• FSSPX et arguments (?) FSSP du “ralliement” — face au droit romain “postconciliaire”



    Entre rupture de 1988, suppléance, confusion et évolution

  • Cartographie brûlante d’une fracture canonico-doctrinale
    entre fidélité, soumission et vacance de Siège...

    ⁂ Arène de droit ecclésiastique

    Ô lecteur averti,
    Voici une fresque aux éclats de sang, d’encre et de chrême.

    Un tableau déchiré, sur fond de liturgie tridentine, où les figures ecclésiastiques s’affrontent dans l’arène impitoyable du droit canon et de l’obéissance doctrinale. L’année charnière de 1988 — sacres « sans mandat » de Mgr Lefebvre —, demeure l’instant clef où l’histoire récente du catholicisme traditionnel s’est tragiquement scindée en trois courants antagonistes : Fraternité Saint-Pie X, Fraternité Saint-Pierre, et satellites sédévacantistes — dits conclavistes ou non.

    À travers ce récit, nous sonderons les ressorts canoniques brandis tel un glaive à double tranchant, les figures d’autorité mises en cause, et les positions de fidélité, s’approchent de la bonne ecclésiologie. L’heure n’est point à la compromission, mais au discernement, à rebours des cloisons de confort.

    En effet, si vous connaissez la critique sédévacantiste selon laquelle un « mauvais Pape » ou « Pape materialiter » ne peut être, car on ne traite pas un vrai Pape de la sorte, ou alors il n’est simplement pas Pape. Et quand il y a un vrai Pape, en effet, il n’est pas permis de lui résister, mais il faut lui obéir — Concile du Vatican, encycliques magistérielles, etc.

    Et bien cela est douloureux de l’écrire, mais la FSSP, bien que plus libérale, molle et bourgeoise, a tenu des arguments canoniques et ecclésiologiques à opposer à la branche dite lefebvriste plus dure – alors que cette dernière avait bien raison de l’être…!

    I.O. Ondes FM :

    N.B. : Si les premiers prêtres de la FSSP, aujourd’hui âgés, ont été ordonnés véritablement dans l’ancien rite, ses ecclésiastiques se raréfient comme peau de chagrin au fil des années…

    📿 Écône, Fribourg, Rome… et l’épine dans la tiare, non encore résolue...!

    ☧ Sémantique qui cogne

    SCHISME, subst. masc.
    « Séparation des fidèles d’une Église en matière de foi, de discipline ou de gouvernement. » [CNRTL – théologie]

    ÉPIKEIA, subst. fém.
    « Principe d’interprétation du droit permettant de déroger à la lettre d’une loi pour en respecter l’esprit en cas de nécessité. » [CNRTL – droit canon]


    ☩ Ancienne leçon létale

    « Nous déclarons, proclamons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut que toute créature humaine soit soumise au Pontife romain. »
    — Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 1302

    « Le Siège Premier n’est jugé par personne. »
    — Code de droit canonique de 1917, can. 1556

    « L’obéissance au Pontife romain est la preuve de la vraie foi ; si quelqu’un veut être reconnu fidèle et orthodoxe, qu’il s’empresse avant tout d’être en communion avec le Siège romain. » – et : « Nous lisons que le Pontife romain a jugé les prélats de toutes les Églises ; nous ne lisons pas que quiconque ait prononcé sentence contre lui. »
    — Léon XIII, Satis Cognitum, 1896

    « Ils marchent dans l’erreur périlleuse ceux qui pensent pouvoir accepter le Christ pour Chef en n’adhérant pas loyalement à son Vicaire sur la terre ; ils brisent les liens visibles d’unité… »
    — Pie XII, Mystici Corporis §41-42, 1943


    Σ Plan par manche

    💣 I. Le traumatisme de 1988 : récit d’un éclatement sous haute tension
    ⚖️ II. Deux juridictions, deux langages : quand la FSSP retourne l’arme du droit canon
    🧠 III. Le miroir sédévacantiste : vacance, limites canoniques, conclaves alternatifs
    🩸 IV. Une Église en hémorragie : prêtres, rites, fidèles et l’unité blessée ?
    Conclusion. Entre fidélité, désobéissance et usurpation

    + 2 TABLEAUX EN ANNEXE
    « Repères chronologiques » & « Foyer polémique : arguments canoniques comparés »


    De la fidélité contestée à la soumission équivoque : Rome, FSSPX, FSSP et le miroir sédévacantiste


    I. Le traumatisme de 1988 : récit d’un éclatement sous haute tension

    ⁂ Ô lecteur,
    Nous voici transportés en cette année décisive, le 30 juin, où Mgr Lefebvre, ferme en sa volonté, sentit venir l’orage, et voulait que la Tradition survivre, procéda à des consécrations épiscopales. Ce même geste entraîna la prétendue excommunication moderniste « latae sententiae » dès le 2 juillet.

