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Publié le par Florian Rouanet
-*- Front liminaire
Concernant l’intervention de M. Conversano, nous avons pris le soin d’ouïr le passage vidéo exact, ainsi que la réaction qui en suivait.
Nous allons nous prêter à un exercice critique, bien que Daniel Conversano soit drôle, doté de verve et d’un esprit critique vif, capable de ruiner avec une aisance dialectique ses interlocuteurs (Papacito, Rougeyron). Il vaut, en effet, mieux ne point l’avoir pour ennemi.
Néanmoins, il y a à boire et à manger dans son propos, et certaines affirmations, prises au premier degré du moins, s’avèrent odieuses — ou, à tout le moins, contestables.
I. Réponse sur la politique
Pour commencer, nous nous reconnaissons, effectivement, dans ce qu’il nomme les « catholiques authentiquement nationalistes ».
En société chrétienne bien ordonnée, il ne saurait y avoir de contradiction entre le bien national, temporel, et le bien religieux, surnaturel. L’un élève l’autre, et tous deux doivent se conjuguer harmonieusement.
Dans nos articles, nous avons amplement démontré que, dans la première moitié du XXᵉ siècle, l’Église a su accompagner une ligne nationaliste et racialiste — mais équilibrée, soucieuse de l’universel et de la supériorité de la grâce. Et nous ne nous racontons point de sornettes ici !
Non, derechef, l’universalité catholique n’empêche nullement la particularisation des nations, bien au contraire. Il existe une Église de France, tout comme il en est une d’Italie, de Pologne ou d’ailleurs — dans cette pluralité de peuples distincts, que sanctifie l’unité du Corps mystique.
D’ailleurs, ce sont les modernistes eux-mêmes, si dégénérés, cosmopolites et relativistes, qui ne souhaitent même plus convertir les musulmans — qu’ils soient africains ou non. Leur démission quant à l’évangélisation est flagrante, révélatrice.
Quant à l’Europe de l’Est, elle est demeurée plus patriotique, en effet, mais surtout parce que le communisme y a gelé les mutations postmodernes, et que les peuples y sont restés, à bien des égards, moins embourgeoisés, partant moins matérialistes, moins infectés que par le libéralisme ultra-dissolvant de l’Ouest.
Alors, soyons sans détours, identitaires et catholiques. L’un n’exclut pas l’autre, car l’identité charnelle et l’appartenance spirituelle sont deux expressions d’un même enracinement. À rebours du chrétien abstrait, rappelons que l’âme s’incarne dans un homme, un peuple, une langue, une terre. Nos principes n’ont rien de flou : l’homme est d’un lieu et d’un Ciel.
En un mot : défendons, contre vents et marées, s’il le faut, la nation et la foi, la race et l’Église. L’Incarnation n’abolit ni le spirituel ni le charnel, bien au contraire, elle les réconcilie — sous le signe de la Croix !II. Réponse sur la Religion
Alors oui, ce brave Conversano, a raison premièrement d’envoyer paître ce « Léon XIV de carton ». Mais il faut comprendre qu’il s’agit d’un imposteur — et ce, même si seule une minorité de fidèles (certes non négligeable) le constate sans ambages, avec netteté.
Et oui, deuxièmement : le monde mérite les chefs qu’il a, religieux ou non — non point au sens réducteur où il est entendu plus bas, mais parce que, en tout temps et en tout lieu, les chefs sont le reflet de la base.
Troisième affirmation, juste aussi : les catholiques dits conservateurs, en général, sont loin d’être les mieux avisés, mal éclairés qu’ils sont dans leur lanterne. Et cela ne date pas d’hier : éternels cocus…Et pour répondre davantage sur le fond : l’Église, en tant qu’institution surnaturelle, est pure et sainte. Mais ce n’est pas le cas de ladite Rome moderniste, gangrenée par l’erreur et l’hérésie. Quant au corps ecclésial — clercs comme fidèles — il est, sujet au péché, en revanche, car composé d’hommes faillibles.
