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Publié le par Florian Rouanet
Voici la Connaissance élémentaire du libéralisme catholique par feu Arnaud de Lassus de l’Action familiale et scolaire, que nous avons connu et interviewé par le passé. Lors de notre année de catéchisme en l’année 2013, auprès de l’abbé Xavier Beauvais, en la paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnet, nous avions fait la connaissance du MJCF à l’occaison, lequel a un peu contribué à notre pratique religieuse à ses débuts, malgré un aspect enfantin.
En guise d’entrée : une attitude erronée penchant vers l’hérésie manifeste :
Du libéralisme catholique : il s’agit davantage d’une praxis qui se conforme à son temps et au matérialisme en général. Plus que d’une doctrine, ou du moins la pensée et la recherche de la vérité avec, est écrasée par l’attitude conciliatrice dû au contexte social, ce qui explique le côté girouette de son adepte, délaissant la profession de foi de l’État et faisant de la liberté un absolu (et même une vertu première). Le conformisme et l’attitude consistant à vouloir se faire une place facile contribuent de même à cet abandon flagrant des principes.
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« Deux puissances vivent et sont en lutte dans le monde : la Révélation et la Révolution ». Tout tient dans cette constatation liminaire (de Louis Veuillot) : ou bien l’homme a reçu de Dieu ce que Bonald appelait la Constitution essentielle de l’humanité », et c’est le Décalogue qui doit servir de règle à la société ; ou bien l’homme n’a reçu aucune loi divine et il s’invente sa propre loi.
Abbé Roussel – Libéralisme et catholicisme (P. 64)
Le libéralisme catholique, ou modernisme philosophique et politique (souvent religieux aussi), des origines, se base sur des auteurs tels que Lamennais, Montalembert, Sangier (l’anti Maurras) et Maritain. De nos jours, le nivellement par le bas étant de mise, nous avons l’illuminé Arnaud Dumouch.
C’est ici la particularité de vanter la liberté comme valeur première, poussant les catholiques, de base sincères, à bâtir une nation moderne en tentant de concilier Droit de l’Homme et loi de Dieu. C’est prétendre ménager la chèvre et le choux, et au final, de trahir la foi catholique en appuyant la laïcité judéo-maçonnique, en refusant un dit « dogmatisme ».
Une tendance clairement identifié dès lors qu’une partie du clergé avait choisi de plier par rapport aux exigences de la Révolution de 1789. Un premier acte/document clair de conciliation de l’inconciliable entre principes catholiques et subversifs, ainsi introduisant le libéralisme catholique politiquement devant l’histoire, aura été la Charte constitutionnelle du roi Louis XVIII en 1814, avalisant la « liberté de culte » au sens moderne/œcuménique (charte rejetée de Pie VII, bien avant les pressions napoléonienne). Une revue, l’Ère nouvelle se stabilisera, elle, à partir de 1848. Le fond doctrinal adopté sera le saint-simonisme, une mythique alliance de l’Église et de la démocratie (1789, pesonnalisme contre le Bien commun hiérarchisé par le haut, dignité humaine, etc.). Tout ce que revendiquera Rome avec Vatican II…, dont acte !
En termes doctrinaux, la revue l’Avenir de 1830, qui ne durera qu’un an, développe ladite « catholicisation » du libéralisme qui retiendra l’attention des foules catholiques plus tardivement :
« La première vertu, aujourd’hui, n’est pas la foi, c’est l’amour sincère de la liberté ! » (…)
« Les prérogatives dont les catholiques croient l’Église surnaturellement investie, écrit L’avenir, appartiennent naturellement à l’humanité; elle est la véritable Église, instituée par Dieu par l’acte même de la Création et toutes ses hautes prérogatives, ses divins attributs, forment dans leur ensemble ce qu’on a appelé la souveraineté du peuple; à lui, sur toutes choses, le commandement suprême, la décision dernière, le jugement infaillible : vox populi, vox Dei ». »
En France surtout (l’Italie est bien concernée aussi), le XIXe siècle voit les courants politiques du « catholicisme libéral » être très présents. Voici un exemple avec un extrait de discours de référence de l’abbé Montalembert :
« Le clergé n’est plus un corps politique; le clergé n’est plus propriétaire.
En échange de ces deux grandes positions, il a reçu le droit commun, il ne réclame pas autre chose. »
Discours du 26.04.1844 ; cité par Emmanuel Barbier.
C’est donc réduire l’Eglise au droit commun et à l’égalitarisme…, ainsi prétendre l’aliéner sa juridiction naturelle sur la Cité (partant en matière de foi et de mœurs, réf. Charles Journey).
Réfutation in. chanoine A. Roul, L’Église et le droit commun (Ed. Doctrine et vérite, 1931) :
Appliquer à l’Eglise catholique, apostolique et romaine la these du droit commun ou admettre en principe cette application, c’est nier la divinité de l’Eglise, son caractere de societe partaite et universelle, son indépendance, sa suprématie, l’immutabilité de sa divine constitution. (…) Qu’est-ce que le droit commun, sinon un droit humain ? »
« Au lieu de choisir entre les principes de 89 et les dogmes de la religion
catholique, purifions les principes par les dogmes et faisons les marcher de concert »
Article du Correspondant de 1856 ; cité dans Pour qu’il règne de Jean Ousset (p. 290).
