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Publié le par Florian Rouanet
🕊️ Regard sobre sur un coup de force audacieux et peu connu, enjeux théologico‑canoniques — Vatican moderniste et police italienne unis contre la Catholicité véritable
⁂ Arène « conciliaire imparfaite »
Ô lecteur combatif, nous poserons les jalons d’un récit peu chanté des annales ecclésiastiques. En effet, en réparation des outrages et sacrilèges faits au Divin Roi — par les réunions œcuméniques de « Jean Paul II » lors d’Assise de 1986 notamment —, un concile en apparence extraordinaire à Assise, en 1994, visant à restaurer le pontificat déserté depuis le trépas de Pie XII, en 1958. Cet épisode mérite qu’on le conte/compte et qu’on le confronte aux postulats doctrinaux, en dévoilant les intentions, les acteurs, mais aussi le silence de Victor von Pentz alias Linus II.
Certes, il y a dans les grandes lignes de cet évènement ce qu’il faut faire (CGI, entente élargie, passage à l’acte) et ce qu’il ne faut pas faire (précipitations et risque privé, manque d’universalité ou de publicité) !
C’est pourquoi le fidèle doit s’inspirer du meilleur, prier, et pousser à ce que les évêques les mieux avisés et fidèles à la Tradition, se réunissent, échangent, et élisent une Tête visible pour l’Église, un digne successeur de Pierre — et ce, contre la léthargie ambiante, se limitant à l’Église de suppléantologie, comme d’autres à la scientologie…Nous vous proposons donc ici, en quasi exclusivité tant son traitement est rare, la chronique d’une tentative de Concile général imparfait méconnu — de partisans fort généralement de la lignée thucienne — ou décrié trop promptement, et pourtant plus sérieuse que le ridicule mysticiste de Palmar de Troya et des surnaturalistes de tout poil.
« Il est, en outre, absolument nécessaire qu’il y ait, manifeste aux yeux de tous, un Chef suprême, par qui la collaboration de tous en faveur de tous soit dirigée efficacement pour atteindre le but proposé : Nous avons nommé le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre. En effet, de même que le divin Rédempteur a envoyé l’Esprit de vérité, le Paraclet, pour assumer à sa propre place l’invisible gouvernement de l’Eglise, ainsi, à Pierre et à ses successeurs, il a confié le mandat de tenir son propre rôle sur terre pour assurer aussi le gouvernement visible de la cité chrétienne.
Mais à ces liens juridiques qui suffiraient déjà par eux-mêmes à surpasser de loin les liens de toute société humaine, fût-elle suprême, il faut nécessairement que s’ajoute une unité d’autre nature en raison de ces trois vertus par lesquelles nous sommes étroitement liés entre nous et avec Dieu : la foi, l’espérance et la charité. »— Pie XII, encyclique Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943
Mais un faux pape aurait donc plus de pouvoir dans l’Église que l’épiscopat catholique réuni, impuissant ; voilà la perversion thésarde et lefebvrienne en quelques mots.🎙 Antenna I.O. Vox Frequencia (émission historique et doctrinale de 22 minutes)

☧ Bandage lexical clérical
- SEDE VACANTE: doctrine actuelle, affirmant la vacance du Siège apostolique depuis Pie XII (9 octobre 1958).
- CONCLAVISME (mot galvaudé) : perspective selon laquelle, en l’absence de Pape, la juridiction pontificale peut être restaurée par une élection est possible, impliquant la Tradition.
- CANON 188 § 4 de 1917 : disposition dogmatique selon laquelle l’hérésie entraîne perte de juridiction.
- VACANTIS APOSTOLICAE SEDIS : norme canonique régissant la vacance apostolique.
ᛟ Sentences d’autorité ?
Pour la culture générale traditionaliste :
« Eh bien, nous dit saint Robert Bellarmin dans son ouvrage classique De conciliis et Ecclesia, I, c. 14, par les évêques de l’Église. En cas de vacance de la papauté à cause de l’hérésie, il leur appartiendrait de se réunir, dit-il, en Concile général – quoique « imparfait » – à cette seule fin, à savoir « fournir à l’Église une tête [visible] ». Pourquoi ne tenez-vous pas compte non plus de cette grande autorité ? »
— Mgr George Musey, « Lettre ouverte à Mgr Lefebvre » publiée in. Bulletin du Sacré-Cœur, en novembre 1983 [traduction depuis l’anglais].
