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Publié le par Florian Rouanet
On promettait clarté, annonçait réformes de vérité, mais on enfanta Esprit du monde, brouillard satanique
⁂ Arène des clercs de toujours
Oyez lecteur assoiffé de limpidité, voici qu’il nous faut revenir sur cette mystification nommée Vatican II. Point n’est besoin d’ergoter davantage : ce « concile », le premier de l’histoire à ne rien condamner, enfanta la confusion.
Mgr Joseph Clifford Fenton, thomiste averti et éminent expert du Saint-Office, fut de ceux qui virent la rupture s’opérer sous leurs yeux dès 1963. Son journal, véritable lamento de doctrine, en décrit la débandade : les premiers schémas thomistes rejetés, les experts traditionnels écartés, la réalité de la foi sacrifiée sur l’autel de la pastorale.
Ceux qui étaient les meilleurs furent évincés, certains partirent, d’autres restèrent pour s’opposer, toujours minoritaires. Là où Trente ou Nicée dressaient des anathèmes contre l’erreur, Vatican II tendait la main à l’esprit du monde, au culte de l’Homme. Cela, les Mgrs Fenton, mais aussi Tromp, Lefebvre, Carli ou Castro Mayer le comprirent, parfois trop tard. Voici aussi leur itinéraire, leur combat, leur marginalisation.
Antenna I.O. Vox Frequencia
Nota bene : en effet, les schémas préparatoires de Vatican II ont été bazardés par les modernistes, lesquels ce sont ensuite empressés de totu revoir et « corriger »….
Foire aux fadaises et vétilles de vestiaire...

☧ Sémantique de Tradition
🪢 Cordage terminologique, concepts tranchants, évite crochet syntaxique mal compris, esquive écueils, lexique de cogneur
CONCILABULE, subst. masc. : Réunion d’ecclésiastiques tenue sans autorité reconnue ou à des fins subversives ; par extension, désigne péjorativement un concile invalide ou dévoyé. — « Le Concile Vatican II n’était plus qu’un conciliabule, un théâtre de compromissions. »
REVIREMENT, subst. masc. : Action de changer brusquement d’orientation, d’avis ou de position, notamment doctrinale. — « Ce fut un revirement complet, un virage à 180° dans la doctrine catholique sur la liberté religieuse. »
LIBÉRALISME RELIGIEUX, expr. : Tendance à subordonner la doctrine catholique aux principes de liberté moderne ; condamnée notamment par Pie IX dans Quanta cura. — « Le libéralisme religieux entend concilier Notre Seigneur avec Voltaire. »
PASTORALE, adj. et subst. fém. : Se dit d’une orientation, d’un discours ou d’une action de l’Église centrée sur l’accompagnement et la communication, au détriment de la rigueur. — « Tout devint pastoral, donc vague, émotif, sentimental. »
☩ Ancienne école
📜 Sentences d’autorité, citations létales, sagesse ancienne éprouvée des siècles, docteurs de l’âme
« Ce qui ressort de tout ce fatras [Vatican II] paraît entièrement libéral. Il me tarde de rentrer. J’ai bien peur de n’avoir plus rien à faire ici. Avoir fait partie de ce concile est sans doute la grande expérience de ma vie. Mais, dans le même temps, j’en retire une déception qui me fait frissonner. Je n’aurais jamais pensé que l’épiscopat pût être aussi libéral. C’est la fin de la religion catholique telle que nous l’avons connue. »
— Monseigneur Joseph Clifford Fenton, Journal (31 Octobre 1962).« La Sainte Mère Église a toujours cru – et croit encore – que la Révélation tout entière ne se trouve pas dans l’Écriture seule, mais dans l’Écriture et la Tradition, comme en une double source. »
— Commission théologique préparatoire (rédaction à laquelle participe Mgr J.-C. Fenton), « De Fontibus Revelationis », chap. I, § 4 (schéma envoyé aux Pères conciliaires le 24 juillet 1962), p. 3. https://jakomonchak.files.wordpress.com/2012/09/de-fontibus-1-5.pdf« J’avais toujours pensé que ce Concile était dangereux ; il a été convoqué sans raison suffisante … Maintenant je crains que de véritables ennuis ne soient en route. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, entrée du 13 octobre 1962. (Novus Ordo Watch)« Aux ordres mêmes du Pape, les règles furent changées et le schéma rejeté ; une nouvelle commission fut instituée… »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, entrée du 23 novembre 1962.« Si je ne croyais pas en Dieu, je serais convaincu que l’Église catholique est sur le point de finir. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, 23 novembre 1962 (seconde note du jour).« [P. Sébastien] Tromp vient de rappeler qu’un concile « pastoral » ne saurait être non doctrinal ; il défend vaillamment les schémas et ne laisse aucun répit à l’opposition. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, entrée du 13 novembre 1962.« J’ai peur qu’on n’impose bien des sottises au pauvre peuple catholique. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, Journal of a Trip to Rome (entrée du 6 mars 1963).« Le catholicisme libéral… entend concilier la doctrine de l’Église avec les maximes qui ont guidé la Révolution française. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, ibid., 11 mai 1963.« Depuis que je suis ici, je suis obsédé par l’idée d’écrire : “Être prêtre après Vatican II” ; ce livre me permettra de commenter plusieurs schémas. »
— Mgr Joseph Clifford Fenton, Journal of the Sixteenth, Seventeenth, Eighteenth and Nineteenth Trips to Rome, ibid., 26 octobre 1965.
