• Les citations utilisées dans la conférence « Pour un humanisme helléno-chrétien »



    Parfait pour se former avec des bonnes choses.

  • – « L’Occident doit sa culture naturelle à l’hellénisme, comme il doit sa culture spirituelle au Christianisme. C’est d’abord sur cette culture, dont l’hellénisme est la racine, qu’est venue se greffer la religion Chrétienne. (« (…) selon le sens du véritable et sain humanisme (le 20.04 aux journalistes grecs. »).
    S.S. le Pape Pie XII dans un message du 21 avril 1948.

    – « Les idées n’ont de légitimité qu’en ce qu’elles sont vraies »
    Louis Jugnet.

    – « La Chine et l’Occident, tous deux humanistes, le confucianisme et le christianisme, pourraient-ils encore remettre de se rencontrer ? »
    Dom Lou, De Confucius à la rencontre du Christ.

    –  « La loi et les prophètes ne sont pas seulement intervenus dans la vie publique pour faire respecter les droits de Dieu, mais ils ont aussi défendu les droits des hommes, proclamé le respect de la dignité et de la personnalité humaines, le droit à l’honneur et à la liberté, l’égalité des hommes sans considération de la personne extérieure. Là où l’on rencontre la soumission aux droits de Dieu, l’on rencontre aussi le respect des droits de l’homme. (…) Le droit mosaïque n’a pas libéré l’individu des liens qui l’attachent à l’État et n’a pas non plus porté atteinte à la loi fondamentale : Droit public avant Droit privé. Mais l’individu ne saurait être avili, dépossédé de ses droits et de sa personnalité pour que l’État affirme son droit. L’individu doit rentrer dans l’ordre public et se soumettre à lui, mais il ne doit pas être par-là ravalé au rang d’un zéro et d’un esclave sans droit. »
    Cardinal Faulhaber, troisième sermon de l’Avent 1933 sur « Les valeurs sociales de l’Ancien Testament ».

    – « En quoi consiste la valeur de l’Antiquité, je n’en sais rien. Mais c’est un fait que le système de l’enseignement classique existe depuis longtemps, que depuis longtemps il s’est étendu à tous les peuples de culture européenne, et que ces peuples ne sont devenus civilisés qu’en passant par lui. » (…) « Je ne suis pas Cicéron, mais c’est par Cicéron que j’ai appris à être moi ».
    Françoise Waquet,  Le latin, empire d’un signe.

    – « Beaucoup de membres des chambres de rhétorique n’étaient pas des « intellectuels professionnels », mais des maçons, des drapiers et des bouchers. Peu importe la qualité de la production culturelle, ce qui importe, c’est qu’à un moment donné dans l’histoire, il y a eu de nouveau dans cette terre d’Europe, (…), d’humbles artisans capables à la fois de perler leur ouvrage et d’avoir assez de jugement et de culture pour entendre une pièce de théâtre ou un discours philosophique. La civilisation est ici, elle n’est pas ailleurs, elle est là quand la culture et la chose publique deviennent l’affaire de tous et non de quelques-uns. »
    Traduction de David Veysseyre, Trois siècles de littérature néerlandaise dans le nord de la France (à propos de la Flandre aux XVe/XVII siècles).

    « Désireux de rivaliser avec Homère, Virgile a voulu juxtaposer une Iliade de batailles et une Odyssée de voyages. ».
    Préface de Jacques Perret in. Virgile, Énéide.

    – « La théologie thomiste est humaniste dans la mesure où elle redécouvre une certaine autonomie de la nature, où elle souligne la grandeur de l’homme créé à l’image de Dieu et la dignité de son intelligence (…) Le thomisme est une vision globale où la philosophie prépare les voies de la théologie, tout comme la théologie conduit cette philosophie à son terme puisque la nature existe pour la grâce de même que l’homme existe pour Dieu. 
    Guy Augé de Vive Le Roy, in. Saint Thomas d’Aquin ou la foi et la raison.

    – « Le problème est que le terme est usé jusqu’à la corde par nos ennemis. Nous sommes les vrais humanistes, mais préférons ne pas le dire, pour éviter l’ambiguïté ».
    Missive du Père Chazal, février 2020.

    – « Notre honneur consiste d’abord à nous perfectionner nous-même (moralement, intellectuellement, esthétiquement) et à devenir des gentilshommes (kalaoskagathos de la Grèce classique,pepadeumenos aner hellénistique et romain de l’époque impériale, galantuomo du Quattrocento, hidalgo de l’Espagne du Siècle d’or, honnête homme français de 1648 à 1789, gentleman anglais du XIXe siècle »
    Missive de David Veysseyre, février 2020.

