des témoins peu dignes de confiance (il semble même qu’il les accuse de simonie, au moins au Palmar de Troya par exemple – ce qui n’est pas prouvé, à notre humble avis…).5. Enfin, concernant Mgr Ngo Dinh Thuc lui-même, « l’abbé » Zins s’en tient à ce qui avait été dit à l’époque, notamment par le Père Barbara (qui fut d’abord un farouche « anti lignées Thuc ») : un tel consacré aurait été sodomite, un tel autre vieux-catholique, l’autre non formé et non tridentin, etc.
L’abbé Marcel Lefebvre ordonné en 1929 par Mgr Liénart : La Porte latine.

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