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Publié le par Florian Rouanet
A qui profite le crime ? Cherchez la femme ! Etc
🥊 Préliminaire du combat
Fidèle lecteur,
Les siècles, dans leur marche grave, ont vu s’effondrer des régimes non par le choc frontal des Armées, mais par la dague dissimulée sous la toge, la balle tirée dans l’ombre ou le poignard sacrilège enfoncé au sein même des palais.
Quelle main, derrière Brutus, Princip ou Rayo, ourdit réellement ces forfaits ? Quels mobiles — théologiques, politiques, ésotériques — se cachent derrière le vernis des motifs proclamés ?Gageons qu’en examinant les morts funestes de Jules César, d’Henri III, de François-Ferdinand d’Autriche & de Gabriel García Moreno, nous raviverons l’antique flamme de la sagacité critique. Car l’histoire, loin de se réduire à l’histoire officielle, s’avère parfois le théâtre d’une guerre occulte entre la Vérité & les puissances du mensonge.

☧ 🪢 Cordage conceptuel
COMPLOT, subst. masc. — Accord secret entre plusieurs personnes dirigé contre quelqu’un ou contre une institution.
ASSASSINAT, subst. masc. — Action de tuer quelqu’un avec préméditation.
RÉSEAU, subst. masc. — Ensemble structuré d’individus entretenant des relations occultes ou stratégiques, poursuivant une fin commune.
CONJURATION, subst. fém. — Accord secret, généralement politique, en vue d’un coup de force.
MYSTÈRE, subst. masc. — Ce dont le sens profond échappe ou demeure caché malgré les apparences.
☩ 🧠 Leçons des anciens
« Et tu, Brutus ? »
Invention littéraire rendue célèbre par William Shakespeare dans sa pièce Julius Caesar (acte III, scène 1).« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. »
Phrase attribuée de manière apocryphe au poète Paul Éluard.« Qu’est ce que l’histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord. »
« On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus. »
« Le peuple est le même partout. Quand il est ignorant, il est facile à tromper. »
Napoléon Bonaparte + Évène.« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles. »
— Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg« Toutes les formes possibles de gouvernement se sont présentées dans le monde et toutes sont légitimes dès qu’elles sont établies. »
— Joseph de Maistre, Du Pape
Σ 📋 Carte des manches
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🏛️ Jules César : la fin d’un dictateur (Rome, l’an -44 : Sénateurs & poignards – République trahie ou stratégie impériale ?)
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👑 Henri III de France : le poignard du moine (Saint-Cloud, 1589 : Jacques Clément ou la Ligue catholique & conflits d’autels) + Henri IV
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🎩 François-Ferdinand : le coup de Sarajevo (28 juin 1914 : Princip ou pion – Maçonnerie balkanique & guerre mondiale à venir)
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✝️ Gabriel García Moreno : le président martyr (Quito, 1875 : sang sur le parvis – catholicisme social & loges vengeresses)
- 🕵️♂️ Grandes constantes dans les assassinats politiques (pouvoir, motifs religieux, réseaux…), cas JFK
☠️ Des ombres sous la couronne & la mitre
⛓️ De César à Moreno, l’assassinat politique révèle l’obscur dessein de puissances semi-cachées, entre conjurations établies & pistes occultes 🧩.
🏛️ I. Jules César : la fin d’un dictateur
Rome, l’an -44 : Sénateurs & poignards
« La république ne saurait survivre à la monarchie d’un seul homme. »
Ainsi murmuraient, avec l’emphase hypocrite des ambitieux dissimulés, les sénateurs de Rome, alors que le destin de la cité millénaire se jouait dans les fastes crépusculaires du Forum. Le 15 mars de l’an 44 avant Notre Seigneur, date fatidique gravée dans l’or et le sang, Caius Julius Caesar — Imperator victorieux, dictateur à vie, Pontifex Maximus, adulé par la plèbe et craint des patriciens — fut traîtreusement assassiné au cœur même du Sénat, par ceux-là mêmes dont il avait relevé les fortunes et pardonné les trahisons.
Le lieu est connu : la Curie de Pompée, théâtre d’un dernier acte tragique.
