• « Léon XIV : de l’espoir au doute, du doute à la déception », FSSPX entre demi-molle et réveil ?



    Quand le « vaticaniste » Aldo Maria Valli passe de la sympathie à la semi-désillusion face à Prevost

  • Léon Prevost -14, ou l’art vaticanais de tromper des tradis déjà consentants...

    ⁂ 𝔄rène du centrisme romain

    Tandis que les « prélats romains » arborent leur gilet fluo, 𝔬̂ lecteur, non sans satire ni lyrisme, parlons de la scène : Cupich à Chicago, Léon XIV à Castel Gandolfo, Valli derrière son clavier, l’avortement et le relativisme, et la Fraternité qui se gendarme mais ne rompt plus.

    • Un vaticaniste est passé de l’estime au dépit.
    • FSSPX : espoir, doute, déception.
    • Anti‑ralliement avec  Vatican II à cause de la néo-doctrine, des néo-sacrements et de son corollaire : l’œcuménisme sentimental.
    • Libéralisme généralisé mode ponts et bouillons maçonniques.

    Résumé des thèmes : Valli, l’article FSSPX, le scandale Cupich/Durbin, la prière interreligieuse, et la critique anti‑ralliement sur la légitimité d’espérer d’un « pape Vatican II » une restauration : « Frat demi‑molle » et autres « prouts » de l’indignation qui ne débouchent ni sur des sacres ni sur des actes

    (Source : Aldo Maria Valli – Trad. à partir de benoitetmoi/DICI n°461 – FSSPX.Actualités)


    ☧ 𝔏exique martial

    Cordage terminologique pour cogner avec précision : « centriste », « moderniste modéré », « indifférentisme », « vaticaniste », « ralliement », etc.

    « MODERNISME, masculin, Doctrine contredisant le dépôt révélé par une adaptation systématique de la foi aux idées contemporaines. ».
    « INDIFFÉRENTISME, masculin, Tendance religieuse ou philosophique qui tient les religions pour équivalentes ou néglige la question de la vérité. »
    « VATICANISTE, masculin, Journaliste spécialisé dans l’observation de la Curie romaine. ».


    ᛟ 𝔄ncienne école

    « Devant le refus de Rome de prendre en considération nos protestations et nos demandes de retour à la Tradition, et devant mon âge car j’ai maintenant 82 ans, je suis dans ma 83ᵐᵉ année, il est évident que je sens la fin venir, il me faut un successeur. Je ne peux pas laisser cinq séminaires à travers le monde, sans évêque pour ordonner ces séminaristes, puisqu’on ne peut pas faire de prêtres sans évêque. Et que tant qu’il n’y aura pas d’accord avec Rome, il n’y aura pas d’évêques qui accepteront de faire des ordinations. Donc je me trouve dans une impasse absolue et j’ai un choix à faire : ou bien mourir et laisser mes séminaristes comme cela dans l’abandon et laisser mes séminaristes orphelins, ou bien faire des évêques. Je n’ai pas le choix. »
    Mgr Lefebvre articule ainsi son impasse à la conférence de presse du 15 juin 1988
    — Mgr Lefebvre, conférence de presse du 15 juin 1988

    « Dès le jour même où nous avons décidé de signer, à propos de l’évêque j’ai demandé au cardinal Ratzinger : « Alors, maintenant, nous allons signer le protocole, est-ce que vous pourriez déjà nous donner la date pour la consécration de l’évêque » (c’était le 4 mai). « Vous avez le temps d’ici le 30 juin de me donner le mandat pour l’évêque. » »
    [Ratzinger repousse chaque proposition. Mgr Lefebvre conclut alors]
    « J’ai dit : « C’est fini, j’ai compris. On veut nous mener en bateau, c’est terminé, c’est fini, je n’ai plus confiance ». J’avais bien raison de ne pas avoir confiance, on est en train de nous jouer. J’ai perdu confiance complètement. Et le jour même, le 5 mai, j’ai écrit une lettre au Pape et une lettre au cardinal Ratzinger en disant : « J’avais espéré arriver à un résultat, je crois que c’est terminé. Nous voyons très bien. Il y a une volonté de la part du Saint-Siège de vouloir nous soumettre à ses volontés et à ses orientations. C’est inutile de continuer. Nous sommes tout à fait opposés l’un à l’autre. » »
    — Mgr Lefebvre, le 5 mai 1988, faisant suite à un protocole d’accord.

