• Lettre à quelques évêques & Mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983) — Abbés Lucien et de Blignières, Mgr Guérard des Lauriers



    Canevas des errements post-conciliabulaires et réaction cassiciacumesque

  • ✝️ — Manifeste pour l’unité de l’Église, contre les faux schismes — 🛡️

    ⁂ Arène scripturale

    À cette époque, en effet, il était encore possible de vouloir récupérer les indécis, ayant commencé à suivre la Rome moderniste. Et ils sont rares ces documents du combat traditionaliste non lefebvriens dans l’histoire européenne. Penchons-nous donc sur un document « deux en un » pour aujourd’hui (notamment dans la section citation et en chapitre IV).

    Effectivement, il s’agit d’un opuscule collectif de la direction de Mgr Guérard des Lauriers, avec deux prêtres (ex ?) guérardiens distincts — le P. Louis-Marie de Blignières et l’abbé Bernard Lucien. L’ouvrage réunit deux textes adressés à « l’Épiscopat romain » :

    Lettre(s) à quelques Évêques sur la situation de la sainte Église ;
    Mémoire sur certaines erreurs actuelles,
    suivis d’une Annexe « sur l’opposition entre Vatican II et l’encyclique Quanta cura ».

    Ainsi donc, le « Mémoire sur certaines erreurs actuelles » est en quelque sorte la seconde partie de ce volume. Édité à Paris (janvier 1983) par la Société Saint-Thomas d’Aquin (21, bd Lannes, 75116 Paris), l’ensemble compte 127 pages (format env. 22–23 cm). Les notices de bibliothèques relèvent les ISBN 2-904406-06-9 et 2-904406-00-X selon les exemplaires. Bibliothèque des Dominicains Médiathèques Saint-Étienne Librinlinea

    Ô lecteur studieux, toi qui t’en viens, plume au clair, débroussailler les méandres d’une controverse dont le seul nom fait geindre les vauriens et soupirer les clercs — garde-toi de toute mégarde ! Devant nous s’étale un ring quadrillé, hérissé d’arêtes dogmatiques : d’un côté, la thèse de Cassiciacum, tel un lutteur bardé de syllogismes (de Blignières) ; de l’autre, l’« ancien » sevré d’absolu, aujourd’hui rallié (« formaliter ? ») au siège vaticanais (Lucien)…

    Nous voici donc sommés d’examiner la « mince mais dense » brochure des abbés Lucien et de Blignières (probablement rédigée sous la direction voire la participation fut-elle lointaine de Mgr Guérard des Lauriers, car s’il n’en fut pas le rédacteur officiel, sa « Thèse de Cassiciacum » y sert de soubassement constant) — cent vingt-sept pages brèves comme une estafilade, où ladite Lettre à quelques évêques précède ce Mémoire sur certaines erreurs actuelles : deux textes soudés en un manifeste de combat, avant de servir, paradoxe savoureux, de tremplin vers le ralliement moderniste romain… (bibliotheque.dominicains.fr)

    Et s’il n’y a rien à redire de leur défense de la foi contre le faux oecuménisme, par exemple, que l’on bande donc les muscles de l’intellect : l’heure est venue de dissiper le brouillard des sophismes, de distinguer le métal pur de l’alliage frelaté, d’opposer, sous la voûte de la Tradition, la sapience au fatras des opinions téméraires : l’orage théologique gronde, les gants claquent !

    🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia « Anatomie d’une crise & manifeste contre les faux schismes ? »

    Capsule audio disponible ici

    ☧ Sémantique qui cogne

    Bloc-notes terminologique comme aide-mémoire :

    Rallié
    Dans le langage ecclésiastique contemporain : clerc ou fidèle ayant quitté une position de résistance ou de rupture pour se soumettre publiquement à l’autorité romaine dite post-conciliaire, parfois sans renier totalement toutes ses critiques antérieures (IBP).

    Sede vacans
    État d’un siège apostolique ou épiscopal réellement vacant : le titulaire est mort, est faux, a démissionné ou a été déposé, et aucune personne ne le remplit légitimement.