« Vous savez, ce ne sont pas les évêques Thuc ou les évêques Lefebvre, ni les prêtres Thuc ni les prêtres Lefebvre, ni tel groupe ou tel autre – nous sommes catholiques romains !
Ce n’est pas telle société ou telle autre société, ni telle communauté – nous sommes catholiques romains ! Et en tant que tels, nous travaillons ensemble. Nous appartenons à la même Église. »— Mgr Mark A. Pivarunas, sermon de la consécration épiscopale de Mgr Daniel L. Dolan, St. Gertrude the Great (West Chester, Ohio), 30 novembre 1993, vidéo de la cérémonie. extrait vidéo ; sources écrites en langue anglaise : Mgr Dolan Aniversary Day’s, JMJsite, Father Cekada ; attestation secondaire (rappel de l’existence du DVD de la consécration de Mgr Dolan de 1993).
« Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme grave, excessivement grave, qui je crois n’a jamais existé dans l’Église : Que celui qui est assis sur le siège de Pierre, participe à des cultes de faux-dieux. Je ne pense pas que ce soit jamais arrivé dans l’Histoire de l’Église. (…) Quelle conclusion devrons-nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape. Car il semble à première vue – je ne veux pas encore le dire d’une manière solennelle et formelle – mais il semble à première vue – qu’il soit impossible qu’un pape soit hérétique publiquement et formellement. Notre Seigneur lui a promis d’être avec lui, de garder sa foi, de le garder dans la foi. Comment celui auquel Notre Seigneur a promis de le garder dans la foi définitivement et sans qu’il puisse errer dans la foi, peut-il en même temps être hérétique publiquement et quasi apostasier ? »
— Mgr Marcel Lefebvre, Sermon de Pâques 1986, Écône, 30 mars 1986 (relai de l’abbé Pivert). Ce fut quinze jours avant la visite annoncée de Wojtyla alias Jean-Paul II à la synagogue de Rome, le 13 avril 1986, et en prévision du fameux drame oecuménique d’Assise de la même année.
« Afin de lui épargner soucis et contretemps, je me tiens pour exclu non de l’Église catholique, mais de l’Église qui tolère qu’on mette en doute l’Eucharistie, qui permet la diffusion de catéchismes hérétiques tels que celui de Hollande, et qu’on remette en question la Virginité de la Mère de Dieu ; où l’on trouve un cardinal tel Willebrands doutant de l’infaillibilité dogmatique du Pape, réclamant la révision du jugement porté contre Luther qu’il faudrait réhabiliter, parce que – tenez-vous bien – “le petit ange avait raison” ! Pour moi, cette Nouvelle Église et ses promoteurs sont excommuniés ipso facto, avec ou sans décret ; tout en défendant la personne humaine du Pape, ils attaquent la Papauté, institution divine. »
— Padre Joaquín Sáenz y Arriaga, Sede vacante : Paulo VI no es legítimo Papa, 2ᵉ éd., México, 1973, p. 2 (PDF).
Les six cases sont aujourd’hui cochées (propositions entières dans nos articles sur Bellarmin), n’est-ce pas ?
« Les principales raisons pour lesquelles on convoque des Conciles se comptent au nombre de six. (…)
— La quatrième raison est la suspicion d’hérésie – ou la tyrannie incorrigible – pesant sur le Pontife régnant ; il faut alors assembler un concile général, soit pour le déposer s’il est convaincu d’hérésie, soit, au moins, pour l’admonester : car, comme le rappelle le VIIIᵉ Concile œcuménique (Constantinople IV, can. 21), les Conciles doivent examiner les controverses concernant le Pontife romain, sans toutefois prononcer témérairement sentence contre lui.
— La cinquième raison est le doute touchant l’élection du Pape, si les cardinaux venaient à périr ou à manquer à leur devoir ; il appartient alors au concile général de pourvoir au Siège apostolique, bien que l’éventualité soit fort improbable.