    « Pour sauvegarder le sacerdoce catholique qui continue l’Église et non une Église adultère, il faut des évêques catholiques. »
    « Je ne veux pas quand le Bon Dieu me rappellera qu’Il me dise : qu’est ce que tu as fait là-bas sur la terre ? Tu as contribué à démolir l’Église aussi. Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas contribué à démolir l’Église. J’ai contribué à la construire. »
    — Mgr Lefebvre, allocution lors des sacres FSSPX, le 30 juin 1988


    Σ 𝔓lan d’attaque

    🥊 I. De la sympathie au mécompte : le vaticaniste désenchanté
    🩸 II. Avortement, relativisme et trahison de la vie naissante
    🕊️ III. Bouillon œcuméniste et fraternité très humaine
    🏕️ IV. La frat demi‑molle et les sacres perpétuellement différés ?


    La Frat et les sacres toujours remis au calendes
    « Jean-tradi criera au viol mais signera la feuille de présence ! »

    I. Le vaticaniste et son pape de laboratoire

    Aldo Maria Valli vient de ce « milieu sérieux » du journalisme romain, formé à l’école du suivi quotidien des dicastères, des consistoires, des synodes, et connu pour ses portraits nuancés de figures cardinalices comme Carlo Maria Martini, dont il a retracé la trajectoire intellectuelle (moderniste semi-conservatrice) avec un mélange de précision documentaire et de « respect humain ». Cette longue pratique de la Curie lui donne un regard exercé sur les ressorts profonds du gouvernement romain et sur la manière dont les « profils » sont fabriqués, promus, expérimentés.

    D’où sa « sympathie instinctive » pour M. Prevost Léon XIV, se dit-il, enfin un pape qui ne se prend pas pour une vedette, qui se tient en retrait, qui semble redonner place à la barque plus qu’au timonier, et qui, surtout après les années Bergoglio, réveille chez beaucoup cette vieille espérance d’un retour au « normal ». Mais déjà affleure, sous sa plume, la conscience aiguë d’un modernisme tempéré, d’un Catholicisme raboté pour rester compatible avec le numéro d’équilibrisme Vatican II, bref d’un « pape de laboratoire » dont la normalité rassurante est elle-même un produit du système qu’il faut oser juger.

    C’est là que se noue la critique anti‑ralliement : comment des hommes qui voient juste sur les effets pervers de la révolution conciliaire retombent‑ils, au moment décisif, dans une espérance contradictoire, celle d’un « vrai chef » gardant intacte la matrice doctrinale qui a enfanté la crise. La tentation est toujours la même : réclamer une figure rassurante, sans toucher au cadre intellectuel et canonique qui rend précisément impossible l’exercice durable d’une autorité vraiment catholique.

    II. Quand la vie naissante devient variable d’ajustement

    L’affaire Cupich / sénateur Durbin en offre une illustration crue : un archevêque materialiter (lol) prêt à honorer publiquement un politicien pro‑avortement au nom de « quarante ans de service » et de son engagement sur d’autres dossiers, comme si la défense de l’enfant à naître devenait une clause parmi d’autres dans un bilan jugé comme étant globalement positif. La rhétorique de l’« affaire complexe », du « personne ne connaît toute la vérité » permet alors de transformer une violation frontale de la loi naturelle — et du magistère constant — en simple variable d’ajustement dans la gestion des équilibres politico‑ecclésiaux, géopolitique, locaux, etc.

    Valli s’indigne : l’avortement reste chez lui un mal radical, un « cauchemar qui continue », un scandale objectif auquel on ne saurait s’habituer. Mais son langage demeure psychologisant, saturé de catégories de frustration et de déception, comme si la crise se réduisait à la douleur des consciences blessées plutôt qu’à la défaillance structurelle d’un appareil ecclésial et civilisationnel qui a cessé de traiter l’homicide prénatal comme une ligne de fracture non négociable.

    Le cadre de lecture « pré‑1958 » rappelle une tout autre tonalité : les Papes y condamnaient sans ambages l’avortement comme crime abominable, une mise à mort des innocents, intrinsèquement injustifiable, et la complicité publique comme un motif objectif d’exclusion des honneurs catholiques, sans se réfugier dans les nuées de la « complexité sociologique ».

    III. Ponts de carton et bouillon maçonnique

    L’intention de prière d’octobre, consacrée à la « collaboration entre les différentes traditions religieuses », propose de faire des religions un levain d’unité dans un monde fragmenté, en appelant à défendre ensemble « paix, justice et fraternité humaine ». Le texte demande que les croyants apprennent à « vivre, prier, travailler et rêver ensemble », non plus seulement comme témoins de doctrines irréconciliables, mais comme partenaires d’un projet commun de cohabitation humaniste abstraite harmonieuse.