Le Pape Pie IX tentera d’y mettre un coup d’arrêt avec l’encyclique Quanta cura. Puis, Leon XIII continuera cette politique anti-libérale (condamnation scripturaire de l’américanisme des catholiques libéraux états-uniens, toutefois sans suivi de mesures disciplinaires), mais en demandant une relative acceptation du régime en cours, afin d’espérer de faire changer le cours des événements. Échec en résultant par l’incompréhension des catholiques en bonne partie. Cela doublé de l’hostilité débouchera sur le laïcisme et la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat, en 1905, en France.
Arrive le Sillon de Marc Sangnier en 1894, ennemis principaux des maurrassiens. souhaitant christianiser la démocratie, et finissant par démocratiser le catholicisme. Sa conciliation Église-Révolution attirera la condamnation de saint Pie X dans Notre charge apostolique de 1910. Cela n’empêchera pas un puissant mouvement dit démocrate-chrétien, en l’institution du MRP (Mouvement républicain populaire) lequel remporta les élections, au lendemain de Pétain/« Vichy », en 1946.
Des années 1940 à 1960, un Jacques Maritain jouira d’une puissante influence, lui qui souhaitait unir « les deux traditions, de la France de Jeanne d’Arc et de la France des Droits de l’homme » (in. Pour la justice, articles et discours ; ce que fît déjà vaguement le patriotisme gaulois de la IIIe République).
De 1958 à nos jours : trois événements vont mettre les progressistes à l’œuvre avec le trépas de Pie XII, l’ouverture de « Vatican II » et la promulgation de ladite liberté religieuse (contre le principe même de religion d’État, pur un État « indéterminé/œcuménique/pluraliste »).
Pensées coupables, Ratzinger ne méconnaissait pas ces faits :
« Contentons-nous ici de constater que [Gaudium et spes] joue un rôle d’un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Église avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789 ».
Les principes de la théologie catholique « Cardinal » Ratzinger, ensuite dit « Benoit XVI ».Schizophrénie oblige, Woytyla « Jean-Paul II » fera de même, tantôt en vantant les mérites de l’État laïc, tantôt en dénonçant son manque de « religiosité ».
Le double jeu permanent du libéral-catholique, progressiste et dit conciliaire d’aujourd’hui, ne vante vaguement les principes chrétiens que pour renforcer le paravent de la dictature démocratique.
Et l’échec est total : chose logique, puisque méprisés de tous, par les vrais libéraux radicaux et laïcards notamment, pour leur compromis misérable (Jean Jaurès l’affirme !), ils nous font tout perdre et avec eux, la bonne stabilité du corps militant et ecclésial de l’Église ici bas.
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Et entre les murs de Rome, dans les mouvements démocrates chrétiens, les conceptions de liberté religieuse et d’œcuménisme, mûrissantes, pointeront le bout de leur nez à un point culminant avec ledit concile des années 60.
Nous constatons encore ici, que Vatican II n’est pas arrivé de nulle part. Cependant ici, l’errement/hérésie dudit modernisme religieux est devenue public et s’est fait soi-disant autorité. Les « papes » de Vatican II croient pouvoir concilier des opposés qui s’annulent mutuellement.Et, dans le contexte d’époque, même quelques esprits brillants comme l’abbé Julio Meinvielle, ruinant la pensée de Maritain, ceux-là n’ont pas eu toujours toutes les lumières (thème de la liberté religieuse notamment) sur ce qui se profilait réellement. Tels ont été en Europe, les Mgr, Lefebvre et Guérard des Laurriers.
Nous constatons donc sur deux siècles un même tour d’esprit erroné, en faveur de l’hérésie. Cela implique de tirer toutes les conclusions nécessaires sur la Cité et sur l’Église (constatation et réaction : Foi et Sa divine constitution) comme le fit naguère, dans sa version complète, le Père jésuite mexicain, Saenz y Arriaga, dénonçant ladite église Montinienne (clercs mexicains dits conclavistes).
Nous nous demandons bien à quel jeu joue les ralliés, si ce n’est au « bonnet phrygien surmonté d’une croix », et de façon plus coupable encore, les traditionalistes souvent « anti-libéraux » auto-affirmés, traitant directement avec les autorités vaticanesques, préalablement dénoncées !
Enfin !
La fameuse distinction thèse-hypothèse introduite par le catholique libéral Mgr Dupanloup :
« La thèse, on le sait, c’est le droit chrétien en soi qui, dans l’Etat normal, préside aux rapports de l’Église avec lui et consacre les droits qu’elle dent de sa mission divine. Les circonstances que la société civile traverse à une époque donnée et les difficultés que celles-ci comportent constituent l’hypothèse. Les catholiques libéraux se cantonnent dans l’hypothèse et font bon marché de la thèse (…). Ils ne rendent à la thèse que des hommages platoniques, souvent même assez dédaigneux. »

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