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Publié le par Florian Rouanet

Préambule : une controverse ouverte !
Depuis Vatican d’eux, la question de la légitimité des Papes postérieurs à Pie XII a suscité de nombreuses réflexions théologiques, donnant naissance à divers courants au sein dudit catholicisme traditionnel. Parmi eux, la Thèse de Cassiciacum, élaborée par le père dominicain, devenu Mgr Guérard des Lauriers, propose une position « intermédiaire » entre le sédévacantisme dit totaliste et la reconnaissance lefebvriste desdits papes conciliaires.
Cette thèse, qui distingue un pape materialiter (occupant le Siège sans en avoir l’autorité divine) d’un pape formaliter (véritable Successeur de Pierre), est cependant sujette à de nombreuses contradictions théologiques et logiques.
Cet article entend démontrer pourquoi Montini (Paul VI) n’a jamais été pape, ni formaliter, ni materialiter, et pourquoi la thèse de Mgr Guérard des Lauriers est incohérente, ledit sédéprivationnisme s’arrêtant à mi-chemin devant la doctrine catholique.
La démonstration logique suivante s’annonce sévère et risque bien de faire mal sur le fond.
Nous mettons au défi les guérardiens, notamment ceux de première ligne – souvent, curieusement, les plus silencieux (!) – de nous répondre sans circonvolutions aucunes.
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Sommaire :
I. L’impossibilité d’un Paul VI « materialiter »
II. Les erreurs internes de la Thèse de Cassiciacum
III. Juridiction, indéfectibilité et vacance du Siège☧
I. L’impossibilité d’un Paul VI « materialiter »
Le père Guérard des Lauriers [il deviendra évêque le 7 mai 1981, lorsqu’il sera sacré par Mgr Pierre Martin Ngô Đình Thục, ancien archevêque de Hué au Vietnam], affirme que Paul VI a été pape materialiter, mais non formaliter, à partir du 7 décembre 1965, c’est-à-dire à la clôture de Vatican II.
Fort bien mais ette position repose sur une ambiguïté fondamentale :
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Si Montini a été pape formaliter, alors il ne pouvait pas cesser de l’être.
- Un pape légitimement élu reçoit de Dieu l’infaillibilité et la primauté universelle.
- Or, selon Guérard, Montini aurait cessé d’être pape formaliter, ce qui est impossible.
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Si Montini n’a jamais eu l’intention de réaliser le Bien-Fin de l’Église, alors il n’a jamais été pape tout court, même materialiter.
- Guérard des Lauriers distingue « ne pas vouloir réaliser le Bien-Fin » et « nuire activement à l’Église ». *
- Or, Montini n’a pas seulement omis d’agir pour l’Église : il a détruit la messe, réformé les sacrements, persécuté les catholiques fidèles.
- Cette distinction est donc artificielle : il a manifesté une intention clairement déviante, perverse et destructrice.
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L’hérésie publique exclut ipso facto de l’Église.
- Un hérétique (quelqu’un professant l’hérésie) public ne peut être membre de l’Église, et encore moins pape.
- L’Église ne peut être gouvernée par un hérétique : « L’hérétique manifeste est déchu ipso facto, avant tout jugement de l’Église. » (Saint Robert Bellarmin).
- Montini ayant professé au moins une hérésie manifeste avant son élection, il n’était donc lui-même pas papabile.
* Il y a une différence entre une mère qui ne donne pas à manger à son enfant, par négligence ou incapacité par exemple (négativement), et une mère qui "torture volontairement" son enfant (positivement). Or, ici, les faits, nous montrent sans nul doute, que Montini se place dans la seconde catégorie. Il nuit positivement à l’Église.
Selon le Père Guérard : « nul ne peut porter un jugement catégorique sur un pape » (pétition de principe) qu’il motive ainsi : « Il faut en effet l’aide surnaturelle qui est promise à l’Église et à elle seule (c’est-à-dire à un pape ou un concile avec un pape) pour juger catégoriquement d’une intention en elle-même, et pas seulement inductivement dans les conséquences qui la manifestent. »
Or, seul Dieu peut juger d’une intention en elle-même, intérieure, c’est-à-dire cachée aux hommes. Les hommes ne peuvent qu’en juger la manifestation extérieure. Il est complétement faux de prétendre que l’Église peut juger d’une intention en elle-même. L’Église n’a pas ce pouvoir. Et si elle est assistée, elle n’est pas (ou plus) inspirée comme le furent les Apôtres. À moins donc de considérer le Pape comme un demi-dieu, le Pape n’a pas les moyens de connaître les intentions en elles-mêmes d’une personne.