Ce sont donc les modernistes qui, suite à leur « coup d’État pseudo-conciliaire », prétendent parler au nom de l’Église du Christ. Il n’en est rien, ce n’est que poudre aux yeux. Ils sont, en matière religieuse et morale, des traîtres ; et cette trahison se répercute naturellement dans le domaine politique.
Mais qu’il se rassure plutôt : objectivement, ces « papes conciliaires », depuis Vatican II, ne possèdent aucune autorité sur l’Église – de même que l’apostat est exclu de cette dernière.
Le « vrai Pape » est, par définition, celui qui ne peut errer en matière de foi et de morale, car il jouit du charisme d’infaillibilité. Ce qui n’est plus observable depuis la mort de Pie XII, en 1958.À cet égard, il est d’ailleurs intéressant et probant de noter que M. Conversano mentionne les sédévacantistes, et qu’il affirme les respecter — sans pour autant en être partisan. C’est déjà, oserait-on dire, une ouverture à l’intelligence de ladite crise de l’Église, bien qu’un abîme doctrinal nous sépare. Il fait parti de ces européens dégoutés à raison par la mollesse moderniste et son piteux pendant « tradi-compatible ».
Quant à l’affaire du « pardon des criminels », elle mérite une clarification. Le pardon, s’entend en son sens surnaturel et individuel, ce qui est louable. Mais cela n’exclut aucunement l’action légitime de la justice humaine : punir, enfermer, voire, mettre à mort.
En outre, M. Conversano reproche une prétendue « supériorité morale » chez ceux qui s’affirment religieux. Mais lorsqu’il parle de racialisme, fut-ce contre le cosmopolitisme, n’affiche-t-il pas, lui aussi, une supériorité éthique de son « projet » sur d’autres ?
Ce n’est point la « supériorité » ou la condescendance en soi qui est condamnable, mais l’erreur. Le vrai sujet est donc ailleurs : il réside dans la conformité à l’ordre juste, au bien et au vrai.Quelques sentences d’autorité
« Cet amour même de sa patrie et de sa race, est source puissante de multiples vertus et d’actes d’héroïsme lorsqu’il est réglé par la loi chrétienne. »
— Pape Pie XI, encyclique Ubi arcano Dei consilio, 23 décembre 1922, §58« Au reste, si nous voulons juger de ces choses sainement, nous comprendrons que l’amour surnaturel de l’Église et l’amour naturel de la patrie procèdent du même éternel principe. Tous les deux ont Dieu pour auteur et pour cause première ; d’où il suit qu’il ne saurait y avoir entre les devoirs qu’ils imposent de répugnance ou de contradiction. »
— Pape Léon XIII, encyclique Sapientiae Christianae, publiée le 10 janvier 1890, paragraphe 9.« Propaganda est la vraie, juste et saine pratique d’un racisme répondant à la dignité et à la réalité humaines ; car la réalité humaine, c’est d’être des hommes et non des bêtes sauvages, des existences quelconques ; la dignité humaine, c’est d’être une seule et grande famille, le genre humain. (…)
Voici la réponse de l’Église ; voici ce qu’est pour l’Église le vrai racisme, le racisme proprement dit, le racisme sain, digne de chacun des hommes dans leur grande collectivité. »
— Discours du Pape Pie XI, 28 juillet 1938, aux élèves du Collège Urbain de Propaganda Fide, publié dans La Documentation catholique, année 1938, n° 869, p. 23.« Oui, elle est digne non seulement d’amour, mais de prédilection, la patrie dont le nom sacré éveille les plus chers souvenirs et fait tressaillir toutes les fibres de votre âme, cette terre commune où vous avez votre berceau, à laquelle vous rattachent les liens du sang et cette autre communauté plus noble des affections et des traditions. »
— Ce discours est consigné dans les Actes de S. S. Pie X, publiés par la Maison de la Bonne Presse, tome 5, pages 208-209.
