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Publié le par Florian Rouanet
Introduction
Pour les fins connaisseurs, vous savez que ce sujet de la bataille du vocabulaire nous est cher. Sans cela, il demeure impossible de structurer la pensée, condition essentielle du renouveau !
Aristote, fondateur de la logique et maître de la métaphysique, place les mots et les définitions au cœur de la pensée rationnelle et de la quête de vérité. Saint Thomas d’Aquin, son fidèle continuateur, adapte ces principes au cadre de la théologie chrétienne.
Tous deux affirment que la rigueur dans l’emploi des termes et des définitions est essentielle pour structurer la pensée, ordonner le réel et s’opposer aux erreurs qui brouillent la vérité.
En effet, un bébé, en l’absence de mot est incapable de penser. Et si la connaissance doit passer par le sujet, cela n’implique par de tomber dans le subjectivisme lorsque l’on apprend, car ce dernier ne serait qu’un défaut et une dogmatisation voulue de l’individu.
À notre époque, marquée par le relativisme et autres dérives idéologiques en -isme tels que les wokisme et genderisme, leur enseignement reste un guide précieux.
C’est l’occasion ainsi de professer de nouveau notre opposition au transhumanisme !Sommaire
I. Aristote : le langage comme outil de la pensée rationnelle
II. Saint Thomas d’Aquin : la théologie comme exercice de raison
III. Les catégories : ordonner le réel par les mots
IV. Rigueur des définitions : fondement de la vérité et de la science
V. La querelle des universaux
VI. Contre le relativisme et le genderisme : la vérité des mots face à l’erreur
I. Aristote : le langage comme outil de la pensée rationnelle
Les mots et les concepts
Aristote enseigne dans son Organon que le langage donc reflète et structure la pensée. Les mots sont les signes des concepts universels et permettent de nommer les réalités du monde. Pour lui, la définition est un acte premier de connaissance : mal définir une chose revient à mal la comprendre.
Rôle des définitions
La définition, en fixant les limites d’un concept, évite l’erreur, l’équivoque et favorise la démonstration scientifique.
Le Stagirites pose le fait que les mots doivent exprimer la nature propre des choses, conformément à leur être, c’est ainsi un « essentialisme ».
– Dans Les Politiques, Aristote explique que le langage est spécifique à l’homme, car il est lié à sa capacité de réflexion et à son rôle social :
« La parole est destinée à exprimer l’utile et le nuisible, ainsi que le juste et l’injuste. Or, c’est la communauté de ces valeurs qui constitue la maison et la cité. »
(La Politique, Livre I, 1253a).
– Dans Les Seconds Analytiques, Aristote insiste sur l’importance de définir clairement les concepts pour parvenir à la science et à la vérité :
« Nous pensons connaître une chose uniquement lorsque nous en connaissons la cause première, le principe premier et que nous avons atteint la définition. »
(Seconds Analytiques, Livre II, 71b)
– Dans Les Catégories, Aristote explore la relation entre les mots et les réalités qu’ils désignent :
« Un terme est dit équivoque lorsqu’il porte plusieurs significations qui diffèrent par l’être, mais il est dit univoque lorsque son nom est le même et qu’il signifie une seule et même essence. »
(Catégories, 1a)
II. Saint Thomas d’Aquin : la théologie comme exercice de raison
En effet, il nous faut des raisons de croire et se fonder sur l’objectivité !
L’adaptation chrétienne
En suivant Aristote, saint Thomas applique les principes de rigueur conceptuelle à la théologie.
Pour comprendre les vérités divines, il faut user de termes précis et ordonnés, en tenant compte des réalités analogiques (Dieu étant au-delà du langage humain).
La puissance des définitions
Dans le De Veritate, l’Aquinate souligne que définir correctement les choses permet de distinguer le vrai du faux.
Il considère à raison les mots comme des instruments essentiels pour exprimer les vérités universelles et éviter les hérésies, et ce, bien que selon les langues, les mots subissent des influences linguistiques selon leur héritage (le français émanant en bonne partie du latin par exemple !).
III. Les catégories : ordonner le réel par les mots
Aristote et Thomas développent les catégories comme une grille permettant de décrire et de comprendre le réel.
Voilà une liste haïe par la subjectivité de tous les gauchistes de la terre :
•Substance : ce qui existe en soi (ex. : « homme, femme »).
•Qualité : ce qui qualifie la substance (ex. : « vertueux »).
•Relation : ce qui met les substances en rapport (ex. : « fils »).
Cette approche catégorique garantit un discours ordonné, fondé sur l’être des choses, et non sur des conventions arbitraires.
IV. Rigueur des définitions : fondement de la vérité et de la science
Pour la philosophie et le service divin, Aristote, comme saint Thomas, évoque la science, laquelle repose sur des principes premiers, qui doivent être définis avec clarté. Toute confusion dans les termes entraîne des erreurs dans la pensée ; et cette confusion est en elle-même proprement satanique comme avec le verbiage du conciliabule nommé Vatican II.
La définition comme fondement
Dans les Analytiques premiers, Aristote montre que le raisonnement scientifique nécessite des définitions précises, afin de savoir de quoi l’on parle !