    Sede impedita
    Siège légitimement pourvu mais empêché : l’évêque ou le pape ne pourrait exercer ses fonctions à cause d’un obstacle externe (emprisonnement, contrainte, isolement, empêchement politique ou physique) – mais outre cette véritable notion du siège empêché, ici l’on pense à la thèse guérardienne.

    Censura theologica
    Qualification doctrinale donnée par l’autorité ou par des théologiens qualifiés à une proposition jugée contraire, ou dangereuse pour la foi et les mœurs ; elle se décline en degrés : haeretica, erronea, temeraria, male sonans, etc.

    Subsistit in
    Formule proprement hérétique de Vatican II (Lumen gentium 8) affirmant que l’unique Église du Christ « subsiste » dans l’Église catholique : la plénitude de ses moyens de salut se trouverait en elle, tout en reconnaissant, comble du paradoxe, que des éléments partiels de sanctification existent en dehors de sa structure visible, dans les fausses religions.

    ☩ Ancienne leçon létale

    I. Censures portées contre Lumen gentium 15 et Unitatis redintegratio 3

    « Telle qu’elle est, captieuse, favorisant l’hérésie sur la nature de la communion surnaturelle qu’établissent la Foi et la Charité ; en tant qu’elle attribue à tous les chrétiens séparés de l’Église catholique ce qui ne peut se dire que de ceux – connus de Dieu seul – qui possèdent la Foi surnaturelle et demeurent unis à l’Église par un vœu implicite : hérétique. » (Sodalitium)

    II. Condamnation dudit décret Orientalium Ecclesiarum 27

    « En tant qu’elle admet aux Sacrements de l’Église catholique, signes visibles et cause de son unité, des personnes visiblement séparées de cette Église : ruineuse pour l’unité catholique, contraire à la nature des Sacrements, favorisant de fait l’erreur des dissidents quant à la nécessité de l’agrégation au Siège romain. » (Sodalitium)

    III. Réquisitoire contre l’audience générale du 21 mai 1980 (Wojtyla alias Jean-Paul II)

    « Telle qu’elle est, erronée, favorisant l’hérésie de l’indifférentisme ; en tant qu’elle “réduit à une vaine formule la nécessité d’appartenir à l’Église pour parvenir au salut éternel” : hérétique. » (Sodalitium)

    IV. Synthèse de la partie « Église » du Mémoire (pp. 23-35)

    « On ne peut affirmer que l’“Esprit du Christ (…) ne refuse pas de se servir des communautés séparées comme de moyens de salut” (UR 3) : c’est là méconnaître que ces dites communautés, loin d’être instruments de salut, sont “instruments de perdition”, puisqu’elles maintiennent leurs fidèles loin de la seule Arche du salut qu’est l’Église catholique. » (Sodalitium)


    Attribution précise

    Partie Auteur(s) attesté(s) Pagination Observations
    Lettre introductive aux évêques Guérard des Lauriers O.P. p. 1-22 Exposé historique et canonique de la crise
    Mémoire : « Sur certaines erreurs actuelles » Abbés de Blignières & Lucien p. 23-71 Deux sections : De hominis dignitate & De Ecclesia
    Annexe : opposition entre Vatican II et Quanta cura Abbé Bernard Lucien (principal rédacteur) p. 73-117 Tableau synoptique des propositions condamnées

    Mentionnons ici l’extraordinaire courage doctrinal de Mgr Antonio de Castro Mayer donnant valeur aux documents susmentionnés en y apposant sa « signature épiscopale ». Mais aussi, dans la même séquence chronologique, le 21 novembre 1983, Mgr de Castro Mayer co-signa avec Mgr Marcel Lefebvre une « Lettre ouverte à Jean-Paul II », publiée dans Fideliter n°36 (nov.–déc. 1983), ce qui manifeste sa convergence en tout cas, avec l’entreprise de critique des « erreurs actuelles ». LaPorteLatine

