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Publié le par Florian Rouanet
Amour national, nationalisme païen ou chrétien/équilibré, à la lumière de la Tradition !Citation introductive
Message de Noël du Général Franco :
« En ce jour béni de Noël, nous devons nous souvenir que la victoire du Christ sur le mal et la mort est un appel à la paix, à la réconciliation et à l’unité entre les hommes. Noël est le moment de réfléchir sur les vertus chrétiennes qui doivent guider notre vie et notre engagement pour la grandeur de notre pays. En ces heures de lumière divine, nous devons avoir l’esprit ferme dans notre foi, inébranlable dans notre dévouement à la patrie et au service des idéaux chrétiens.
Que le Saint Enfant Jésus bénisse l’Espagne et tous ses enfants, et que la paix et l’ordre règnent dans nos foyers et dans notre nation. »
— Francisco Franco, discours de Noël, 1965
Ces propos assez classiques et plaisants, ne tenant rien de mauvais, bien au contraire, occasionnent chez nous moult réflexions, et ce, bien qu’elles viennent d’un chef d’État, tenant d’une dictature classique, fut pieux et hélas trop obéissant envers l’évolution moderniste romaine des années 60/70, notamment sur ladite Liberté religieuse. Cependant, est-ce un « hommage nationaliste » de Noël, à comprendre dans un sens péjoratif ?
Sommaire
I. La critique royaliste : des mots galvaudés ?
II. Nation et État : des termes anciens et nécessaires
III. La vision papale : Nation et État dans l’Enseignement (Pie VI à Pie XII)
IV. Une juste définition dudit nationalisme
V. Parallèle avec la notion de race et de racialisme
VI. Corpus thomiste : gouvernements équilibrés et ordonnés
VII. Dangers d’une vision « sédévacantiste hors-les-murs »
I. La critique royaliste : des mots galvaudés ?
La critique royaliste des termes « Nation » et « État », en particulier des légitimistes (partisans de Louis XX) contre les orléanistes de l’Action française, repose souvent sur leur association à la Révolution française de 1789, perçue comme une rupture moderne, en tout mauvaise, ce en quoi ils ont en parti raison seulement. Selon certains royalistes donc, ces concepts seraient intrinsèquement modernes, révolutionnaires, et donc corrupteurs contre toute tradition monarchique.
Cependant, cette méfiance repose sur une erreur commune : celle de confondre un mot avec l’usage idéologique qu’en ont fait les révolutionnaires-subversifs. En réalité, les termes eux-mêmes ne sont pas problématiques ; c’est leur sens et leur finalité qui doivent être redressés dans une perspective chrétienne et traditionnelle, tant qu’il est possible ou nécessaire de le faire.
Les mots en -isme :
- Soit le -isme décrit une réalité doctrinale dans un domaine précis (bon sens, orthodoxe) ; par exemple ultramontanisme, exprime juste la vérité de l’infaillibilité pontificale, ainsi que la juridiction de l’Eglise sur la Cité et sur son Église. C’est bon et j’en suis, mais cela ne fera pas tout le catéchisme
- Soit le -isme utilise une réalité partielle et l’étend à tout le reste (mauvais sens) ; come semble le faire le royal-isme, doctrine du Roi avant le Pape, du gallicanisme avant le catholicisme, de la figure et du décorum royal, avant le Bien commun.
II. Nation et État : des termes anciens et nécessaires
- L’idée de « nation » n’est pas née en 1789. Elle tient des racines profondes dans l’histoire, chrétienne ou non, et même antique et biblique, désignant un groupe humain uni par des liens culturels, spirituels, traits physiques et sociaux.
- L’« État », quant à lui, bien que prenant sa forme moderne à partir de la Renaissance, notamment avec Machiavel, peut être compris comme une organisation naturelle/gouvernementale de la société pour maintenir l’ordre et le bien commun.
