• Hegel entre l’Europe et les Amériques catholiques — et sa réception ciblée chez Joseph Mérel



    Essence & État – dialogue entre la Croix et la dialectique, où Hegel fut réapproprié par la pensée catholique ?

  • ✨ Quand la Foi scrute les idéalismes allemands pour en tirer un ordo pensé ? ✨

    ⁂ Arène de la pensée occidentale

    Oyez lecteur, voici un entrelacs peu coutumier : Hegel, géant protestant de la philosophie allemande, fut l’objet d’une lecture catholique — à la fois critique et dévotieuse — par maints clercs d’Europe et des Amériques.

    Il s’agit non de professer un syncrétisme vénéneux, mais d’une reprise à nouveaux frais : celle où la dialectique est criblée par l’épure de l’analogia entis, où la transcendance divine ne serait point absorbée dans le devenir historique.

    Ainsi vit-on apparaître des figures comme le P. Erich Przywara, S.J., ou encore chez les déviants modernistes tel que l’abbé Ratzinger, mais également des penseurs des Amériques, bien avant Vatican II, lesquels discernèrent dans le système hégélien des outils, pourvu qu’ils fussent « sanctifiés » catholiquement.

    Plus près de nous, Joseph Mérel, auteur hybride entre thomisme scolastique, « lefebvrisme williamsonien », et romantisme allemand, s’est « hasardé » à puiser chez Hegel des catégories pour ériger une philosophie catholique de l’Être et de l’État, ou encore du principe de dépassement des contraires.

    Étudions donc, si vous le voulez bien — avec histoire d’abord et doctrine ensuite — cette tentative, au travers d’une philosophie faisant le tour entre Vieux Continent et Nouveau Monde !

    ⚠️ Avertissement :

    • Nous partageons avec Joseph Merel de nombreux postulats — à l’exception notable de la sédévacance et de son amphigouri philosophique. Ses écrits, d’ailleurs, se révèlent bien plus limpides lorsqu’ils s’en tiennent à l’histoire ou au pamphlet — notamment dans ses critiques des roycos et des surnates.
    • Et nous ne saurions, de surcroît, être qualifiés d’hégélien stricto sensu ; il s’agit ici simplement de reconnaître un apport ponctuel dans un domaine précis — apport que certains ecclésiastiques, non pré-modernistes, ont parfois pu accueillir avec une prudente bienveillance.

    ☧ Lexique de philo

    Terme Définition Rôle chez les auteurs catholiques Liens externes relatifs
    Aufhebung Sublation (terme hégélien) : négation qui conserve ce qu’elle dépasse. Double mouvement : supprimer, élever, intégrer. Hegel : résolution dialectique des contraires. Mérel reprend le principe pour une théologie du dépassement ordonné à la transcendance. Hegel.net – SublationStanford SEP
    Analogia Entis Relation analogique entre l’Être incréé et l’être créé : simultanéité d’une ressemblance et d’une dissemblance majeure. Przywara en fait le fondement de toute pensée catholique contre le panthéisme dialectique. Préserve la distance Créateur/créature. Wikipedia – Analogia Entis (FR)Syndicate Theology – Symposium
    Actus Essendi Acte d’être : distinction thomiste entre l’essence (ce qu’est une chose) et son existence (le fait qu’elle est). Mis en avant par Sheen et Derisi contre tout panlogisme ; fondement de la participation métaphysique. UCA Repository – DerisiKirk Center – Sheen
    Négation de la négation Terme central de la dialectique hégélienne : chaque opposition se dépasse dans une synthèse plus riche. Mérel applique ce schèma au couple essence/existence ; dépassement sans dilution ni confusion des natures. Erudit – Mérel, L’essence de Dieu est-elle seulement d’exister ?

    ☩ Ancienne leçon létale

    P. Erich Przywara (Allemagne)

    « Inter creatorem et creaturam non potest tanta similitudo notari, quin inter eos maior sit dissimilitud o notanda. »
    — « On ne saurait constater la moindre similitude entre le Créateur et la créature sans devoir aussitôt relever une dissemblance plus grande encore. »
    P. Erich Przywara, Analogia Entis : Metaphysik – Ur-Form und Ur-Gefüge, Herder, Fribourg-im-Br., 1932, p. 5. (Scribd)

    « Analogie der « je immer größeren Unähnlichkeit in noch so großer Ähnlichkeit ». »
    — « Analogie d’une “toujours plus grande dissemblance au sein même d’une si grande similitude”. »
    Erich Przywara, « Zwischen Metaphysik und Christentum », Philosophisches Jahrbuch, LXVI (1936), p. 188.

