• Refutatio : missive visuelle du “Centurion romain” Contra Hillardum, précédée de notre exposé critique



    Théologie et ecclésiologie équilibrée (charitable) mais radicale (retour à la racine) !

  • Entre-deux, Sede vacante ou pas, conservation du sacerdoce & Concile général imparfai

    Front liminaire

    De la dissension ambiante, quant aux temps certes « apocalyptiques » que nous traversons, bien des voix, aux tons divers, prétendent déclamer la vérité. Il en est certaines, audacieuses et bien intentionnées, dont la démarche n’est point dénuée de mérite ; mais qui, par lacune ou paresse de rigueur, en viennent à semer le trouble plus qu’à en dissiper les fumées. Il faut donc, en charité, mais avec vigueur, discerner, distinguer et rappeler l’exigence de vérité dans la clarté : le fond et la forme.

    Ô lecteur de juste sapience ! Ce bref exposé entend examiner quelques-unes des positions du professeur Pierre Hillard, dont le propos séduit globalement le public catholique par sa science géopolitique et son ton alarmiste. Nonobstant le contexte politique sous-jacent, et  les confluences avec l’actualité, notre propos s’enracine essentiellement dans la sphère religieuse.

    P-.S. Le Centurion romain, en voilà enfin un qui ne sacralise point, telle une vache sacrée en Inde, une icône de la dissidence — fût-elle certes, catholique et nationale à certains égards ! #StreetFighter


    Arsenal conceptuel

    ÉCLIPSE, subst. fém. : Disparition momentanée d’un astre par interposition d’un autre corps céleste ; par analogie mystique : voile jeté temporairement sur la visibilité d’une réalité spirituelle.

    JUGEMENT, subst. masc. : Faculté de l’esprit de comparer, d’apprécier, de décider ; en théologie : acte juridictionnel émanant d’une autorité légitime.

    ÉLECTION, subst. fém. : Choix d’une personne pour une fonction, dans l’Église : procédure canonique pour désigner le Souverain Pontife en conclave ou, en cas de vacance prolongée, lors d’un concile général.


    Sentences d’autorité

    « Lorsqu’il serait nécessaire de procéder à l’élection du Souverain Pontife, s’il s’avérait impossible d’appliquer les directives du droit papal, comme ce fut le cas du temps du Grand Schisme d’Occident, on doit accepter sans difficulté que le pouvoir d’élection puisse être transféré à un concile général. »
    Cardinal Billot, De Ecclesia Christi

    « Il faut que son Pasteur ne puisse conduire à l’erreur, n’y nous porter au mal : les successeurs de saint Pierre ont seuls ces privilèges, qui ne suivent pas la personne, mais la dignité et la charge publique de la personne. »
    — François de Sales, Les Controverses, chapitre sur l’autorité du pape.

    « Rien n’est donc plus incontestable, plus certain en droit et en fait, que cette vérité sur laquelle repose toute la Papauté, et par conséquent toute l’Église, et par conséquent toute la religion chrétienne, à savoir que l’Évêque de Rome, par cela seul qu’il succède à saint Pierre sur le Siège de Rome, est l’héritier du Souverain-Pontificat et de toutes les promesses divines faites par le Christ au Prince des Apôtres. »
    — Mgr Louis-Gaston de Ségur, Le Souverain Pontife, chapitre sur la succession de saint Pierre.


    Σ En une seule manche !

    📜 Entre les justes constats & les égarements doctrinaux
    🔍 Une « éclipse de l’Église » ne saurait légitimer de fausses (ou l’absence de) solutions,
    ni la confusion des jugements


    Opposition à Vatican II
    Il y a, sur la question, chez Pierre Hillard, du bon et du moins bon. En effet, il n’existe point de ligne médiane entre l’acceptation et le rejet de « Vatican II ». Il est louable d’espérer et de prier afin d’obtenir le Pape qui professera la foi, condamnera l’erreur et ceux qui la professent.
    Toutefois, un Pape ne « naît » pas dans les choux, il n’est jamais apporté par la cigogne, chers fidèles : cela se provoque par l’action et la sainteté. Et ces dits papes conciliaires ne sont pas des « mauvais papes » (sic), mais des non papes tout court.