1) Un mot ancien : « Nation »
Le terme « nation » trouve ses origines dans le latin natio, signifiant « naissance » ou « communauté d’origine ». Dès la période médiévale, il désignait des groupes régionaux (duchés, comtés) ou culturels, notamment dans les universités médiévales. La notion de nation n’est donc pas un concept révolutionnaire, mais un héritage ancien qui, correctement compris, renvoie à une vision organique de la société.
La nation chrétienne n’est pas une masse anonyme et informe d’individus ; elle est une Cité, un corps organisé qui participe à la tradition aristotélico-thomiste : une communauté ordonnée au bien commun, en harmonie avec la loi naturelle et divine.
Dans la Bible, le mot « nation » est traduit généralement de l’hébreu goy et du grec ethnos, il est souvent utilisé pour désigner Israël, comme dans le livre de la Genèse ou du Deutéronome :
« Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai. » (Genèse 12:2).
« Car c’est une nation dépourvue de sens, et il n’y a point en eux d’intelligence. » (Deutéronome 32:28).
« Quand le Très-Haut donna aux nations leur héritage, quand il sépara les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples d’après le nombre des enfants d’Israël. » (Deutéronome 32:8).
« Or, si quelqu’un n’a pas soin des siens, surtout de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle. » (1 Timothée 5:8)
2) Un « État moderne » n’est pas mauvais en soi
L’« État », au sens moderne, est très souvent vilipendé par les monarchistes traditionalistes. Cependant, la modernité, vivre à son époque (et non forcément selon ses vilaines modes) n’est pas en soi une insulte. Un État bien constitué, respectant la subsidiarité et la loi morale, ou s’imposant selon l’urgence des nécessités, est un instrument légitime pour structurer la vie sociale et défendre les intérêts de la nation/race.
Le problème n’est donc pas l’existence d’un État, mais son détournement vers des idéologies contraires à la foi, ou à l’ordre naturel : matérialisme, antiracisme, etc. Les Papes d’ailleurs n’enseignent pas autre chose.
« Le Prince » de Machiavel (1513), il y écrit :
« L’État est ce par quoi le prince maintient son pouvoir et assure l’ordre. »
III. La vision papale : Nation et État dans l’Enseignement
Ne soyons pas plus papistes que le Pape !
Les Papes, loin de rejeter les notions de « Nation » ou d’« État », ont explicitement abordé ces concepts pour les intégrer dans une vision politique conforme à l’enseignement de l’Église.
Voici des extraits concrets tirés de leurs écrits et discours sur ces sujets :
1. Pie VI (1791) : Une condamnation des abus révolutionnaires, mais pas des nations
Dans son allocution Quod aliquantum (10 mars 1791), Pie VI condamne la Constitution civile du clergé promulguée en France, mais il reconnaît l’importance d’une organisation politique respectant les droits des nations et des peuples :
« Ce serait une insulte à Dieu que d’abolir les formes et constitutions civiles qui, dans leur diversité, servent à l’harmonie des peuples selon les coutumes légitimes de chaque nation. […] Que les gouvernements soient des royaumes ou des républiques, la loi naturelle et divine leur impose le respect de la foi et des mœurs. »
Pie VI ne rejette donc pas les formes modernes d’État ou de nation, et ne rend pas non plus la forme de régime royale obligatoire comme un dogme, mais condamne leur détournement lorsqu’ils se placent en opposition à l’ordre moral chrétien.
2. Léon XIII (1891) : L’État comme garant du bien commun
Dans l’encyclique Rerum Novarum (15 mai 1891), Léon XIII affirme le rôle essentiel de l’État pour garantir la justice sociale, la paix et la défense des droits de chaque individu, notamment des travailleurs. Il définit ainsi la mission légitime de l’État dans l’ordre chrétien :
« Il appartient à l’État de protéger, dans leur universalité, les droits de chaque citoyen et de chaque classe sociale. […] L’État doit veiller avec soin à ce que les lois et les institutions ne s’opposent pas à la morale chrétienne, mais au contraire soient imprégnées de cette justice qui est l’élément indispensable à l’ordre social. »
Cette vision d’un État actif, mais subordonné à la loi naturelle et divine, démontre que le Pape ne voit pas dans l’État un mal en soi, mais un instrument au service du Bien commun.