Le crime : un assassinat collectif prémédité, ourdi par une soixantaine de sénateurs guidés par Marcus Junius Brutus, Decimus Brutus et Caius Cassius Longinus — tous trois liés à César par l’amitié, la dette ou le sang. Ô duplicité ! Sous prétexte de sauver la liberté romaine, ces « nobles » poignards frappèrent sans retenue, infligeant vingt-trois coups à leur bienfaiteur.
L’histoire officielle ne manque pas de les présenter comme de stoïques défenseurs d’une République moribonde. Gageons qu’ils furent surtout des instruments d’un retournement plus vaste, auquel ils ne comprirent peut-être pas tous les tenants.République trahie ou stratégie impériale ?
Dès le lendemain, la ville sombra dans la stupeur. La populace, loin de louer les meurtriers comme sauveurs, s’enflamma contre eux. Antoine, rival ambivalent mais adroit tribun du peuple, s’empara du récit, exhiba le cadavre tuméfié de César lors de funérailles publiques grandioses et pointa du doigt les conjurés, à jamais désignés comme « régicides« .
Mais à qui profite le crime ? Ce fut Octave, neveu adoptif et fils spirituel de César, qui, en fin stratège, hérita non seulement des pouvoirs mais du mythe. Lui qui, à dix-neuf ans, n’était qu’un jeune patricien effacé, devint le Princeps Augustus, premier empereur de Rome — non point malgré l’assassinat de César, mais grâce à lui.
Certains historiens modernes, au-delà de l’imagerie républicaine, envisagent donc le meurtre de César comme l’un des coups d’État les plus contre-productifs de l’histoire : un régicide qui, loin de restaurer la liberté sénatoriale, précipita Rome dans la monarchie impériale la plus absolue.
D’autres encore, avec une verve plus conspirationniste mais non sans bribes troublantes, avancent que certains réseaux ésotériques romains — comme les vestiges d’une aristocratie sacerdotale hostile aux réformes de César — auraient soufflé le crime aux conjurés naïfs. Il n’est point interdit de penser que la gens Julia, dont César se prétendait descendre de Vénus, troublait l’ordre ancestral du culte public.
Ainsi, César fut victime non point seulement de la peur d’un roi, mais de l’inexpiable haine que suscite tout homme qui dérange l’ordre établi. Sic semper tyrannis, diront plus tard d’autres assassins — sans comprendre que César ne fut point tyran, mais fondateur. Toute comparaison gardée, à l’image du Nazaréen crucifié, il fut tué par les siens, au nom de principes que sa disparition rendait déjà caduques.
👑 II. Henri III de France : le poignard du moine + Henri IV
Saint-Cloud, 1589 : Jacques Clément ou le fanatisme dirigé
Henri de Valois, roi de France sous le nom d’Henri III, dernier rejeton direct de la lignée capétienne issue de saint Louis, fut un souverain étrange, oscillant entre piété mystique et excentricité lascive. Son règne fut celui des guerres de Religion, de l’anarchie des ducs (Sainte Ligue), des querelles fratricides au sein même de ladite Chrétienté.
Le 1ᵉʳ août 1589, dans le camp retranché de Saint-Cloud, alors que le roi, assiégeant Paris tenue par les Ligueurs, espérait rétablir l’ordre du royaume en alliance avec son cousin protestant Henri de Navarre, il reçut la visite d’un moine dominicain nommé Jacques Clément. Celui-ci, muni de lettres supposément confidentielles, se vit admettre à l’audience royale. Las ! Au lieu d’exposer la missive, il sortit un couteau et frappa le roi au ventre, blessure mortelle. Henri III eut le temps de murmurer, dans un souffle presque christique : « Ce moine m’a tué. Qu’on ne laisse point échapper le Navarrais. »
La chronique catholique fut prompte à « canoniser » l’assassin. Le « fanatisme » de la Ligue catholique — cette hydre cléricale aux mille têtes, portée par les Guise, antiprotestants de renom, soufflée par Rome et l’Espagne — trouva là son martyr inversé.
Ligue catholique, conflits d’autels & Henri IV
Officiellement, Clément aurait agi seul, inspiré par une ferveur exacerbée, furieux du régicide de la maison de Guise perpétré par le roi l’année précédente. Mais cette version, si commode, ne résiste guère trop à l’examen.
Tout porte à croire que Jacques Clément fut « instrumentalisé, endoctriné, puis précipité » comme un projectile vivant contre le trône. L’assassinat d’Henri III arrangeait en réalité plusieurs parties :
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Lesdits ultra-catholiques voyaient en lui un roi indigne, trop mou contre les réformés, corrompu, soupçonné d’hérésie.