    « Deus interior et exterior, « Gott in allem und über allem », Gott uns innerer als wir selbst. »
    — « Dieu intérieur et extérieur ; “Dieu en tout et au-dessus de tout”, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. »
    Erich Przywara, « Gott in uns oder Gott über uns », Stimmen der Zeit, t. 105, n° 5 (1923), p. 344.(Academia)

    P. Johann Adam Möhler (École de Tübingen)

    « … die Kirche [ist] der unter den Menschen in menschlicher Form fortwährend erscheinende, stets sich erneuernde, ewig sich verjüngende Sohn Gottes, die andauernde Fleischwerdung desselben » Symbolik, § 36. (ub01.uni-tuebingen.de)
    « … l’Église est le Fils de Dieu qui, sous une forme humaine, apparaît continûment parmi les hommes, se renouvelle sans cesse et se rajeunit à jamais ; la perpétuelle Incarnation de ce même Fils. »

    Mgr Fulton J. Sheen (États-Unis)

    « Its philosophy of dialectical materialism is nothing but a crazy quilt made up of patches of Hegel and Feuerbach sewn together to cover up the nakedness of its materialism. »
    — conférence de radio, Catholic Northwest Progress, 14 février 1947. (thecatholicnewsarchive.org)
    « La philosophie du matérialisme dialectique n’est qu’un patchwork insensé composé de morceaux empruntés à Hegel et à Feuerbach, cousus pour dissimuler la nudité de son matérialisme. »

    P. Romano Guardini (Allemagne-Italie)

    « Indem der Mensch demütig sein Dasein aus Gottes Hand annimmt, verwandelt sich sein persönlicher Wille in den göttlichen, und so entsteht ihre lebendige Einheit, ohne dass das Geschöpf aufhört, nur Geschöpf zu sein und Gott wirklich Gott bleibt. »
    « En acceptant humblement son existence des mains de Dieu, la volonté personnelle de l’homme se transforme en volonté divine ; ainsi naît leur unité vivante, sans que la créature cesse d’être créature, ni Dieu d’être vraiment Dieu. »
    — Der Gegensatz. Versuche zu einer Philosophie des lebendig-Konkreten, 5ᵉ éd., 1955, p. 32. (Vatican)

    Σ Plan d’attaque par manche

    1. 🔗 La clef Przywara : analogie contre dialectique
    2. ⛪ Clercs d’Europe et des Amériques avant Vatican II
    3. 🔮 Joseph Mérel : un « romantisme thomiste »
    4. ⚖️ L’être, le non-être et la circularité métaphysique
    5. 🌏 L’Etat organique et monarchique chez Mérel
    6. 🔄 Méthode : dialectique intégrale ou analogie purifiée ?
    7. ⚡️ Risques, vigilance et orthodoxie

    I. 🏛 La clef Przywara : analogie contre dialectique

    Le Père Erich Przywara, jésuite allemand, forgea en 1932 une arme métaphysique inédite : l’analogia entis. Contre l’élan hégélien, il oppose non une dénégation brutale, mais une tension irrésolue : celle où la créature participe à l’être divin tout en y échappant — liberté humaine, dessein divin. Ne relevant point du panthéisme de l’Idée absolue, l’être chez Przywara est oscillation, polarité irréductible, « similitude dans la dissemblance ».

    Dans son Analogia Entis, et plus encore dans les articles des années 1934-1936, il dialogue avec Kant, Schelling, Heidegger et Hegel pour tantôt s’opposer, et tantôt extraire de leurs dialectiques, ce qui peut nourrir une juste métaphysique du don. Le fini ne s’identifie jamais à l’Infini ; l’histoire ne consomme point Dieu en elle ; le sens ne vient que d’une transcendance qui demeure.

    Przywara influencera toute la théologie du XXᵒ siècle comme Hans Urs von Balthasar.

    II. 💼 Clercs d’Europe et des Amériques avant Vatican II

    Bien avant l’époque post-conciliabulaire, des clercs catholiques de haute érudition s’étaient attaqués à Hegel, non pour l’adopter, mais pour le contre-carrer, tout en y puisant parfois quelques concepts utiles à la défense de la vérité révélée.