Et en effet, s’il existe certes de meilleure références, le dangereux site « feeneysite » Vatican Catholique a mieux répertorié tout ce qui allait constituer les hérésies de Montini dit Paul VI :
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II. Les erreurs internes de la Thèse de Cassiciacum
La Thèse de Cassiciacum repose sur un raisonnement circulaire et plusieurs erreurs logiques comme le dirait une certaine Myra Davidoglu :
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L’argument fallacieux du « non-jugement »
- Guérard des Lauriers prétend que les hommes ne peuvent juger un pape. *
- Or, si Montini est un hérétique public, il n’est pas pape : le jugement ne porte donc pas sur un pape, mais sur un imposteur. C’est Dieu qui juge l’imposteur et les catholiques fidèles peuvent le constater.
- La thèse est ainsi fondée sur une pétition de principe : elle suppose ce qu’elle doit démontrer !
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Une séparation artificielle entre matérialité et formalité
- La papauté ne peut être « à moitié transmise » – sic. Un homme est soit pape, soit imposteur et non un « imposteur quand même demi-pape ».
- Un « pape sans autorité » est une absurdité théologique sans nom. Nous aurions pu nous arrêter sur ce constat…
- L’Église – de l’époque dite primitive à Pie XII, en passant par le Concile du Vatican – a toujours enseigné que l’élection valide d’un pape suppose l’assistance divine, ce qui contredit l’idée d’un Pape élu mais « empêché » par une « barrière invisible » (obex) qui viendrait du Saint-Esprit (?).
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Une juridiction paradoxale
- Selon Guérard des Lauriers, Montini occupait donc légalement/légitimement le Siège, mais sans pouvoir enseigner infailliblement.
- Or, l’occupant légitime du Saint-Siège a nécessairement la plénitude de l’autorité.
- Cette contradiction ruine la thèse elle-même : soit Montini était pape et infaillible, soit il ne l’était pas du tout.
* S’il ne l’est pas (Pape), vous le jugez en tant qu’il ne l’est pas, en sommes vous pouvez le "juger" (établir un constat) justement parce qu’il n’est pas Pape, parce qu’il n’est pas ce qu’il prétend être.
« Nous tenons donc que le Cardinal J.B. MONTINI a été pape materialiter, mais qu’il a cessé de l’être formaliter au moins à partir du 7 décembre 1965. » Père Guérard
- « a été pape materialiter » ? l’est-il encore ? C’est ambigu, mais, selon lui, oui.
- « a cessé de l’être formaliter » ? Donc il l’a été ? Cette phrase le dit clairement. Interrogez les Guérardiens et demandez-leur s’il a jamais été pape formaliter ? Mais comment un pape formaliter peut-il cesser d’être pape formaliter ?
Une renonciation personnelle, peut-être, pourrait lui retirer le charisme, le titre et les droits, mais en aucun cas l’hérésie public, car un homme infaillible ne peut pas défaillir.
Les erreurs de cette thèse sont innombrables, plus vous la lisez, plus elles apparaissent… Mais continuons.
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III. Juridiction, indéfectibilité et vacance du Siège
Si Montini n’a jamais été pape, cela implique une vacance « totale » du Siège depuis 1958, soit la mort de Pie XII. Cette idée est rejetée par les partisans de la Thèse de Cassiciacum sous prétexte que « l’Église ne pourrait pas survivre sans pape trop longtemps ».
Mais cette objection est erronée :
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L’Église ne disparaît pas sans pape.
- Il y a eu plusieurs interrègnes longs dans l’histoire (parfois plusieurs années sans pape). *
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L’Église peut subsister sans pape tant que la succession apostolique est maintenue dans l’épiscopat fidèle.
- Aussi, la personne morale et juridique du Saint-Siège, bien que non alimenter par une « personne physique » (un « vrai » Pape), demeure.
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Les évêques peuvent « conserver la juridiction » en temps de crise.
- Guérard des Lauriers prétend que les évêques traditionalistes n’ont aucune juridiction.
- Or, en cas d’état de nécessité, l’Église, par dévolution de l’autorité (véritable suppléance), peut leur accorder une « juridiction », tant que cet « épiscopat fidèle », universellement, se réunit en Concile général imparfait et proclame, selon les bonnes modalités, un Pape.
- Cela signifie que la mission de l’Église continue, même en l’absence d’un Pape, et ce, bien qu’un Siège apostolique non pourvu, doit nécessairement être pourvu.
