-
Publié le par Florian Rouanet
IIIe Reich, masques et attentisme complet 🌍🔍
⁂ Arène de l’Armistice
Ô lecteur passionné, nous voici plongés au cœur des coulisses de la triste et lourde défaite de l’Axe.
Rome et Berlin s’effondraient, non seulement face aux armées dites Alliées, mais aussi et surtout sous le poids mortifère du libéralo-marxisme et de la judéo-maçonnerie internationale et bourgeoise. Nous accusons objectivement Pétain, d’avoir favorisé les Alliés, souvent anglo-saxons, et à visage prétendument démocratique, véritablement ploutocratique.
Mais encore, la pression s’est également faite sous le poids discret des neutralités ibériques et d’une attitude « vichyste » plus subtile qu’il n’y paraît. Le Maréchal Pétain, oscilla entre collaboration minimale et atténuation, il écrit en creux une résistance passive française.
🏟 Entrée pugilistique, bande de traînards ! Aiguisez votre verbe, car dans ce combat diplomatique, l’acide de la neutralité et le bouclier percé du Royaume des Lys fracassent les rêves triomphalistes du Reich et des fascismes européens.
Par subtilité et nuance :
Reconnaissons simplement à la Révolution nationale pétainiste, d’être contre-révolutionnaire et bonne socialement pour l’essentiel, bien que encore trop modérée et semi-libérale.
C’est surtout en termes de géopolitique que le régime de l’État français d’alors, entre 1940 et 1944, a lourdement péché contre la civilisation européenne, au nom d’un bien national autarcique.Antenna I.O. Vox Frequencia
N.B. : sans vouloir refaire l’histoire, mais penser la politique, nous répondons ici au pétainisme ambiant à droite, opposant à « l’attentisme complet » — à défaut de « sédévacantisme complet » — un fascisme français et européen…

☧ Cordage terminologique 🪢
Herméneutique, diplomatie, posture défensive.
Neutralité, Droit/Politique : absence de participation à un conflit, intact du côté des belligérants.
Collaboration, Politique/Histoire : coopération d’un État vaincu avec son occupant.
Bouclier, Métaphore : posture de protection non offensive, ici défensive du régime vichyste.
Dissymétrique, Doctrine : relation inégale, ici collaboration tournant à l’avantage discret de la France.
☩ Anciennes écoles entre clarté et illusions délétères
« L’Allemagne pouvait espérer, au moins depuis Montoire, que vous, Monsieur le Maréchal, en répondant à la politique généreuse du Führer, vous consolideriez de plus en plus la situation en France après la guerre perdue et que vous rendriez toujours plus féconde la collaboration, tant de fois promise, avec l’Allemagne. »
— Joachim von Ribbentrop, lettre du 29 novembre 1943, adressée à Philippe Pétain via Otto Abetz (Cairn.info, Judaïca Algérie, FranceArchives).« Oui l’Allemagne a repris ses armements. (…) Toutefois ce réarmement ne devait pas inquiéter l’opinion française. L’Allemagne aspire à l’égalité des forces qui est la seule base raisonnable et solide pour une conversation de peuple à peuple. »
« Sans doute la plus grande partie des Français avaient compris que la Sarre était une terre allemande, mais la politique officielle, encore trop obsédé par les idées de la politique classique, traditionnelle ou historique, héritage éternel de Richelieu, ne voulait pas admettre que les habitants de la Sarre était des Allemands, animé d’un seul désir : rejoindre la patrie allemande. »
« C’est en maintenant la légalité que Hitler a mené sa lutte ; c’est par la voie de la légalité qu’il est arrivé au pouvoir, c’est légalement aussi qu’il veut obtenir pour le peuple allemand la situation internationale à laquelle il croit avoir droit. »
« Le national-socialisme, arrivé au pouvoir en Allemagne en triomphant du marxisme international, n’admet pas l’idée d’un pacifisme international qui nie les nations et s’oppose à l’idée de patrie. Nous avons retrouvé l’idée de patrie. Nous aimons notre pays. Mais nous sommes d’avis que l’amour de notre patrie ne nous empêche pas de respecter ceux qui, ailleurs, sont animés par les mêmes sentiments envers leur propre pays, sentiments d’amour, de dévouement et de fidélité. Nous croyons que, pour être patriote allemand, il n’est point nécessaire de haïr les autres patries. »