    Dans un geste, il se joua la carte de l’épikeia : nécessité de sauvegarder la Tradition, indiquant que l’Église supplée : pour le Salut des âmes, et contre ce qu’il dénonçait comme la dilution moderniste de « Vatican II ».

    Citations du combat de Mgr Lefebvre :

    Date & contexte Paroles exactes
    Lettre aux futurs évêques (29 août 1987) « Le principal but de transmettre l’épiscopat est que la grâce des ordinations sacerdotales continue, pour que continue le véritable Sacrifice de la Messe… Demeurez fidèles à la transmission de cette foi pour qu’arrive le Règne de Notre-Seigneur. » (fatima.org)
    Conférence aux prêtres en retraite (4 sept. 1987) « Si je consacre des évêques, je les consacrerai exactement dans la même intention… Il est impossible que Rome demeure en dehors de la Tradition indéfiniment ; quand le Pape y reviendra, il devra s’appuyer sur ceux qui l’auront gardée vivante. » (lacriseintegriste.typepad.fr)
    Sermon des sacres épiscopaux, Écône (30 juin 1988) « Nous accomplissons aujourd’hui l’opération “survie de la Tradition”.Il n’est pas question pour nous de nous séparer de Rome ni d’établir une sorte d’Église parallèle ; mais, sans évêques, le sacerdoce et les sacrements disparaîtraient. » (fatima.org)
    Homélie des sacres, Écône, 30 juin 1988 « Aujourd’hui, cette journée, c’est l’opération survie ; et si j’avais continué les accords signés avec Rome, j’aurais fait l’opération suicide. » ([laportelatine.org][1])
    Même homélie, juste après l’explication précédente « Nous sommes dans le cas de nécessité : il faut venir au secours de vos âmes ; voilà pourquoi nous sommes dans l’obligation de sacrer ces évêques. » ([laportelatine.org][1])
    Instructions aux supérieurs, Écône, 4 juillet 1988 « Les évêques n’ont aucune juridiction propre ; la juridiction est donnée — par le cas de nécessité où se trouvent les fidèles. » ([fsspx.news][2])

    N.B. : L’avènement destructeur de Vatican II était si peu perceptible au départ que, paradoxalemetn ou non, moult figures nationalistes, devant cette « crise de l’autorité visible de l’Église », n’y verront que du feu : Léon Degrelle, Jacques Ploncard d’Assac, etc.


    II. Deux juridictions, deux langages : quand la FSSP retourne l’arme du droit canon

    En effet, dès le 18 juillet 1988, douze prêtres issues de la FSSPX, choisirent de s’attacher au « Siège apostolique moderniste » : ainsi naquit la FSSP.

    Avant la foi, la FSSP fit d’abord parler le « droit » : usage loyal et encadré du missel de 1962, acceptation de Vatican II « à la lumière de la Tradition » (sic), sans remise en cause dogmatique, tout en restant à la périphérie du Vatican. Tandis que la FSSPX, elle, persistait dans le registre du conflit juridique ouvert.

    N.B. :

    • Si la FSSP a des arguments d’autorité pour elle, elle se leurre surtout en prenant pour vrai Pape ce qui ne l’est pas.
    • La FSSPX, quant à elle, prétend pouvoir désobéir à un (faux) pape qu’elle reconnait — mais c’est aussi ce qui la préserve toutefois des évolutions modernistes.

    III. Le miroir sédévacantiste : vacance, limites canoniques, conclaves alternatifs

    La thèse Sede vacante du père Saenz y Arriaga affirme la vacance du Siège romain depuis 1958 ; toutefois, retenue seule, elle se heurte au principe d’Indéfectibilité de l’Église laquelle doit durer de façon visible, avec une autorité concrète, jusqu’à la fin des temps, promesse christique s’il en est.