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L’Espagne, sous Philippe II, poussait activement à l’effondrement de la monarchie française afin d’imposer sa propre infante.
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Certaines factions gallicanes, usées par la politique de conciliation du roi, souhaitaient provoquer un choc de légitimités.
L’assassinat royal plongea la France dans une nouvelle phase de guerre civile, prélude à l’ascension du futur Henri IV, lequel dut abjurer, convertir, batailler et pacifier durant plus d’une décennie. Ironie de l’histoire : Il sera lui aussi assassiné, le 14 mai 1610, par François Ravaillac, catholique fanatisé.
🎩 III. François-Ferdinand : le coup de Sarajevo
28 juin 1914 : Princip ou pion ?
Par un matin d’été étouffant, le 28 juin 1914, à Sarajevo, ville turbulente de Bosnie-Herzégovine récemment annexée par l’Empire austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, héritier du trône, tombait sous les balles d’un obscur étudiant serbe : Gavrilo Princip.
L’événement, en apparence local, fut l’étincelle d’un brasier géopolitique mondial, la première goutte de sang versée dans ce qui allait devenir la Grande Guerre, cataclysme total, creuset d’un monde défiguré entre tradition et modernité.L’histoire officielle nous conte qu’un groupe de jeunes nationalistes, membres d’une société secrète serbe nommée La Main noire, décidèrent de supprimer l’héritier pour protester contre l’oppression austro-hongroise des Slaves du Sud.
Plusieurs tentatives avortées précédèrent l’acte final : bombes jetées et échappées manquées, jusqu’à ce que le hasard place François-Ferdinand face à Princip, par une coïncidence absurde de trajet modifié et de panne moteur.Princip tire deux fois. L’archiduc et son épouse, la duchesse Sophie, tombent morts dans leur voiture. La suite, nous la savons : ultimatum à la Serbie, jeu d’alliances, mobilisation générale, guerre éclair devenue guerre de tranchées.
L’ordre ancien fut broyé, les empires démembrés, les peuples saignés à blanc. Mais qui donc, réellement, désirait cette guerre ? Car il fait bien la vouloir pour qu’elle se fasse !Maçonnerie balkanique & guerre mondiale à venir
La thèse du « terroriste isolé » guidé par des idéaux adolescents se heurte à un mur d’éléments suspects. La Main noire, société nationaliste, était infiltrée de toutes parts : par l’armée serbe, par des éléments panslavistes russes, mais aussi, disent certains auteurs, par des loges maçonniques agissantes dans les Balkans.
La franc-maçonnerie, dont les ramifications politiques au XIXᵉ siècle sont notoires, avait juré la mort des empires catholiques, notamment les Habsbourg, considérés comme piliers du catholicisme social, du catholicisme tout court.Des ouvrages peu diffusés mais érudits, comme La Guerre occulte de Léon de Poncins, soutiennent que l’assassinat de l’archiduc ne fut pas qu’un geste indépendantiste, mais une opération déstabilisatrice pilotée, au moins en partie, par des cercles ésotériques antimonarchiques.
Le choix de François-Ferdinand n’est pas anodin : l’archiduc, bien que conservateur, était favorable à une réforme fédéraliste de l’empire et résolument hostile à une guerre avec la Serbie.
En somme, in incarnait une forme de paix, doublé d’un chrétien convaincu et d’un époux fidèle (fait rare dans sa lignée !), qui risquait d’entraver l’agenda guerrier de « puissances occultes ».
Sa mort permit le déclenchement d’un conflit planifié, désiré par les marchands d’armes, les agitateurs révolutionnaires et les stratèges de la recomposition européenne 2.0.Il ne fut donc point simplement tué par un nationaliste exalté. Il fut sacrifié sur l’autel d’un nouvel ordre mondial. Sic transit gloria mundi.
✝️ IV. Gabriel García Moreno : le président martyr
Quito, 1875 : sang sur le parvis
Rarement figure politique aura incarné à ce point l’idéal catholique au XIXᵉ siècle que Gabriel García Moreno, président de l’Équateur. Savant, juriste, polyglotte, fin lettré et pieux, il rétablit dans son pays l’ordre chrétien contre les poussées libérales venues d’Europe et du Nord américanisé.
