• Sparte et Athènes : gloires contrastées des civilisations grecques antiques



    Force spartiate, intellectualité athénienne, impossibilités chrétiennes

  • Nos lecteurs savent, qu'à l’instar de « Tonton le Teuton », nous admirons l'antiquité classique, puis celle tardive, couronnant le tout en le christianisant, notamment par la voix de l'Empire romain et de ses gloires. Toute civilisation, s'identifie et se compare par rapport à cette lointaine origine première, comme le signal Paul Valéry. Ce fut une totalité redécouverte à la Renaissance.

    Résumé introductif :

    Avant que le phare de Rome n’éclaire le monde (saint Jérôme, Duce), la Grèce, par son magistère intellectuel et culturel, guidait déjà les pas de la civilisation.
    Sparte et Athènes, deux phares de la civilisation grecque antique, se distinguent par leur contraste saisissant : la première incarne une discipline martiale d’airain, tandis que la seconde rayonne par son intellectualité et son esprit « démocratique ». Pourtant, leur opposition éclaire une réflexion profonde sur la victoire et les limites des modèles païens, sous le regard chrétien éclairé.


    Sommaire :

    I. Sparte : ordre militaire et idéal collectif
    II. Athènes : génie intellectuel et démocratie organique
    III. La confrontation : Sparte triomphante sur Athènes
    IV. Le regard chrétien sur les limites du paganisme


    I. Sparte : ordre militaire et idéal collectif

    Sparte s’érige comme une civilisation unique dans l’Hellade antique (territoire occupé par les Grecs), glorifiant la discipline, l’ordre et le collectif. Cette cité militarisée repose sur un système ethnique et social strict et une organisation politique oligarchique qui privilégient la stabilité.
    L’éducation spartiate (découvrir la Paideia grecque), la « krypteia », prépare les jeunes hommes dès l’enfance à servir l’État, sublimant l’individu au profit de la communauté.

    L’admiration pour Sparte, y compris dans des époques modernes, est éloquemment illustrée par Maurice Bardèche dans Sparte et les Sudistes, où l’auteur compare la rigueur spartiate à l’honneur des confédérés américains, tous deux porteurs d’un idéal de hiérarchie et de discipline face à un monde en mutation qui, une fois allié, selon lui, forme une bonne complétude de l’homme, proche de l’idéal concret du fascisme.

    Cependant, ce modèle n’est pas exempt de critiques. Les lois de Lycurgue autorisaient une sévère domination des hilotes, un système que ni la raison humaine ni la morale chrétienne ne sauraient approuver pleinement (droit de vie et de mort du père sur l’enfant).

    Citations spartiates

    « Μολὼν λαβέ »
    (« Viens les prendre »).
    Léonidas, réponse à Xerxès, rapportée par Hérodote, Histoires, livre VII, 480 av. J.-C.

    « Ce n’est pas pour moi que je combats, mais pour Sparte et pour l’honneur des miens. Mieux vaut mourir glorieux que vivre déshonoré. »
    Brasidas, paroles attribuées avant sa mort, rapportées par Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre V, 422 av. J.-C.

    « Nous seules donnons naissance à des hommes. »
    Gorgô, reine de Sparte, réponse rapportée par Plutarque, Apophtegmes lacédémoniens, Ier siècle apr. J.-C.


    II. Athènes : génie intellectuel et démocratie organique

    À l’opposé de Sparte, Athènes rayonne par sa créativité et sa quête existentielle. La cité, berceau de la démocratie, encouragea la participation active des citoyens aux affaires publiques, un système que Périclès qualifierait de « démocratie organique », pour actualiser le propos, où chaque citoyen libre contribuait à la grandeur commune.

    L’esprit athénien trouve son apogée dans les œuvres des penseurs tels que Socrate, Platon et Aristote, dont les réflexions influencent encore profondément les bases de la pensée occidentale. Par ailleurs, les arts et la littérature s’épanouirent sous des figures illustres comme Eschyle, Sophocle et Euripide, témoignages de l’effervescence intellectuelle athénienne.

    Cependant, cette exaltation de l’individu et de la liberté trouva aussi ses excès, favorisant une instabilité politique, la sophistique, le subjectivisme, le relativisme ou encore l’individualisme, ce qui poussa à des divisions internes qui affaiblirent la cité.

    Citations athéniennes

    « Les lois sont comme des toiles d’araignées, elles attrapent les faibles et les petits, mais les grands les percent et passent au travers. »
    Solon, Fragment transmis par Démosthène, VIe siècle av. J.-C.

    « L’homme libre est celui qui participe aux affaires publiques. »
    Périclès, Discours funèbre rapporté par Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre II, vers 430 av. J.-C.


