• Le C.I.P. (Coetus Internationalis Patrum), ultime phalange antimoderniste à Vatican II, et ce que sont devenus ses promoteurs



    Mgrs Carli, Lefebvre, de Castro Mayer et Fenton, ainsi que le cardinal Siri, sans oublier le théologien Garrigou-Lagrange, de même que Mgrs Ducaud-Bourget, Thuc et Guérard des Lauriers

  • ⚔️ Organisation non clandestine, structure de fer, influence doctrinale et héritage insurgé ⚔️
    Au cœur de Vatican II

    ⁂ Arène du Concile, basilique des polémiques

    Oyez lecteur, aiguisez votre plume : voici l’équipée des Pères qui, drapés de pourpre ou de bure, dressèrent leur sapience comme un rempart à rebours du courant centriste-progressiste : le CIP dit le Groupe international des Pères (conciliaires/évêques).

    Entre les colonnades de Saint-Pierre résonnèrent leurs envolées spartiates ; ils s’y opposèrent, maints fois, aux schémas qu’ils jugeaient captieux, brandissant l’étendard de la Tradition contre les premières fumées de Satan que d’aucuns diront flotter au-dessus de l’autel.

    Nous remonterons la genèse de ce Coetus, démêlerons sa structure, puis tracerons la destinée de ses champions – de Mgr Lefebvre à Dom Castro Mayer en passant par Joseph Fenton – avant d’examiner le legs doctrinal qu’ils confièrent à la postérité.

    En effet, Vatican II aurait dû être, après Vatican I, un véritable Concile (Frère Pierre-Marie, o. p.) :

    Depuis le premier Concile tenu à Nicée en 325, l’Église réunit les évêques afin de préciser sa doctrine immuable et éternelle. Et le Concile du Vatican, en 1870, fut interrompu en raison de la guerre franco-prussienne. Ainsi, face aux questions contemporaines que soulevait le lendemain de la guerre et surtout ce travail inachevé, aurait dû être repris puis mené à terme.

    De surcroît, les premiers schémas préparatoires, encore orthodoxes, rédigés sous la supervision temporaire du cardinal Ottaviani — questions mariales (co‑rédemptrice), questions papales et épiscopales (juridictionnelles), questions politiques (anticommunisme radical) —, pourtant un des futurs artisans de la Nouvelle messe avec le cardinal Bacci, semblaient partir d’un bon pied, avant que la faction libérale et moderniste ne fasse tout tourner en eau de boudin.

    Parlons donc derechef fu C.I.P., en tant que rempart final devant le déferlement moderniste !

    Antenna I.O. Vox Frequencia, notre audio sur le CIP


    ☧ Lexique de cogneur

    MODERNISME, Relig. cath. : « Tendance à se détacher de la tradition pour adopter des idées actuelles ; goût de ce qui est contemporain. » (Cnrtl)

    LITURGIE, Théol. : « Ensemble réglé des cérémonies et des prières composant le culte public officiellement institué par l’Église. » (Cnrtl)

    ORTHODOXIE, n. f. : « Conformité rigoureuse à la doctrine enseignée ; caractère de ce qui reste fidèle à la vérité reçue. » (Cnrtl)


    ☩ Ancienne école ?

    Fort de ces éclats, l’âme fidèle voit plus clairement combien les défenseurs de la Vérité surent, par des paroles nettes, signaler l’invasion d’erreurs. La Tradition ne fléchit point, et ses sentinelles parlent encore à qui veut les entendre, stigmatisant le modernisme, le libéralisme, le communisme ou la « nouvelle théologie ».

