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Publié le par Florian Rouanet
🏺 Contre le mirage des "archétypes universels"
Il y eut une Vérité révélée, et non une "Gnose" commune 🕊️Révélation primitive
⁂ Front liminaire
Si ce sont là les rêveries d’une certaine nouvelle droite, brillant par le vide de son athéisme pratique, elle tente fébrilement de se doter d’un semblant de mythe unificateur.
Effectivement, il est des mythes contemporains affublés du masque de la sagesse antique, et des doctrines qui, prétendant à l’universalité, qui ne sont que des contrefaçons de la Vérité. Le pérennialisme, ou philosophia perennis, ainsi qu’on le nomme, avec une fatuité toute ésotérique, se présente volontiers comme la clef des énigmes humaines, des religions et des civilisations.
À l’en croire, toute foi ne serait que le reflet — plus ou moins pur — d’une « Tradition primordiale » gnostique, indifférenciée, ésotérique, à laquelle auraient accès les seuls « initiés », selon des voies multiples mais également valides.
Mais cette conception captieuse, reprise à l’envi par des figures comme René Guénon, Julius Evola ou la cohorte de leurs suiveurs, s’oppose à la perspective catholique la plus essentielle : celle d’une Révélation divine, personnelle, historique, unique, faite aux Patriarches, dès l’origine du monde, transmise par Noé, manifestée par Abraham, accomplie en Notre Seigneur Jésus-Christ, et gardée inviolée dans l’Église fidèle.
Aussi proposons-nous ici un examen doctrinal, nourri tant de la Révélation surnaturelle que de la raison droite, afin d’éclairer, réfuter, et surmonter les chimères – œcuméniques et indifférentistes – pérennialistes, en dénonçant ce qu’elles ont d’équivoque, d’orgueilleux, et, pour tout dire, d’hérétique.
L’orgueil des initiés : quand la Tradition devient foire aux élites autoproclamées

☧ Arsenal conceptuel
PÉRÉNNIALISME, subst. masc. : « Doctrine selon laquelle existerait une sagesse universelle, éternelle et fondamentale, partagée par toutes les grandes traditions religieuses. »
TRADITION PRIMORDIALE, expr. : « Notion ésotérique selon laquelle il existerait à l’origine de l’humanité une doctrine métaphysique, commune à toutes les religions et à laquelle les initiés auraient accès. »
GNOSTICISME, subst. masc. : « Doctrine religieuse et philosophique prétendant à un salut par une connaissance réservée à quelques élus, souvent en opposition à la foi révélée. »
ÉSOTÉRISME, subst. masc.
Doctrine ou savoir réservé à un cercle restreint d’initiés, caché aux profanes et souvent opposé à la transmission publique et universelle de la foi révélée.EXOTÉRISME, subst. masc.
Ensemble des enseignements accessibles à tous, opposé à l’ésotérisme ; dans la théologie chrétienne, il correspond à la transmission publique, claire et universelle des vérités de foi.
Σ Schéma directeur
- 🌀 Pérennialisme & gnose : racines & confusions
- 📖 Révélation primitive : vérité surnaturelle & constante
- 🔥 Écueils des lectures guénoniennes & guématriques
- 🛡️ Réfutation rationnelle & apologétique catholique
- 🏛️ Maurice Barrès, du mysticisme solitaire à la nation
- 🌿 Traces providentielles & survivances traditionnelles
- 📚Citations résumées de Bréviaires de combat
- 🕯️ Conclusion : une foi transmise, non fantasmée
I. 🌀 Pérennialisme & gnose : racines & confusions
Il est tentant, pour qui contemple l’universalité de certains mythes ou symboles, d’y voir la trace d’un fond commun. L’obsession des guénoniens et des théoriciens (comique) de la « tradition primordiale » est précisément là : chercher derrière chaque rite, chaque récit, une même origine transcendante, non révélée mais pressentie, mystique et impersonnelle.
Guénon, mêlant symbolisme hindou, soufisme, hermétisme, et métaphysique néo-platonicienne, bâtit un système où tout est analogie, toute religion un « véhicule », toute vérité une émanation.