    Σ Plan par manche

    Émoji Numéro Intitulé prévu
    🛠 I Genèse & présupposés de la thèse de Cassiciacum
    🕳 II La distinction materialiter/formaliter : critique métaphysique
    ⚖️ III Pontificat & visibilité de l’Église
    🔍 IV Lecture commentée du Mémoire sur certaines erreurs actuelles
    🕊 V Vers une réconciliation intégrale : notes
    🔔 Sentence par KO Conclusion martiale & appel à la fidélité
    Prévoir arguments, objections, répliques, citations scolastiques et exemples historiques

    🛠️ I — Genèse & présupposés de la thèse de Cassiciacum

    Au crépuscule du XXᵉ siècle, tandis que maints fidèles se trouvait ahuri devant la transmutation Vatican II depuis les années 1960, le Révérend Père Michel-Louis Guérard des Lauriers – Mgr Thuc le sacra le 7 mai 1981, à Toulon – lança, tel un javelot métaphysique, sa thèse de Cassiciacum (1978 ; publiée l’année suivante dans les Cahiers éponymes). Elle tenait en une formule lapidaire formaliter : le Pontife régnant posséderait la matière du pouvoir, non sa forme, l’autorité défaillant par contagion d’erreurs sur la foi et la doctrine ; d’où le nom de sede-privationnisme.

    L’enjeu, déjà, n’était point mince : préserver l’indéfectibilité de l’Église sans cautionner les nouveautés contraires au magistère pérenne. Pareille œuvre, éclose au rythme vespéral d’une époque blessée, séduisit nombre de clercs lassés de ne pouvoir lier leur créance à la fois au Droit canon wojtylien et à l’orthodoxie de toujours.
    L’abbé Bernard Lucien, futur co-auteur du Mémoire sur certaines erreurs actuelles, s’y rallia promptement, y voyant l’ultime rempart contre le relativisme. Cependant, ce fragile échafaudage, bâti sur le double pilier thomiste materia-forma, portait en germe une fissure : comment un moindre pouvoir matériel pourrait-il subsister indéfiniment sans la forme qui le spécifie ? Le temps le révèlera, cette béance devint béante.

    On prétend sauver le dogme d’Indéfectibilité en « intégrant » une hiérarchie materialiter moderniste au sein de la véritable Église du Christ :

    « Les notules du présent numéro font connaître quelques réactions provoquées par la thèse du P. GUÉRARD des LAURIERS, publiée dans notre premier numéro (pp. 5-111). Il est cependant un point qui appelle une exposition plus détaillée. Il s’agit de la qualification doctrinale de cette thèse. En effet, plusieurs n’ont pas assez remarqué qu’il fallait, à ce point de vue, distinguer entre le FAIT et le COMMENT.

    Le FAIT: Paul VI n’était pas Pape formellement. (Et ses successeurs ne le sont pas tant qu’ils ne se désolidarisent pas de lui).

    Le COMMENT: Paul VI n’était pas Pape formellement, parce que d’une manière habituelle il n’avait pas l’intention de réaliser le Bien de l’Eglise; on doit pourtant affirmer qu’il était pape matériellement, car on ne peut prouver qu’il ne l’était pas. »

    — Abbé Bernard Lucien (?), « La situation de Paul VI devant la doctrine catholique », Cahiers de Cassiciacum, Supplément au n° 2, p. 4.


    🕳️ II — La distinction materialiter / formaliter : critique métaphysique

    Quand bien même le raisonnement se pare des atours d’Aristote ou de saint Thomas, il convient de l’examiner au scalpel. L’être, enseignait le Philosophe, ne se divise point en matières flottantes et formes évaporées ; l’un sans l’autre se réduit au néant.
    Or la thèse isole la matière-pape qui subsisterait — « l’élu canoniquement désigné » — d’une forme-autorité disparue. Cette dissection, à rebours du réalisme thomiste, engendre une chimère horrifiante : un Pontife-zombie, visible mais inapte à régner.