    Montini Paul VI

    « Par quelque fissure, la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. »
    — Paul VI, homélie du 29 juin 1972. (La Porte Latine)

    Mgr Antoine de Castro Mayer

    « La secte moderniste avait pour objet, demeurant au-dedans de l’Église, de fausser, par arguties, sous-entendus et réserves, la véritable doctrine qu’extérieurement elle feignait d’accepter… »
    « Chez nombre de catholiques qui récitent correctement le Credo, leur cœur bat cependant au rythme de doctrines que l’Église a condamnées ; leur esprit est agnostique, naturaliste, libéral. »
    — Carta pastoral sobre los problemas del apostolado moderno, Campos, 1953, p. 9-10. (Plinio Corrêa de Oliveira)


    Mgr François Ducaud-Bourget

    « Je n’ai jamais été démocrate ; je n’ai jamais cru que cent ignorants en sussent davantage qu’un seul savant. »
    — Entretien repris dans Le franc-parler de Mgr Ducaud-Bourget en défense de la Tradition, 1977. (La Porte Latine)

    « Nous n’avons pas oublié notre serment antimoderniste et, Deo adjuvante, nous le tiendrons jusqu’à la fin. »
    — Affiche pastorale, Paris, novembre 1977. (La Porte Latine)


    S. Ém. le Cardinal Giuseppe Siri

    « Partout où la femme porte le vêtement masculin, il faut y voir, à la longue, un facteur de destruction de l’ordre humain. »
    « Le port du pantalon altère d’abord la psychologie féminine, puis il vicie, dans la durée, les rapports entre les sexes et amoindrit la dignité maternelle aux yeux des enfants. »
    — Notification concernant le port du vêtement masculin par les femmes, Gênes, 12 juin 1960. (catholicquotations.blogspot.com)


    Mgr Luigi-Maria Carli

    « Le Concile devra condamner sans équivoque le matérialisme, le polygénisme, l’évolutionnisme purement naturaliste et tout relativisme moral, s’il veut préserver l’ordre surnaturel que l’Église doit défendre. »
    — Lettre vota au Souverain Pontife, 8 août 1959, citée in Trad Godfathers at Vatican II: Bishop Carli, OnePeterFive, 13 février 2025. (OnePeterFive)

    Modus quo Summus Pontifex primatum suum exercet non iure divino praefinitur, sed prudentiae eius sub ordinaria Spiritus Sancti assistentia committitur, iuxta temporum locorumque adiuncta. »]
    « La manière dont le Souverain Pontife exerce son primat n’est pas déterminée par le droit divin, mais elle est laissée à sa prudence, sous l’assistance ordinaire du Saint-Esprit, selon les circonstances des temps et des lieux. »
    Vota adressé à Jean XXIII, 8 août 1959 (session ante-préparatoire du Concile).


    Mgr Joseph Clifford Fenton

    « Je n’aurais jamais cru l’épiscopat si libéral ; c’est la fin de la religion catholique telle que nous l’avons connue. »
    — Journal du 27 octobre 1962, Personal Diaries, vol. 1962. (betrayedcatholics.com)

    « Depuis la mort de saint Pie X, l’Église est dirigée par des papes faibles et libéraux qui ont inondé la hiérarchie d’hommes indignes et stupides. »
    — Journal du 19 octobre 1962, Ibid. (betrayedcatholics.com)

    « Since the death of [Pope] St. Pius X the Church has been directed by weak and liberal popes, who have flooded the hierarchy with unworthy and stupid men. […] From surface appearance it would seem that the Lord Christ is abandoning His Church. » (Novus Ordo Watch)

    « If I did not believe God, I would be convinced that the Catholic Church was about to end. » (Novus Ordo Watch)
    — Diaries, 19 et 23 octobre 1962.


    Père Réginald Garrigou-Lagrange, O.P.

    « Le relativisme des modernistes réédite celui de Günther ; il nie toute vérité immuable et conduit infailliblement au rationalisme. »
    « Un crampon de fer ne saurait immobiliser les flots de la mer ; de même, des notions changeantes ne sauraient porter une affirmation immuable : c’est ruiner la théologie. »
    — « La nouvelle théologie, où va-t-elle ? », Angelicum, XXIII (1946), p. 237. (Internet Archive)

    « La nouvelle théologie, où va-t-elle ? — Elle revient au modernisme. » (OpenEdition Journals)
    — “La nouvelle théologie, où va-t-elle ?”, Angelicum 23 (1946), p. 126.


