• Le soutien total de Pie XI aux corporations sociales de l’État fasciste italien



    Le corporatisme mussolinien et la doctrine sociale de l’Église.

  • « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. »
    Benito Mussolini. Le fascisme, doctrine et Institutions.

    Les corporations sont des groupements humains ordonnés au bien commun, essentiels et nécessaire à la vie des hommes en société.

    Déclaration de Pie XI pour la Noël 1926 (après l’échec d’une tentative d’attentat contre Mussolini) :
    “L’Italie elle-même, que la nature et la religion Nous rendent si chère à tant de titres, n’a pas échappé aux orages. Nous disons aux orages, ce n’est pas sans intention. Tout d’abord elle fut secouée d’horreur et d’indignation par un fol attentat contre cet homme qui, avec une énergie et une vigueur si rares, tient les rênes du gouvernement ; et l’on tremble à bon droit pour le salut de l’État toutes les fois que sa vie vie est menacée. Mais par une assistance des plus efficaces et presque visible de la divine Providence, ce premier mouvement d’horreur et de colère a pu faire place aux joyeuses acclamations de tout un peuple, aux félicitations, aux actions de grâce ; et l’on a publiquement remercié le Dieu Sauveur d’avoir arraché à la mort sans même qu’il soit blessé, cet homme sur le point de périr. Nous aussi, informé de l’évènement parmi les premiers, Nous fûmes parmi les premiers à offrir de justes actions de grâce à Dieu”.

    La corporation de travail étatisée du fascisme italien et le soutien de l’Église par Pie XI

    De la justice sociale que Pie XI promut dans ses encycliques Quadragesimo Anno (1931) et Divini Redemptoris (1937)

    De Divini Redemptoris :

    51. C’est précisément la fonction de la justice sociale d’imposer aux membres de la communauté tout ce qui est nécessaire au bien commun.

    De Quadragesimo Anno :

    25. L’État n’est pas seulement le gardien de l’ordre et du droit, mais […] il doit travailler énergiquement à ce que, par tout l’ensemble des lois et des institutions, la constitution et l’administration de la société fassent fleurir naturellement la prospérité tant publique que privée.

    49. L’autorité publique peut donc, s’inspirant des véritables nécessités du bien commun, déterminer, à la lumière de la loi naturelle et divine, l’usage que les propriétaires pourront ou ne pourront pas faire de leurs biens.

    1. L’homme n’est pas non plus autorisé à disposer au gré de son caprice de ses revenus disponibles.57. Les ressources que ne cessent d’accumuler les progrès de l’économie sociale doivent donc être réparties de telle manière entre les individus et les diverses classes de la société […] que soit respecté le bien commun de la société tout entière.
    2. «… de vrais et propres organes ou institutions d’État [qui] dirigent et coordonnent l’activité des syndicats ».

    Nulle part, cependant, Quadragesimo Anno ne dénonce le fascisme. L’objet de l’encyclique consiste à condamner le libéralisme, le socialisme et le communisme ainsi qu’à présenter un type d’organisation sociale conforme à la doctrine de l’Église. « Qu’ils se souviennent tous que ce socialisme éducateur a pour père le libéralisme et pour héritier le bolchevisme » (section 122).

    Dans son encyclique Non Abbiamo Bisogno rendue publique le 29 juin 1931, Pie XI confirma n’avoir aucune velléité antifasciste. Après avoir reconnu à la section 20 l’apport du fascisme à la religion, le pape déclarait à la section 50:

    “Vous savez, Vénérables Frères, évêques d’Italie, par votre expérience pastorale, quelle grave, quelle funeste erreur c’est de croire et de faire croire que l’œuvre accomplie par l’Église dans l’Action catholique et par le moyen de l’Action catholique a été remplacée et rendue superflue par l’instruction religieuse dans les écoles et par la présence d’aumôniers dans les Associations de Jeunesse du parti [fasciste] et du régime. L’une et l’autre sont très certainement nécessaires; sans elles, l’école et les Associations en question deviendraient inévitablement, et bien vite, par fatale nécessité logique et psychologique, des choses païennes.”

    Jamais les conflits entre le régime de Mussolini et le Vatican ne portèrent sur la légitimité ou le bien-fondé de l’organisation sociale du fascisme. Plusieurs autres déclarations de Pie XI l’illustrent de façon limpide. En voici quelques-unes:

    “« État catholique », dit-on et répète-t-on, mais « État fasciste »; Nous en prenons acte sans spéciales difficultés, volontiers même, car cela veut dire sans aucun doute que l’État fasciste, tant dans l’ordre des idées et des doctrines que dans l’ordre de l’action pratique, ne veut rien admettre qui ne s’accorde avec la doctrine et la pratique catholiques. (« Lettre de Pie XI au cardinal Gasparri », Le Devoir, 22 juin 1929, p.1)

    Il Nous reste à voir si [des] difficultés peuvent dériver du caractère corporatif de l’État [fasciste italien]. […] En vérité, on ne voit pas quelles peuvent être ces difficultés et comment elles peuvent surgir. […] Le caractère corporatif résulte, en définitive, d’une spéciale, pacifique organisation des différentes classes de citoyens, avec une ingérence plus ou moins accentuée de l’État, de la loi, de la magistrature, en ce qui concerne le travail, la production, etc., toujours, bien entendu, dans l’ordre naturel et civil, tandis que l’Action catholique, comme on l’a dit, reste sur le terrain spirituel et surnaturel.