    De surcroît, s’il en était encore besoin, l’argument s’appuie sur une analogie bâtarde entre substance naturelle et office surnaturel : l’âme informe le corps simpliciter, alors que la grâce d’état, soit elle est, soit elle s’évanouit. Introduire un entre-deux, c’est ourdir un tiers-état ontologique sans précédent, un mirage scolastique, hautement captieux.
    Les tenants de Cassiciacum, sûrs de leur trouvaille, défendant encore bien l’infaillibilité pontificale, durent néanmoins concéder que l’indéfectibilité de l’Église se trouvait amputée de son visage visible (zombifié) ; contradiction première qui sera décelée plus tard avec des « clercs thuciens » non guérardiens. (archive.org)

    En vérité, refuser d’accorder la forme revient à nier l’acte même d’élection, car « Ubi Petrus, ibi Ecclesia ». La thèse, en voulant sauver la barque, la scie par le fond ; et le sola materia n’est qu’un radeau percé…

    • À la limite, lorsque l’assemblée qualifiée désigne un Pape, on peut dire ce dernier materialiter tant qu’il n’a pas répondu, en acceptant sa charge effective, la rendant « formelle » ?
    • De même, le « Siège empêché » serait plutôt un Pie VII fait prisonnier par Napoléon 1er, ou encore quand Pie IX fut encerclé par les révolutionnaires italiens.
    • Soyons plus dans la lancée du grand canoniste saint Robert Bellarmin… !


    ⚖️ III — Pontificat & visibilité de l’Église

    L’Église, société hiérarchique par excellence, requiert un chef actuel et public, bien que la « vacance prolongée » n’ait pas de durée limite. Le Concile du Vatican proclama, dans Pastor aeternus, que la primauté pétrinienne est « perpétuelle » et « visible » ; sans quoi la multitude des fidèles serait livrée à la déperdition et au tumulte. La thèse contrevient à ce principe en postulant un Pontife-zombie insaisissable quant à l’acte de gouvernement. Cercle vicieux, ou plutôt vortex qui engloutit la notion même de juridiction, de Papauté, d’Épiscopat.

    Ainsi, la séparation materialiter/formaliter s’écroule ; le Pontife est entier ou n’est pas. Que des actes contestables surgissent de la part de la Rome moderniste, nul ne l’ignore. Pourtant la Providence n’abandonne jamais son gouvernail ; elle suscite, plutôt qu’un siège éclopé…, des confesseurs de la Vérité qui exhortent, instanter, les évêques fidèles à redresser la barre, et à retrouver un Pape afin de retrouver unité et de pouvoir statuer.


    🔍 IV — Lecture commentée du Mémoire sur certaines erreurs actuelles

    Le Mémoire se présente comme une censura theologica au fil affûté. Quatorze propositions, extraites surtout de Dignitatis humanae, Lumen gentium et Unitatis redintegratio, sont épinglées, chacune suivie d’un verdict gradué bien trouvé : haeretica, erronea, temeraria, offensiva piae aurium.

    L’armature scolastique tire parti de saint Thomas, de Quanta cura (Pie IX) et de Mystici Corporis (Pie XII), plaçant le lecteur devant un faisceau de contradictions soulevées.

    1. Liberté religieuse : le droit civil universel est tenu pour contradictoire aux devoirs étatiques envers la vraie religion.
    2. Subsistit in : dilution de l’unicité ecclésiale dans une communion floue.
    3. Œcuménisme : relativisation de la note d’unicité.
    4. Collégialité : soupçon fondé d’érosion de la primauté pontificale.
    5. Dialogue inter-religieux : neutralisation de la mission ad gentes.

    Les abbés, plume altière, concluent par une annexe où les alinéas de Quanta cura sont mis en vis-à-vis des passages de Dignitatis humanae, dans une mise en lumière, celle d’une l’opposition formelle, juste, à ces erreurs dites concilaires.

    Nous nous retrouvons dans la critique (anti-modernisme) et saluons l’effort, mais non dans la « solution proposée » (guérardisme), ainsi, au fil des pages, surgissent quelques failles. À mesure que nous tournons les feuillets, l’argument-massue révèle ses nervures fragiles ; et l’on devine déjà, sous la cuirasse polémique, la duplicité d’un raisonnement soit qui accuse sans toujours prouver, soit qui propose un « faux-Pape vrai matériel ».