    Σ Plan d’attaque par manche

    • 🛡️ I. Genèse & comité directeur
    • 🔥 II. Combats dans l’aula
    • 🕯️ III. Figures de fer & d’autel
    • ⚔️ IV. Héritiers après le Concile
    • 🏛️ V. Mythes & réalités
    (La suite détaillera chaque chapitre, déployant archives, témoignages et analyse doctrinale.)

    🛡️ I. Genèse & comité directeur

    • Du cénacle discret au réseau international des 250 Pères

    À l’orée de la 2ᵉ session conciliaire, un faisceau d’évêques, maints fois heurtés par le verbiage aggiornamentiste, décida de fédérer ses forces. Sous la plume alerte de divers clercs jaillit, et il semble que ce soit un 27 septembre 1963, une lettre circulaire annonçant la naissance du Coetus Internationalis Patrum – « groupe international des Pères », armature destinée à défendre l’orthodoxie contre les dérives qu’ils redoutaient. La missive appelait à « s’unir, prier, agir » pour sauvegarder la Tradition. (Wikipédia)

    « + Marcel Lefebvre, + Geraldo de Proença Sigaud, + Georges Cabana, + Alfredo Silva Santiago, + Secondino Petronio Lacchio, + Joseph Cordeiro.
    Nous invitons les Pères conciliaires soucieux de la Tradition à s’unir, prier et agir pour la sauvegarde de la doctrine reçue des Pères. »

    — Lettre circulaire des signataires à Rome, le 5 août 1964. Archives : ASE, fonds Marcel Lefebvre, E02-10-003 ; AABS, carton dom Prou « Vatican II », dossier 17.

    Le noyau dur se cristallisa autour d’un comité de cinq membres :

    • Mgr Marcel Lefebvre (France) – supérieur des Spiritains, stratège en chef ;
    • Mgr Geraldo de Proença Sigaud (Brésil) – tribun anticommuniste ;
    • Mgr Luigi Maria Carli (Italie) – canoniste émérite ;
    • Mgr Antônio de Castro Mayer (Brésil) – « lion de Campos », liturgiste intransigeant ;
    • Dom Jean Prou, O.S.B. (France) – abbé de Solesmes, garant de l’esprit monastique.

    Bientôt, le Coetus attira ≈ 250 Pères (soit un dixième de l’assemblée) et s’appuya sur une escouade de 22 théologiens conseillers ; neuf cardinaux – Ottaviani en tête – lui servaient de parrains discrets.

    Structurellement, l’organisation ressemblait à une légion en ordre de bataille : réunions nocturnes dans un couvent du Borgo, diffusion de modi (amendements) prêts à dégainer, relais médiatiques soigneusement choisis. Tout passait par la rigueur doctrinale et dialectique ; rien n’était laissé au hasard, ainsi qu’en témoignent les vota rédigés dès 1962 par Lefebvre, Carli ou Prou, où l’on pressent déjà la vigueur de l’offensive. On était pour « un autre Concile », un vrai ! (fsspx.news)

    Noyau premier puis faits majeurs du CIP lors de Vatican II :

    Effectifs : de 16 membres « noyau » (avec certaines nationalités mieux représentées) à environ 250 pères (sur 2 400), avec l’appui ponctuel de neuf cardinaux.

    • 🇮🇹 Italie (4) : Mgr Luigi Maria Carli, Cardinal Antonio Bacci, Cardinal Benedetto Aloisi Masella, Mgr Ermenegildo Florit

    • 🇧🇷 Brésil (3) : Mgr Geraldo de Proença Sigaud, Mgr Antônio de Castro Mayer, Mgr José Maurício da Rocha
    • 🇫🇷 France (2) : Mgr Marcel Lefebvre, Dom Jean Prou
    • 🌍 Autres pays aux Amériques et en Asie, hispanophones et anglophones (7) : Mgr Georges Cabana (Canada), Mgr Alfredo Silva Santiago (Chili), Mgr Casimiro Morcillo González (Espagne), Mgr Petronio Secundo Lacchio (Chine), Mgr José Maria Anthony Cordeiro (Pakistan), Mgr Thomas Benjamin Cooray (Sri Lanka), + un siège curial soutenant ponctuellement…

