• Tradition oubliée & vacuité postmoderne : l’oubli des anciens, ruine du présent



    État des lieux d’une amnésie civilisationnelle, politique & religieuse

  • ⚔️ Fidélité aux héritages contre le vertige des générations récentes 📜

    Front liminaire

    Chers lecteurs, dans la plus pure lignée de notre combat quotidien, consentez à ce que la Rédaction se répande aujourd’hui en considérations sur la vertigineuse dérive d’un monde exsangue de ses repères, privé des assises politiques et spirituelles léguées par le faste des siècles.

    Il ne s’agit point ici d’un énième constat morose et facile, à la manière des sycophantes pleurnichards de cette ère médiatique, vendant sa (p***? de) mère sur tous les étalages, mais d’un retour aux sources, à ces fontaines limpides que sont les traditions antiques, carolingiennes et catholiques, qu’on a trop sacrifiées sur l’autel du progressisme lascif et dégénéré.

    Désormais orphelin de son passé, notre temps (de fiotte ?) flotte, désorienté, dans un babélisme philosophique sans candeur ni grandeur. Pareille affliction ne saurait durer encore longtemps sans provoquer l’ire divine, ni un effondrement irrémédiable plus ou moins retardé, par rapport au peu qu’il subsiste d’Ordre et de Bien commun.

    🎺 La Tradition n’est pas cet archaïsme désuet pour fossiles royalistes dogmatiques, mais bien la colonne vertébrale des peuples qui veulent demeurer. Elle est, à maints égards, une consolation dans le fracas des temps.

    Pendant que la Droite conserve le mal et la Gauche détruit le reste de Bien


    Bandage conceptuel

    TRADITION, subst. fém. – Ce qui est transmis ; ensemble de doctrines, de coutumes, de pratiques, d’institutions, etc., transmises de génération en génération. Transmission orale ou écrite de doctrines, de croyances ou de récits d’une époque à une autre.

    MODERNITÉ, subst. fém. – Caractère de ce qui est moderne ; ensemble des caractères propres aux époques récentes – considérées ici dans leur opposition aux époques anciennes ; tendance à s’éloigner des traditions, se couper de leur assise.

    Sentences érudites

    « Quidquid facis, fac bene. » « Quoi que tu fasses, fais-le bien. »
    « Vita brevis est, ars longa. » « La vie est courte, l’art est long. »
    « Non est bonum quod non est honestum. » « N’est pas bon ce qui n’est pas honnête. »
    « Imperare sibi maximum imperium est. » « Se commander à soi-même est la plus grande des maîtrises. »
    « Nemo potest te laedere nisi tu permittas. » « Nul ne peut te nuire si tu ne le permets. »
    — Pensées (Meditationes) de Marc Aurèle

    « Lex est ratio summa, insita in natura, quae iubet ea quae facienda sunt, prohibetque contraria. »
    « La loi est la raison suprême, inscrite dans la nature, qui ordonne ce qui doit être fait et interdit le contraire. »
    — Cicéron, De Legibus, Livre I, 18

    « Ius autem est a natura profectum, et ad hominum utilitatem constitutum. »
    « Le droit provient de la nature et est établi pour l’utilité des hommes. »
    « Iustitia nihil expetit praemii. »
    « La justice ne recherche aucune récompense. »
    « Silent enim leges inter arma. »
    « Les lois se taisent au milieu des armes. »
    — Cicéron, Pro Milone

    « Dans le danger, les hommes ne tiennent pas à être libres. Ils tiennent à être protégés.
    Voyez, sur son lit de malade, le plus grand révolté du monde, le révolutionnaire le plus farouche. Il obéit, comme un enfant, aux ordres et prescriptions de son médecin. Il renonce à manger, à marcher, à se mouvoir, à boire quand il a soif, à parler, à respirer à sa guise. Mais, quand il s’agit d’un peuple au lieu d’un homme, la docilité devant le péril est encore multipliée par le coude à coude et la surveillance réciproque.
    Au début d’aout 1914, on a vu des paysans du centre se barricader chez eux, à partir de 5h de l’après-midi, en s’imaginant que l’état de siège exigeait ça; et, à Paris même, en aout 1914, les compagnons anarchistes les plus notoires s’empressaient auprès des autorités, pour protester de leurs bonnes intentions, dans la terreur des tribunaux militaires… des cours martiales !
    De janvier à aout 1918, quand les gothas allemands commencèrent à arroser sérieusement Paris, il fallait entendre les gens intimer aux voisins, avec fureur, d’éteindre leurs lumières. Ils les auraient assommés illico, s’ils n’avaient obéi.
    On s’aperçut, alors, qu’il y a dans l’interdiction, dans la contrainte totale, une volupté supérieure à celle de la liberté.
    Fameuse chose que d’obéir, pour ceux qui ne savent ce qu’ils veulent, c’est à dire pour les 9/10èmes des humains ! Mais, quand la mort est là, toute proche, l’obéissance devient un délice. »
    📚 Léon Daudet, L’hécatombe, récits & souvenirs politiques 1914 – 1918 (1923).