    De même, la FSSP dans son erreur, tend un difficile miroir à la FSSPX « non ralliée » : l’absence de ministère universel canonique ou encore d’unité visible.

    Ainsi, faut-il défendre tant la Foi catholique que la Divine constitution de l’Église. Autrement nous sommes incomplets, et nous laissons le champ à l’erreur, à nos ennemis.

    Quand on constate le problème du Siège vacant, on y trouve sa solution à la fois divine et « naturelle » : soit le fait de retrouver une juridiction ordinaire par l’élection universellement acceptée d’un Pape suite à la tenue d’un Concile général imparfaitconclavisme est mal choisi car il n’y a plus de cardinaux traditionnels, et conciliarisme ne convient pas, étant une hérésie de type gallicane.

    Toutefois, cela va également à l’encontre certains groupes sectaires qui se prévalent de conclaves domestiques ou privés — Pope Michael, Église palmarienne — qui, pour élire un « pontife alternatif » ignorent le bons sens, ainsi que la doctrine catholique.


    IV. Une Église en hémorragie : prêtres, rites, fidèles et l’unité blessée ?

    1988 provoqua une onde de choc à ce qu’il convient de nommer — sobriquet oblige — non sans dérision le Tradistan.

    Aujourd’hui nous tenons presque 800 prêtres validement ordonnés (ou séminaristes) à la FSSPX — sans compter la CMRI par exemple, approchant la centaine — pour 400 à la FSSP, mais avec des statuts ecclésiastiques, liturgiques et doctrinales demeurent hautement douteux – usage hétérogène du missel Paul VI, formation inégale, fidélité variable, ralliement aux non-autorités modernistes.

    L’ensemble des fidèles au moins d’intention catholique dérivent vers une fragmentation entre diocèses dégénérés, « juridicité rassurante » de la FSSP, et radicalité combative de la FSSPX — ou de la fidélité williamsonienne — 50 prêtres environ dans le monde —, ou bien vers les groupes dits sédévacantistes ! Il faut que cela cesse sociologiquement parlant.

    Plus que jamais, l’ennemi n’est point dans la tradition, mais dans sa désarticulation sans fondement doctrinal.


    🛎 Sentence par KO omnidirectionnel
    Entre fidélité, désobéissance et usurpation

    Que reste‑t‑il donc du droit et de la foi ?

    • Le combat ecclésial qui se joue depuis 1988 n’a point accouché de paix, mais d’un désordre méthodique : les uns, nostalgiques d’un passé inébranlable, s’arment d’épikeia ; les autres, cédant à la peur du vide institutionnel, pactisent avec l’ennemi par calcul. La confusion actuelle n’est pas simplement le fruit de l’émotion ou du zèle, mais la résultante de positions floues, mal définies.
    • En conclusion, l’irruption d’arguments théologiques et ecclésiologiques dépassent les querelles d’apôtres. La FSSPX, au nom de l’épikeia, a, certes, défié une autorité non légitime, mais fragilisé sa légitimité propre, en assumant pas toute l’autorité requise, notamment en visant à réunir universellement les évêques restés fidèles.
    • En définitive, la référence au Droit canonique doit être celui de 1917, et plus encore celui observé lors du dernier véritable Pape, soit Pie XII trépassé en 1958. Ceux qui n’ont pas cet esprit s’approche doucement mais sûrement — sinon dangereusement… — du schisme doctrinal et mental.
    • La vérité catholique, quant à elle, ne saurait se contenter de demi-mesures : soit le Siège est occupé, et l’obéissance s’impose ; soit il est vacant, et l’Église doit se relever en ordre. Le reste n’est que tergiversation, perte de temps, illusions de chambre.

    Post-Scriptum : On ne bâtit pas l’unité sur la duplicité… Le droit canonique — non postconciliaire évidemment —, contient parfois des armes qu’il faut manier avec prudence, mais qu’il ne faut point négliger.