    Date (1960-65) Fait majeur Commentaire – portée pour le Concile Sources
    2 octobre 1963 Fondation ou présence officieuse du CIP, trois jours après l’ouverture de la 2ᵉ session de Vatican II Quinze Pères conciliaires – autour de Mgr Marcel Lefebvre et de Mgr G. de Proença Sigaud – se réunissent et désignent Lefebvre président ; c’est la naissance du bloc « traditionnaliste » organisé. (OnePeterFive)
    décembre 1963 Lettre circulaire de constitution officielle À l’issue de la 2ᵉ session, un courrier signé par six archevêques (Lefebvre, Proença Sigaud, Cabana, Silva Santiago, etc.) annonce publiquement le CIP et recrute les premiers 250 membres. (Wikipédia)
    14-21 novembre 1964 (« Semaine noire ») Pression du CIP sur la collégialité → Nota explicativa praevia Redoutant un affaiblissement de la primauté pontificale, le CIP obtient que Paul VI impose une note restrictive à Lumen gentium et que le vote sur la liberté religieuse soit ajourné ; les observateurs parlent d’une « Semaine noire ». (saet.ac.uk, saet.ac.uk)
    fin septembre 1965 Pétition « Anti-communisme » – 435 signatures Deux semaines après l’ouverture de la 4ᵉ session, le CIP fait circuler un texte exigeant la condamnation explicite du communisme dans Gaudium et spes ; malgré l’ampleur du soutien (435 Pères de 86 pays), la demande n’est jamais mise au vote. (thearda.com, Wikipédia)
    7-8 décembre 1965 Défaite finale et dissolution tacite Le CIP ne parvient pas à bloquer Dignitatis humanae ni Gaudium et spes (promulgués le 7 déc.) ; le Concile se clôt le 8 déc., et le groupe cesse toute activité organisée. (dlab @ EPFL, saet.ac.uk)

    🔥 II. Combats dans l’aula

    • Collégialité, liberté religieuse, condamnation du communisme.

    La basilique Saint-Pierre devint l’arène des joutes théologiques où s’affrontaient, jour après jour, microphones en main, les champions du Coetus et la majorité “centriste”. Cinq fronts principaux s’ouvrirent :

    1. Collégialité épiscopale – Crainte légitime d’un « parlement des évêques » rognant la primauté pontificale. (fisheaters.com)
    2. Liberté religieuse – Le schéma Dignitatis Humanae fut jugé subversif : incompatible avec Quanta Cura et Syllabus. Les orateurs du Coetus multiplièrent les Non placet et déposèrent plus de 200 amendements. (Érudit)
    3. Condamnation explicite du communisme – Sigaud, Carli et Lefebvre réunirent 450 signatures demandant une réprobation formelle. La pétition, pourtant transmise, fut renvoyée aux oubliettes par la commission ; scandale retentissant qui scella ensuite la réputation de la phalange. (catholicworldreport.com)
    4. Rôle de la Vierge Marie – Les “tradis” requéraient une constitution autonome pour la Corédemptrice ; ils obtinrent finalement un chapitre dans Lumen Gentium…, concédant la partie non sans gronder contre « l’amenuisement marial », venant en partie de la faute des protestants… (Wikipédia)
    5. Réforme liturgique – Méfiance devant un vernaculaire omniprésent ; semble-t-il, Ottaviani, épaulé par des théologiens du groupe, adressera en 1969 son célèbre Bref examen critique du Novus Ordo. (EWTN Global Catholic Television Network)

    Malgré plusieurs revers – adoption massive de Sacrosanctum Concilium, maintien du schéma sur la conception nouvelle de la liberté religieuse –, le Coetus décrocha quelques ralentissements ou semi-victoires d’étape : restriction de la collégialité, insertion de notes doctrinales, mais, surtout, sema les germes d’une opposition-incarnation qui éclatera au grand jour plus tard — voire  dès 1966 ?


    🕯️ III. Figures de fer & d’autel

    • Lefebvre, de Castro Mayer, Carli, Siri : portraits croisés.