    Derrière la douceur des formules, il discerne la poursuite, « sous Léon XIV », d’un même tropisme vers la fraternité horizontale où l’Évangile se dilue en éthique minimale, les martyrs devenant des anomalies gênantes dans un récit où toutes les religions sont invitées à se tendre la main comme si elles participaient d’un même élan vers le divin. Sa réserve porte sur ce déplacement silencieux : la foi catholique cesse d’être la Vérité qui juge les cultes concurrents pour devenir une tradition parmi d’autres dans un concert religieux censé pacifier la planète.

    Or cet irénisme n’est pas une lubie personnelle de M. Léon…, mais l’application fidèle de la dynamique ouverte par Vatican II : de Nostra aetate aux rencontres d’Assise, toute une théologie de « l’autre croyant » s’est mise en place, substituant au langage des faux dieux et de l’erreur la sémantique de l’enrichissement mutuel et de la coopération fraternelle. L’école contre‑révolutionnaire avait très tôt dénoncé ce glissement, voyant dans ces « ponts » l’ossature d’un œcuménisme de carton‑pâte — souvent pro-marxiste —, parfaitement compatible avec le vieil idéal maçonnique d’une fraternité universelle, sans conversion ni royauté sociale du Christ.

    IV. La frat demi‑molle et le syndrome des sacres reportés ?

    La néo-FSSPX suit donc tous ces points énumérés de prêt. Et, dans ce décor, le « milieu tradi » apparaît comme une assemblée de campeurs éternellement réveillés au son des mauvaises nouvelles romaines, ayant arrêtés l’échoppe à mi-chemin, se répandant en lamentations sur les réseaux, mais se gardant bien de poser les actes correspondants : ni sacres, ni rupture nette, ni refus effectif d’un système qu’on passe pourtant ses journées à dénoncer.

    La Frat « demi‑molle », si nous osons dire, se reconnaît à ce réflexe : crier au viol dès qu’une intention de prière syncrétique ou un prix offert à un pro‑avortement surgit, puis signer docilement la feuille de présence canonique pour ne pas perdre le bénéfice d’un semi statut précaire au sein de ladite structure conciliaire.

    L’article de FSSPX Actualités sur ces sujets se maintient dans le registre du « cauchemar qui continue », certes, loin toute complaisance absolue, en conservant une obédience envers un néo-pape présenté simultanément comme moderniste modéré et comme potentiel « roc de l’unité visible ». On s’indigne de la situation, on décrit avec justesse l’incohérence objective, mais l’on se refuse à tirer les conséquences, canoniques et pratiques, qui découleraient selon « l’ancienne théologie », de la persistance obstinée d’erreurs publiques.


    D’où l’insistance des milieux de constat « sédévacant » : l’erreur ne réside pas seulement dans Vatican II comme corpus de textes, ni même dans les gestes scandaleux qui l’ont suivi, mais dans la volonté de maintenir coûte que coûte la fiction d’une réformabilité interne d’un système ruineux dans ses rites et principes.
    Là où l’ancienne théologie enseignait qu’un magistère nourrissant l’ambiguïté et promouvant des pratiques contraires à la loi divine ne pouvait plus être tenu pour norme sûre, beaucoup de tradis d’aujourd’hui préfèrent transformer la crise en drame psychologique interminable, plutôt qu’en question de vérité et de juridiction, semblant renvoyer indéfiniment ses sacres – et les décisions – aux calendes.


    ☩ ℭoup de grâce

    De prouts mous en prouts mous jusqu'à l'éveil ?

    Valli est peut-être honnête, mais prisonnier d’un même cadre. Léon XIV est la figure parfaite du centriste, tandis que la FSSPX reste coincée entre l’indignation et le ralliement au moins implicite. Le cas Cupich/Durbin révèle une doctrine relativiste — après milles autres cas constatables —, non un simple faux pas diplomatique ponctuel. L’œcuménisme sentimental est le fruit mûr (ou pourris, au choix) de Vatican II. Enfin, la critique anti‑ralliement, ou plutôt catholique intransigeante, doit souligner l’incohérence d’espérer d’un Pape moderniste la restauration intégrale.

    Alors qu’au fond, tous se demandent : les sacres d’évêques (sans l’aval évident de la Rome moderniste), c’est pour quand ?!

    — La Rédaction

    🥊 𝔑𝔬𝔰 𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰 𝔡𝔢 𝔩𝔞 𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢

     



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