Évola pousse cette logique vers une surhumanité élitiste, spiritualiste, teintée d’un « paganisme guerrier ».Mais cette vision relève d’une gnose autojustifiée, où le salut vient de la connaissance/conscience, non de la grâce ; où la Vérité est une mosaïque inaccessible aux simples, réservée aux initiés. C’est là la négation même de la religion révélée, laquelle se présente non comme une intuition, mais repose sur le fait historique, surnaturel et public.
II. 📖 Révélation primitive : vérité surnaturelle & constante
Contre la mentalité gnostique, à l’inverse, la doctrine catholique — appuyée par la Tradition et les Pères — enseigne qu’il y eut, dès l’origine, une Révélation complète, donnée à Adam, transmise à ses descendants, obscurcie par le péché, mais jamais totalement effacée.
Saint Thomas d’Aquin enseigne que le premier homme fut créé dans la perfection de l’intelligence, capable d’instruire et de transmettre la vérité divine.
Le Père Hilaire de Barenton, dans La Bible et les Origines de l’Humanité, comme l’abbé Baudrand ou le R.P. Lemonnyer, montrent que cette religion primitive a laissé des traces chez toutes les civilisations, mais sous forme dégradée, fragmentaire.
Le phénomène est donc dérivé, non convergent : ce n’est pas que chaque culture ait produit des archétypes similaires, mais qu’un même dépôt a été reçu, puis mal transmis : un téléphone arabe historique, dirions-nous trivialement.
III. 🔥 Écueils des lectures guénoniennes & guématriques
La lecture inversée des faits religieux, où la Bible serait un pastiche tardif des mythes mésopotamiens, repose sur une méthodologie bancale… Parce qu’un récit est plus ancien, il n’en est point plus vrai. Le vrai critère, c’est l’origine surnaturelle du contenu, non la datation de son écriture.
Lorsque les Sumériens parlent d’un Déluge, il n’est point absurde d’y voir la trace floue d’un événement réel, transmis de génération en génération depuis Noé — comme le confirment les études comparées sur les mythes universels du cataclysme originel. La Sainte Écriture, quant à elle, n’invente pas, elle révèle.
IV. 🛡️ Réfutation rationnelle & apologétique catholique
Outre la foi, la raison même rejette le pérennialisme comme méthode :
- Il est incohérent de soutenir qu’une vérité soit « essentielle », tout en affirmant qu’elle puisse être entièrement symbolique, et changeante selon les traditions.
- Le pérennialisme implique un relativisme religieux destructeur : si toute religion contient « la même chose », pourquoi choisir l’une d’elles ?
- Il nie l’objectivité du vrai, et substitue au Dieu personnel une « source » impersonnelle, néoplatonicienne, incompatible avec le Dieu vivant d’Abraham.
V. 🏛️ Maurice Barrès, du mysticisme solitaire à la nation
Maurice Barrès, dans ses premières œuvres (comme La colline inspirée), flirte avec cette mystique du « moi », cette auto-conscience exaltée. Il cherche dans le rêve, le symbole et la solitude une sorte de religion intime. Mais, plus tard, il comprendra que cette voie mène à l’orgueil et au vide.
Barrès, en se tournant vers la nation, la tradition, les morts et les saints, rejoint une vision enracinée, collective, plus conforme à l’ordre réel et chrétien. Il abandonne « l’élitisme mystique » pour une piété populaire, enracinée et structurante.
VI. 🌿 Traces providentielles & survivances traditionnelles
Dieu, dans sa Providence, laissa des traces de Sa Vérité, comme les miettes du pain dans les ténèbres. Les traditions orales, les échos mythologiques, les élévations morales des peuples païens sont les restes dispersés de la Révélation primitive. Ces fragments ne prouvent pas l’existence d’une « sagesse primordiale » autonome, mais corroborent la foi révélée.
Loin de justifier le syncrétisme, cela atteste au contraire de l’unité originelle de l’humanité, comme le rappelle Saint Paul aux Athéniens :
« Dieu a fait sortir d’un seul homme tout le genre humain. » (Actes 17, 26).