    Le dernier carré comptait des profils d’airain ; toutefois, tous ne suivirent pas la même trajectoire après 1965, mais chacun tenta de porter la flamme au-delà du Concile.

    Champion Rôle conciliaire Traits saillants Épilogue
    Mgr Marcel Lefebvre 28 interventions, architecte du comité, artisan de la pétition anticommuniste Verbe fulgurant, dénonçait une « autodémolition » de l’Église ; suspendu en 1976 Fonda la FSSPX (1970) ; sacres d’Écône (1988), icône de la Tradition. (OnePeterFive)
    Mgr Antônio de Castro Mayer 50 discours, « lion de Campos », pilier brésilien Défendit la messe tridentine jusqu’au bout ; lettre-choc à Paul VI contre le Novus Ordo (1969) Co-consécrateur en 1988 ; mort en 1991, son œuvre survit dans l’Administration apostolique de Campos. (OnePeterFive, sspx.org)
    Mgr Luigi Maria Carli Record du groupe : 56 prises de parole ; juriste redouté des progressistes Son érudition fit trembler le cardinal Döpfner ; mania l’ironie avec art Resta critique, publiant jusqu’en 1986 des mises au point contre les lectures “libérales” de Vatican II… (OnePeterFive)
    Card. Giuseppe Siri Membre « parrain », siégeait à la présidence du Concile Conservateur notoire, mais se disait « indépendant » du Coetus ; sceptique sur la collégialité Mais il ne quitta jamais l’obéissance romaine ; mort en 1989, il resta figure tutélaire des “papabili conservateurs”. (Wikipédia)
    P. Michel-Louis Guérard des Lauriers, O.P. Peritus allié ; plume de l’« Intervention Ottaviani » Mathématicien, il forgea plus tard la thèse dite « de Cassiciacum » (sédévacantisme du « matériel”) Sacré évêque en 1981, il deviendra une autre aile, réputée plus intransigeante. (EWTN Global Catholic Television Network)

    Certains de ces clercs avaient, chacun coudoyé la controverse, savouré l’opprobre, laissé derrière eux une traînée d’ardeur qu’aucune rafale conciliabulaire, ne parvint à éteindre. Ainsi, le Coetus ne mourut-il point totalement en 1965 : il se transmua en diaspora combattante, plaçant ses relais jusque dans les chapelles de « fortune », leurs séminaires propres et leurs sermons.


    Les chapitres suivant détailleront l’héritage « post-concile » et le tri des présences ou absences notoires


    ⚔️ IV. Héritiers après le Concile — la résistance change de front

    • FSSPX, dit sédévacantisme, administration de Campos

    Sitôt la portière conciliaire rabattue, la minorité plus intransigeante ou conservatrice se dispersa ; point dissoute dans l’acide, elle se métamorphosa relativement. Voici, par faisceaux, ce qu’il advint des plus intrépides :

    • La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) — fondée par Mgr Lefebvre à Ecône (1970), elle devint le séminaire-étendard de la messe tridentine ; les sacres de 1988 cristallisèrent la rupture d’avec la Rome moderniste, et cette œuvre demeure numériquement la plus puissante des structures traditionalistes (Wikipédia).
    • Le “bastion de Campos” — Mgr de Castro Mayer entretint la liturgie dite ancienne jusqu’en 1981 ; ses clercs, regroupés en Union sacerdotale Saint-Jean-Marie-Vianney, furent hélas rattrapés par Wojtyla alias Jean-Paul II qui érigea en 2002 ladite Administration apostolique personnelle Saint-Jean-Marie-Vianney (catholic-hierarchy.org).
    • La “Thèse de Cassiciacum” — le dominicain P. Guérard des Lauriers élabora dans ses cahiers, dès 1979, sa thèse materialiter-formaliter, encore compréhensible à la limite, dans le cadre des rites de l’Église encore pratiqués à Rome ou bien ses restes… ; sacré évêque en 1981, après la lignée Thuc, il lança la lignée dite guérardienne, active surtout en Italie et aux États-Unis (isidore.co).
    • La “Thuc-line” — l’archevêque vietnamien Mgr Ngô Đình Thục, bien qu’absent du Coetus, consacra durant les années 1980 divers évêques non mandatés par la Rome moderniste ; il devint la source prolifique de la « multinationale » en faveur de la vacance objective et prolongée du Siège apostolique (thecatacombs.freeforums.net).
    • Paris, Saint-Nicolas-du-Chardonnet — l’abbé François Ducaud-Bourget occupa l’église en 1977 ; ce bastion, toujours fidèle à la messe de saint Pie V, irrigue la rive gauche d’un catholicisme parisien de combat, enraciné dans la verve gasconne de son fondateur (Wikipédia).