    La Rédaction intégrale et organique


    Repères chronologiques 📚

    Année Événement clef Portée canonique et doctrinale
    1970 Fondation de la FSSPX (Écône) par Mgr Lefebvre, approuvée ad experimentum par l’évêque de Fribourg. Statut de piété publique ; Mgr Lefebvre entend préserver la liturgie de 1962 et l’enseignement anté-conciliaire. (en.wikipedia.org)
    1975 Retrait de l’approbation diocésaine et suspension a divinis de Mgr Lefebvre. Rome invoque le canon 334 (1962 CIC) ; la FSSPX dénonce une « persécution moderniste ».
    30 juin 1988 Consécrations épiscopales d’Écône (Fellay, de Galarreta, Tissier de Mallerais, Williamson). Canon 1382 CIC 1983 (consécration sans mandat) ; excommunication latae sententiæ déclarée par Ecclesia Dei adflicta (2 juil. 1988). (vatican.va)
    18 juil. 1988 Naissance de la FSSP : douze prêtres quittent la FSSPX pour rester unis au Siège apostolique. Société de vie apostolique de droit pontifical (canon 731) (en.wikipedia.org)
    2007 Motu proprio Summorum Pontificum (Benoît XVI). Reconnaît le missel de 1962 comme « forme extraordinaire ».
    24 janv. 2009 Levée de l’excommunication des quatre évêques FSSPX. Remissione excommunicationis ; ouverture d’un dialogue doctrinal sans régularisation immédiate. (vatican.va)
    2016-2017 Juridictions suppléées : absolutions (2016) puis mariages (2017) confiés aux prêtres FSSPX par le Pape François. Application du canon 144 (« Ecclesia supplet ») dans un cadre pastoral. (sspx.org, en.wikipedia.org)
    16 juil. 2021 Motu proprio Traditionis Custodes : restriction générale du rite de 1962. Les évêques reçoivent compétence exclusive ; tensions accrues. (apnews.com)
    11 févr. 2022 Décret papal spécial en faveur de la FSSP : exemption de Traditionis Custodes pour la Fraternité. Confirmation de l’usage intégral des livres de 1962. (fssp.org)
    2024-2025 Visite apostolique de la FSSP (sept. 2024) ; décès des évêques Huonder et Tissier ; perspective de nouvelles consécrations FSSPX. Question de la succession épiscopale et de la régularisation globale encore pendante. (en.wikipedia.org)

    Foyer polémique : arguments canoniques comparés

    Question Position FSSPX Position FSSP Rome depuis 1988
    Sacres 1988 Licites par état de nécessité (c. 1323 §4) Illicites ; rupture objective Schisme formel, excommunication latae sententiae (mais remise 2009) (vatican.va, vatican.va)
    Juridiction sacramentelle Ecclesia supplet ; mission salus animarum (c. 1752) Déléguée par le Siège apostolique ou l’ordinaire Confession/mariage validés ad casum pour la FSSPX (2016-17)
    Liturgie de 1962 Droit imprescriptible de « messe de toujours » Droit concédé par la Ecclesia Dei (1988) puis confirmé (2022) Usage restreint par Traditionis Custodes hors exceptions
    Vatican II Documents « entachés d’erreurs non infaillibles » Acceptation herméneutique de continuité Enseignement pastoral valide, non négociable
    Autorité pontificale Reconnaît la fonction, conteste l’usage Pleine soumission Primauté et obéissance intégrales

    🥊 Nos articles de la Straße

    Qu’est-ce que le conclave – Mgr Joseph Guthlin

    Deux cardinaux, deux conclaves, deux mondes : veto impérial contre Rampolla ? Fumée blanche et thèse Siri ?

    Réforme de la Semaine Sainte de Pie XII – Père Lavery (CMRI)

    La dérive anesthésique révélée au grand jour ? Un sermon “sous péridurale”, unité sans colonne ?

    La Congrégation de Marie Reine Immaculée (CMRI)

    Lettre de son excellence Monseigneur Moïsés Carmona Rivera au “conciliaire” Monseigneur Fidel Cortés Pérez

    Réquisitoire distinguant l’évolution interne entre vétéro-guérardien et néo-guérardien

    Lex credendi, lex operandi, lex vivendi

    De Laínez à Pie XII, la source de toute juridiction — for interne/externe et continuité

    De Cassiciacumiste à Vaduz : l’itinéraire “rallié” de l’abbé Bernard Lucien

    Un Concile se légitime aussi avec « universalité et publicité »

    De quand daterait la vacance effective du Saint-Siège ?


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