    Tels est le P. Johann Adam Möhler, de l’école de Tübingen, qui forgea une « ecclésiologie organique » : l’Église comme « corps vivant » animé par l’Esprit: sans fusion panthéiste, il garde la distinction créateur/créature et le primat du sacramentel.

    En Amérique du Nord, Mgr Fulton J. Sheen dévoile dans ses émissions radiophoniques et ses livres la nécessité d’une philosophie historique intégrant la Providence. Il réfute l’identification de Dieu à l’histoire tout en insistant sur la rédemption comme accomplissement eschatologique.

    Quant à Romano Guardini, il relit Hegel sous l’angle de la « polarisation liturgique » : vérité et mystère, forme et liberté, s’y conjuguent sans jamais se confondre. La réalité humaine, marquée par l’opposition, demeure ordonnée à une sorte de « réconciliation surnaturelle ».

    III. 🔮 Joseph Mérel : un « romantisme thomiste »

    La dialectique du dépassement chez un auteur entre romantisme allemand et scolastique thomiste

    Joseph Mérel, philosophe contemporain de droite radicale, et ancien professeur en classe préparatoire de philosophie, publie — sous divers pseudonymes — une œuvre foisonnante de plus de vingt-cinq titres.
    Il s’y manifeste certes un équilibre rare : fidélité aux catégories du thomisme, mais désir d’y intégrer des intuitions tirées du romantisme allemand.

    Contrairement à certains « nouveaux thomistes » qui se barricadent contre toute pensée moderne, Mérel ose lire Hegel, Fichte ou Schelling, sans complaisance ni réflexe d’exorcisme. Il y décèle quelques instruments d’ordre naturel, capables d’éclairer des antinomies thomistes anciennes, telles que le rapport à l’ontologie, ou l’ordre politique comme totalité. Voilà ce qui atteste de cette tension métaphysique.

    N.B. Un ouvrage, comme Désir de Dieu et organicité politique, révèlent un souci permanent : rendre la vérité intelligible sans la dégrader, en faveur d’un fascisme rénové, pourtant limpide à l’origine.

    IV. ⚖️ L’être, le non-être et la circularité métaphysique

    Dans sa métaphysique, Mérel affronte une question centrale : comment articuler l’essence (ce que la chose est) et l’existence (le fait qu’elle soit) ? Tandis que le thomisme classique tranche par une distinction réelle, lui cherche aussi une intégration dynamique.

    C’est ici que la dialectique hégélienne intervient. Il est emprunté à Hegel la méthode de la « réflexion ontologique » : l’être n’est pas donné d’emblée, il surgit comme « négation du non-être ». L’être se pose, se nie, puis se récupère dans une unité plus haute. Cette triade permettrait selon lui, de penser une « circularité métaphysique » où essence et acte d’être ne sont plus vraiment rivaux, mais « moments réfléchis d’une seule réalité/totalité ».

    Cela tente de préserver la transcendance en maintenant la contingence de la création. L’être ici ne s’auto-produit pas : il est toujours reçu, mais réfléchi, comme s’il se reconnaissait lui-même.

    Nous ouvrons ce chemin sans prétendre pouvoir le trancher toutefois, car une telle vision réclame rigueur, précision, et même sens théologique. Mérel, en ce sens, ne « dépasse » pas l’Aquinate : il le relit à la lumière de l’histoire de la pensée, et notamment de son adversaire protestant hégélien.

    V. 🌏 L’Etat organique et monarchique chez Mérel

    Dans l’œuvre de Joseph Mérel (cf. Fascisme et Monarchie), la pensée politique revêt une importance capitale. Il adopte une doctrine éminemment organique, où l’État se conçoit comme « forme vivante » du Bien commun — de haut en bas ou de bas en haut, selon l’approche. Cette conception puise directement dans la philosophie hégélienne de l’État comme « totalité concrète » à l’ère des États-nations modernes.

    Il conçoit la monarchie également comme pôle syntagmatique, capable d’unifier les corps intermédiaires, une unité ethnique, les familles, les professions, sans les absorber. Il s’agit ici d’une Aufhebung catholique : élever sans détruire.