Saint Thomas applique cette logique, non seulement à la philosophie, mais surtout à la théologie : nommer Dieu et Ses attributs requiert une rigueur absolue pour éviter tout malentendu.
V. La querelle des universaux
La querelle des universaux est un débat philosophique majeur du Moyen Âge qui porte sur la nature des concepts universels, c’est-à-dire des idées générales comme “homme”, “animal”, “beauté”, ou “justice”.
Elle interroge si ces concepts ont une réalité propre (droite radicale) ou s’ils ne sont que des constructions de l’esprit humain (relativisme, gauchisme).
Le premier point est celui que nous partageons et les suivants relèvent de la sophistique (ou d’une dialectique déconnectée des réalités) et proprement de la dégénérescence !
Les principales positions dans la querelle :
1.Le réalisme (inspiré de Platon et développé par des penseurs comme Guillaume de Champeaux)
•Les universaux ont une existence réelle, indépendante des choses particulières.
•Par exemple, l’idée de “cheval” existe réellement, en dehors des chevaux individuels, dans un monde des essences ou des formes, par leurs traits communs et essentiels.
•Selon cette position, les universaux sont les principes fondamentaux de la réalité.
2.Le nominalisme (défendu par Guillaume d’Occam)
•Les universaux ne sont que des noms (nomina) que l’esprit humain utilise pour désigner des ensembles d’individus similaires – nous sommes simplement obligés de passer par là.
•Seuls les individus concrets existent réellement, tandis que les universaux sont des abstractions ou des conventions linguistiques.
•Par exemple, “cheval” est simplement un mot désignant tous les chevaux particuliers, mais il n’existe pas de “cheval” universel en dehors de ces individus.
3.Le conceptualisme (position intermédiaire, notamment chez Pierre Abélard)
« Je produis du concept, je produis de la culture » Maître du Logos
•Les universaux n’ont pas de réalité propre, mais ils ne sont pas non plus de simples mots : ce sont des concepts formés dans l’esprit humain.
•Ces concepts sont fondés sur des caractéristiques communes observées dans les choses particulières.
Enjeu philosophique :
La querelle des universaux touche à des questions fondamentales :
•Ontologie : Qu’est-ce qui existe vraiment ? Les concepts universels ont-ils une réalité en dehors de l’esprit humain ?
•Épistémologie : Comment connaissons-nous les choses ? Notre connaissance repose-t-elle sur des idées universelles ou sur des réalités concrètes ?
•Théologie : Ce débat anime aussi des préoccupations et implications théologiques, notamment pour comprendre la nature de Dieu, qui est décrit comme une essence universelle ou absolue, l’Être des êtres.

VI. Contre le relativisme et le genderisme : la vérité des mots face à l’erreur
L’essentialisme d’Aristote et de « Thomas »
Chaque chose possède une nature ou une essence propre, indépendante des opinions humaines. Ainsi, l’homme est homme, et la femme est femme, selon leur nature biologique et métaphysique.
La dérive du relativisme
Le relativisme contemporain, et en particulier les idéologies telles que le genderisme, conteste cette objectivité en affirmant que les mots (comme « homme » ou « femme ») sont des constructions sociales, déconnectées de toute réalité naturelle. Une telle approche nie l’existence de vérités universelles et plonge la pensée dans l’arbitraire.
Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique, avertit : « L’erreur sur la nature des choses entraîne l’erreur dans les jugements pratiques. »
Cela signifie que mal nommer une chose — ou lui attribuer une essence qu’elle ne possède pas — conduit à des erreurs dans la morale et dans l’action.
D’où l’importance de la doctrine et des définitions face aux idéologies. Rejeter cette rigueur conduit à l’effondrement de la pensée rationnelle et de la société elle-même.
Notre philosophie rappelle que le langage doit rester fidèle à l’être des choses. La clarté et la rigueur dans les mots ne sont pas de simples formalités : elles sont une défense contre l’erreur et un chemin vers la vérité universelle, préparant celle religieuse !
Il nous faut nous opposer résolument à l’univers perverti desdites Lumières, lequel, dans sa gnose et son ésotérisme, est l’égout collecteur de toutes les erreurs comme on le lit avec Vincent Peillon !
Pour approfondir :
•Aristote, Catégories, texte disponible ici.
•Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, traduction de l’abbé Glaire.
•L’abbé de Sainte Marie (FSSPX), La supercherie du genre (Fnac)
https://integralisme-organique.com/2019/07/citations-utilisees-dans-la-conference-sur-le-langage-et-la-novlangue/
https://integralisme-organique.com/2021/08/transhumanisme-technologie-et-technophilie-avec-jacques-attali-et-laurent-alexandre-lesgrandesquestions/
https://integralisme-organique.com/2024/12/lassemblee-des-femmes-ou-comment-soumette-les-hommes-pour-laisser-une-chance-aux-laides/
https://integralisme-organique.com/2024/10/aide-memoire-conciliabule-vatican-ii-arnaud-de-lassus/
https://integralisme-organique.com/2024/12/la-gnose-maconnique-affichee-de-vincent-peillon/

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