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Publié le par Florian Rouanet
👑 La visée érudite d’une chrétienté unifiée, entre héritage impérial et catholicisme universel ⚔️
⁂ Arène du globe
Ô lecteur attentif — vivant sur la Terre non plate ! —, en cette joute intellectuelle, nous arpenterons les méandres d’un projet — le panchristianisme — qui se profile tel un sépulcre éclairé d’ambitions anciennes, où l’idéal chrétien s’érige contre la dislocation morale et universelle, d’une façon non voire antinationale.
Ici, point d’œcuménisme souple, car le panchristianisme ne l’est pas nécessairement, et heureusement, mais l’objectif vise, pour nous, une catholicité revivifiée, une fortification spirituelle, et la forge d’un empire invisible, rémanence d’un glorieux passé gréco-latin.
Cela fait écho à l’antiquité tardive donnant naissance au Moyen Âge, car suite à l’écroulement de l’Empire romain d’Occident — autour du Vème siècle —, il restait cette unité transnationale chrétienne en Europe de l’Ouest par l’expression de la langue latine !
Cependant, à l’époque médiévale — et en dépit des efforts du Saint Empire et du Royaume de France —, il y a globalement incapacité à penser, ne serait-ce que parce que ça n’existait pas en acte, un empire maintenant — sous une même administration — l’existence de nations et de provinces.
Chez nous, ayant le courage de cibler l’édification, certes difficile, des États-Unis d’Europe, et réactivons la logique des croisades : ces mouvements panchrétiens par l’union de royaumes divers sous l’autorité spirituelle du Pape
Nota Bene : Ce thème fait écho à tous les ensemble : le panlatinisme, le panoccitanisme, etc.
Panchristianisme : Voyage vers l’Empire du Christ-Roi, direction la Rome éternelle !

☧ Sémantique qui cogne
PANCHRISTIANISME, composé du grec pan (« tout ») et Χριστός (« Christ »), désigne une visée d’union universelle du corps chrétien.
Selon le CNRTL : pan‑ : « indice d’universalité, comportant le tout »; Christianisme : « religion fondée sur la révélation chrétienne. »
Ainsi, le panchristianisme entend mobiliser tous les chrétiens sous une bannière commune, sans concession aux frontières (occidentales ?) humaines.☩ Ancienne leçon létale
« Les grandes religions du passé, en particulier le christianisme, ont tenté d’unir tous leurs fidèles au sein d’une vaste union, mais sans succès. Durant la majeure partie du Moyen Âge en Europe occidentale, des tentatives répétées furent entreprises pour rassembler l’ensemble du monde chrétien en une sorte de pan-christianisme, qui unirait tous les chrétiens dans un État à la fois séculier et religieux, successeur de l’Empire romain. »
— Louis Leo Snyder, Encyclopedia of Nationalism, 1990 (ISBN 978-1-55862-101-5), p. 282.
« Durant la plus grande partie du Moyen Âge, on s’efforça avec minutie de constituer ce qui fut, en réalité, un pan-christianisme : une tentative de réunir l’ensemble du monde chrétien occidental dans un État successeur de l’Empire romain. »
— Louis Leo Snyder, Macro-nationalisms: A History of the Pan-movements, 1984 (ISBN 978-0-313-23191-9), p. 129
« L’immense Festhalle de Francfort-sur-le-Main est remplie d’une foule bruyante de 20 000 personnes. »
« Étourdis par des années de misère économique, ces gens découvrent soudain un Moïse politique. »
« L’Allemagne se réveille ! Triomphe de la race aryenne ! »
« Toute l’éloquence d’un Danton, l’intransigeance d’un Robespierre. »
« Le mouvement hitlérien connaît une ascension fulgurante, plus rapide que n’importe quel parti allemand. »— Louis Leo Snyder, Hitlerism : The Iron Fist in Germany (1932)
Σ Plan par manche
- 🏰 Genèse impériale
- 🧭 Projet transnational
- ⚖️ Rejet de l’œcuménisme
- 🚫 Distinction avec nationalisme chrétien
- 🕊 Pertinence dans nos jours
La paix sans pets !
🏰 I. Genèse impériale
Dans les brumes médiévales et post-médiévales, des souverains tels Charlemagne, Frédéric II dit Hohenstaufen et Pie IX entreprirent, non point la création d’une fédération des États occidentaux — bien que cela soit concomitant ! —, mais de restaurer la Polis chrétienne — un empire sacré, recréant le statu quo ante romain. Cette ambition s’envolait tel un écho grandiose, et s’avérait à la fois spirituelle et politique, fusionnant temporel et transcendant.
Ces témoignages éclairant du même *auteur américain en en-tête, corrobore l’idée d’un panchristianisme médiéval projeté à la façon d’un empire chrétien, civilisationnel, romain et d’abord blanc, rempart contre l’excès des alvéoles nationaux et païens ; il évoque, de surcroît, la fulgurance impériale.
* Louis Leo Snyder (4 juillet 1907 – 25 novembre 1993) était un universitaire américain, auteur et historien, qui a été témoin direct des rassemblements de masse nationaux-socialistes organisés à partir de 1923 en Allemagne ; Il est l’auteur de plus de 60 livres. Il a compilé l’Encyclopédie du Troisième Reich (1976), écrit Roots of German Nationalism (1978) et Diplomacy in Iron (1985), entre autres ouvrages examinant le Troisième Reich. Il a également écrit L’Affaire Dreyfus (1973). Il est fondé de considérer Louis Leo Snyder comme juif de naissance (et vraisemblablement resté tel), issu dans une famille juive d’Annapolis, Maryland.
