• La révolution, entre spécificité française et perspective allemande



    Modèle subversif et pervers, ou processus de retournement !

  • Résumé :

    La Révolution française de 1789 est, pour les Français, l’événement fondateur incarnant la notion même de « révolution », vu comme une subversion de l’Ordre. Toutefois, cette conception est bornée et non universelle. Dans l’histoire allemande, la révolution ne renvoie pas à cet épisode, mais au romantisme, un mouvement qui s’opposa justement à l’impérialisme révolutionnaire français.
    Cette divergence met en lumière la relativité historique et culturelle du concept révolutionnaire, oscillant entre destruction et reconstruction.

    Raymond Martin, Le national-socialisme hitlérien : Une dictature populaire, 1959 pp.38-40.

    Ce blocage mental vient surtout des royalistes, bornés sur des mots et des clivages (tantôt de droite, de nation, etc). Nous proposons la troisième voie pour dépasser le tout ! Soit, une contre-révolution, en tant que révolution authentique !
    Or, justement, vouloir le retour d'un Roy capétien traditionnel, dans notre contexte actuel, seraitproprement quelque chose de révolutionnaire !
    

    Citation clef :

    « Pour un Français la notion de révolution se réfère au phénomène historique de la Révolution de 1789. Est dit révolutionnaire tout ce qui se situe dans le fil et l’esprit de cet évènement : démocratie, libéralisme, rationalisme, jacobinisme, égalitarisme devenu peu à peu plus ou moins socialisant. Est dit contre-révolutionnaire (ou réactionnaire) tout ce qui s’oppose à cette idéologie.

    Quand Charles Maurras parlait dans la première moitié du XXe siècle de contre-révolution, tout Français comprenait qu’il s’agissait de la révolution de 1789. Pour nous la révolution c’est tellement 1789, nous ne pouvons la concevoir autrement à un point tel, que nous regardons l’histoire universelle dans cette perspective, comme si la Révolution Française (la grande Révolution) était bien la révolution universelle.

    En particulier nous prétendons inconsciemment, avec candeur, expliquer les choses d’Allemagne par rapport à cette notion. Mais pour l’Allemagne la révolution française de 1789 n’est pas la Révolution. L’histoire moderne de la nation allemande ne s’est pas faite dans cette perspective, elle s’est faite dans la perspective du romantisme, qui fut d’abord une protestation nationale contre l’impérialisme révolutionnaire des Français.

    La Révolution Française pour l’Allemand, ce fut l’invasion et l’occupation étrangères au nom du mythe de la liberté. Il sortit, comme il arrive presque toujours, de cette domination étrangère une prise de conscience de l’originalité nationale. La nation allemande s’affirma dans le romantisme en prenant le contre-pied de l’idéologie révolutionnaire française.

    Dans notre terminologie ordinaire le romantisme serait une contre-révolution. Mais vu du côté allemand il est une révolution, c’est-à-dire un mouvement brusque en avant qui s’oppose brutalement au passé immédiat. Quand le national-socialisme parle de révolution, il ne se réfère pas à la révolution française mais au romantisme. […]

    Si le mot révolution n’a pas le même contenu en deçà et au-delà du Rhin (et de la Vistule), la contradiction n’est même pas levée quand on essaie, se plaçant au-dessus des frontières idéologiques, de définir une notion objective du phénomène révolutionnaire. Le fait révolutionnaire présente une double face : négation d’une forme de société, affirmation d’une autre forme ; mêlée violente de forces destructives et de forces créatrices, et ceci simultanément, dans le même mouvement. La révolution doit, dans le même temps, démolir et reconstruire. »

    Raymond Martin, Le national-socialisme hitlérien : Une dictature populaire, 1959 pp.38-40.

    Phénomène révolutionnaire, dialectique entre destruction et création

    Au-delà de ces divergences nationales, Raymond Martin, dans Le national-socialisme hitlérien : Une dictature populaire, invite à une réflexion plus large sur la nature même du phénomène révolutionnaire. Il le définit comme un mouvement à double face, combinant simultanément des forces destructrices et créatrices.

    Notre perception française, centrée sur l’universalité supposée de l’événement de 1789, se heurte à des divergences notables lorsqu’elle est confrontée à l’histoire d’autres nations.
    Ce décalage illustre une différence fondamentale dans la manière dont chaque nation conçoit le terme « révolution », sensiblement équivoque. Là où les Français voient un idéal universel et progressiste, les Allemands y voient un catalyseur de résistance nationale, littéraire et militante.

    D’un côté, la révolution s’attaque à un ordre ancien qu’elle cherche à renverser. Cela est visible dans la Révolution française, où la monarchie, la société d’ordres et l’autorité religieuse traditionnelle furent brutalement méprisées et démantelées.
    D’un autre côté, elle cherche à instaurer un nouvel ordre fondé sur des principes novateurs. Les institutions républicaines, le suffrage universel et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen illustrent cette dimension « constructive ».

    Cette dialectique est universelle et transcende les frontières idéologiques. Qu’il s’agisse du romantisme allemand ou de la Révolution française, la révolution est toujours un mouvement ambigu, mêlant destruction et reconstruction, pour le meilleur et pour le pire.

    En réalité ce n’est qu’un processus révolutionnaire dont il est question avec pour but : un changement de régime. Les révolutions, comme le montre le contraste franco-allemand, s’inscrivent dans des contextes historiques et culturels spécifiques qui en modifient le sens et les implications. Ce que les Français célèbrent – probablement à tort ! – comme un idéal d’émancipation universelle, les Allemands le rejettent comme une influence/domination étrangère. Mais surtout : ce que les Français qualifient de contre-révolution, les Allemands le considèrent comme une révolution authentique.

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