-
Publié le par Florian Rouanet
🕵️♂️ De Sherlock Holmes au gauchisto-complotard de l'espace 🧠
Ce « non-tout » va de pair avec une « non-pensée » totalement populiste et anarchiste, ne s’accommodant d’aucun chefs et d’aucun Bien, sinon de son nombril propre.
Front liminaire
Il est, chers lecteurs, dans l’art de penser droit, une distinction capitale qu’il sied de rétablir contre la confusion de ladite dissidence complotiste : celle du raisonnement déductif, dont la rigueur évoque la géométrie d’Euclide ou la dialectique aristotélicienne, & celle du raisonnement inductif, plus souple, certes fécond, mais non moins périlleux lorsqu’il tombe entre les mains d’esprits brouillons.
L’un se fonde sur la rigueur du syllogisme ; l’autre, sur l’observation des faits, lesquels, sans discernement, peuvent engendrer les chimères les plus délétères.Ainsi, là où un esprit méthodique — pensons au sagace Sherlock Holmes ou à quelque scolastique pénétré de la Somme thomiste — déduit de la règle au cas, nos modernes « complotistes gauchisants », enivrés de ressentiment ou de passion égalitaire, s’échinent à faire passer leur bile pour science, leur rancœur pour vérité.
Le monde y devient un vaste échiquier où toutes les pièces sont corrompues, sauf la leur, évidemment.
C’est cette opposition, à la fois logique, morale et politique, que nous entendons mettre en lumière, selon une perspective traditionnelle, cultivée et fort éloignée des clameurs hystériques de cette « quotidienneté militante ».
Science de l'esprit VERSUS billevesées du XXIème siècle

Raisonnements complets et rationnels, et non passionnels et compl-autistes
Arsenal conceptuel
RAISONNEMENT, subst. masc. – Action de raisonner ; opération de l’esprit qui consiste à enchaîner des jugements de manière à faire apparaître une vérité nouvelle ; discours logique fondé sur cette opération.
DÉDUCTION, subst. fém. – Opération intellectuelle par laquelle on passe d’une proposition générale à une proposition particulière qui en découle nécessairement.
INDUCTION, subst. fém. – Procédé logique consistant à remonter des faits particuliers à une loi générale ; opération inverse de la déduction.
SYLLOGISME, subst. masc. – Raisonnement déductif composé de deux prémisses et d’une conclusion qui en résulte nécessairement ; forme canonique de l’argumentation logique déductive.
⁂
Sentences d’autorité
« Il est donc évident que ce n’est pas par démonstration que nous possédons la connaissance des principes. […] Il s’ensuit donc que c’est l’intuition qui saisit les principes premiers. »
— Aristote, Seconds Analytiques, II, 19, 100b5-101a4, trad. J. Tricot, Vrin, 2000.« Le syllogisme démonstratif procède de prémisses vraies et premières, tandis que le syllogisme dialectique se contente de prémisses qui n’ont pour elles que la probabilité. »
— Aristote, Topiques, I, 1, 100a25-100b21, trad. J. Tricot, Vrin, 2000.« La dialectique se divise en diérétique, définitoire, analytique, et en outre inductive et syllogistique. »
— Platon, Phèdre, 265d, trad. L. Robin, Les Belles Lettres, 1950.« Mais si jamais il se rencontre un homme capable, suivant la méthode d’Aristote, de soutenir sur toutes les questions le pour et le contre, […] ce sera le vrai, le parfait, le seul orateur. »
— Cicéron, De l’orateur, II, 80, trad. G. Achard, Les Belles Lettres, 1993.« La connaissance des principes premiers est infuse en nous par la nature, car ils sont connus par eux-mêmes. »
— STA, Somme théologique, I, q. 79, a. 12, c.« Les esprits faibles généralisent vite, les esprits forts doutent longtemps. »
— Joseph de Maistre, apocryphe, ou Considérations sur la France adaptéΣ
Sommaire
-
🧩 Nature & portée du raisonnement déductif
-
🔬 Raisonnement inductif & ses périls actuels
-
👁🗨 Dérive gauchiste & illusion du complotisme généralisé
-
📚 Conclusion critique : redonner sa place à l’intellect ordonné
☧
I. 🧩 Nature & portée du raisonnement déductif
Le raisonnement déductif s’impose, dans toute construction de pensée sérieuse, comme fondement de l’intelligence formelle. Il procède a priori, selon un enchaînement irrévocable de prémisses logiquement articulées. De ce fait, sa vérité est nécessaire, pour peu que les prémisses soient vraies, et la logique, rigoureuse. Il est, à maints égards, l’expression la plus noble de l’intellectus rectus.
Prenons ce syllogisme, maintes fois évoqué :
– Tous les hommes sont mortels.
– Or, Socrate est un homme.
– Donc, Socrate est mortel.Ce procédé, d’une clarté séraphique, suppose un ordre transcendant de la vérité, analogue aux mathématiques ou à la sainte théologie. Ce n’est pas sans raison que l’Aquinate, dans sa Somme théologique, recourt sans cesse à des chaînes syllogistiques, afin d’exposer efficacement les vérités du dogme.
Les logiciens antiques, les philosophes scolastiques, les juristes romains, les fins limiers fictifs tel le susnommé Sherlock Holmes, ou encore Hercule Poirot dans les romans d’Agatha Christie, s’en firent les serviteurs zélés.
