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Publié le par Florian Rouanet
Il s’agit ici de réussir à décrire ce dont fait l’éloge la civilisation européenne en priorité, dans sa conception de l’homme.
Intelligence :
La civilisation européenne, dans son histoire et ses principes, n’a pas toujours fait éloge de l’intellectualité, surtout prise séparément, ce qui est pourtant parfois perçu comme la qualité humaine primant sur tout le reste.
L’homme complet, en effet, ne saurait être que pur esprit, et cela, même si, grâces soient rendus aux Grecs, nous sommes ceux qui avons poussé le plus loin la réflexion (de la philosophie en tant que telle, là où les chinois, par exemple, n’ont formulées que de bonnes pensées sociales – restant parfois purement agnostiques).
Nous remarquerons, lors de l’histoire antique, que l’intellectuel ne remporte pas toutes les victoires, car lorsque la « dictature » de Sparte et ses légions arrivent, l’Athènes « démocratique » succombe devant la force employée.
Vulgairement, nous dirons que les bourrins explosent et soumettent les « intello ».Après, dans la dialectique entre Rome et la Grèce, nous repérons ici une force impériale d’un côté et une sorte de guidance intellectuelle et magistérielle de l’autre. Joseph Merel ayant raison sur ce point précis, comme sur d’autres du reste : avec plus ou moins de brio, ledit duo Allemagne-France semble substituer et actualiser ces rôles respectifs (puissance de l’Empire pour l’un, magistère universitaire pour l’autre).
L’homme par excellence est aussi, certes, toujours chez les Grecs, celui qui use et suit sa raison, car suivre sa raison n’est pas tuer en soi les autres puissances inférieures (passions, corps), mais les soumettre/tempérer, canaliser leur fougue.
Et Athènes justement, a pu calmer la fougue impériale de Rome momentanément.En Europe, in fine, la priorité est donnée au modèle de l’honnête homme, des lettres classques, et de toute l’éthique qui s’en suit, faisant culminer les qualités et formant l’homme d’âge en âge : cela s’établi clairement au travers de nos Humanités latines et françaises.
Il faut donc savoir être fort tant dans sa nature, son corps et son esprit, même si la finalité absolue restera toujours la fin spirituelle du Bien commun bien sûr.
Tout comme le fait est que : l’intelligence et la culture ne valent plus grand chose, dès lors que vous n’avez plus ni sagesse ni la vertu nécessaires.-*-
Bref exposé par périodes historiques :
L’étude des différentes périodes de la civilisation européenne, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, nous permet d’observer l’évolution du modèle de l’homme européen, influencé par divers facteurs moraux et sociaux.
1. **Antiquité (Grèce et Rome)**: Cette ère met en avant l’idéal de l’homme polyvalent, incarné par le concept grec de l’**arete** (excellence) qui combine qualités physiques, intellectuelles et morales. À Athènes, par exemple, un homme idéal serait un bon orateur, un citoyen actif et un guerrier compétent. À Rome, les vertus de la virilité, de la discipline et de l’honneur étaient essentielles, encapsulées dans l’idéal de la **virtus**.
2. **Moyen Âge**: Avec l’influence croissante du christianisme, l’homme européen est souvent vu à travers le prisme de la foi et de la piété. L’idéal médiéval se divise entre le clerc, qui aspire à la connaissance et à la spiritualité, et le chevalier, modèle de courage, de loyauté et de protection des faibles, illustrant ainsi une virilité chrétienne (à la fois courtois et patriarcal).
3. **Renaissance**: Cette période marque un retour aux idéaux classiques de l’humanisme, valorisant l’éducation et la polyvalence. L’homme de la Renaissance est à la fois un artiste, un scientifique, et un explorateur, personnifiant l’**uomo universale**. Des figures comme Léonard de Vinci incarnent cet idéal d’une certaine virilité intellectuelle et esthétique.
4. **Période classique**: L’idéal de l’**honnête homme** émerge en France, prônant la modération, l’éloquence, et la courtoisie. Ce modèle valorise moins la virilité brute que l’équilibre, la maîtrise de soi et l’élégance intellectuelle et sociale qui transparaissent dans les œuvres de Molières (adoucissement relatif).
5. **Époque contemporaine**: patatrac, l’image de l’homme est plus variée, reflétant une pluralité d’identités et de rôles. Le modèle masculin peut varier largement, oscillant entre l’intellectuel, le technocrate, et l’homme sensible, souvent influencé par les mouvements féministes.
Chaque contexte historique a façonné ses propres idéaux, reflétant les valeurs et les attentes sociales de l’époque. Ces modèles continuent d’influencer la conception contemporaine de la masculinité en Europe, l’homme se comparant souvent à la prime antiquité, tandis que le fascisme, lui, allie le meilleurs des périodes passées pour les actualiser au goût du jour, dans le bon sens du terme !
IVe de couverture de « Sparte et les Sudistes » de Maurice Bardèche :
« « Ce que j’appelle Sparte, c’est la patrie où les hommes sont considérés en raison de leurs qualités viriles qui sont mises au-dessus de toutes les autres.Ce que j’appelle les Sudistes, ce sont les hommes qui s’efforcent de vivre selon la nature des choses qu’ils ne prétendent corriger qu’en y ajoutant de la politesse et de la générosité. »
Voilà expliqué, par l’auteur lui-même, le titre a priori obscur de cet ouvrage. Sparte est une idée, c’est une attitude devant la vie, le refus de la médiocrité, la reconnaissance de l’inégalité des hommes devant l’épreuve, le mépris de la mort ; c’est une image que l’on se fait de l’humain et qui doit servir de guide. Mais tous ne sont pas des héros, tous ne peuvent pas être des héros, et les Spartiates sont là pour les défendre, pour être aussi des modèles qui, à l’instar des saints pour les chrétiens, donnent la direction à suivre sans jamais juger ceux qui n’ont ni leur noblesse ni leur courage. Car l’humanité ne peut être toute spartiate ; elle a besoin du bonheur de vivre qu’incarnent les Sudistes, « cette part de l’espèce humaine qui veut […] respirer quelque chose qui ne soit pas frelaté, fabriqué, un air propre, tel qu’il était au commencement du monde ». Les Sudistes sont ces êtres lumineux qui ont fécondé l’histoire : on les rencontre chez les Gibelins, auprès des Albigeois, à Byzance… Ils sont tous ceux qui sentent une contradiction profonde entre le mode de vie qu’on tente de leur imposer et leur instinct. Le Sudiste est celui qui ne veut être ni « le triste insecte appelé travailleur » ni le Yankee qui a triomphé, et avec lui le roi dollar, « la société de consommation, la publicité, le conformisme, la monotonie, et les longues, les immenses plaines de l’ennui et de l’absurdité ».
Nous sommes chacun, un peu plus ou un peu moins, Spartiate ou Sudiste au gré des circonstances : « Que le Spartiate en nous réponde donc à l’heure du péril, et même qu’il veille toujours en chacun de nous […], mais qu’il sache qu’il n’est là que pour protéger le Sudiste en nous, pour lui permettre d’être. »
Le propos nous animent pleinement !


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