« Si Saint Thomas d’Aquin a raison, Vatican II mène les âmes en enfer. »
— Arnaud Dumouch, Débat A.Dumouch VS Machabée : Le Christ sauve-t-il la plupart des âmes à l’heure de la mort ?, YouTube Chaîne Catholique d’Arnaud Dumouch, le 29 mai 2025
Σ Plan d’attaque par manche
- 📕 Mgr Joseph Clifford Fenton, le thomiste trahi
- ⛪ Les figures de la Coetus Internationalis Patrum (C.I.P.) : des rédacteurs à la retraite
- ⚖️ La logique de débandade : pourquoi Vatican II bascula
- 🌀 Un concile sans condamnation, un monde sans repères
- ⛔️ L’atterrissage : le libéralisme sous calotte
📕 I. Mgr Joseph Clifford Fenton, le thomiste trahi
Né dans la piété du Massachusetts, Fenton fut formé à la meilleure école : bachelier des Jésuites de Holy Cross, licencié du Grand Séminaire de Montréal, docteur en théologie sous le P. Garrigou-Lagrange à l’Angelicum — retraité depuis 1959, il décèdera le 15 février 1964. Cette formation, trempée dans le thomisme scolastique le plus rigoureux, ne le quittera jamais.
À peine prêtre, il enseigne à la Catholic University of America, avant de diriger la plus influente revue du clergé américain : The American Ecclesiastical Review. Pendant vingt ans, il y pourfend le libéralisme (religieux ou non), ferraillant contre le jésuite John Courtney Murray. Pour Fenton, l’idéal reste Léon XIII : union du trône et de l’autel, catholicisme d’État, anathème contre l’erreur.
À Vatican II, en tant que peritus du cardinal Ottaviani, il participe activement à la rédaction des premiers schémas doctrinaux : De Fontibus Revelationis, De Ecclesia. Il croit encore tenir là la continuité avec Pie XII. Or, ce rêve s’effondre dès octobre 1962…
Comme son Journal cite plus haut l’atteste : à la vue de l’épiscopat applaudir au remplacement de ses textes avec des textes hétérodoxes, il écrit : « c’est la fin de la religion catholique telle que nous l’avons connue ». Il se tait, observe, puis, las, quitte Rome dès 1963. Malade, désabusé, il se retire, discret, dans une paroisse, jusqu’à sa mort en 1969. Ainsi s’éteint, sans grand bruit, une sentinelle de la Tradition.
Les trois volumes de journaux couvrant la période conciliaire sont librement téléchargeables :
- 1962-1963 : Journal of the 16th-19th Trips to Rome – https://hdl.handle.net/1961/2041-112136
- 1963-1965 : Journal of a Trip to Rome – https://hdl.handle.net/1961/2041-112137
- 1966 : Journals of the 23rd, 25th, 26th & 27th Trips – https://hdl.handle.net/1961/2041-112138
🕊️ D'une forteresse doctrinale à la dissolution ⛪
⛪ II. Les figures de la « Coetus Internationalis Patrum (C.I.P.) » : des rédacteurs à la retraite
Mgr Fenton ne fut point totalement isolé. Autour de lui, une constellation d’évêques et de théologiens dits conservateurs s’organise. La Coetus Internationalis Patrum, créée à l’automne 1963 entre autre par Mgrs Lefebvre, Sigaud, de Castro Mayer et Carli (Mgr François Ducaud-Bourget, lui, n’était alors qu’abbé et loin de l’évènement), tente de sauver les meubles. Peine perdue.
