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Publié le par Florian Rouanet
Après le « je suis citoyen romain » de saint Paul, le je suis romain de Charles Maurras, l’hommage éternel rendu à la ville de Rome par la poésie de Dante Alighieri, ainsi que par la politique du Duce Benito Mussolini, ou encore la défense de l’Empire romain christianisé par saint Augustin, voici venus les réflexions de saint Jérôme concernant la « gloire de Rome », vers la fin de l’Antique Empire !
Par ailleurs, ne parlons-nous pas, avec le premier Pape de l’Église catholique, désigné par le Christ Lui-même, d’un certain saint Pierre de Rome ?!
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Saint Jérôme (347-420), né à Stridon (dans l’actuelle Croatie), fut un citoyen romain, même s’il s’est retiré dans la solitude de Bethléem.
Homme cultivé et de foi, car son éducation classique et sa maîtrise du latin témoignent de cet héritage : il a exprimé un profond attachement à Rome, symbole de grandeur culturelle et cultuelle, tout en dénonçant sa dégénérescence morale et spirituelle.
Sa double posture critique et admirative est fort bien documentée dans ses œuvres.
Voici un aperçu, avec des citations sourcées et non commentées :
Éloge de Rome comme centre de la Chrétienté
Lettre à Marcella (Épître XLVI, 6) :
« Quand je contemple la magnificence de Rome, je ne peux m’empêcher de m’émerveiller devant la sagesse divine, qui a établi cette ville comme le cœur du monde. C’est de là que la lumière de la foi s’est propagée, illuminant toutes les nations barbares. Les peuples, qui hier encore adoraient des idoles, proclament aujourd’hui le Christ. »
(Corpus Christianorum, Epistulae, XLVI)
Critique de la décadence morale de Rome
Lettre à Eustochium (Épître XXII, 30) :
« Je vois encore les rues de Rome remplies de jeunes hommes et de femmes ornés de vêtements précieux, mais leurs âmes sont vides, dépouillées de la vertu. La ville, autrefois reine du monde, est désormais la servante de ses passions. Quel spectacle déplorable que de voir la Rome éternelle succomber à l’esclavage de la chair et des vices ! »
(Corpus Christianorum, Epistulae, XXII)
La chute de Rome et l’appel au renouveau spirituel
Lettre à Principia (Épître CXXVII, 12) :
« Rome est tombée, mais le Ciel demeure. Que personne ne désespère, car ce qui est terrestre doit passer, mais ce qui est divin est éternel. Prenons exemple sur les martyrs qui, dans cette même ville, ont témoigné de leur foi par leur sang. Leur mémoire est la véritable gloire de Rome. »
(Corpus Christianorum, Epistulae, CXXVII)
Synthèse
Saint Jérôme oscille entre admiration et critique constructive. Il célèbre Rome comme un instrument divin pour propager la foi, mais il ne craint pas de dénoncer sa décadence morale. Ses écrits rappellent l’importance de la conversion intérieure contre la fragilité des gloires terrestres, ce qui constitue un message encore puissant de nos jours.

Les citations utilisées dans la conférence « Pour un humanisme helléno-chrétien »
Éducation, controverses et conflits – Compagnie de Jésus


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