« Le Führer s’est toujours déclaré prêt à toute collaboration européenne. L’Allemagne et l’Europe, ce n’est pas une antithèse. Par la nature même de son nationalisme et par le principe de la légalité, la nouvelle Allemagne donne une double garantie de collaboration internationale. Une troisième garantie est de nature à calmer toutes les craintes : c’est le côté social et même socialiste du mouvement hitlérien. Ce mouvement est composé de deux éléments qui se complètent. National, il est aussi socialiste. »
« Nous avons vu avec regret que chaque manifestation de paix du Führer a eu, dans une partie de l’opinion française, un écho qui devait amener une déception en Allemagne. C’était la réaction des apôtres de la méfiance éternelle. Mais il y a eu aussi des voix encourageantes, celles d’anciens combattants français et allemands. Ces hommes qui s’étaient battus les uns contre les autres, il y a vingt ans, avaient cependant appris à s’estimer et à s’apprécier. »
« Nous nous méfions de la Société des Nations; nous nous méfions de ce qu’on appelle la « sécurité collective » et la « paix indivisible ». Nous croyons que la Société des Nations a failli à son rôle, qu’elle est devenue infidèle à la mission pour laquelle Wilson l’avait prévue, c’est-à-dire, constituer un instrument de la paix future. »
« Lors du Congrès international des avocats, à La Haye, en 1932, un grand juriste français, M. Appleton, nous a fait une excellente conférence sur « Gœthe et le droit ». Il nous a montré la différence entre la conception allemande de la fidélité au contrat et la conception plus cartésienne des Français qui respectent plutôt la signature, la lettre, le droit écrit. Il a développé ce thème que Gœthe, représentant la conception germanique du droit, avait été partisan de l’idée du « droit qui est né avec nous », du droit véritable, de la justice en opposition au droit des paragraphes qui sont souvent summum jus summa injuria. Mais, a-t-il ajouté, Gœthe a reconnu aussi qu’il faut respecter l’ordre. L’ordre d’abord. Un ordre mauvais vaut mieux que le désordre. (…) Essayons donc de faire mieux, d’organiser une meilleure paix. De la crise de la paix mal faite a surgi le désordre du bolchevisme. Ce désordre menace aujourd’hui l’Europe entière. Mais en Allemagne est né un bloc d’ordre, qui constitue une garantie contre le chaos qui nous menace de l’Est. »
« Combien en est-il qui aient songé à un rapprochement du peuple français et du peuple allemand, toute question de régime mise à part ? C’est là, en effet, le point principal. Le rapprochement franco-allemand n’est pas une question de régimes : c’est une question qui doit être résolue de peuple à peuple. Hitler l’a reconnu. Il a compris sa mission européenne. Ses manifestations de paix en sont la preuve. Que le public français les entende et que le terrain soit ainsi préparé pour la paix qui est si nécessaire aux peuples d’Europe ! »— Dr. Friedrich Grimm – Hitler et la France (Paris-Berlin, septembre 1938, préface de J. Von Ribbentrop, PDF).
« La France de juin 1940 avait à la fois besoin du maréchal Pétain et du général de Gaulle…, d’un bouclier en même temps que d’une épée. »
— Colonel Rémy (Gilbert Renault), article dans Carrefour, cité et repris par Le Monde, 13 avril 1950. (Le Monde.fr)
« Vous avez pleinement raison. L’Allemagne ne peut pas gagner la guerre. Il faut en tirer pour nous les conséquences qui s’imposent.* Votre conception de l’aide américaine est juste. Je suis d’ailleurs resté en excellents termes avec l’Amérique. L’amiral Leahy était un ami pour moi, et son successeur est très convenable. C’est à cette porte-là qu’il faut frapper le moment venu. »
— Maréchal Pétain à Giraud, 29 avril 1942.
« Le 13 novembre 1945, le Gouvernement d’unité nationale […] se caractérise par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. […]
Le Gouvernement d’unité nationale, que j’ai l’honneur de présenter à l’Assemblée nationale constituante, marque, quant à sa composition et quant à ses intentions, une victoire de la solidarité française. »— Charles de Gaulle, allocution devant l’Assemblée nationale constituante, 23 novembre 1945 (site historique de l’Assemblée nationale). (Assemblée nationale)
« Le Président de la République veille au respect de la Constitution.
Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.
Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »— Article 5, socle gaullien de la Constitution de la Ve République au 4 octobre 1958, version consolidée au Journal officiel (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006095841)
Qu’on se le dise : ces trois derniers fragments soigneusement choisis, témoignent du chiasme politique français post-45 : un soi-disant Pétain bouclier, mais De Gaulle « épée non-contre-révolutionnaire » ; De Gaulle arbitre suprême, souverain et laïcard ; enfin, De Gaulle en tant que compositeur d’une brève symphonie avec les fils de Lénine…
Σ Plan d’attaque par manche
- 🇫🇷 Pétain, le bouclier percé, entre collaboration et semi-autonomie
& ✉️ La lettre de Ribbentrop : menace diplomatique - 📜 Stratégie nationale et géopolitique : entre prudence d’État et duplicité voilée ?
- 🇵🇹 Neutralités stratégiques ibériques
- 🇮🇹 Mésentente géopolitique totale entre Italie mussolinienne et Allemagne hitlérienne
I. 🇫🇷 Pétain, le bouclier percé, entre collaboration et semi-autonomie
En réalité, et à rebours du gauchisme ambiant — avec ou sans Éric Zemmour ou Adrien Abauzit —, en effet, le Maréchal Pétain, héros de Verdun devenu chef du gouvernement français depuis la ville de Vichy, en zone libre, ne fut ni pleinement « traître », ni résistant de salon, mais plutôt patriote et nationaliste autarcique.
Il fut stratège d’une France défaite, enfermée dans une zone de compromis où chaque geste avait double lecture.Sa « collaboration » minimale ou économique, fut d’abord une posture imposée par l’armistice de 1940. Ainsi, fort tôt, Pétain mit en place une « collaboration dissymétrique », où le Reich exigeait, mais où Vichy feignait d’obtempérer, afin de mieux préserver son assez maigre pouvoir. L’entrevue de Montoire avec Hitler, en octobre 1940, fut conçue, de l’aveu même du maréchal, comme une simple « prise de contact ». Il jugea Hitler « médiocre » — au fort interne voire externe —, peu digne de sa stature historique, etc.
Plus tard, lors du débarquement américain en Afrique du Nord, en novembre 1942, Pétain ordonna la résistance militaire locale. Ce geste, interprété par les gaullistes comme acte de fidélité à l’Axe, fut au contraire pensé pour éviter que la Wehrmacht n’occupe tout le territoire impérial… Cette posture se révèle être un pari : sacrifier l’Afrique pour mieux conserver la métropole. Ce calcul, témoigne d’une volonté de sauvegarde nationale. Mais là ne gît pas forcément le pire.
Weygand, doutant par moment — et notamment à cause de l’affaire anglaise des marins français à Mers El Kebir — à ses côtés, rejeta finalement toute forme de collaboration militaire avec l’Axe. Ensemble, ils maintinrent un équilibre fragile : faire assez pour Berlin, mais jamais plus que nécessaire, afin de garder une marge d’autorité.
Et le camp gaulliste-souverainiste, quant à lui, fut une pseudo épée anti-contre-révolutionnaire
Même le brave illusionné colonel Rémy, de son côté, ancien agent de la France Libre, osa, en plein débat sur la mémoire de la guerre, par unité nationale, formuler la thèse fameuse du « bouclier » (Pétain) et de « l’épée » (de Gaulle), provoquant l’ire du Général et son exclusion de l’Association des Français libres.
Car, bien que De Gaulle marqua coup d’arrêt « maurrassien » au régime exclusif des partis, il ne le fît que pour mieux consolider la fidélité républicaniste. En effet, l’inénarrable De Gaulle ramène son laïcisme et pro-communiste dans ses fourgons… Il admit dans son cabinet les représentants d’un Parti communiste auréolé de la « victoire soviétique », réalisant pour un temps le tripartisme (PCF-SFIO-MRP) avant, certes, la rupture « officielle » de mai 1947.
✉️ La lettre de Ribbentrop (29 novembre 1943)
Paroxysme du double-jeu pétainiste : la missive adressée par Joachim von Ribbentrop au maréchal, le 29 novembre 1943. Transmise via Otto Abetz, cette lettre incendiaire est un véritable coup de tonnerre diplomatique. L’Allemagne y dénonce les velléités françaises, un projet d’acte constitutionnel par lequel Pétain entendrait écarter Laval, homme lige du Reich, afin de reprendre l’initiative, , geste interprété comme une atteinte directe aux intérêts allemands.