3. Pie XI (1931) : Nation, État et subsidiarité
Dans Quadragesimo Anno (15 mai 1931), du temps du Duce, Pie XI approfondit l’enseignement social de Léon XIII et insiste sur la coopération entre les corps intermédiaires, l’État et les nations. Il introduit le principe de subsidiarité :
« Ce qu’un groupe inférieur peut accomplir par ses propres efforts et avec ses propres moyens ne doit pas être retiré à ce groupe pour être confié à une société plus large ou supérieure. […] Les nations elles-mêmes doivent s’organiser selon ces principes, en respectant les traditions et la foi qui les unissent. »
4. Pie XII (Discours de Noël 1944) : La légitimité des nations et la condamnation des excès
Dans son célèbre discours radiophonique de Noël (24 décembre 1944), Pie XII exprime une vision équilibrée de la nation et condamne à la fois le nationalisme idolâtre et les idéologies totalitaires :
« L’idée de nation ne doit pas être confondue avec l’exaltation de la race ou la négation de l’humanité universelle. […] Chaque nation, avec sa culture, ses traditions, et ses lois, est une expression de l’ordre divin dans la diversité des peuples. Mais aucune nation ne doit s’élever au-dessus des autres ou de la loi divine. »
Ce passage illustre parfaitement la position papale : les nations sont légitimes et voulues par Dieu, mais elles doivent se subordonner à la loi morale et rejeter tout excès d’égoïsme ou de chauvinisme.
Synthèse : Une Nation et un État au service de Dieu
Ainsi, il est vain de rejeter ces notions sous prétexte d’une modernité mal comprise : elles sont, dans l’enseignement de l’Église, enracinées dans la loi naturelle et dans le projet divin pour les sociétés humaines. Ces exemples montrent que l’Église a toujours distingué entre une nation légitime, servant Dieu, et les dévoiements patriotiques idolâtres.
IV. Une juste définition du nationalisme
Un nationalisme bien compris, « non païen », non idolâtre et non injuste ou trop « oppressif », serait donc l’amour ordonné de sa nation, dans le respect des lois divines. Certaines critiques assimilent trop rapidement nationalisme et idolâtrie de la nation, en particulier dans les milieux catholiques dit de tradition.
Le suffixe -isme confirmant un aspect doctrinal, un ensemble d’idées, qui doivent êtres réalistes, au risque de sombrer dans le faux idéologique ou « l’idéalisme » – l’idée déconnectée de son sujet.
La pensée non frappée de « souveraineté populaire » de Charles Maurras
Charles Maurras, bien que philosophiquement imparfait et agnostique, défendait une vision organique et « chrétienne » de la nation. Sa pensée était monarchique, et ainsi, différait totalement des démocrates-chrétiens, type Marc Sangnier, assimilant 1789, la nation et et la souveraineté populaire dans leur jargon – chose d’ailleurs condamnée de l’Eglise.
Saint Pie X a condamné la notion de souveraineté populaire, notamment dans son encyclique Vehementer Nos du 11 février 1906 :
« Quant à l’opinion que l’autorité publique ne tire pas son origine de Dieu, mais du peuple, elle est également contraire à la doctrine catholique. »
Famille élargie et Amour de Dieu :
Un nationalisme idolâtre, qui élèverait la nation au-dessus de Dieu, est condamné par l’Église. Toutefois, le IVe Commandement – « Honore ton père et ta mère » – invite également à aimer et honorer la patrie, prolongement de la famille dans l’ordre naturel.