    Niveau Exemple conciliaire Appréciation révisée Ratio
    Gravissime (haeretica?) Droit civil universel à l’erreur (lecture maximaliste de DH § 2) Erronée mais non formellement hérétique : la dignité humaine y est définie de façon matérielle Le texte réserverait l’ordre moral et le bien commun.
    Sérieux (erronea) Subsistit in entendu comme pluralisme d’Églises Ambiguë : requiert interprétation autorisée Prétendue absence de rupture explicite avec Mystici Corporis.
    Moyen (temeraria) Dialogue inter-religieux généralisé Opinio inopportuna Risque pseudo-pastoral, ou défection doctrinale directe.

    Voici quelques conflits traditionalistes-lefebvristes à connaître, mais que nous ne partageons pas davantage :

    Thème censuré Document visé Brève critique Réf. secondaires
    Liberté religieuse entendue comme droit civil universel Dignitatis humanae § 2 Contredit la doctrine classique sur le devoir des États envers la vraie religion (fsspx.org)
    Nouvelle ecclésiologie du “subsistit in” Lumen gentium 8 Dilution de l’unicité de l’Église dans une « communion » plus large (fsspx.org)
    Œcuménisme “de communion” Unitatis redintegratio Assimilé à une relativisation de la note d’unicité (laportelatine.org)
    Collégialité épiscopale conçue comme pouvoir ordinaire Lumen gentium 22 Suspect d’affaiblir la primauté de juridiction du Pontife romain (archive.org)
    Dialogue inter-religieux Nostra aetate Présenté comme une « neutralisation » de la mission (archive.org)


    🕊️ V — Vers une réconciliation intégrale : notes

    Nous touchons ici le cœur battant de l’affaire. La route menant d’Avrillé à Rome (clown) fut longue : en 1988, l’abbé de Blignières publia sa Retractatio, confessant les limites de la thèse materialiter/formaliter et embrassant, presque avant l’heure, et non sans grande douleur apparente, l’herméneutique de la réforme dans la continuité

    En effet, sous les voûtes de la « Curie », le 22 décembre 2005, Ratzinguer alias Benoît XVI diagnostiqua sa version de la crise : deux lectures de Vatican II s’affrontenteraient ; l’une, décapante, de la rupture ; l’autre, de la « réforme dans la continuité ». (vatican.va, crc-resurrection.org) Le camp lefebvrien relativement, et celui cassiciacien adopta, dès l’origine, l’herméneutique de la discontinuité, mais en donnant crédit à la subversion romaine par le pouvoir d’élire et de transmettre une hiérarchie.

    Quand on finit par rejoindre son Église materialiter... !

    Ainsi pourrons-nous, loin des schismes de poche, surmonter les mécomptes et retrouver la vigueur baptismale d’une obéissance non seulement à la foi et à la doctrine, mais aussi à l’actuelle autorité légitime, qui par la défection romaine moderniste puis la dévolution subsidiaire de l’autorité, réside désormais chez les évêques de Tradition, les mieux avisés au premier chef.


    🛎 Sentence par KO

    Le gong retentit, l’arène s’emplie d’effluves de poudre et de cire d’autel ; les flambeaux vacillent. La thèse de Cassiciacum, agitatrice, rouge de colère formaliter, chancelle sous les crochets conjugués de la métaphysique et du droit divin.
    Devant « nos anciens ralliés », épée au poing, assène la frappe finale : nul Pontife “matériel” ne saurait subsister sans l’autorité “formelle”, pas plus qu’un cadavre n’est un homme.

    Dès lors, le Mémoire en général, précieux témoignage historique, et en grande partie bonne réfutation des modernistes au nom de la foi, doit être relu comme un avertisseur d’incendie, non comme une démolition des fondations.

    Chers lecteurs, aux armes… spirituelles ! Quiconque chérit la Vérité ne la trahit pas en fuyant la barque, sinon en prenant celle du soutien présumé à saint Pierre, en souhaitant que le Siège soit véritablement pourvu. Tel est le nôtre, dernier uppercut : demeurer dans la maison, réparer le toit, et laisser la tempête aux portes.