Réaction de M. Conversano faisant suite à sa propre vidéo
Le passage sur l’Église catholique, dans l’émission d’hier, a créé la polémique. Mais je ne reculerai pas. Je sais que j’ai raison. À aucun moment, je n’ai nié qu’il existait des catholiques authentiquement nationalistes. Réécoutez la vidéo si vous en doutez. Mais j’ai rappelé que l’Église catholique était impliquée dans l’immigration massive qui est en train de détruire l’Europe. Et comment le nier ? Le problème est que la plupart des catholiques sanctifient l’Église en tant qu’institution, et l’estiment donc respectable en toutes circonstances, même après Vatican II. Pour eux, l’Église est une ambassade céleste.
En dehors des sédévacantistes, les catholiques (même de droite) pensent que le pape est choisi par l’esprit sain/Dieu. Quand vous critiquez le pape, la schizophrénie des catholiques de droite apparaît alors, et ils prennent à fond le parti de l’Église plutôt que celui des intérêts nationaux. Ils vous disent que le pape ne fait pas de politique (alors qu’il en fait tout le temps), que son influence politique est nulle (il est écouté par des milliards de fidèles), et autres excuses pour minimiser sa nuisance. Tout le problème vient du fait que les catholiques pensent que l’Église est sainte. Je n’ai jamais critiqué la foi, qui est une belle chose, ni Jésus, figure mystique et historique touchante, qui m’a toujours inspiré. Mais ces catholiques, très largement majoritaires, sont persuadés que l’institution en elle-même, l’Église, est le résultat de la volonté divine, et cadrée par sa bienveillance. Ils sacralisent l’Église comme les souverainistes sacralisent l’État français. Quand les propos du pape vont à l’encontre de leurs opinions politiques, le billard à 3 bandes commence dans leur esprit : ils se disent que Dieu (qui choisit les papes, je vous le rappelle) a voulu cette situation, et qu’il faut attendre patiemment et respectueusement qu’il change d’avis.
En attendant, le monde « mérite » ces papes stupidement gauchistes, parce que Dieu en a voulu ainsi. Voilà ce qui traverse leur esprit. Et quand un nationaliste non-croyant (comme moi) leur dit que tout cela n’a aucun sens avec un peu d’humour et de gouaille, leur réaction épidermique montre qu’ils sont bien plus catholiques qu’ils ne sont identitaires. Leur foi en Dieu est plus forte que leurs convictions fafs ou européanistes. Tout cela saute aux yeux quand on a une vision rationnelle des choses. Au XXème et XXIème siècle, l’Église s’est comportée comme une ennemie de la race blanche. Dire le contraire, c’est se raconter des mensonges.@danielconversano Telegram – Le 10 mai 2025
Cette intervention a en effet enflammé ses réseaux pendant 4 jours consécutifs. P.S. Nous sommes ouvert à toute proposition de débat !
Sommaire de la vidéo
(…) 58:37 : Pourquoi l’Eglise orthodoxe est moins universaliste ? (+ critique du pape) 1:08:01 : Critique de la vision des catholiques concernant le pape (+ suite du clash) 1:14:27 : Pardonner à ceux qui nous ont fait du mal n’est pas une force (+ clash du père de Matisse et des gauchistes) 1:19:31 : Le catholicisme contemporain mène au tiers-mondisme ! 1:28:36 : Anecdote rageuse concernant des catholiques roumains pro-palestiniens 1:30:13 : Conclusions (…)
Macron, Traître à la Nation, Inde et Pakistan, Roumanie Basée…
Quand et comment pourrions-nous retrouver un véritable Pape ? (Mgr Pierre Roy)
Que dire du débat audio entre Daniel Conversano et Deus Vult ?
400 ans de paix/pet ? Roycofolie, mythologie de couronne & pieds emmêlés dans les lys
Édouard Drumont à propos desdits Aryens, écrivain catholique et national français
⁂ Manifeste : foi, nation & autorité ; pères, prêtres & actions ⁂
Grands complots & assassinats : quand l’histoire occidentale s’écrivait au “poignard”
Entretien vidéo du lancement du Mouvement national-catholique (printemps 2025) #MNC

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