    Confusions potentielles
    Il est à son aise, assurément, sur les sujets dits complotistes. Il cite volontiers des expressions prophétiques, douteusement employées, telles que l’« Église éclipsée »à laquelle croyait, un temps seulement, M. Monteil, dont on a ouï longuement la voix dans la vidéo ci-dessous –, ou la « Passion de l’Église », et autres tournures analogues, d’un genre crypto-ésotérique.
    Or, tout cela devient soudainement moins logique, lorsque l’on se répand en innovations pseudo-théologiques en parlant d’une fausse « Église infiltrée » mais légitime, qui « étranglerait » la Vraie, laquelle n’aurait quant à elle aucun pouvoir concret. Ne riez point : certains se font des films… et de fort mauvais films !

    La solution ecclésiale et providentielle
    Autrement, nous ne disons pas autre chose : c’est à l’Église de résoudre la crise, et non au simple laïc, certes. Mais certains le peuvent donc – et c’est là que gît la solution.
    En effet, les évêques ordonnés dans la Tradition, sincères dans la foi, doivent se retrouver, échanger, et « ultimement » convoquer un Concile général imparfait, avec un appui politique ou non – l’auteur Alain Pascal est ouvert à la question lui. En l’absence de Pape légitime, il revient à ces prélats de se réunir solennellement, universellement, pour condamner les usurpateurs et procéder à l’élection d’un vrai Pape, dans les normes.
    Et quand les trompettes sonneront, il ne s’agira pas d’être dans les rangs des tièdes, mais dans l’éclat des vrais : et oui, dans toute société, le peuple a le droit de désigner son chef – ce qui ne signifie pas, pour autant, que l’autorité vient du peuple. C’est un pouvoir de désignation qui appartient également à l’Église, sans qu’elle relève directement d’une « juridiction territoriale », à proprement dite.

    Sédévacantisme acéphale, partiellement vrai : sur la foi oui, sur l’Ordre non
    La comparaison facile, et hélas omniprésente, à laquelle s’adonne M. Hillard, entre les sédévacantistes et Luther ne fonctionne – et encore, partiellement – qu’avec ceux qui sont dans une logique acéphale. Ces derniers, reconnaissons-le, défendent plutôt bien la foi, tout en faisant fi de l’ordre, de la verticalité, de l’autorité dans l’Église.
    Ici, sa critique ne vise donc ni les guérardiens, qui prétendent répondre à la question de la juridiction par la notion d’une « Église en puissance », ni les conclavistes, dûment organisés et sérieux.

    La capacité de jugement(s)
    C’est là une confusion diabolique, sempiternelle : celle du mot jugement. D’un côté, la faculté de raison, qui permet de constater objectivement les choses telles qu’elles sont. De l’autre, le jugement judiciaire, qui, stricto sensu, appartient aux clercs attitrés, aux ecclésiastiques.
    Le premier est de droit naturel ; le second, de droit canonique, en effet.

    Sacerdoce des clercs ordonnés dans le « rite de toujours »
    Enfin, l’on s’accorde pour dire que Mgr Lefebvre a, pour une large part, « sauvé le sacerdoce ». Bien qu’il y ait, certes, des imperfections manifestes, il fut un « saint homme ». La FSSPX, en revanche, semble aujourd’hui en passe de perdre cette autonomie salvatrice si elle « persiste » à refuser de sacrer de nouveaux évêques, en dehors des « murs psychologiques » modernistes du Vatican. Cela, sans vouloir trop insinué d’œcuménisme traditionaliste, mais en vue justement d’un « conclave » suffisamment universel, reste en suspens tant que ces questions ne sont pas tranchées.

    Conclusion
    Enfin, nous remercions le Centurion romain pour son travail, et notamment pour le dernier relai d’une ancienne conférence antimaçonnique donnée par votre serviteur – il y a, ma foi, au moins dix ans… ce qui ne nous rajeunit guère !