— La sixième raison est la réforme générale des abus et des vices qui s’insinuent dans l’Église ; certes, le Pontife peut légiférer seul, mais l’œuvre de réforme s’accomplit bien plus aisément lorsqu’il la réalise avec l’assentiment d’un concile général. »
— Saint Robert Bellarmin, Disputationes de Controversiis Fidei adversus huius temporis Haereticos, Tome I, Quarta Controversia Generalis : De Conciliis et Ecclesia Militante, Livre I, chap. IX : « De utilitate ac necessitate celebrationis Conciliorum », Ingolstadt, David Sartorius, 1587. Bellarmine on Councils I, The WM Review, 23 décembre 2024. (wmreview.org)
Σ Plan par manche
🕊 I. Chronique d’un concile méconnu
🌍 II. De la vacance à l’élection : acteurs et motivations
👤 III. Linus II : l’élu invisible
🕯 IV. Décrets fondateurs et mise en acte du « pontificat »
👥 V. De l’élection au silence : repli et isolement
🕊 I. Chronique d’un concile méconnu
Le vent des années quatre-vingt-dix soufflait dru sur la Chrétienté mutilée. Alors que le Vatican s’égarait toujours davantage dans les affres modernistes, une bonne poignée de fidèles, refusant de se résigner à la désolation, osèrent « imaginer l’impensable » : restaurer l’ordre pontifical par les forces propres des fidèles à la Tradition.
Ce fut au cœur de l’année 1994 que naquit, à Assise même – lieu souillé huit ans auparavant par les mascarades œcuméniques de Jean-Paul II – le dessein d’un « conclave » réparateur. Il ne s’agissait point d’une fantaisie d’illuminés, mais d’une entreprise fondée sur un argument aussi simple que redoutable : l’Église, privée de Pape, se trouvait exposée à une dissolution militante dangereuse ; or, selon la théologie « de toujours », nul corps visible ne saurait subsister pleinement sans sa Tête. Dès lors, il incombait à des clercs encore demeurés dans la fidélité, soutenus par quelques laïcs fervents, d’oser ce que Rome abandonnait.
Ainsi naquit la Chronique d’un concile méconnu : une assemblée réduite, certes, mais animée d’une ardeur que rien ne paraissait pouvoir contenir.
🌍 II. De la vacance à l’élection : acteurs et motivations
Si l’on veut saisir l’ardeur de ces hommes, il faut rappeler le contexte doctrinal de l’époque. Plus de trente années de vacance du Siège apostolique avaient alimenté une inquiétude théologique croissante. Les tenants de l’orthodoxie catholique, confrontés au « modernisme triomphant », ne pouvaient point demeurer dans une expectative indéfinie. La maxime salus animarum suprema lex résonnait alors comme un commandement impératif.
Parmi les figures qui prirent part audit conclave du 25 juin 1994, relevons les noms de Mgr José López Gastón, évêque issu de la lignée Thuc, l’abbé Emmanuel Korab — devenu ensuite Monseigneur —, ou encore un jeune sud-africain, Victor von Pentz, lequel devait bientôt se voir « imposer la tiare » sous le nom de Linus II.
Le choix d’Assise n’était point fortuit : en se rassemblant dans la cité du Poverello, les anti-conjurés entendaient opposer un acte de réparation aux abominations interreligieuses qui s’y étaient déroulées. Leur geste n’était pas seulement canonique, il était hautement symbolique : à la profanation du sanctuaire, ils opposaient une tentative de restauration de l’ordre divin.
Dès lors, la ferveur des présents, enflammée de la conviction que l’Esprit-Saint guidait leur entreprise, fut telle que l’élu n’eut apparement guère la possibilité de refuser... Ce fut sous les exhortations vibrantes de l’assemblée que Victor von Pentz, ébranlé peut-être mais consentant, accepta de « se charger du fardeau pontifical ».