Il réforma l’éducation, expulsa la franc-maçonnerie, consacra son pays au Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, et fit de la foi catholique religion d’État dans une époque où la laïcisation galopante gagnait tous les continents.Le 6 août 1875, alors qu’il sortait de la cathédrale de Quito, après avoir assisté à la messe quotidienne, il fut assassiné par un groupe de conjurés dirigés par Faustino Rayo, un ancien militaire lié aux milieux libéraux et francs-maçons, lesquels le haïssaient ouvertement. Rayo cria, dit-on, « Mort au tyran ! », tandis qu’il lacérait le président de coups de sabre avant que d’autres l’achèvent à la balle.
La scène, presque liturgique à rebours, frappe par sa théâtralité. L’homme, en prière constante, les mains encore jointes, tombe ensanglanté sur les marches de l’édifice qu’il vénérait. On retrouva sur lui un cilice, ainsi qu’un billet portant ces mots : « Dieu ne meurt point. »
Catholicisme social & loges vengeresses
N’étant point un règlement de compte local, la mise à mort de García Moreno fut rapidement saluée dans la presse libérale mondiale comme une “libération”. La Franc-Maçonnerie Universelle, à travers ses loges latino-américaines, l’avait désigné comme « ennemi du progrès », pour sa fidélité à Rome, son attachement au Syllabus de Pie IX et sa réforme sociale antilibérale. Peu nous en chaut des dénégations : l’hostilité maçonnique était avérée, déclarée et idéologiquement constante.
Plusieurs documents postérieurs, dont des lettres confidentielles entre maçons chiliens et boliviens, révèlent que l’élimination du président catholique avait été jugée « opportune et nécessaire ». Dans l’Équateur même, l’administration maçonnique qui suivit s’empressa d’annuler toutes ses réformes.
Sa béatification, attendue mais retardée, reste suspendue entre querelles ecclésiastiques et prudences diplomatiques. Pourtant, dans la mémoire de tout catholique traditionaliste, García Moreno trône parmi les martyrs modernes, figure d’un chef d’État sanctifié par le sang versé in odium fidei. Son corps incorrompu repose encore, intact, dans la cathédrale de Quito — signe parmi les signes.
🕵️♂️ V. Grandes constantes dans les assassinats politiques (cas JFK)
🔍 La version officielle s’impose généralement d’elle-même, mais ne saurait à elle seule clore tout contentieux. L’histoire est saturée de bruits étouffés, d’agents doubles et de mobiles troubles, rendant difficile la véritable appréciation des choses !
Par exemple, l’affaire concernant le président catholique américain John F. Kennedy demeure emblématique du décalage abyssal entre la version officielle – un tireur isolé, Lee Harvey Oswald – et les soupçons persistants d’une opération plus vaste, dissimulée sous le vernis d’une enquête précipitée (Commission Warren, 1964).
Comme souvent dans les grandes affaires d’État, la thèse officielle s’impose d’abord par sa commodité, mais non par sa vraisemblance. Le motif, la méthode et le silence qui suit en disent souvent plus que les rapports parlementaires.Une dramaturgie du pouvoir sous le masque du sacré
Il serait naïf de croire que l’assassinat politique naît d’un caprice, d’un geste soudain, ou d’un simple emportement idéologique. Loin de là.
Les exemples précédents le démontrent : ces meurtres sont rarement le fruit du hasard, mais l’expression paroxystique d’un conflit de souverainetés, où les pouvoirs visibles s’opposent à des puissances parfois invisibles, opérant sous le masque de la religion, du patriotisme ou du « progrès ».L’élimination physique du dirigeant traduit l’impossibilité d’un compromis : lorsque les institutions sont trop affaiblies pour contenir la tension, le sang devient l’ultime signature du désaccord.
Dans tous les cas étudiés, trois clefs récurrentes se dégagent :
A. Le pouvoir central comme cible première
Chaque victime fut, à sa manière, un sommet du pouvoir. Jules César, Henri III, Henri IV, François-Ferdinand, García Moreno, JFK : tous étaient soit en fonction, soit héritiers directs d’un système politique puissant.