    Entres autres, dans Paganisme versus catholicisme, il déploie une dialectique tripartite : la patrie comme enracinement (thèse), l’individu libéral comme dissolution (antithèse), la nation catholique monarchique comme synthèse organique.
    Cependant, à rebours de Hegel, cette synthèse reste subordonnée à une fin surnaturelle.

    VI. 🔄 Méthode : dialectique intégrale ou analogie purifiée ?

    La question méthodologique chez Mérel est cruciale. Il se réclame explicitement d’une « dialectique intégrale », non comme une fusion indistincte, mais comme un moteur de réflexivité. L’idée de « rationalité du contradictoire » y trouve sa place pour éprouver réalisme et vérités.

    Cependant, l’analogia entis thomiste n’est point jetée aux orties : elle est transformée, enrichie. L’analogie, chez Mérel, devient une structure dynamique, presque triadique, capable contextuellement d’articuler les tensions du réel sans les nier. C’est en cela qu’il rejoint Przywara tout en s’en distinguant par sa ferveur dialectique.

    VII. ⚡️ Risques, vigilance et orthodoxie

    Un tel projet ne va pas sans dangers. Le panthéisme ? La doctrine catholique le réfute en affirmant la créature comme participation et non comme émanation. L’étatisme ? On le conjure en rappelant la supériorité de la loi divine et de l’Église. Le relativisme historique ? On s’y oppose par l’ancrage dans l’eschaton.

    Il faut ici souligner que le travail de ces clercs et philosophes, bien qu’assez novateur, reste dans le giron de l’orthodoxie : aucune thèse n’est avancée sans référence au thomisme ou à l’économie du Salut.

    🗎 Sentence par KO

    En dernier ressort, ce dialogue houleux entre catholicisme et hégélianisme montre que la vérité, pour peu qu’on la défende avec acuité et courage, peut se mesurer aux systèmes plus éloignés — avec avertissements.

    Les clercs et penseurs catholiques ont su puiser dans Hegel non pour s’y diluer, mais pour le retourner, comme une épée saisie par le pommeau, dirigée vers les errances modernes.

    Il est une leçon de combat : la dialectique, sous l’égide de l’analogie, devient méthode au service du Verbe incarné. L’Être n’est point une auto-génération, mais un don. L’État n’est point un absolu, mais un organe. Et toute pensée, si elle veut survivre à l’épreuve du Jugement, doit s’incliner devant la Croix.

    Ainsi donc, malgré la rareté des éditions numériques, ces passages suffisent à manifester l’usage catholique d’Hegel :

    1. Ontologie dialectique : l’être se donne à lui-même par le détour du non-être.
    2. Essence et existence : dépassement réciproque, convertibilité hégélienne.
    3. Philosophie de l’État : principe vivant transcendant ses incarnations contingentes.
    4. Théologie de la grâce : la négation de la négation comme clef du « dépassement » naturel-surnaturel.

    P-.S. Ces figures catholiques ayant sondé Hegel l’ont fait non pour lui faire rendre gorge, sans jamais trahir le dépôt de la Foi, ils ont extrait de « l’idéalisme allemand » des outils pour affiner leur compréhension de l’être, de l’homme, de l’histoire, de la philosophie, de l’Église et de l’État, à la seule condition que la Croix domine la dialectique, et non l’inverse.


    Mérel et la dialectique de l’être : l’« négation de la négation »

    « Et selon cette démarche, l’être se reconnaît, comme fondement, le non-être ; […] l’être se reconnaît une raison d’être s’il a la forme éternelle d’une victoire sur le néant qu’il assume.»
    — Joseph MÉREL, L’essence de Dieu est-elle seulement d’exister ?, Toulouse, Éd. Chrysalide, 2022, p. 80. (Érudit)

    Le principe du dépassement comme clef de l’Essence

    « Il y a « convertibilité stricte » entre l’idée selon laquelle l’Absolu est celui dont l’essence est d’exister, et l’idée selon laquelle l’Absolu est celui qui se fait exister par réflexion ontologique.»
    — Joseph MÉREL, L’essence de Dieu est-elle seulement d’exister ?, p. 147. (Érudit)

    Ontologie, essence et État : Stepinac (alias Mérel) contre l’« État-monde »