👤 III. Linus II : l’élu invisible
Linus II, ou Victor von Pentz de son nom séculier, fut proclamé successeur de Pierre en la date du 29 juin 1994 par un groupe de catholiques dits « conclavistes ». Ce Sud-Africain, familialement irlandais et allemand, plutôt fervent que néo-converti, potentiellement issu de l’université de Witwatersrand et ancien? séminariste à la Fraternité Saint-Pie X, fut sacré au titre de légitime Pape dans une atmosphère de recueillement, au terme d’un processus que les participants estimaient conforme au droit divin et ecclésiastique dans un contexte certes « d’urgence ».
Roncalli Jean XXIII, Montini Paul VI et leurs successeurs sont considérés comme hérétiques notoires ayant apostasié la foi catholique. Linus II, par cette intronisation discrète, aurait été investi comme le « Vicaire du Christ en exil », souverain pontife dans l’ombre, tandis que Rome était tenue pour occupée ou vacante par une pseudo-hiérarchie dévoyée.
Toutefois, il ne revendiqua point la visibilité médiatique : refusant tout éclat public, « Linus II » s’effaça dans la contemplation et la discrétion, résidant vraisemblablement entre l’Allemagne, l’Angleterre et la France, parfois aperçu à l’abbaye de Flavigny ou chez des proches du mouvement dit sédévacantiste. On lui prête volontiers des lettres de noblesse, des messes discrètes, une ligne intransigeante mais charitable, et un soin inflexible à conserver la doctrine « antéconciliaire ».
Son existence reste nimbée de silence, et de controverse. Certains de ses fidèles disent encore qu’il incarne malgré tout le « Pape véritable » — « éclipsé », tel un saint Linus après saint Pierre — chargé de maintenir la lignée apostolique dans un monde déréglé — il l’est objectivement en revanche !
Parfois, il faut bien qu'il y ait des ratés tel le Concile de Pise,
pour que le Concile fructueux de Constance puisse avoir lieu !« Le 29 juin 1994, fête de saint Pierre, dans la chapelle attenante à l’hôtel Europa à Assise, sur le mont Subasio (lieu de naissance de saint François selon la tradition), des catholiques de plusieurs nations, clercs et laïcs, élurent comme pape le Révérend Père Victor von Pentz, de 41 ans, du rite byzantin de saint Jean Chrysostome. Il prit le nom de Lino II. »
— 🔹 Homero Johas, L’élection de Lino II (2013)
🕯 IV. Décrets fondateurs et mise en acte du « pontificat »
D’ailleurs, à peine élu, Linus II promulgua plusieurs « actes solennels », afin de fixer les fondements doctrinaux de son « règne ». S’inspirant des premiers décrétales des papes antiques, il fit dresser des textes appelés Declaratio de Fide, Ordo Romanus restauratus et Mandatum ad clerum. Ces décrets visaient à « rétablir la confession catholique intègre », la liturgie tridentine obligatoire, et la réhabilitation d’un enseignement traditionnel — bien que nous n’en soyons pas adepte, nous savons que ces contributions sont non entachées, contrairement aux « encycliques bergogliennes » !
Le Declaratio de Fide rappelle la condamnation de Vatican II comme conciliabule non catholique, l’invalidité des nouveaux rites (notamment les sacres de 1968), et proclame l’interdiction absolue de la communion avec la hiérarchie issue de Jean XXIII. Ce décret s’inscrivait dans la logique de l’excommunication des novateurs.
Le Mandatum ad clerum, quant à lui, exhortait les prêtres restés fidèles à la Foi de toujours à se reconnaître dans l’autorité de Linus II, leur ordonnant d’abandonner toute référence au Vatican officiel, de restaurer les paroisses refuges, et de former les jeunes au combat doctrinal.
Linus II institua également une Curie d’exil — composée de théologiens, anciens prêtres de la FSSPX ou de sédévacantistes préalablement isolés — chargée de conseiller spirituellement les « catholiques errants » et de publier des catéchismes conformes à la Tradition. Il publia des messages aux fidèles d’Europe centrale et de Russie, se présentant comme le Pasteur souffrant.
Ces actes, bien que confidentiels, furent diffusés dans des cercles relativement fermés, parfois traduits en latin. Ils formèrent une micro-juridiction ecclésiale, qui se voulait la matrice d’une restauration complète, lorsque Dieu rétablirait les temps propices.