    Sommaire

    🏛 I. Généalogie de l’oubli
    🛡 II. Fidélité comme force créatrice
    📿 III. Vacance du trône & dissolution de l’Ordre
    🕯 IV. Retrouver la voie Droite
    📚 Conclusion & 📖 Pour approfondir


    I. Généalogie de l’oubli

    Dans la première partie du XXᵉ siècle, l’Europe de l’Ouest semblait encore porter sur les fonts baptismaux les derniers reflets d’une antique majesté. Les régimes nationalistes ont fleuris, un vitalisme fut professé, et même la couronne impériale autrichienne survivait, de manière certes poussive, contre l’essor national. Pourtant, derechef, les feux faiblissaient.
    La génération post-guerre, les boomers, ont délaissés les traditions à cause de la guerre et de leur éducation, jumelés à une philosophie matérialiste effrénée.

    De l’autre côté et au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Vatican II – fruit d’un progressisme « conciliaire » déconcertant – acta l’effacement progressif et apparent d’une Église visible garante de l’ordre des âmes et des nations. L’on cessa de prier en latin, l’on renversa les autels, l’on tourna le dos au tabernacle, à Dieu.
    Sous couvert d’ »aggiornamento », l’on pactisa avec le monde au sens mondain et détestable. Il ne s’agissait plus de convertir non plus les peuples, mais de les « accompagner », de se commettre avec l’erreur, le faux. Le chancre moderniste s’impatronisa dans les séminaires.

    II. Fidélité comme force créatrice

    Tout comme le contre-révolutionnaire Edmund Burke décela dans le terme de tradition avec un petit t, l’ensemble des coutumes naturels d’un peuple, d’une petite – province – ou d’une grande patrie – nation.

    En effet, ce que notre monde tient pour rigide ou « réactionnaire » s’avère, stricto sensu, l’apanage de tout ordre qui se respecte. La fidélité n’est point indolente, elle n’est pas passive ni une habitude vaine ou vil, mais un acte viril, responsable, volontaire, roboratif.
    C’est l’éthique du vir fidelis, du roi juste, du clerc intègre, du paysan enraciné.

    De cette fidélité procède la beauté des formes, l’harmonie des rites aussi, la stabilité des lois. Le mos maiorum des Romains, les capitula carolingiens, les coutumes féodales ou les canons du concile de Trente : tous forgèrent des civilisations superbes car enracinées.

    Ce n’est pas nous qui avons changé non, nous sommes « normaux », ce sont les autres qui ont dégénérés.

    Σ

    III. Vacance du trône & dissolution de l’Ordre

    Depuis la mort de S.S. le Pie XII (1958), et suite à un bon siècle de pré-subversion moderniste, qui n’avait pas encore réussie à entacher l’autorité du chef visible, l’Église militante semble décapitée – tel Louis XVI.

    La vacance du Siège apostolique, que d’aucuns feignent d’ignorer…, engendre un manque évident d’unité, une vacuité doctrinale et une clameur de confusion. La théologie dogmatique se voit (grand) remplacée par de la « pastorale inclusive », le sacré s’efface au profit du profane et du prosaïque.

    Il est d’autant plus urgent de réaffirmer, avec la solennité qui sied, que Roma locuta est, causa finita est ne saurait s’appliquer à ceux qui, tel les Bergoglio-Prevost, charrier une idéologie étrangère et mortifère.

    Tandis que notre terre est bafouée, volée, violée, il nous faut réagir oui, mais aussi avoir conscience que rien ne se fera de bon et de durable, sans une restauration morale et ecclésiastique.

    IV. Retrouver la voie Droite

    De notre voix, clamons notre loi, pratiquons notre foi et ouvrons le chemin national et catholique.

    Le recours à la Tradition n’est point fuite, mais acte d’espérance. Le doux Jésus-Christ, Verbe éternel, n’est guère une figure historique, surannée, mais bien l’Alpha et l’Oméga. Ses commandements ne sont point relatifs, ses sacrements ne sauraient être dilués.

    L’on doit donc se retremper dans les textes patristiques, relire saint Augustin, dans le silence, se nourrir du Catéchisme du Concile de Trente, redécouvrir la liturgie grégorienne. En effet, point de régénération sans purification, sans épuration véritable, point d’avenir sans réconciliation avec notre passé, tourné vers l’avenir.

    Conclusion

    Le désenchantement ne vient point d’un excès de dogmes, mais d’un défaut de fidélité et de charité. Le monde actuel, en France et en Occident, souffre d’un nihilisme doux, d’une désinvolture aux accents suicidaires.

    Il faut que revienne l’heure des peuples enracinés, des familles fermes, des prêtres virils et des maîtres instruits. Que renaissent sous nos yeux les fastes de Clovis et de Charlemagne, soyons leurs fils bien compris, les zéphyrs de Rome et les chants de Saint Benoît.

    Il est temps de reconstruire !

    « Vous serez haïs de tous à cause de mon Nom. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. »
    Évangile selon saint Matthieu, X, 22 (traduction de l’abbé Crampon)


    Signé : La Rédaction


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