     

    Il est bien connu que la littérature latine s’est développée avec un temps de retard sur celle de la Grèce, et dans une large mesure sous l’influence de cette dernière. » « Le miracle romain réside peut-être dans le fait que cette hellénisation à marches forcées n’a pas empêchée la langue latine d’accéder à sa maturité culturelle, bien au contraire » « Les œuvres grecques et les œuvres latines : il n’est pas de bon latiniste qui ne soit aussi (quelque peu) un helléniste. ».
    « Déjà les chrétiens de l’Antiquité ont vu dans la 4e Bucolique une annonce prophétique de la naissance du Christ. Cette idée d’un Virgile préchrétien a traversé tout le Moyen Âge et se retrouve dans la Divine Comédie de Dante ».
    « Saint Ambroise s’inspire du De officiis de Cicéron pour écrire son propre De officiis (…) ».
    Hubert Zehnacker et Jean-Claude Fredouille, Littérature latine, édition PUF.

     

    – « Quel autre dessein Hésiode conçut-il, selon nous, sinon d’exhorter les jeunes gens à la vertu, quand il composa les vers que tout le monde chante, où il dit qu’elle est âpre au début, difficile à pratiquer, et constamment pleine de sueur et de peine, la route escarpée qui mène à la vertu ? »
    « Il ne faut pas abandonner à ces hommes, une fois pour toutes, le gouvernail de votre intelligence, comme celui d’un navire, ni les suivre quel que soit l’endroit où ils veulent vous conduire, mais il ne faut recevoir que ce qu’ils ont d’utile et savoir ce qu’il faut laisser de côté aussi. » « (…) [car] nous portons plus loin nos espérances et faisons toute chose en vue de préparer l’autre vie. » « Autant l’âme est, à tous points de vue, supérieure en dignité par rapport au corps, autant les deux vies diffèrent l’une de l’autre. »
     « (…) Pour nous y préparer [il faut], fréquenter et les poètes, et les prosateurs, et les orateurs, et tout homme dont on pourra tirer une aide pour le soin de l’âme. (…) On dit par exemple que le grand Moïse lui-même, dont la réputation de sagesse est extrême chez tous les hommes, exerça sa pensée dans les connaissances des Égyptiens et que, cela fait, il en vint à la contemplation de l’Être. »
    «Il est honteux, en effet, que, lorsqu’il s’agit d’aliments, on écarte ceux qui sont nuisibles, mais que, lorsqu’il s’agit de connaissances, on ne tienne aucun compte de celles qui nourrissent notre âme. ».
    Saint Basile de Césarée dit le Grand, in. « Aux jeunes gens. Comment tirer profit de la littérature grecque ».

     

    « À la fin du paganisme antique, le Néoplatonisme imposait à tout le monde gréco-romain sa philosophie toute centrée sur le problème de Dieu. (…) Ce fut dans ce climat spirituel que le christianisme sortit des catacombes après les périodes de persécution, pour proposer triomphalement son message » « c’était pour un grec la manière la plus naturelle de recevoir la foi dans sa civilisation hellénique. »
    « La véritable paideia, qu’elle soit éducation et législation, doit se fonder sur Dieu comme règle suprême ».
    « Le point de départ de tout humanisme doit être cherché dans sa manière propre de concevoir la nature humaine. Ce concept est un héritage des Grecs que saint Thomas et l’humanisme ont en commun. D’autre part, saint Thomas et l’humanisme ont encore en commun cette façon d’appréhender rationnellement le réel et même la réalité de Dieu ; ceci aussi est un héritage des Grecs. La nature humaine et la raison sont les colonnes de la culture grecque. (…) Nous devons dire au moins qu’il existe chez saint Thomas un élément important d’humanisme : (…)il est héritier de la tradition classique qui a exercé une influence profonde sur lui ». « (…) Sans lui, la Renaissance du XVe siècle n’aurait sûrement pas été ce qu’elle fut » « Saint Thomas se montra aussi véritable humaniste dans le souci qu’il eut d’aller de l’Aristote des commentateurs arabes à l’Aristote authentique et dans les efforts qu’il multiplia pour remplacer les vieilles versions arabo-latines par de nouvelles traductions faites directement du grec original. » 
    « Le mot « humanisme » (…) a été forgé par les historiens du XIXe siècle qui étudiaient les « Humanistes » des XVe et XVIe siècles. Ceux-ci devaient leur nom au fait que l’objet de leurs efforts avait été de donner une nouvelle vie à la littérature et à la culture de la Grèce et de Rome que l’on venait de redécouvrir et qui tournaient autour d’un idéal pouvant s’exprimait d’un seul mot : humanitas. L’idée elle-même venait de l’une des plus hautes autorités de l’antiquité en matière culturelle, Cicéron. » (…) « Cicéron attribue à l’esprit grec une influence « humanisante ». « Les Humanistes ont essayé de dire comment ils entendaient se situer par rapport aux anciens. Ils reprirent le vocabulaire médiéval du mot chrétien dont le sens originel était à peu près « naître à nouveau spirituellement », renascentia ou renovatio, et ils l’appliquèrent à la renaissance des lettres et des arts de leur temps. »
    Professeur Werner Jäeger « Humanisme et Théologie » (conférence donnée à l’Aristotelian Society aux États-Unis d’Amérique, laquelle fêtait alors saint Thomas d’Aquin aux alentours du 7 mars 1943).