Le tyrannicide, antique ou moderne, existe. Il ne tue pas simplement l’homme, mais l’incarnation d’un ordre, jugé trop dérangeant.Mais souvent, les régicides, loin de rétablir la justice ou la paix, ont au contraire presque toujours, plongé les peuples dans la guerre, la misère ou la révolution.
B. Les mobiles religieux : justifications ou catalyseurs
L’élément religieux est omniprésent, qu’il soit sincère ou instrumentalisé. Henri III meurt pour avoir semblé trahir la cause catholique ; García Moreno pour l’avoir défendue jusqu’au martyre. François-Ferdinand, quant à lui, incarnait la possibilité d’une fédération catholique des Balkans — projet odieux aux patriotes panslavistes schismatiques et aux loges ésotériques et libérales.
Le sacré, ici, ne protège point : il condamne. L’homme de foi, s’il détient le pouvoir, devient l’ennemi public n°1 d’un monde qui hait les vérités verticales et divines.
C. Réseaux obscurs, discrétion feinte & brutalité assumée
Troisième constante : la convergence de réseaux. Aucun de ces assassinats ne fut isolé. Derrière le tueur, toujours une mouvance : sénatoriale, ligueuse, nationaliste, maçonnique. L’assaillant visible n’est jamais qu’un instrument, souvent jetable, d’une conspiration (une vraie ici) bien plus vaste — parfois internationale, souvent hermétique.
Mais ces réseaux, s’ils opèrent dans l’ombre, n’en cherchent pas moins la publicité de l’acte : le coup de force se veut exemplaire, voulu comme signal. D’où une brutalité disproportionnée : 23 coups pour César, une exécution par mutilation pour García Moreno, un tir devant les foules pour François-Ferdinand. Le pouvoir assassiné doit être humilié, renié dans sa chair — comme si l’on souhaitait tuer l’idée même qu’il représentait.
🔔 Le gong final
Il ressort, de ces analyses croisées, un constat amer et sublime tout ensemble : les grands hommes ne tombent point par excès de pouvoir, mais par surabondance d’identité.
À rebours de notre temp, qui dissout tout dans l’antinorme et la gestion mécanique, eux incarnaient généralement un monde vertical, enraciné, fondé sur une légitimité divine et/ou dynastique.César, dans sa romanité triomphante, Henri dans sa royauté affaiblie, mais « sacrée », François-Ferdinand dans son rôle de prince chrétien, García Moreno dans sa fidélité au Christ-Roi : tous périrent pour ce qu’ils étaient.
Et tous furent assassinés non par des héros, mais par des médiocres. C’est là le paradoxe du complot : il exige une orchestration subtile, mais s’exécute avec des mains souillées.
On n’envoie pas les grands noms tuer les grands hommes ; on y envoie les Clément, Princip et Rayo. Outils, jamais maîtres.Dès lors, gageons que le martyre politique, loin d’être une fin, est une onction inversée : un baptême dans le sang qui révèle, rétrospectivement, la mission surnaturelle du défunt : comme avec l’effet Louis XVI. Qui se souvient de leurs assassins ? Qui prie pour eux ? Qui, au contraire, vénère leurs victimes, les cite, les pleure ?
Le sang des rois, des archiducs et des présidents n’a pas coulé en vain. Il appelle à discerner — et à combattre — les forces qui se nourrissent de l’abattage des justes.
Post-scriptum :
Qu’on cesse de s’étaler en vanités sur la « lutte contre les complots » sans examiner les réalités concrètes de l’histoire lorsque conspiration, il y a.Ce qui n’est pas le cas a contrario, lorsqu’un institut mondialiste type Trilatérale publie des documents, publics et « logiques » sur ladite société ouverte.
📚 Pour approfondir
- « Le Sang des Rois : histoire des régicides en France » par Jean-Christian Petitfils – Tallandier. Une étude exhaustive des assassinats de souverains français, notamment celui d’Henri III par Jacques Clément en 1589.
- « L’Assassinat de César » par Luciano Canfora – Gallimard. Cet ouvrage analyse en détail le contexte politique et les conséquences de l’assassinat de Jules César aux ides de mars 44 av. J.-C.
- « Gabriel García Moreno : président catholique martyr » par Mgr Berthe – Éditions Saint-Rémi. Biographie du président équatorien assassiné en 1875, mettant en lumière son engagement catholique et les oppositions qu’il a suscitées.
-
Abbé Augustin Barruel – « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme », 1797
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