    « Partout où il y a unité du divers, il existe un principe d’unité. Ce principe n’est pérenne que s’il excède la contingence d’un chef individuel ; il n’est réellement principe que s’il subsiste par-delà le caractère éphémère […] d’une existence personnelle. Or tel est précisément l’État politique, lequel n’est pas efficient sans sa personnification, cependant qu’il ne se réduit pas à elle et se la subordonne.»
    — Stepinac [Joseph MÉREL], Politique & Religion, Immanence & Transcendance (Reconquista Press, 2021), préambule, § 2. (Scribd)

    « Négation de négation » appliquée à la nature et à la grâce

    « La solution, ici aussi, est offerte par la réflexion ontologique, négation de négation (p. 190).»
    — Joseph MÉREL, L’essence de Dieu est-elle seulement d’exister ?, p. 190. (Érudit)

    Brève mise en perspective : Mérel ne reprend pas servilement la Phénoménologie de l’esprit, mais baptise la dialectique afin de sauvegarder la distinction Créateur / créature, tout en conservant la fécondité spéculative de l’Aufhebung.
    En outre, il transpose la triade hégélienne au problème classique « nature / surnature » : la grâce n’abolit pas la nature, elle la nie-conserve, l’élève et l’accomplit, de sorte que toute théologie du don trouve en Hegel un soutènement dialectique.


    📚 Pour approfondir

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  • 8 commentaires




    L'être représente la permanence, la stabilité dans le temps là où le devenir, perçue comme seule réalité du concept, est l'évolution de ce qui n'est pas, puis tantôt le devient par une modification de ses attributs, où l'Idée effectue un retour sur soi grâce à l'expérience de l'altérité suscitée par le désir. Par exemple, l'homme, éprouvant lui-même des désirs, est un néant conscient qui ne peut être que dans la mesure où il anéantit l'être pour se réaliser à ses dépends. Transposant ce schéma au catholicisme, on peut dire qu'il est une manifestation en acte du paganisme indo-européen que vient nier/transcender le judaïsme mosaïque, en intégrant la sagesse antique, obtenue par la raison, dans la voie de l'Incarnation, faisant ainsi que la nature n'est point supprimée, mais surélevée par la grâce. Partant, l'homme nouveau du christianisme, c'est le dépositaire païen de la spéculation occidentale qui, prenant conscience de soi, se révèle disposé au moment juif de l'universalité qui est l'acte à raison duquel la pensée orientale accuse réception de sa vocation à son propre dépassement, à la manière de la chrysalide qui ne satisfait son vœu le plus intime qu'en se convertissant (crucifiement plébiscité) en papillon ; et de même que le papillon s'anticipe en ce dont il se fait provenir en le niant souverainement, de même le christianisme, en son exigence de rationalité intégrale promue par la sagesse grecque et confirmée par la Révélation, s'anticipe en son autre (le judaïsme) qu'il réduit au statut de moment subordonné de sa propre complétude indépassable, indépassable parce que systématique, et systématique parce qu'elle est inclusive de ce qui la conteste. En admettant ce postulat, on peut tirer la conclusion suivante : si le païen inaccompli, par naturalisme, se refuse à la transfiguration mosaïque, il se déchoit de sa plénitude, en s'insurgeant contre un monothéisme - aryen par essence mais sémite par accident -, porteur des meilleures bribes virtuellement recélées par ses ancêtres, et par conséquent, se fait le vecteur de la subversion talmudique - elle-même négatrice du judaïsme achevé par le christianisme -, au profit d'un gnosticisme expressif de son reniement subjectiviste. Inversément, si le chrétien précoce récuse, par surnaturalisme, l'apport de l'héritage intellectuel indo-européen (pris en tant qu'inclusif de ce moment oriental de la pensée universelle que l'Occident assume en le dépassant) - par lequel culmine le savoir métaphysique trouvant dans le christianisme l'effectivité de son objet divin -, il sacrifie en contre-partie aux désidératas du judaïsme moderne, en épousant un universalisme abstrait, contempteur des hiérarchies naturelles.


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    […] Hegel entre l’Europe et les Amériques catholiques — et sa réception ciblée chez Joseph Mérel […]


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    […] Hegel entre l’Europe et les Amériques catholiques — et sa réception ciblée chez Joseph Mérel […]


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    […] Hegel entre l’Europe, les Amériques catholiques et sa réception partielle chez Joseph Merel […]


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