    • Nous ne pouvons tabler sur l’hypothèse d’un « pontife zombie » ni élaborer des réactions fondées sur ce postulat entre Foi et Autorité, position intermédiaire bancale entre le lefebvrisme et la sédévacance, qui revient à « faire le jeu » de la Rome moderniste…
    • Un document à paraître abordera, dans le détail, les critiques anti-guérardiennes du Vatican moderniste aux lignées thuciennes, en passant par les courants dits conciliaires-conservateurs, les traditionalistes lefebvriens et les sédévacantistes dits officiels.

    📚 Pour approfondir

    • Abbés Lucien & de Blignières, Lettre à quelques évêques sur la situation de la sainte Église suivie du Mémoire sur certaines erreurs actuelles, Société Saint-Thomas-d’Aquin, 1983, 127 p. (bibliotheque.dominicains.fr)
    • B. Lucien, « La liberté religieuse à Vatican II », Sodalitium, 1986. (academia.edu)
    • L.-M. de Blignières, « Retractatio de la thèse cassiciacienne », Fideliter, 1989.

    La Rédaction


    🥊 Nos articles de la Straße

    Définitions modernes et babélisme : un “anticonclavisme” entre Palmar et Guérard ?

    De Montini Paul VI à Wojtyla Jean-Paul II : la messe dominicale anticipée du samedi soir

    De Cassiciacumiste à Vaduz : l’itinéraire “rallié” de l’abbé Bernard Lucien

    Pourquoi l’Église convoque-t-elle des conciles ? Les Sièges vacants ipso facto et les conciles généraux parfaits et imparfaits

    “Papes conciliaires 5/6”, Joseph Ratzinger alias Benoît XVI, théologien du semi-conservatisme dans la lignée de Vatican d’eux

    L’herméneutique de la continuité de Ratzinger : chimère “conservatrice”

    En 1991, FSSPX et Mgr Rangel à Campos : quand Mgr Tissier de Mallerais sacra un évêque, mais lequel se rallia à la néo-Rome une décennie plus tard ! — Le Sel de La Terre

    Le C.I.P. (Coetus Internationalis Patrum), ultime phalange antimoderniste à Vatican II, et ce que sont devenus ses promoteurs

    Vatican II : le sceau pseudo-papal et la contestation traditionnelle minoritaire, puis l’hiver des “vocations modernistes”

    En quoi le catholique argentin Nimio de Anquín se distingua-t-il comme thomiste, révolutionnaire-conservateur et pro-fasciste ?

    1962 et ses suites, aux origines préventives du constat Sede vacante – les combats du père Saenz y Arriaga

    Praxis Mgr Lefebvre-FSSPX, de la fondation à nos jours : relations houleuses avec la Rome-clown post-Vatican II

    FSSPX : exclusions et départs à motifs variés dans son histoire et leurs suites entre Ralliés, Résistance, et Sede vacante

    Révolution rouge, utopie de Mai 68, Néo-Rooseveltisme et Ministres arc-en-ciel : l’Occident 2.0 avec minorités visibles, des arcanes soviétiques aux cabinets progressistes macronistes

    Le gauchisme, ce rejeton 2.0 difforme du communisme — Vladimir Ilitch Lénine

    “𝕿rès bon auteur, très mauvais éditeur”, passe d’armes entre l’abbé Francesco Ricossa (Sodalitium) et Bruno Saglio (ESR)

    Appel vibrant au soutien de notre plate-forme : le nerf de la guerre — Intégralisme Organique

    🎙️ Papes Vatican II (de Jean XXIII à Léon XIV) & combats pour la Tradition — Florian Rouanet


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 9 commentaires




    […] Lettre à quelques évêques & Mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983) — Abbés Lucie… […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques & Mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983) — Abbés Lucie… […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques à Mémoire (1983) — abbés Lucien et de Blignières, Mgr Guérard d… […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques à Mémoire (1983) — abbés Lucien et de Blignières, Mgr Guérard d… […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques – Mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983) : abbés Lucien &#… […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques (1983) – abbés Lucien, de Blignières, Mgr Guérard […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques : mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983, abbés Lucien et de … […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques : mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983, abbés Lucien et de … […]


    Répondre

    […] Lettre à quelques évêques : mémoire sur certaines erreurs actuelles (1983, abbés Lucien et de … […]


    Répondre