    P.S. Ajoutons que la thèse « charabiesque » de Cassiciacum n’est autre qu’une explication hautement spéculative de l’entre-deux…de la FSSPX ! Puisque le P. Guérard y fut professeur, à Écône, et s’efforça de théoriser, en termes spéculatifs, la praxis de Mgr Lefebvre.

    Ledit sédéprivationnisme n’est, en effet, ni exactement la position de la FSSPX, ni celle du sédévacantisme, mais il permet dans l’absolu d’être una cum ou non una cum au Canon de la messe – type abbé Lucien. Il s’oppose par ailleurs à un Concile – tout comme, semble-t-il, la FSSPX.

    Pierre Hillard & le Sacerdoce éclipsé : demi-lumières sur échos de combat

    ⚜️ Scellement tactique

    Le clair-obscur doctrinal ne saurait suffire en ces heures tragiques. Pierre Hillard, malgré de probables talents d’observateur mondial, bute sur le roc ecclésiologique. Qu’il y ait « complot, sédition, usurpation », certes ; mais qu’en tirer, si les conclusions manquent à l’appel ?

    L’Église ne s’accommode pas du flou. Ce n’est pas un demi-pape qui restaurera la foi, ni une Église en trompe-l’œil qui sauvera les âmes.
    L’heure n’est plus à palabrer ni à geindre : elle commande aux bons évêques – fidèles, valides, sincères – de se lever pour faire Église, contre l’imposture, pour le souverain bien. Ce serait là l’honneur du temps présent.

    À rebours des imprécations ou des résignations, il nous faut aujourd’hui le proclamer : l’Église vit encore dans ses pasteurs et qu’il leur appartient de redonner à la Barque de saint Pierre, un pilote. Ce ne sera pas par miracle immédiat, mais par sainteté, action et Concile donc — « imparfait » peut-être, mais légitime, sans conteste.

    Note de la Rédaction : qu’on ne voie point ici une attaque ad hominem, mais l’exercice loyal de la fonction critique, dans la charité de Notre Seigneur. Si l’on peut être gré à certains d’avoir semé l’alerte, cela ne suffit guère pour proclamer la vérité tout entière.

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    L’herméneutique de la continuité de Ratzinger : chimère “conservatrice”

    Refutatio : missive visuelle du “Centurion romain” Contra Hillardum, précédée de notre exposé critique

    “Papes conciliaires 4/6” : réquisitoire contre Karol Wojtyła, alias Jean-Paul II

    Expressions frauduleuses de Passion de l’Église ou Église éclipsée

    Quand et comment pourrions-nous retrouver un véritable Pape ? (Mgr Pierre Roy)

    Mgrs Da Silva & Lefebvre sur ladite sédévacance, l’ »épiscopat » & la question du conclave

    Identitaires ET catholiques intégraux – Riposte équilibrée à l’adresse de Daniel Conversano

    L’anarcho-sédévacantisme (acéphale) fondé sur Pierre ?

    Anti-sédévacantisme acéphale, dit complet – Mgr Squetino

    Un appel au Concile Général proclamé par Alain Pascal ?

    La FSSPX consacrera de nouveaux évêques – Abbé Gabriele D’Avino

    Assistance à la messe des fidèles – Mgr Pivarunas

    Hérésies dans l’histoire (contre le sectarisme) – John Daly

    Le Grand rabbinat pharisaïque de Cassiciacum ? (satire et ça tire !)

    Redécouvrir saints Augustin et Thomas contre naturalisme et surnaturalisme

    Un duo vrai-faux Glauzy-Hillard en roue libre sur Hitler – Albatros

    Un Concile se légitime aussi avec « universalité et publicité »

    L’Église est indéfectible, elle a toujours le pouvoir de se choisir un Pape : visibilité et possibilité

    Conciles de Pise & de Constance, ou la nécessité d’un “chef visible”


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