    III. La confrontation : Sparte triomphante sur Athènes

    Le conflit entre ces deux modèles trouve son point culminant dans la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.). Alors qu’Athènes brille par sa flotte et ses stratèges visionnaires comme Thémistocle, Sparte finit par triompher grâce à sa supériorité terrestre, sa discipline rigoureuse et son alliance tactique avec la Perse.

    Ce triomphe spartiate illustre une vérité intemporelle : dans les situations d’urgence, de survie collective, l’ordre et la force hiérarchique surpassent souvent la créativité anarchique et désordonnée. Loin d’être une simple victoire militaire, cette issue symbolise l’affrontement entre deux visions du monde : l’homme intellectuel ou l’homme guerrier, et en effet, les livres, malgré leur importance, ne doivent pas constitués l’alpha et l’oméga de notre vie !

    Nous souhaitons à l’homme européen la civilisation de l’excellence, de la sprezzatura aristocratique, ou populisme aristocratique.

    Dans « Le Livre du Courtisan » (Il Libro del Cortegiano), publié en 1528, Baldassare Castiglione introduit le concept renaissant de sprezzatura, qu’il définit comme :

    « Une certaine nonchalance, qui cache l’artifice et montre ce que l’on fait ou dit comme si cela venait sans peine et presque sans y penser ».

    EHESS

    Citations historiennes antiques

    « Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. »
    Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, Livre V, Chapitre 89.

    « N’as-tu pas honte, dira-t-on peut-être, de t’être fait si bêtement duper ? Et oui, par Zeus, je serais honteux si c’était un ennemi qui m’avait trompé, mais en amitié, j’estime qu’il y a plus de honte à être le trompeur que le trompé. »
    Xénophon, L’Anabase ou l’Expédition des Dix-Mille, Livre VII, Chapitre 6, Paragraphe 21.

    Wiki quote


    IV. Le regard chrétien sur les limites du paganisme

    Toutefois, signalons, qu’après la révélation, nous avons moins l’excuse d’être aveuglé !

    Si l’histoire loue les accomplissements de Sparte et d’Athènes, le regard chrétien ne peut que marquer une distance critique envers les excès de leurs systèmes. La rigueur spartiate, admirable par sa virilité et sa discipline, trouve ses limites dans son mépris de la « dignité humaine » devant Dieu, comme en témoigne le traitement impitoyable des hilotes ou encore l’élimination des enfants jugés faibles ou mal formés.

    Les Pères de l’Église, tels que saint Augustin dans La Cité de Dieu, soulignent l’incapacité des cités païennes à atteindre la véritable justice, qui ne peut se fonder que sur la loi divine. De même, les pratiques athéniennes, bien que porteuses de génie, à échelle naturelle notamment, se sont parfois égarées dans une exaltation excessive de la raison humaine (rationalisme), au détriment de l’ordre moral voulu par Dieu.

    En définitive, ces deux modèles offrent des leçons précieuses tout en révèlant des impasses qu’aucune société humaine ne peut transcender sans la lumière du Christ.

    Citations chrétiennes

    « Sparte s’enorgueillissait de sa discipline, Athènes de sa sagesse, mais elles méconnaissaient la véritable liberté : celle de servir le Christ. »
    Saint Jean Chrysostome, Homélies sur les Éphésiens, homélie 6, IVe siècle apr. J.-C.

    « Là où Dieu n’est pas reconnu, même les vertus païennes deviennent des vices déguisés. »
    Saint Ambroise, De Officiis Ministrorum, livre I, chapitre 36, IVe siècle apr. J.-C.

    « La justice qui est fondée sur l’homme seul est semblable à une cité bâtie sur du sable ; seule la justice de Dieu peut édifier une société durable. »
    Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XIX, chapitre 21, Ve siècle apr. J.-C.

    « Les cités des hommes, qui ne connaissent pas le vrai Dieu, oscillent entre la tyrannie et le désordre. »
    Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre IV, chapitre 4, Ve siècle apr. J.-C.


    Conclusion

    L’histoire de Sparte et d’Athènes illustre deux formes de grandeur humaine : l’une martiale et hiérarchique, l’autre intellectuelle et démocratique organique (petite citée, réalisme, etc.).

    Leur opposition, cristallisée dans le triomphe spartiate, invite à méditer sur les limites des civilisations purement humaines et notamment celle « trop spéculative » d’Athènes, par rapport au modèle d’homme complet qu’il nous faut promouvoir.

    Seul le message chrétien, transcendant les faiblesses inhérentes aux systèmes païens, permet d’unir ordre et justice véritable.

    «Qu’est-ce que le fascisme ?» de Maurice Bardèche (première partie intraeuropéenne – extraits)

    Quelle place tient l’Antiquité grecque dans le National-Socialisme allemand ?

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