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Publié le par Florian Rouanet
La proposition — La partie précédente
L’actuelle partie auditive :
Le raisonnement
Le raisonnement est un discours dans lequel, certaines choses étant posées (c’est à dire des propositions attributives), quelque chose d’autre que ces données en découle nécessairement par le seul fait de ces données.
Le raisonnement consiste donc à passer d’une vérité à une autre, d’une vérité connue à une vérité inconnue.
Le raisonnement est tiré d’un des premiers principes indémontrables, qu’on appelle principe d’identité, exprimant que si deux choses sont identiques à une troisième, alors elles sont identiques entres elles.
Il y a deux types de raisonnement : Le syllogisme ou déduction, ou l’on tire de l’universel le particulier ou un autre universel, et l’induction, qui tire du singulier (de la connaissance des sens, ou bien du « moins universel » donc aussi des concepts) un universel.
Le syllogisme
Il illustre ici tout le génie d’Aristote. Bien qu’il n’ai évidemment pas inventé le raisonnement, il l’a théorisé et en a tiré la méthode du syllogisme et de ses possibilités. L’on peut dire qu’un intellect humain sain fonctionne normalement par syllogisme.
Si l’on souhaite une définition plus précise que le raisonnement en considérant le syllogisme en lui même, alors on peut dire que celui ci est « une argumentation dans laquelle, d’un antécédent qui compare deux termes (ou concepts) à un troisième, résulte nécessairement un conséquent (une conclusion) qui unit ou sépare ces deux termes. »
Ces deux termes sont appelés des extrêmes, ils sont comparés à un troisième, qui est le moyen terme. Ce moyen terme permet d’unir, d’identifier, ou bien de déclarer impossible leur union. C’est là l’application du principe d’identité énoncé plus haut.
Pour structurer le syllogisme, l’on aura donc deux propositions que la logique nomme prémisses, puis la conclusion.
Exemples
On cherche à savoir si les musulmans seront condamnés au Jugement Dernier
Première prémisse : Les infidèles seront condamnés (le moyen terme est les infidèles, le premier extrême ceux qui seront condamnés)
Deuxième prémisse : Or les musulmans sont des infidèles (Les musulmans sont le deuxième extrême et on retrouve ensuite le moyen terme)
Conclusion : Donc les musulmans seront condamnés (Les deux extrêmes sont donc unis par le moyen terme, la conclusion étant affirmative)
On peut expliquer un syllogisme par l’extension :
M (Les infidèles) est dans l’extension de A (les condamnés)
Or B (les musulmans) est dans l’extension de M (les infidèles)
Donc B (les musulmans) est dans l’extension de A (les condamnés)
L’interprétation en extension permet la représentation graphique suivante :

On peut également l’interpréter en compréhension :
A fait partie de la compréhension de M
Or M fait partie de la compréhension de B
Donc A fait partie de la compréhension de B
Dans l’exemple donné, vous remarquerez que l’on retrouvera trois propositions affirmatives universelles.
Tout les syllogismes ne suivent pas ce modèle, plusieurs combinaisons sont possibles en fonction de la place du moyen terme dans le syllogisme ou bien de la quantité et de la qualité des propositions. Aristote a fixé les combinaisons valides.
Il est nécessaire que 8 règles, dressées telles par les logiciens médiévaux, soient respectées pour qu’un syllogisme soit valide, l’on peut donc s’en servir pour invalider un raisonnement sans utiliser le seul bon sens. Voici les 8 règles énoncées selon Roger Verneaux dans son ouvrage de logique :
– Qu’il y ai trois termes : le grand, le moyen, le petit.
– Que les extrêmes n’aient pas plus d’extension dans la conclusion que dans les prémisses : on conclurait alors plus largement que les propositions posées.
– Que la conclusion ne contienne pas le moyen terme.
– Que le moyen terme soit pris au moins une fois dans tout son extension : Si ce n’est pas le cas, on ne sait pas si les deux termes ont été comparés aux mêmes parties du moyen terme, ce qui ne permettra d’affirmer ni leur union, ni leur séparation.
– Deux prémisses affirmatives ne peuvent engendrer une conclusion négative : Affirmation du principe de contradiction. Si les deux prémisses sont liées par le moyen terme, elle ne peuvent être en même temps séparées.
– De deux prémisses négatives rien ne suit : Si aucun des termes n’est identique au moyen, alors on ne peut rien conclure entre eux.
– La conclusion suit toujours la prémisse la plus faible (particulière/négative) : « En effet, si une prémisse est particulière, la conclusion ne peut être universelle car elle dépasserait les prémisses. Et si une prémisse est négative, elle pose que l’un des terme n’est pas identique au moyen terme, la conclusion ne pourra donc être que négative ».
– De deux prémisses particulières rien ne suit : « Si chacun des extrêmes ne convient au moyen terme que dans certains cas, on ne peut pas savoir si ce sont les mêmes cas, et donc on ne peut pas savoir si les extrêmes se conviennent ou non entre eux »
Il faut savoir que les prémisses peuvent être certaines ou contingentes. Si les prémisses peuvent être prouvées en remontant de syllogisme en syllogisme jusqu’aux premiers principes, alors la conclusion sera scientifique (ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver dans chaque cas bien évidemment, puisque tout débat argumentatif part forcément de prémisses admises par tout les cotés à un moment ou à un autre), mais si elles sont contingentes, la conclusion sera seulement probable (on parlera alors de raisonnement dialectique).


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