Le ton est sec, menaçant, presque dédaigneux. Ribbentrop y reproche au vieux maréchal ses lenteurs, ses réticences, sa tiédeur croissante. Ladite France de Vichy, perçue alors comme partenaire de plus en plus réticent, devient hautement suspecte. L’ombre de la trahison plane sur Pétain, accusé de ne point assez servir la cause allemande.
Et pourtant, c’est là tout le paradoxe : si le Reich doit gronder, c’est que le bouclier commence à se refermer. Pétain, par ce projet de reprise en main, parvient à irriter Berlin. Et ce seul fait prouve que le gouvernement français, tout collaborateur qu’il fut, conservait encore un noyau de volonté politique propre — ce qui s’entend dans une certaine mesure, mais non contre l’Europe —, capable d’émettre une opposition au moins symbolique.
« Vous voulez que je fasse des rectifications dans mon livre comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas écrivain, je suis un homme politique ! Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification je l’écrirai dans le grand Livre de l’Histoire. »
— Adolf Hitler, Entretien à Bertrand de Jouvenel, Paris-Midi du 21 février 1936.
Aussi, cette citation, probablement apocryphe, a de quoi être intéressante dans ce contexte :
« Abetz se croyait bien avisé lorsqu’il défendit cette idée et nous persuada de la suivre.
Il semblait penser que nous avions affaire à la France de Napoléon, à une nation, donc, capable d’apprécier l’importance et la portée d’un geste noble.
Il ne voyait pas l’évidence : depuis cent ans, la France a complètement changé. Elle est devenue une prostituée, une vieille catin flétrie qui ne cesse de nous duper et de nous laisser payer l’addition. »— Testament politique d’Adolf Hitler, dicté par Martin Bormann entre février et 29 avril 1945, publié en 1961 (Cassell, Londres), passage §165-166.
II. 📜 Stratégie nationale et géopolitique : entre prudence d’État et duplicité voilée ?
La Révolution nationale, ou le demi-tour à mi-parcours
Nous reconnaissons, sans flatterie mais avec lucide reconnaissance, la valeur de cette Révolution nationale — entreprise salutaire, amorce d’une restauration de l’ordre, d’un retour à l’enracinement, à la terre, à la campagne, à Dieu, au sang. Oui, elle fut une contre-révolution, mais incomplète, boiteuse, comme un moine en goguette, pieux en public, mais ricanant avec les réformateurs radicaux, fut-ce en cachette.
Vichy voulait régénérer, mais sans purger. Il voulait bâtir, mais sur les ruines encore fumantes de « la Troisième ». Il souhaitait invoquer Jeanne, mais dialoguait avec Marianne. À force de chercher à plaire au « pays réel » et au « pays légal », il finit par prêcher une morale qui faisait la gigue entre la chaire et la loge.
Et surtout, quelle erreur fatale que de lorgner vers le monde anglo-saxon : vers ces empires maritimes de la marchandise, républicains comme des protestants endimanchés, libéraux jusqu’à la moelle, boursouflés d’un moralisme éthique maçonnique.
La Révolution nationale aurait pu être le cataclysme salutaire, elle ne fut que frisson d’hiver dans une chaumière à demi-calcinée, de droite parfois molle.
Le Maréchal aux deux visages, ou la neutralité en trahison camouflée
Nous accusons. Non par caprice, mais par nécessité doctrinale et politique. Le Maréchal Pétain fut aussi celui qui mit en berne la volonté guerrière et la vigilance spirituelle. Son attentisme était moins prudence que démission ; sa neutralité, un caveau où s’est enfermée l’âme française.
Tandis que l’Europe flambait dans le combat pour la survie, la France officielle balbutiait des versets de prudence diplomatique, tendant l’autre joue à l’envahisseur angélique venu de Washington et de Londres. Et voici le crime majeur : avoir, sous cape, favorisé l’ennemi pseudo-allié. L’épuration de 1940 fut molle envers les gaullistes, douce pour les francs-maçons, complice avec l’argent républicain…
Sous le bicorne, il y avait un visage double : celui du rédempteur rural, et celui du compère servile, mais des Atlantistes. De la droite, il eut l’emphase patriote ; de la gauche, il adopta les compromis honteux. La France ne fut pas vendue à l’ennemi ; elle fut offerte en offrande confuse, au nom d’une paix sans courage. La trahison en habit d’équilibriste : tel fut le dernier tango du vieux soldat de Verdun !