📚 VII. Citations résumées de Bréviaire de combat
Jean-Jacques Stormay, Le combat d’aujourd’hui et l’État de demain (p. 53)
« Pour le catholique, il y eut une Révélation primitive dont le souvenir fut bientôt, après la Chute, corrompu par la faiblesse du cœur et de la raison des hommes, et les mensonges de Satan ; d’où la genèse d’une révélation inversée, d’une proto-gnose qui ressemble à la vraie Révélation en la trahissant, et qui est la matrice des gnoses polymorphes répandues dans tous les folklores de tous les peuples de la terre, dans leurs mythologies, leurs religions à mystères et leurs cultes païens, resurgis pour elles-mêmes et systématisées aux premiers siècles du christianisme, et récupérées par le Talmud et la Kabbale qui les adaptèrent à leurs besoins (en particulier sous l’influence d’Isaac Louria et de Sabbatai Tsevi). »
Saint Épiphane de Salamine, Panarion / Lettre à Acace et Paul
« Avant l’idolâtrie et l’hérésie, la même foi que celle de l’Église catholique fleurissait déjà parmi les hommes. »
Saint Thomas d’Aquin, Commentaire des Sentences
« Le premier homme fut créé en possession de toute la science nécessaire pour gouverner la vie humaine, tant naturelle que surnaturelle. »
Francisco Suárez, De fide, spe et charitate
« Dès l’origine du genre humain, la foi en l’Incarnation du Christ fut révélée et transmise, même sous forme explicite, jusqu’à l’établissement de la loi de grâce. »
Père Hilaire de Barenton, La Bible et les Origines de l’Humanité (pp. 77-79)
« Une religion véritable doit être aussi ancienne que le monde ; le christianisme, quant à sa substance, date de l’origine même du genre humain. »
R.P. Antoine Lemonnyer, La Révélation primitive et les données actuelles de la science (pp. 327–355)
« Le paganisme n’est que la décomposition progressive d’une religion primitive, simple et pure, reçue de Dieu à l’aube de l’humanité. »
Livre de la Sagesse (cité par plusieurs auteurs)
(Sagesse XIII) « Ils sont vains, ces hommes, qui n’ont point la science de Dieu […] Ils ont estimé comme des dieux le feu, l’air, le vent, le soleil et la lune. »
(Sagesse XIV) « Une erreur s’établit en loi ; et, par ordre des tyrans, il fallut adorer ces idoles. »
« Trompés par leur amour ou désireux de plaire aux rois, les hommes donnèrent à des pierres et à des bois le nom incommunicable de la Divinité. »
Saint Basile, Homélie sur le Psaume I, IVᵉ siècle.
« Toute sagesse humaine ne saurait remplacer la parole de Dieu transmise par les prophètes. »
🕯️ Conclusion : une foi transmise, non fantasmée
Pour se former contre les mythos nouvelle droite de la 'tradition primordiale #Apologétique
Le Bon Dieu a laissé des traces et l’humanité aveuglé a imaginé, préparant le terrain, non seulement un Dieu unique, mais aussi des mythes de déesse vierge enfantant un dieu, ce qui a contribué a accueillir favorablement la Révélation chrétienne.
Le pérennialisme, n’éleve point l’âme, mais la séduit dans les hauteurs vaporeuses d’un ésotérisme sans foi ni chair. Il flatte l’orgueil, méconnaît l’histoire, dénature la Révélation. La vérité, quant à elle, fut donnée une fois pour toutes, transmise dans l’histoire, gardée dans l’Église, proclamée par les martyrs, aimée des humbles.
Que ceux qui cherchent Dieu sachent qu’il ne se cache pas dans les brumes des archétypes, mais qu’Il parle, agit, sauve, et qu’Il a fondé une Église pour perpétuer Son enseignement. La Tradition, loin d’être un ésotérisme universel, est la mémoire vive de la Vérité révélée.
Il n’y a pas de cachoteries dans le christianisme, tout est à porter de main pour qui veut bien apprendre au travers du catéchisme, de l’étude de la théologie et de la philosophie.
– La Rédaction
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