Là point de place pour l’approximation ; tout y est déductionis causa – en raison de la déduction.
II. 🔬 Raisonnement inductif & ses périls actuels
À rebours, le raisonnement inductif, s’il peut se révéler roboratif en matière d’enquête scientifique ou de diagnostic médical, n’en reste pas moins précaire. Il s’élabore à partir de cas particuliers et tend à en tirer une loi générale. Mais là réside son piège : généraliser hâtivement, c’est souvent se méprendre.
Imaginons un instant ce raisonnement :
– Tous les cygnes que j’ai vus sont blancs.
– Donc, tous les cygnes sont blancs.Hélas ! Cette proposition s’effondre dès lors qu’on découvre un cygne noir — comme ce fut le cas en Australie occidentale. Ce constat, trivial en apparence, fut pourtant d’un impact philosophique décisif, au point d’inspirer à Karl Popper sa fameuse réfutation du positivisme naïf… :
En effet, M. Popper rejette l'idée que la science progresse par accumulation d'observations positives (confirmations). À la place, il propose que ce qui distingue une théorie scientifique est sa capacité à être réfutée (falsifiée).
Or, de nos jours, c’est cette méthode biaisée qu’affectionnent les contempteurs de toute autorité, en particulier les gauchistes de tout poil, ces gyrovagues de la pensée, prompts à bâtir des cathédrales d’indignation sur des grains de sable empiriques.
Allez, un second pour la route !
Quand on analyse deux choses, qui ne sont pas sous le même rapport, le résultat est encore piteux :
– Les moutons mangent l’herbe sans fourchette.
– Or, les pakistanais aussi mangent sans fourchette.
– Les moutons sont pakistanais, et inversement.
III. 👁🗨 Dérive gauchiste & illusion du complotisme généralisé
Ici s’impose, chers lecteurs, la satire. Car il est devenu un réflexe pavlovien chez nos contemporains les plus affairés à dénoncer l’Ordre : celui de tirer de quelques vérités partielles, un système global de domination fantasmatique.
Exemple :
– Un puissant a menti (ce qui, certes, advient).
– Plusieurs puissants ont menti.
– Donc, tous les puissants mentent toujours.C’est là le parangon du raisonnement inductif biaisé. À travers un chapelet tissé de faits isolés, l’esprit malveillant tisse une toile déconcertante, dans laquelle tout devient prétexte à suspicion, tout argument contraire, un leurre. Il ne s’agit plus alors de vérité, mais d’une gnose inversée, d’un ésotérisme de foire (une main cachée dirige, tout est caché derrière le rideau, etc.), où seule la défiance absolue/paranoïa demeure « vertu ».
Ce complotisme, d’origine anarchisante, éhonté et lascif, s’enivre de son propre discours, s’enroule dans ses propres circonvolutions, confond coïncidence/corrélation et causalité, logique et fantasme.
Il sacrifie à l’autel d’un soupçon total : tout est mensonge, sauf le leur : logique !
Conclusion critique : redonner sa place à l’intellect ordonné
La dialectique des modes de raisonnement éclairés
La pensée droite — orthós logos, raison conforme à la vérité — exige rigueur et hiérarchie dans ses opérations.
À une époque ivre de relativisme et de désinformation à toute échelle sociale, il convient de réhabiliter la déduction noble, celle qui cherche la vérité dans la cohérence et la charité, et de limiter l’induction aux domaines qui la tolèrent : la probabilité, l’hypothèse, l’intuition.
Contre les conspi’ tarés, de gauche comme de « droite », il faut donc rappeler cette vérité cardinale : veritas sequitur esse — la vérité suit l’être, non l’imagination.
On n’infère pas un ordre juste du chaos des ressentiments. Il en va de la santé mentale de nos nations, de leur corpus doctrinal, de leur simple survie spirituelle.
Le procédé analytique : du tout vers les parties
Exemples :
-
En mathématiques, démontrer un théorème en remontant des conséquences aux prémisses.
-
En philosophie, Kant analyse la raison pure en ses diverses facultés (entendement, sensibilité…).
-
En littérature, analyser un poème en en isolant le lexique, la syntaxe, les images, les procédés.
Le procédé synthétique : des parties vers le tout
Exemples :
-
En sciences, synthétiser des observations en une théorie.
-
En histoire, reconstruire un récit global à partir de sources disparates.
-
En rhétorique, bâtir un discours à partir d’arguments épars.
ou comment discerner vérité de certaine d'hypothèse probable
La Rédaction, In Christo !
-*-
Pour approfondir
-
Aristote, Organon.
-
Karl Popper, La logique de la découverte scientifique
-
Joseph de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg (essai contre le rationalisme révolutionnaire)
☩
ARTICLES
Du sophisme à la vérité disputée : rhétorique, dialectique & illusions de débat d’hooligans
Quand le réflexe remplace la réflexion, ou l’art de tuer la joute oratoire
« Liberté d’expression » et Vérité révélée : peut-on donner droit à l’erreur ?
Dialecticien, contradiction nécessaire et joute – Florian Rouanet
Cardinal Pie & Testament français : la Patrie n’aura point d’âme sans le Christ-Roi
-

4 commentaires
Réagissez à cet article !