Témoignages sur la résistance passive
- Général Weygand resta hostile à l’Axe, s’opposa à toute collaboration militaire et permit, en Afrique du Nord, une aide américaine – écartant hommes et projets trop compromettants (Wikipédia).
- Pétain, dans ses propos du 29 avril 1942 à Giraud, loue les Américains, qualifiant l’admiral Leahy d’« ami pour moi… c’est à cette porte qu’il faut frapper » – signe d’une posture tournée vers les Alliés, mais occultée (OpenEdition Books, Wikipédia).
III. 🇵🇹 Neutralités ibériques : entre profit et verrouillage stratégique
L’Europe occidentale, entre 1939 et 1943, ne fut point un simple théâtre de la guerre, mais un vaste échiquier où se déployaient des stratégies d’attente, de retenue et d’intelligence diplomatique. Oliveira Salazar, maître silencieux de Lisbonne, sut parer d’honneur la plus froide des prudences. Le 1er septembre 1939, il proclama la neutralité du Portugal, tout en réaffirmant l’antique Alliance anglo-portugaise, non sine causa, vieille de plus de six siècles.
Ce choix ne fut pas simple abstention, mais position active, rouée, utile au camp allié. Tandis qu’il vendait à la fois tungstène et liège aux deux camps, Salazar ferma discrètement les ports aux convois allemands, fit de Lisbonne un nid d’espions de l’OSS, et ouvrit la voie aux Alliés en autorisant en 1943 l’installation de bases aériennes dans les Açores. Cette dernière manœuvre fut une clef stratégique majeure dans la guerre de l’Atlantique, qui causa ensuite sa propre défaite d’un combat engagé contre lesdites dictatures du Vieux continent après 1945…
En miroir, quasi similaire, l’Espagne franquiste — pourtant arrivée aux affaires grâce au soutien du Reich hitlérien —, et bien qu’en partie sympathisante du Reich, préféra « l’attente au risque ».
Liée par le « pacte ibérique » au Portugal dès 1939, elle se garda d’entrer en guerre. Ni Staline, ni Churchill, ni Hitler, ni Mussolini ne réussirent à la faire basculer.
Franco, après avoir connu les horreurs de la guerre civile, refusa de livrer l’Espagne au chaos d’un second conflit, fut-il extérieur. Ainsi, au-delà de cette noblesse affichée, la péninsule toute entière se referma sur elle-même, devenant une barrière infranchissable, notamment à l’avancée du Reich vers Gibraltar ou l’Afrique.
Cette neutralité ibérique, loin d’être molle, fut donc l’un des facteurs presque actifs de défaite de l’Axe. Elle empêcha tout débouché militaire vers le sud-ouest européen, sauvant en silence la Méditerranée occidentale.
De même, dans le monde d’après guerre, Franco finira isolé des nations et même du Vatican, devenant de plus en plus moderniste et libéral jusqu’à la déchéance de ses pseudo-papes Vatican II…
IV. 🇮🇹 Mésentente géopolitique totale entre Italie mussolinienne et Allemagne hitlérienne
En effet, mentionnons ce fait grave et général. La mésalliance s’est répercutée partout, que ce soit en Méditerranée, en Europe occidentale continentale, vers l’Est, etc.