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Montini n’a jamais eu l’exclusivité du Siège.
- Selon la Thèse de Cassiciacum, Montini devait se convertir pour (re)devenir pape formaliter, ce qui tient du roman, tout au plus.
- Cette expectative est absurde : un imposteur n’a aucun droit sur le Siège – et on se demande comment attendre quelque chose d’un ennemi prétendant pouvoir « persécuter l’Église », même de façon inconsciente.
- L’Église ne doit pas attendre que l’usurpateur abdique, elle doit restaurer l’autorité légitime : et il n’est même pas question de lui désobéir, puisque Montini – de Jean XIII à ses « successeurs » – est illégitime.
* Parmi les périodes de flottement les plus notables au "Moyen Âge", citons celui de 1268-1271, à la suite de la mort de Clément IV, qui mena à l’élection de Grégoire X après près de trois ans de vacance du Siège apostolique. Un autre interrègne marquant eut lieu entre 1314 et 1316, après la disparition de Clément V, et prit fin avec l’élévation de Jean XXII. Enfin, l’interrègne de 1415 à 1417, conséquence du Grand Schisme d’Occident et de la déposition de Jean XXIII (l'antipape), s’acheva avec l’accession de Martin V. Il n'existe pas de délai limite non plus.
Pour reprendre donc, le père Guérard n’accorde aucune « juridiction » aux évêques (provenant du sacre), par conséquent :
- Avec une vacance trop longue, l’Église disparaît. (1er implication erronée)
- Il limite arbitrairement la « missio« , reçue de Dieu, que les évêques dits traditionalistes peuvent réaliser : c’est l’épiscopat diminué. (2e erreur)
- Comme la « missio » doit être remplie, malgré tout, il attribut les pouvoirs de juridictions « sessio » restants aux faux pontifes et aux faux cardinaux. (3e erreur)
Et remarquez, en outre, qu’il ne dit mot sur les pouvoirs d’ériger des églises, des séminaires, de dissoudre les fautes, qui sont réservées au pontife – et à l’union promue et professé envers de dernier -, et bien d’autres choses…
À la question pratique d’un fidèle : « Qui peut ériger une église aujourd’hui ? L’évêque traditionaliste ? De constat sédévacantiste ? », le clerc guérardien, bien embêté, ne trouve rien à y répondre.
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Conclusion : une réfutation totale de la Thèse de Cassiciacum
En effet, si nous avions précédemment souvent fait appel au Magistère enseignant, nous nous devions de réaliser une critique logique, au regard de la Foi et de la théologie catholiques.
Montini a extériorisé son hérésie (même son apostasie), il n’y aucun doute là-dessus. Le Père Guérard a voulu amputé l’intelligence/raison humaine, de sa capacité de « juger l’hérétique », et singulièrement, concernant ce grossier imposteur qui se prend pour un pape.
Il mélange confusément deux sortes de jugement : le premier qui est donné à tous, c’est le jugement intellectuel, le second qui est réservé aux autorités, c’est le jugement du juge, ou juge ecclésiastique.
Que la « hiérarchie juridictionnelle », vous empêche d’attraire, en justice, votre supérieur, la chose est entendue, mais qu’elle supprime votre raison : non.En résumé :
- Montini ne pouvait être pape, ni formaliter, ni materialiter, car il professait des hérésies, bien avant son « élection« .
- La Thèse de Cassiciacum repose sur des contradictions internes : elle admet que Montini n’avait pas l’autorité de Pierre, mais lui reconnaît pourtant l’occupation du Siège (WTF ?).
- L’Église peut subsister dans son essence sans Pape, mais dans les meilleurs délais, Elle doit s’organiser pour élire un digne successeur de saint Pierre.
La Thèse de Cassiciacum n’est donc qu’une tentative artificielle de concilier l’inconciliable. La réalité est claire : depuis le trépas de Pie XII, le Saint-Siège est vacant & l’Église « fidèle » doit œuvrer à sa restauration légitime : tout le reste n’est que du vent !
Et même pour Roncalli/Jean XXIII, nous avons de nombreux éléments qui démontrent qu’il était tombé dans l’hérésie moderniste, bien avant le « conclave de 1958 » et la « promulgation de Vatican d’eux », sans qu’il soit même question de franc-maçonnerie (Centurion romain) :
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L’apôtre Paul confirmerait Pierre, ou bien c’est l’inverse ?
Paul VI : saint du Ciel ou suppôt de l’Enfer ? par Jérôme Bourbon
L’apôtre Paul confirmerait Pierre, ou bien c’est l’inverse ?
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