Mgr Umberto Benigni, défenseur du catholicisme intégral, affirmait en ce sens que le patriotisme chrétien était une vertu, dès lors qu’il était soumis à la loi divine :
« Nous sommes pleinement : (…) contre le nationalisme païen, pendant du syndicalisme areligieux, l’un considérant les nations comme l’autre les classes, c’est-à-dire des collectivités où chacune peut et doit pousser amoralement vers ses intérêts propres, complètement en dehors et à l’encontre de ceux des autres, selon la loi brutale dont nous venons de parler; et en même temps contre l’antimilitarisme et le pacifisme utopiste, exploités par la Secte dans le but d’affaiblir et d’endormir la société sous le cauchemar judéo-maçonnique; pour le patriotisme sain et moral, patriotisme chrétien dont l’histoire de l’Église catholique nous a toujours donné des exemples splendides »
Programme du Sodalitium Pianum (n° 11, 1913).
Mgr Benigni fut également fidèle à ce programme pendant et après la Grande Guerre, comme nous verrons par la suite, en commentant une importante série d’articles sur le nationalisme et l’internationalisme, publiés en 1927 sur Fede e Ragione (Foi et Raison). (…)
(POULAT p. 121, Disquisitio, p. 265).
Autres références d’un Pape et de clercs sur la nation, le nationalisme et l’impérialisme
En ce qui concerne les relations entre les nations, deux courants distincts ont jailli d’une même source : d’un côté, le nationalisme, voire l’impérialisme économique ; de l’autre, non moins funeste et exécrable, l’internationalisme monétaire, ou impérialisme international, pour lequel la patrie est là où l’on se trouve bien. »
Actes de S.S. Pie XI, encyclique Quadragesimo anno du 15 mai 1931 (Tome VII (1931), éd. Maison de la bonne presse, p. 148).
Un nationalisme en tant que négation de l’ordre universel ou encore un internationalisme, négation de la nation ou des nations, au nom d’un faux principe machiniste, sont tous deux clairement mauvais et sont à renvoyer dos-à-dos.
Mais en fait, nous avons plutôt l’impression que Pie XI condamne ici uniquement l’impérialisme financier et l’impérialisme international, mais pas l’impérialisme en tant que tel, qui fut « Très Chrétien » par moment (Constantin, Théodose, Charlemagne, Charles Quint, Conquistadores, etc.) :
Chanoine Lionel Groulx, Le nationalisme canadien-français :
« Le nationalisme n’est pas en soi une réaction artificielle. C’est la réaction vitale, naturelle, donc légitime, de tout peuple ou nation qui veut vivre selon les lois de son intériorité spirituelle ou de son génie profond ; c’est une réaction particulière aux peuples ou groupes ethniques minoritaires ou subjugués, non absolument maîtres de leur vie. Réaction qui occasionnellement peut devenir agressive contre une menace d’oppression. Donc simple volonté de persévérer dans notre être ; rester ce que nous sommes, tels que la Providence et l’histoire nous ont faits ; le rester, non, sans doute, dans des formes inertes ni statiques, mais, comme il va de soi, dans le libre épanouissement de l’être vivant, telle pourrait être la formule du nationalisme canadien-français. »R.P. Louis Lachance, Nationalisme et religion
« Le nationalisme, qui n’est en somme qu’un patriotisme tendant à se munir d’organes durables de protection et d’agression, représente un système lié de moyens appropriés, mis au service d’un groupement d’individus marqués de caractères communs en vue de lui permettre de mieux participer aux valeurs humaines et divines et de mieux atteindre les fins temporelles et éternelles de l’homme. »Théotime de Saint-Just, La Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après le Cardinal Pie :
« Dieu a fait naître d’un seul tout le genre humain : Il lui a donné le monde entier pour demeure. Il a défini le temps d’apparition de chaque peuple et lui a marqué le lieu de son établissement. L’Ordonnateur suprême a fixé l’heure de chacune des nations, assigné leurs frontières, déterminé leur rôle, réglé leur durée et leur part d’action dans l’œuvre générale. Les nations sont voulues de Dieu et conçues dans Votre grâce, Ô Jésus-Christ. En chacune d’elles vit une idée profonde qui vient de Vous, et qui est la trame de ses destinées. […] Dieu fait vivre les nations et les gouverne. Il leur envoie la richesse ou la pauvreté, les victoires ou les défaites, les bénédictions ou les châtiments, suivant qu’elles sont fidèles ou rebelles à Sa loi. »De même, La Tour du Pain distinguait la justice sociale chrétienne de celle « païenne » (dans le sens impie du termes) de son temps, à savoir : la laïcité de la IIIe République.