Le cardinal Ottaviani, présidant de la commission théologique, voit d’abord « ses textes » balayés par décret papal. Le P. Tromp, jésuite hollandais, auteur des premiers schémas, disparaît également des joutes. Carli vote contre Nostra aetate ; Castro Mayer s’oppose à Gaudium et spes. Quant au R.P Guérard des Lauriers, il est présent en tant que théologien auxiliaire, tandis que le cardinal Siri en est un sympathisant, mais indépendant, jamais adhérent.
Tous pressentent que le Concile bascule, non pas seulement vers le flou, mais en réalité vers une autre religion, une autre Église.Après 1965, la plupart s’effacent. Luigi Maria Carli devient archevêque, mais sans « éclat » ; Tromp rentre à la Grégorienne. Seul Lefebvre poursuivra le combat frontal, allant jusqu’à consacrer des évêques en 1988. Ainsi se dispersa le front des rédacteurs initiaux, remplacés par les champions en scandale de la nouvelle pastorale...
Nota bene : ainsi, le parcours de Mgr Joseph Clifford Fenton et de ses confrères montre comment Vatican II tourna le dos à sa préparation doctrinale initiale, accouchant d’une fausse pastorale confuse où « l’Église » aurait céder au siècle.
Le sérieux religieux contre les clodos du dogme et autres comédiens ambulants !
⚖️ III. La logique de débandade : pourquoi Vatican II bascula
Le tournant tient ici en une date précise : 20 novembre 1962. Ce jour-là, le schéma sur la Révélation, pourtant adopté par la Commission préparatoire, est rejeté par 61 % des Pères. Roncalli dit Jean XXIII, appréciant le fait ou « cédant à la pression », l’écarte, et nomme une commission mixte, où les progressistes tiennent désormais les rênes.
Dès lors, les schémas deviennent pastoraux, les interventions dogmatiques sont vues comme anachroniques. Le « style conciliaire » se veut fluide, consensuel, moderne — alambiqué surtout. Lesdits thomistes apparaissent comme des passéistes.
Ainsi, la méthode scolastique est discréditée, la voix des sentinelles réduite au silence. Les meilleurs sont abbattus, sinon effacés. Cette mutation marque la mort cérébrale d’une Église en Ordre, au profit d’une pseudo-pastorale dialoguante.
Le père Modernaud, en plein congrès œcuménique, lâcha une flatulence spéculative si intense que même Luther aurait demandé un cierge !
🌀 IV. Un concile sans condamnation, un monde sans repères
De Nicée au Concile du Vatican, en passant par Trente, chaque concile œcuménique réaffirmait la foi en condamnant l’erreur. Vatican II, lui, refusa toute condamnation. Jean XXIII ne parla que du très bisounours « remède de miséricorde ». Résultat ? Aucune hérésie n’est nommée, aucun dogme n’est défini, sinon ceux pseudo-affirmés du libéralisme.
Le marxisme, pourtant réclamé à la condamnation par plus de 400 évêques, disparaît dans les marges. Gaudium et spes flirte avec l’humanisme maçonnique. Nostra aetate relativise la mission évangélisatrice par rapport aux Juifs. En effet, le catholicisme libéral entend lui-même concilier la doctrine de l’Église avec les maximes qui ont guidé la Révolution française.
Cette absence de clarté ouvre la voie à toutes les dérives « post-conciliaires ». Car quant l’Église ne condamne plus, que reste-t-il aux âmes simples, sinon la confusion ?
Un trône oui, mais de platitudes, sans assise ni pieds...
⛔️ V. L’atterrissage : le libéralisme sous calotte
Vatican II se clôt dans l’enthousiasme. Paul VI embrasse le monde. Mais quel monde ? Celui de Mai 68, de la contestation, du relativisme, de la négation du sacré ? La néo-église atterrit sur ce tarmac, sans dogme, sans boussole, sans voix forte.