Cette phase d’organisation canonique fut brève mais intense. Et si elle reste marginale aux yeux du monde, elle demeurerait, pour certains, l’unique vestige légitime de « l’Église visible en état d’éclipse ». Et sans vouloir lui donner grande légitimité, ces actes sont évidemment ce qu’il faudra faire — à l’exception du moins à court terme, de l’idée de création d’un « Collège des cardinaux ».
« Aujourd’hui, 29 juin 1994, en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, à Assise (Italie), la longue vacance du Saint-Siège, qui dura trente-cinq ans, huit mois et vingt jours depuis le décès de Pie XII le 9 octobre 1958, a été interrompue par l’élection par acclamation du Révérend Père Victor Von Pentz, âgé de 41 ans, né en Afrique du Sud en 1953, qui a pris le nom de Linus II.
L’élection s’est faite après neuf scrutins, selon le droit canon, l’enseignement des grands docteurs de l’Église et la bulle Cum ex Apostolatus Officio de Paul IV (1559). Les participants étaient des évêques, clercs et laïcs venus d’Afrique du Sud, de Nouvelle-Zélande, d’Angleterre, d’Allemagne, des États-Unis, de Cuba, du Mexique, du Brésil et d’Argentine, ainsi que des signataires d’adhésion provenant de France, d’Italie, d’Espagne et de Bolivie.« Nous annonçons cette nouvelle au petit troupeau, dispersé à travers le monde, et exhortons ces fidèles à manifester leur adhésion explicite au nouveau et véritable successeur de Pierre.
Les autres peuvent continuer dans leur liberté pour leur perte, selon l’expression de Grégoire XVI à propos de la liberté religieuse.
C’est pourquoi nous exhortons tous les catholiques à revenir à la Tradition catholique, aux doctrines et rites pérennes de nos ancêtres, et à rejeter l’hérésie, ses rites, et ceux qui les professent.
Le péché de schisme n’est pas moindre que celui d’hérésie, et place ipso facto son auteur hors de l’Église. Or hors de l’Église, point de salut. »— Assise, Italie, 29 juin 1994. »
👥 V. De l’élection au silence : repli et isolement
La suite du « règne » de Linus II plongea dans un silence quasi mystique. Aucun consistoire ne fut convoqué. Aucun cardinal n’y fut élevé. Loin des bruits de la Chrétienté visible, l’élu d’Assise adopta un mode d’existence proche de celui d’un anachorète ou d’un pontife martyr des premiers temps.
Il refusa enfin d’établir une présence hiérarchique organisée, de fonder un État ecclésiastique ou même de proclamer publiquement son autorité devant les fidèles dispersés.Nombre de ses soutiens initiaux se dispersèrent, déroutés par cette absence d’actes publics pérennes. Des groupes concurrents mais surtout sectaires ou hérétiques commencèrent à se multiplier, affirmant que Linus avait abdiqué par sa passivité, ou n’était que l’ombre d’un projet : l’accusèrent d’avoir renoncé sans bruit.
Pour d’aucuns, ce silence fut l’aveu d’un échec, prenant sa source en son élection précipité même. Cette phase de retrait alimenta nombre de spéculations : Linus aurait été empêché, isolé par les siens, voire découragé par la faiblesse des appuis.
Son existence se résuma, selon les sources, à quelques correspondances, deux ou trois voyages en Europe orientale, et une retraite prolongée dans un « ermitage monacal » plus ou moins mythifié.Le pontificat sombra dans ce que certains qualifièrent de « sede-eclipsa », une éclipse de l’Église visible, ou pas. Linus II ne s’est jamais publiquement défroqué ni explicitement renié son autorité. Mais son silence, aussi épais qu’une chape de plomb, resta comme un non-choix — ni renoncement, ni affirmation.
Le « Pape de l’ombre’ obtenu une poignées de fidèles qui se réduisirent à une poignée d’inconditionnels, de mystiques fervents et de marginaux éclairés. Sa trace, dès lors, fut plus spirituelle que juridique, plus mémorielle que pastorale, plus sectaire et invisible que véritable.