V. Parallèle avec la notion de race
Dans son encyclique Ubi Arcano Dei Consilio du 23 décembre 1922, Pie XI enseignait ceci :
« Cet amour même de sa patrie et de sa race, source puissante de multiples vertus et d’actes d’héroïsme lorsqu’il est réglé par la loi chrétienne, n’en devient pas moins un germe d’injustices et d’iniquités nombreuses si, transgressant les règles de la justice et du droit, il dégénère en amour immodéré de la nation. Ceux qui tombent dans cet excès oublient, à coup sûr, que non seulement tous les peuples, en tant que membres de l’universelle famille humaine, sont liés entre eux par des rapports de fraternité et que les autres pays ont le droit à la vie et à la prospérité, mais encore qu’il n’est ni permis ni utile de séparer l’intérêt de l’honnêteté : « la justice fait la grandeur des nations, le péché fait le malheur des peuples. » (Proverbes 14 ; 34). »
La plupart des gens ont vu dans ce document une condamnation du nationalisme, car dans certaines traductions, on peut y lire l’expression « nationalisme immodéré », mais cette traduction est inexacte. La vrai traduction est « amour immodéré de la nation » – car le terme « nationalismus » ne figure nulle part dans cette encyclique -, et s’il peut être immodéré, alors il peut très bien être modéré !
La race est un sujet scientifiquement neutre, et de découverte biologique, un peu comme le colonialiste pourtant souvent « républicains », découvre les modes de vie en Afrique au XIXème siècle. Mais le scientifique découvre aussi, avec la race, les éléments fondamentaux pour la préserver, projet noble s’il en est, à son niveau certes : cela peut-être appelé racialisme, et dans son cas c’est objectif, alors pourquoi aller contre ? Au nom d’une autre vérité, fut-elle supérieure ? Cela n’a aucun sens.
VI. Corpus thomiste : gouvernements équilibrés
Saint Thomas d’Aquin, dans la lignée d’Aristote, enseigne que la meilleure forme de gouvernement est un mélange équilibré de :
• Monarchie : l’unité et l’efficacité d’une tête unique.
• Aristocratie : le rôle des meilleurs, l’élite guidant la société par leur sagesse, culture et vertu.
• Démocratie vertueuse (Politea) : la participation ordonnée du peuple à la vie politique, sans tomber dans les dérives de ladite « souveraineté populaire ».« La meilleure forme de gouvernement est celle d’un État ou d’un royaume, où un seul individu dispose du pouvoir de diriger tout le monde, tandis que d’autres ayant le pouvoir de gouverner lui sont subalternes ; or une telle forme de gouvernement est acceptée par tous, tant parce que tous sont aptes à gouverner, que parce que les règles sont choisies par tous. Cette forme de gouvernement est en effet la meilleure, car elle est partiellement royaume, puisqu’un seul dirige tout ; partiellement aristocratie, dans la mesure où le pouvoir est confié à un certain nombre de personnes ; partiellement démocratie, c’est-à-dire gouvernement par le peuple, dans la mesure où les gouvernants peuvent être choisis parmi le peuple, et le peuple a le droit de choisir ses gouvernants. »
— Saint Thomas d’Aquin, De Regno.
Ainsi, une nation bien gouvernée est celle où les pouvoirs sont harmonieusement tempérés, selon les principes de justice naturelle et divine.