    Activité corporative [fasciste] et Action catholique ne pourront manquer de se rencontrer étant donné l’identité du sujet humain, individuel et collectif; mais, moyennant la sincère bonne volonté et le sincère désir du bien de part et d’autre, la rencontre des deux activités ne pourra que produire un très heureux effet: celui de se coordonner pour le plus grand bien, pour le bien complet, s’il se peut, des individus, des classes, de la société.”
    (« Lettre de Pie XI au cardinal Schuster de Milan », Le Devoir, 22 mai 1931, p.6)

    Le 28 mai 1931, Le Devoir (p.10) rapportait par ailleurs que l’Osservatore Romano, l’organe de presse du Vatican, avait fermement nié l’assertion voulant que l’Action catholique soit antifasciste.

    Cela s’accorde donc avec Benito Mussolini « Le fascisme, doctrine et institutions » dans l’onglet « Antisocialisme et corporativisme ».

    Le signal fut donné en 1933 dans une Lettre collective de l’épiscopat catholique allemand qui proclama haut et fort son allégeance au régime ns allemand:

    “Notre époque se distingue par une affirmation singulièrement énergique de l’autorité et par l’inflexible volonté d’enchaîner organiquement les citoyens et les corporations au grand Tout figuré par l’État. Elle part ainsi d’un principe du droit naturel: il n’est pas, en effet, de vie sociale qui puisse prospérer sans une autorité suprême, et seuls l’entrée volontaire dans les rangs de la nation, de même que l’assujettissement et l’obéissance aux ordres d’une direction nationale légitime sont en mesure de renforcer la puissance et la grandeur nationales.

    Si l’individu cesse de considérer le Tout national ou s’il se flatte de posséder en lui-même l’étalon qui permet de le juger, il peut bien se former un groupement d’hommes intéressés, mais il n’en sortira jamais une famille et une prospérité nationales véritables.

    C’est seulement quand l’individu se considère comme le membre d’un organisme et place le bien général au-dessus de son propre intérêt qu’il redevient capable d’une humble obéissance et qu’il sait joyeusement mettre sa vie au service de son pays, ainsi que le réclame la foi chrétienne.

    […] À nous, catholiques, il ne semble nullement difficile d’admettre et d’apprécier cette énergique réaffirmation de l’autorité dans la vie organique de l’État allemand et de nous y soumettre avec cette bonne volonté qui est non seulement une vertu naturelle, mais encore, une vertu surnaturelle; car dans l’autorité humaine nous voyons comme un reflet de l’autorité divine, comme une participation à l’éternelle autorité de Dieu.

    D’autre part, nous pouvons nous attendre à ce que l’autorité de l’État, de même que celle de l’Église catholique, ne restreindra la liberté individuelle qu’en la mesure exigée par le bien commun.”
    (Le Devoir, 6 juillet 1933, p.1)

    Obéissant au principe de l’unité organique de la société, l’Église prôna la dissolution du Parti catholique allemand Zentrum afin que ses membres joignent le Parti national-socialiste dirigé par Hitler et ses acolytes. Le 6 juillet 1933, Le Devoir (p.4) annonçait que la dissolution du parti catholique était chose faite. À cette occasion, le leader du Zentrum M. Brüning déclara que « la mesure permet aux députés [catholiques] de mettre leurs forces et leur expérience à la disposition du front national constitué par M. Hitler ».

    C’était la répétition de ce que Pie XI avait fait en Italie quelques années plus tôt: lâcher le Parti populaire italien d’allégeance chrétienne, contraindre à l’exil les dirigeants catholiques hostiles à leur absorption par le parti fasciste et espérer que la nouvelle alliance avec le fascisme conduirait au renouveau chrétien de la société.

    « La conception nationale-socialiste va dans le même sens que celle, familière aux catholiques, qui est développée dans l’encyclique Quadragesimo Anno. Dans un important discours prononcé devant le Front des travailleurs allemands le 10 mai 1933, Hitler déclara : « Le nouvel État ne représentera plus les intérêts particuliers d’un groupe ou d’une classe, il sera le mandataire de la nation dans son ensemble ». Voilà le sentiment qui nous animait à ce moment-là et notre appui à la nouvelle Loi du travail, promulguée le 29 janvier 1934, fut donné avec les meilleures intentions. »

    Franz von Papen, Memoirs, London, A. Deutsch, 1952, p.284.

    Éléments repris de Quebecois-Libre qui n’est pas un site précisément favorable au fascisme et à l’Église catholique.


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    […] Pour travailler le thème du « corporatisme et du catholicisme ». […]


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