    Ainsi, l’efflorescence traditionaliste post-1965 prolongea le geste du Coetus : le front n’était plus l’aula, mais les séminaires, les chapelles « autonomes », et parfois même… les garages, la rue !


    🏛️ V. Mythes & réalités — qui siégeait vraiment ?

    • Qui siégeait réellement ? Présences confirmées, absences notoires
    Nom Père conciliaire Membre du C.I.P. Statut exact Source
    Mgr Marcel Lefebvre ✓ (comité directeur) Cofondateur & stratège (Wikipédia)
    Mgr A. de Castro Mayer ✓ (comité directeur) Orateur record (Wikipédia)
    Mgr Luigi Carli Canoniste redouté (Wikipédia)
    Card. Giuseppe Siri ◎ (sympathisant) Jamais inscrit formellement (Wikipédia)
    P. Guérard des Lauriers, O.P. ◎ (théologien associé) Rédacteur de l’« Intervention Ottaviani » (isidore.co)
    Msgr Joseph Clifford Fenton ◎ (pré-Coetus) Conseiller doctrinal (Catholicism.org)
    Mgr Ngô Đình Thục Jamais enrôlé ; préoccupé par la crise vietnamienne (Wikipédia, thecatacombs.freeforums.net)
    Mgr F. Ducaud-Bourget Figure parisienne post-concile uniquement (Wikipédia)
    P. R. Garrigou-Lagrange, O.P. Retraité (mort 1964), inspirateur indirect (churchlifejournal.nd.edu)

    Symbole : ◎ = proche sans adhésion formelle

    La prosopographie établie par Philippe Roy-Lysencourt confirme ce tri ; les listes officielles du Vatican n’y contredisent point (Academia).

    Conclusion

    • Présents sans équivoque : Mgr Lefebvre, Mgr Carli.
    • Attachés mais non membres : Card. Siri (proche mais indépendant).
    • Théologiens auxiliaires : P. Guérard des Lauriers O.P., Mgr Joseph C. Fenton.
    • Absence documentée : Mgr Ngô Đình Thục, Mgr François Ducaud-Bourget.

    Et Mgr Thuc, quand à lui, ne faisait pas partie des conservateurs de la première heure, bien qu’il basculera plus radical encore avec sa Déclaration de Munich en 1982.


    🛎 Sentence par KO

    Ainsi, le Coetus Internationalis Patrumdernier carré dressé devant la marée moderniste de Vatican II — n’a pas succombé ; il a simplement changé d’armure, à travers quelques voix fortes — et surtout Mgr Lefebvre en réalité…

    Les batailles d’hier, menées sous la coupole de Michel-Ange, ont essaimé jusque dans les sacristies les plus reculées à Ecône, Campos, Saint-Nicolas… Et tant que brûlera, a minima la chandelle de la messe immémoriale de saint Pie V, la querelle demeurera ; elle est le signe, âpre parfois, que la Tradition perdure dans les coerus et les âmes.

    La foi se défend en combattant ; qui plie l’étendard cède déjà la victoire !

    Qu’on s’en afflige ou qu’on s’en réjouisse, le Coetus — proscrit hier, invoqué parfois aujourd’hui — reste la première des sentinelles malgré tout, qui, du haut des remparts, crie encore : Semper idem !


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    […] du sujet, ayant traité de l’aspect politique catholique intégral de Mgr Lefebvre, sa prompt réaction au sein du CIP lors de Vatican II, de la logique-illogique de la praxis traditionaliste, ou encore la triste affaire des défroqués […]


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