VII. Dangers d’une vision « sédévacantiste » hors-les-murs
Une critique « sédévacantiste », loin d’être angélique, type père Feeney, consistant à rejeter par le schisme des papes valides précédents « Vatican II », serait mauvaise et fausse. En effet, ce dernier s’est arrêté à Pie XI en comblant d’injure le Pape Pie XII.
Le cas de Pie VII
Le pontificat de Pie VII (1800-1823) illustre que même un pape légitime peut se trouver en conflit avec des pouvoirs politiques ou être mal compris par certains courants au sein des fidèles catholiques. Son accord avec Napoléon, le Concordat de 1801, bien qu’assurant une certaine paix pour l’Église de France, fut critiqué par des « catholiques fidèles à l’ancienne monarchie ». Cela ne remit pourtant pas en cause la validité de son pontificat.
Les erreurs doctrinales des « sédévacantistes » feeynéistes :
Certains groupes sédévacantistes, comme les fényéistes, combinent la critique des papes modernes avec des hérésies. Ils rejettent par exemple des dogmes fondamentaux tels que :
• La validité des sacrements administrés selon les réformes liturgiques récentes.
• La définition du baptême comme acte trinitaire universel.
• Les dogmes mariaux, comme l’Immaculée Conception ou l’Assomption.Cas historiques de ruptures schismatiques (entre Pie VII et Pie XII)
Plusieurs groupes se sont détachés de Rome entre le pontificat de Pie VII et celui de Pie XII. Ces exemples montrent que certaines crises davantage politiques, bien qu’occasionnelles, n’infirment pas la légitimité des pontifes romains :
• L’Église d’Utrecht (1724) : Bien que son schisme ait commencé avant Pie VII, elle reste un cas d’école. Cette rupture naquit de désaccords sur l’autorité pontificale et des conflits locaux aux Pays-Bas. Les « vieux-catholiques » d’Utrecht rejetèrent les définitions dogmatiques postérieures, notamment l’Infaillibilité papale (1870).
• Les Vieux-Catholiques (1870) : Après le Concile Vatican I, certains catholiques, particulièrement en Allemagne et en Suisse, rejetèrent le dogme de l’infaillibilité papale, proclamé par Pie IX. Ils formèrent des communautés séparées, souvent influencées par des idées gallicanes et libérales.
• Le Réveil Janséniste : Bien que le jansénisme ait été condamné dès les siècles précédents, il survécut sous diverses formes, notamment parmi les « petits Églises » en France, qui rejetaient l’autorité papale.
• L’Église Constitutionnelle (Révolution française) : Dans le sillage de la Révolution, des prêtres assermentés s’alignèrent sur le pouvoir politique au détriment de Rome. Bien que ce mouvement ait principalement affecté l’époque de Pie VI et Pie VII, ses séquelles idéologiques se firent sentir jusqu’au XXe siècle.
• Les Églises dites « Nationales » : En Pologne, en Bohême ou encore dans les Balkans, des courants schismatiques ont émergé, souvent sous la pression de régimes politiques cherchant à instrumentaliser l’Église.Ces schismes, bien qu’ayant pour origine des contextes variés, reposent tous sur une volonté d’autonomie par rapport à Rome, au mépris de l’unité catholique, en des temps où cela n’était pas légitime.
Effectivement, cela n’est pas une bonne idée d’être « « sédévacantiste » avec de vrais Papes, car cela serait automatiquement schismatique, contrairement avec le cas de « Vatican II ».
Conclusion synthèse : une position vraie et juste
L’Église catholique, par ses enseignements et sa tradition enseignante, offre une vision équilibrée et juste de la Nation comme de l’État et du patriotisme.
Les excès, qu’ils soient révolutionnaires, subversifs ou réactionnaires, doivent être évités voire rejetés.
Aimer sa patrie, servir le bien commun et ordonner toute chose à Dieu : telle est la voie chrétienne, contre les caricatures et les idéologies réductrices et simplistes.

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