Alors, chers lecteurs, souffrez que nous nous répandions sur l’énumération de ces failles stratégiques du plus mauvais aloi qui, du Brenner au golfe de Tarente, révélèrent combien ledit Axe fut traversé de crêpages de chignon géopolitiques, pour ne mentionner que les cas d’école… :
-
25-26 juillet 1934 – Coup manqué des nationaux-socialistes à Vienne. Mussolini, furibond après l’assassinat du chancelier Dollfuss, déploie 40 000 hommes au col du Brenner pour dissuader toute avance allemande vers l’Autriche ; Hitler recule : première cassure flagrante. (Warfare History Network)
- 14 avril 1935 – Signature du Front de Stresa. L’Italie s’allie publiquement à Londres et Paris pour condamner la remilitarisation allemande, prenant Berlin de court et sabotant la prétendue unité fasciste. (Wikipédia)
- 7-9 avril 1939 – Occupation-éclair de l’Albanie. Mussolini annexe Tirana sans prévenir le Reich ; Hitler, déjà tourné vers la Pologne, déplore cette diversion adriatique qui brouille ses tractations balkaniques. (Wikipédia)
- 28 octobre 1940 – Invasion italienne de la Grèce. L’ultimatum lancé d’Albanie n’est communiqué à Hitler qu’une fois les troupes en marche ; la déconfiture italienne oblige la Wehrmacht à improviser l’opération Marita. (custermen.com, Wikipédia)
- 21 juin 1941 – Lettre de Rastenburg. À la veille de Barbarossa, Hitler informe Mussolini par courrier express de l’attaque contre l’URSS ; preuve qu’il ne juge plus nécessaire de consulter son « allié ». (en.wikisource.org)
- Février – novembre 1942 – L’arlésienne de Malte (Opération C3/Herkules). Rommel, la Regia Marina et le Comando Supremo pressent Berlin d’envahir l’île stratégique ; Hitler ajourne puis annule, préférant jeter ses renforts vers Stalingrad : incompréhension totale sur la priorité méditerranéenne. (Wikipédia, usni.org)
- 10 juin – 24 juin 1940 – Offensive brouillonne dans les Alpes françaises. Mussolini déclare la guerre à une France déjà vaincue, n’occupe qu’une étroite bande alpine ; Berlin juge l’opération inutile et désordonnée. (historylearning.com)
-
29 septembre 1943 – Armistice de Cassibile. Le royaume d’Italie capitule auprès des Alliés ; les troupes allemandes ripostent par l’opération Achse, désarmant leurs anciens compagnons d’armes et plongeant la péninsule dans la guerre civile. (avalon.law.yale.edu)
À certains égards, ces heurts illustrent la fragilité de la devise « Rome-Berlin » : visions stratégiques antagonistes, jalousies nationales et impériales, ou encore improvisations militantes empêchèrent l’unité de commandement que réclame toute guerre européenne moderne.
🎉 Sentence par KO
Pétain ne fut ni le glaive flamboyant de la « France libre », ni le soutien rampant d’un Laval aux abois dès 1943. Il fut cet homme des limbes, à titre géopolitique surtout, entre capitulation et obstination, qui tenta, en maître de la lenteur, de figer le temps pour sauver le meuble qui pouvait l’être. Sa stratégie fut une résistance de glace, d’inertie, de soupirs. S’il fut soupçonné par von Ribbentrop, c’est qu’il résistait, à sa manière…
En enfermant la France dans une posture semi-autonome, il en limita les pertes certes, mais isola le combat pour la civilisation blanche. Et de, Franco à Salazar, d’Azores à Vichy, en passant par l’entente conflictuel avec le Duce, le Reich, troisième du nom, ceinturé de conflits, de neutralités et de stratégies passives, perdit pied avant même que les Alliés ne le frappassent.
Telle fut la première défaite de l’Europe : un encerclement silencieux, lent, quasi invisible, fomenté par ceux qui surent dire oui du bout des lèvres pour mieux sauvegarder leur sol propre.
En diplomatie comme en boxe, ce ne sont pas toujours les coups qui saignent qui font chuter, mais les esquives lentes et les feintes silencieuses…
📚 Pour approfondir…
- Jean-Pierre Azéma, La France de Vichy (éd. Tallandier).
- Pascal Ory, critique sévère de la « thèse du bouclier et de l’épée » (Wikipédia, Wikipédia).
- Archives nationales, cote 415 AP – interrogatoire & correspondance Pétain‑Ribbentrop (archivesnationales.culture.gouv.fr).
La Rédaction
🥊 Nos articles de la Straße
De la terre à la mégapole : gaullisme des villes contre l’univers rural de “Vichy”
« Régime de Vichy » expression dénigrante et antipétainiste de la dissidence « judéo-gaulliste »
Reich et croix latine : aux confins d’une alliance catholico-nationale
Mgr Mayol de Lupé, le Reich et l’Église & Pie XI fournissant le terreau ayant favorisé Hitler
Franco, Hitler et la neutralité politique : une occasion manquée ?
1943 : lettre incendiaire de l’Allemagne nationale-socialiste adressée au Maréchal Pétain
Définitions modernes et babélisme : un “anticonclavisme” entre Palmar et Guérard ?
Sacres épiscopaux dans la FSSPX ? Rumeurs, exclusivités, arguments et réalités en 2025-2026
- 🇫🇷 Pétain, le bouclier percé, entre collaboration et semi-autonomie

5 commentaires
Réagissez à cet article !