     

    – « (…) Je ne conçois pas de culture générale (…) sans les humanités. » (Surtout pour les pays romanisés et l’Europe en générale). « (…) Les humanités sont, en quelque sorte, immortelles. Virgile n’a pas « bronché », Homère tient toujours debout, Ovide, Lucrèce, César, tous ces grands auteurs sont immuables. »
    « La faculté intellectuelle kantienne a détruit ce sur quoi est fondé l’humanisme (…) Vous savez quel est le fondement du kantisme : c’est la distinction entre le sujet et l’objet. Or, le fondement du jugement, chez nous, est ce que l’on a appelé l’adaptation, comment dirais-je, la concordance exacte du sujet et de l’objet : adaequatio rei et intellectus. (..) »
    « Il y a un humanisme français magnifique, qui compte, à mon avis, quelques-uns des plus beaux noms de notre littérature. » (Villon, Ronsard). « Ainsi (…) pourquoi aller chercher chez les Grecs et les Latins, puisque nous avons déjà des modèles parfaits (…) ? » « C’est qu’il n’est pas possible de lire Montaigne, de lire Rabelais, pour ne prendre que ces deux-là, sans la connaissance du latin et sans une certaine connaissance du grec. (…) Le vocabulaire de Rabelais est d’une richesse infinie. Il comprend des termes tourangeaux, gascons, provençaux, en très grande quantité. C’est presque un auteur félibréen, mes chers collègues. » « Il me paraît impossible d’instituer un enseignement des humanités dites françaises, sans un enseignement préalable des humanités gréco-latines. ».
    « Il ne faut pas oublier qu’il y a une autre littérature française, qui est la littérature en langue d’oc. Il s’est trouvé qu’en dehors de la poésie des troubadours, au dix-neuvième siècle, cette littérature provençale, qui, a donné des auteurs, à mon avis, de premier ordre. (…) Le maintien d’une littérature comme notre littérature de langue d’oc me paraît indispensable. (…) C’est, en effet, un droit majeur : l’homme a le droit de parler la langue de son « patelin », et c’est excellent pour sa formation intellectuelle. »
    « Ce qui est important, dans l’éducation, ce n’est pas la réussite, c’est l’effort. » «  Il y a de l’or dans les enfants du peuple. Cet or, il faut l’amener à la surface. »
    Léon Daudet in. Défense des Humanités Gréco-Latines (discours prononcé à la Chambre des Députés le 27 juin 1922).

     

    – « Il y a dans l’histoire des moments et des lieux où nous pourrions nous introduire, nous modernes, sans troubler excessivement l’harmonie de ces temps-là, et sans y paraître des objets infiniment curieux, infiniment visibles, des êtres choquants, dissonants, inassimilables. (…) Il est clair que la Rome de Trajan, et que l’Alexandrie des Ptolémées nous absorberaient plus facilement que bien des localités moins reculées dans le temps » « Partout où l’Empire romain a dominé, et partout où sa puissance s’est fait sentir (…) là est quelque chose d’européen. Rome est le modèle éternel de la puissance organisée et stable. »
    « Tandis que la conquête romaine n’avait saisi que l’homme politique et n’avait régi les esprits que dans leurs habitudes extérieures, la conquête chrétienne vise et atteint progressivement le profond de la conscience ».
    « Ces beaux fruits de l’arbre de vie et de l’arbre de science, nous attirent toujours. Quelques pages plus loin, vous trouverez dans la même Bible les rêves d’une humanité tout unie, et collaborant à la construction d’une tour prodigieuse. (…) Nous le rêvons encore. »
    « La petite région européenne figure en tête de la classification [culture, intelligence tout y est passé], depuis des siècles. Malgré sa faible étendue [petit cap du continent asiatique], — et quoique la richesse du sol n’y soit pas extraordinaire, — elle domine le tableau. Par quel miracle ? — Certainement le miracle doit résider dans la qualité de sa population. » « (Et) Comme [l’Européen] appartient généralement à quelque nation qui a plus ou moins dominé le monde à son heure, et qui rêve encore ou de son César, ou de son Charles Quint, ou de son Napoléon, il y a en lui un orgueil, un espoir, des regrets toujours près de se réveiller. »
    Paul Valéry, La crise de l’esprit (1918) & Notes sur l’Européen (1922).


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