Fenton est mort. Tromp s’est tu. Castro Mayer, lui, résiste encore. Mais globalement, la voie est libre pour une pseudo-ecclésiologie, un nouveau « catéchisme », une nouvelle « messe ». Tout change, car rien n’a été défini avec rigueur.
Or, l’histoire ne retient point les intentions, encore moins les débuts, mais les résultats et ses conséquences. Vatican II, c’est un concile où l’on voulait bien faire, mais où l’on fit tout de travers. Et les meilleurs, ces docteurs du dogme, furent éconduits, marginalisés, oubliés.
Voilà le véritable atterrissage : le modernisme culmine au Vatican et dans tous ses satelites : ce n’est plus la foi catholique, ce n’est plus l’Église.Et à partir des années Bergoglio : synodalité inclusive par le spincter...
🗎 Cloture par KO
Gong final : ce n’est point le départ qui compte mais l’atterrissage.
Vatican II fut préparé par des hommes de doctrine ; il finit dans le « relativisme pastoral » prout prout. Ceux qui crurent pouvoir combattre dans l’arène se virent balayés dès la première reprise.
Le journal de Fenton le clame : ce fut la fin de l’autorité catholique telle qu’on la connut.Contre l’histoire même des Conciles, un concile qui refuse d’anathématiser, qui flirte avec l’esprit du monde, ne fonde point l’Église du Christ, mais une non-église. L’histoire, béquille sûre des jugements, s’en souviendra.
Enfin, un ouvrage existe précisément sur le sujet :
Vatican II tel qu’il aurait dû être — Clovis Diffusion
Frère Pierre-Marie, o. p.
Depuis que l’Église a entrepris de préciser sa doctrine dans des conciles œcuméniques, le premier ayant eu lieu à Nicée en 325, il manque encore un chapitre pour achever d’expliquer en détail tout le dogme chrétien, celui concernant le mystère de l’Église.
Le concile Vatican I (1870) devait fournir ce complément de doctrine. Des schémas préparatoires avaient été préparés avec soin pour cela, en sorte de donner une vue d’ensemble de la théologie de l’Église. Ils sont présentés dans l’ouvrage paru aux mêmes éditions du Sel, Le vrai visage de l’Église – Les schémas du concile Vatican I. La Révolution ayant occupé Rome en septembre 1870, le concile n’eut le temps que de traiter le chapitre concernant le pape, et de définir sa primauté et son infaillibilité.
Le concile Vatican II aurait dû reprendre ce travail inachevé, mais le schéma préparatoire rédigé par le cardinal Ottaviani fut rejeté. On en trouve ici le texte, qui donne une idée de ce que le Concile aurait dû être s’il n’avait pas été détourné de sa fin par une faction libérale et moderniste.
14 x 21 cm – 178 pages (Éditions du Sel de la Terre)

📚 Pour approfondir
- De Fontibus Revelationis (schéma préparatoire, 1962) : https://jakomonchak.files.wordpress.com/2012/09/de-fontibus-1-5.pdf
- Journal de Mgr Joseph Clifford Fenton (13 octobre 1962) : « J’avais toujours pensé que ce Concile était dangereux… » – https://hdl.handle.net/1961/2041-112136
- Discours d’ouverture du Concile par Jean XXIII : https://jakomonchak.files.wordpress.com/2012/10/john-xxiii-opening-speech.pdf
- Analyse critique : « The Council That Might Have Been » – https://jakomonchak.wordpress.com/2012/09/28/the-council-that-might-have-been
- Archives Fenton et critiques : https://novusordowatch.org/2014/08/diaries-mgr-joseph-clifford-fenton
- Dossier sur la pétition contre le communisme : https://catholiccitizens.org/views/75880/vatican-iis-lost-condemnations-communism-revealed-public-first-time
- Présentation et FAQ sur Vatican II (côté progressiste) : https://www.wordonfire.org/vatican-ii-faq
- Références sur les opposants : https://onepeterfive.com/coetus-trad-godfathers-vatican-ii
- Fenton, The Theology of Prayer, Angelus Press : https://angeluspress.org/products/the-theology-of-prayer
- Roberto de Mattei, Le Concile Vatican II : une histoire jamais écrite : https://www.chire.fr/A-215809-le-concile-vatican-ii.aspx
- Site de référence anglophone : https://wmreview.co.uk/tag/joseph-clifford-fenton/
- 📲 Intégralisme organique Telegram : https://t.me/francenatio
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La Rédaction
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