🧭 II. Projet transnational
Le panchristianisme entend transcender la nation ; il prône une catholicité active et globale, un corps centralisateur, doctrinal et charnel. Ainsi, les frontières s’effacent — en partie sûrement, car les identités demeurent ! — devant l’idée supérieure : et l’Église catholique, titulaire de l’unité réelle du peuple chrétien, se pose en cœur radieux de cet empire spirituel.
Retenons encore que, chose à la fois énorme et logique, notre auteur du jour, cet apôtre du pan-christianisme (Louis Leo Snyder) rédige également sur le IIIème Reich allemand, voyez les productions Encyclopedia of the Third Reich & Hitler and Nazism, etc. !
⚖️ III. Rejet de l’œcuménisme
Contre les faiseurs de fadaises, nous ne referons point un odieux Assise de Wojtyla/Jean-Paul II en 1986 !
L’œcuménisme relativiste Vatican II brandit l’unité comme doctrine, au prix de sa foi, se disloque de lui-même, et face au panchristianisme, lequel repose sur un acte de foi politico-religieux unitaire et intransigeant : pour la primauté doctrinale catholique.
Il — le notre en tout cas — récuse, dès lors, toute « communion » de plain-pied avec schismatiques orientaux et parpaillots.De même, ledit christianisme positif du temps du national-socialisme allemand peut s’entendre de deux manières : une hérétique, une politique.
- Politique : en effet, l’Allemagne d’alors, aux deux-tiers protestants, devait composer avec l’état actuel, l’état de fait. Il fallait certes faire un effort de re-catholicisation – qui fut absent -, mais également (re)trouver la paix sociale, nationale et même impériale.
- Hérétique : ici, il s’agit non seulement de supprimer « le Christ souffrant » au nom d’un « Christ victorieux », sous prétexte qu’il fut honoré des premiers siècles chrétiens (archéologisme présent à Vatican II…), mais encore, de faire de l’a-confessionnalisme entre protestants et catholiques.
🚫 IV. Distinction avec nationalisme chrétien
Pour des nationalismes chrétiens oui (Cités abouties et presque-autosuffisante), mais à rebours du nationalisme excessif, emprisonné dans les logiques patrimoniales, naturelles et patriotiques des nations, le panchristianisme se présente comme un puissant antidote.
Il ordonne la nation au profit de l’empire sacré, supérieur par essence : plus qu’un nationalisme, c’est une catholicité impériale.Et si le christianisme est basé sur la parole du Christ « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » — ce « dualisme » fondant la distinction temporelle et spirituelle —, sachons que ce « nationalisme religieux » dépasse — car il est infini — le nationalisme politique à proprement parler.
Le premier est d’ordre spirituel, et le second terrestre.
« Alors les pharisiens, s’étant retirés, se concertèrent pour surprendre Jésus dans ses paroles.
Et ils lui envoyèrent quelques‑uns de leurs disciples, avec des Hérodiens,
disant : “Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu dans la vérité, sans te soucier de personne ; car tu ne tiens compte d’aucune apparence humaine.
Dis‑nous donc ce que tu penses : est‑il permis de payer le tribut à César, oui ou non ?
Mais Jésus, connaissant leur perfidie, leur dit : “Hypocrites, pourquoi me tentez‑vous ?
Montrez‑moi la monnaie du tribut.” Ils lui présentèrent un denier.
Et il leur dit : “De qui sont cette effigie et cette inscription ?”
— “De César”, lui répondirent‑ils.
Alors Jésus leur dit : “Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.”
Cette réponse les remplît d’admiration, et, le quittant, ils s’en allèrent. »Extrait (Matthieu XXII, 15‑22) selon la traduction de l’abbé Augustin Crampon.
🕊 V. Pertinence dans nos jours
De nos jours, dans et contre un monde sécularisé/globalisé, ce projet doit renaître comme une réaction salvatrice ; néanmoins, il s’expose à de nombreux périls : confusion entre expansion impériale et nationalismes européens, équilibre entre paix et anti-liberté religieuse individualiste-moderniste.
Toutefois, pour qui refuse la vespérale modernité et souhaite incarner un Empire de la Foi organique, le panchristianisme demeure la meilleure des pistes, la Fin ultime — âpre, mais riche en dignité chrétienne, blanche et humaine, hors des compromissions œcuméniques.
Post-Scriptum : Nous reviendrons sur ces traités médiévaux faits de paix monarchiques et catholiques dans des articles, dans un futur proche, afin de donner des assises intellectuelles et des billes culturelles à nos lecteurs dans cette matière précise, à la fois ethnarchique, mais en faveur des nationalismes — tempérés.
🛎 Sentence par KO
Le panchristianisme, cette entre deux fait de république platonique et d’empire chrétien, claironne comme un appel à revivifier la grandeur transnationale de la romanité franque et de l’Église, tout en écartant l’œuvre relativiste de l’œcuménisme.
Il cherche non pas d’abord une allégeance aux nations, mais la suprématie d’un empire du Christ rétablis en ses divers échelons, fondé sur la catholicité. Pour celui qui se tient debout, aspirant à l’unité souveraine, ce projet éprouvé représente un recours exigeant, d’une fidélité à la Tradition que nos jours, las d’un faire-valoir polycéphale, devraient convoiter.
La Rédaction
📚 Pour approfondir
- Louis Leo Snyder, Encyclopedia of Nationalism, 1990 (ISBN 978-1-55862-101-5).
- Louis Leo Snyder, Macro-nationalisms: A History of the Pan-movements, 1984 (ISBN 978-0-313-23191-9).
- Louis Leo Snyder, Hitlerism : The Iron Fist in Germany (1932)
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