📋 Tableau récapitulatif des noms de cette « coalition internationale »
Participants finaux présents (12 au total : 6 clercs, 6 laïcs)
Nom Statut / Qualité Pays (tel que mentionné) Observations Mgr Thomas C. Fouhy Évêque Nouvelle-Zélande 86 ans Mgr Emmanuel Koráb Évêque République tchèque — Mgr José Franklin Urbina Aznar Évêque Yucatán, Mexique — Diacre José E. Chaves Diacre Mexique — Osvaldo Ancona Laïc Mexique — Père Victor von Pentz Prêtre Afrique du Sud — Mgr José López Gastón Évêque États-Unis (également mentionné comme José Ramón López-Gastón) Rudolf Gerstner Laïc Allemagne — Dr Elisabeth Gerstner Laïque Angleterre — Dr Homero Johas Laïc Brésil — Dr Roberto Gorostiaga Laïc Argentine — Ruth Johas Laïque — — - Les organisateurs ont indiqué que « beaucoup d’autres personnes » n’avaient pu venir (santé, finances, obligations), mais avaient envoyé des lettres d’adhésion, venues d’Italie, d’Espagne, de France, d’Allemagne, des États-Unis, d’Australie, d’Irlande, de Bolivie, etc. Homero Johas a écrit rétrospectivement qu’« une douzaine » d’autres personnes, bien qu’absentes, soutinrent activement l’élection, et il a expressément mentionné Mgr Pintonello parmi les soutiens, ainsi que Norwood, Main, Coomaraswamy et Tomás Tello Corraliza.
Personnalités absentesj, mais favorables
Nom Statut / Qualité Pays / Origine (tel que mentionné) Observations Mgr Arrigo Pintonello Archevêque (retraité) Italie Cité explicitement par Homero Johas comme soutien Mgr Harold Norwood Évêque Irlande du Nord Cité parmi « autres noms » favorables Mgr Michel Main Évêque France Id. Prof. Tomás Tello Corraliza Professeur Espagne Id. Dr Rama P. Coomaraswamy Médecin / universitaire États-Unis Id. Prof. Gabriel Petcoz Professeur Autriche Favorable (liste fournie) P. José von Zieglavner Prêtre Tyrol Favorable (liste fournie) P. Bruno Boury Prêtre France Favorable (liste fournie) M. M. Thum — Allemagne Favorable (liste fournie) Mlle Karim Neges — Autriche Favorable (liste fournie) Dr Hans Jürgen Bertram Docteur Allemagne Favorable (liste fournie) M. Leopoldo Rojas — Bolivie Favorable (liste fournie) ᛟ Frappe méthodique
Ainsi, cette aventure marginale à la fois ratée et inspirante, entre zèle salvifique et mutisme volontaire, offre un douloureux tableau. Et, en ce sens, il n’y a pas de conception de « vicaire invisible » ou douteux dans l’Église, que ce soit un « vrai Paul VI » ou « Victor ».
Ledit conclave d’Assise fut un geste audacieux, sans lendemain, mais il soulève de brûlantes questions contre toute conception acéphale de l’Église – mais l’on se doit de rejeter aussi : toute autorité clandestine, l’absence d’universalité ou l’illégalité canonique, ou encore le mutisme-abdication.
Ce récit de « concile avorté » n’a rien d’une fable et il renseigne sur l’âme d’un « catholicisme en crise », cherchant à raison une tête légitime pour son unité et son apostolicité, car l’Église, par nature, ne peut se savoir éternellement orpheline.
📚 Pour approfondissement
- Magnus Lundberg, The Invisible Pope: Linus II and the 1994 Assisi Conclave, Uppsala (2023).
- Homero Johas, La elección de Lino II (2013).
- Fundación San Vicente Ferrer – section Conclave.
- Cartas de Mons. Squetino — Ilustracion Divinia.
- Mystici Corporis Christi, Pie XII.
La Rédaction pugilistique lettrée
🥊 Nos articles de la Straße
Qu’est-ce que le conclave – Mgr Joseph Guthlin
FSSPX et arguments (?) FSSP du “ralliement” — face au droit romain “postconciliaire”
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