• Quand le Menhir invoquait pieusement la république démocratique…



    Jean-Marie Le Pen, entre doxa démocratique, verbe républicain et contestations d’antan…

  • Quand le Menhir invoquait pieusement la république démocratique… - Intégralisme Organique

    Quand le Menhir invoquait pieusement la république démocratique…

    Il finissait par croire, définitivement hélas, au bienfait du régime « démocratico-républicain », en tant que tel ! ⁂ Arène du quadrilatère Ô lecteur radical, tisonne ta sagacité : voici que nous dressons, sur le tatami de l’histoire « d’extrême droite » récente, la silhouette paradoxale de Jean-Marie Le Pen. Après le thème du cosmopolitisme, surgit ici celui de … Lire la suite de Quand le Menhir invoquait pieusement la république démocratique…


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    Le Menhir, qui a maintes fois reconnu que le national-socialisme avait assis ses structures dans la plus parfaite légalité (chose ayant valu une condamnation à l'adresse de notre ex-député poujadiste), vit certainement dans l'exemple hitlérien le modèle stratégique le plus opportun pour plébisciter la défense de l'identité nationale au moyen du suffrage électoral. Seulement, c'était oublier que, depuis la chute du Reich, nos gouvernants ont quasi-militarisé leurs dogmes institutionnels, en posant l'impérieuse allégeance aux idéaux jacobins comme condition sine qua non pour avoir la possibilité d'être mandaté, s'assurant par-là qu'il n'y ait point de résurgence du phénomène fasciste. Contre cette démocratie renouant avec ses fondements implicitement totalitaires, Jean-Marie Le Pen crut être en mesure de la jouer fine, en épousant sans retenue ses thèmes, fut-ce pour ratisser large et contrecarrer les avancées du progressisme. Mais, tout en ayant servi - de plein gré ou à son insu - Mitterrand par la diabolisation promotionnelle que celui-ci lui assénât en vue de siphonner les voix de ladite droite gaulliste (qui n'est qu'une gauche masquée), Le Pen - oublieux que les adhésions officielles ne sont pas anodines quant à leur impact sur les convictions intérieures réelles - se retrouva piégé par son machiavélisme de bonne volonté, sitôt qu'il embrassât la notion de liberté d'expression, au point de renier peu à peu ses antécédents contre-révolutionnaires, et accepter inéluctablement les règles du jeu de la démocratie. Du reste cet échec est aussi significatif chez ses émules en Europe (songeons à Gianfranco Fini en Italie ou bien à Jorg Haider en Autriche). Le Pen s'employa dès lors à édulcorer le caractère néo-fasciste de son mouvement, se mit à dos les hérauts de la Collaboration qui l'adoubaient (Pierre Bousquet, François Brigneau), adopta des positions atlantistes (avec support d'Israël par anti-soviétisme), noua des intrigues avec la « droite » parlementaire, se compromit vis-à-vis du révisionnisme historique, et finit par s'accommoder de « l'ordre » républicain établi. Son malheureux discours prononcé à Valmy, sous l'impulsion de la salopette marxisante Alain Soral (l'homme qui a le plus subverti le FN ; ce que Megret peina à concrétiser, le « chevalier Bayard » auto-proclamé le réussit avec d'autant plus de subtilité), devait entériner cette dédiabolisation, où Le Pen, en assumant la symbolique révolutionnaire, trahit fondamentalement aussi bien sa lignée bretonne que le nationalisme traditionnel en lui-même. Avant de percer politiquement, l'inclination maurrassienne de Le Pen lui fit plaider un temps en faveur d'une monarchie (orléaniste hélas) dont il souhaitait se faire le régent, mais, faute de réalisation, il adopta ensuite une formule républicaine plus conventionnelle. Ceci dit, il semblerait que cette aversion initiale envers la démocratie n'ait guère été entièrement balayée du tréfond de sa conscience, voici un témoignage lucide de sa part : « La déclaration des droits de l’Homme marque le début de la décadence de la France […], le rejet de l’ordre naturel et divin […], nie le principe général d’autorité […], ne reconnaît pas les droits de la famille, de la nation et ceux liés à la survie et à la pérennité de la lignée » (Jean-Marie Le Pen, discours à la Trinité-sur-mer, 26 août 1989).


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