• Réponse au néopaganisme de Démocratie participative/Boris Le Lay



    Origène contre Celse : apologétique chrétienne et patriotisme romain

  • Catholicisme versus paganisme ?

    Résumé introductif

    Après avoir réagi devant l’apostasie de M. Vincent Reynouard, il nous fallait également répondre à l’antichristianisme ambiant d’un « nationaliste breton » probablement exilé au Japon.

    L’ouvrage Contre Celse d’Origène, récemment réédité sous la direction de La Caverne du Pèlerin, constitue l’une des grandes œuvres apologétiques des Pères de l’Église. Origène y répond à Celse, philosophe païen du IIe siècle, qui fustigeait violemment le christianisme tout en prétendant intégrer celui-ci dans une vision patriotique et unitaire de l’Empire romain – dernier point que semble éviter de pratiquer, le patron de la ligne éditoriale de Démocratie participative, confondant avec une grande facilité, le catholique même « traditionaliste » au moderniste, comme s’ils étaient tous des « enjuivés » totaux.

    Ce rejet, repris aujourd’hui par certains courants néopaïens, plus folkloriques que croyants de surcroît, mérite une analyse rigoureuse, bien que succincte, afin d’éclairer le rôle des chrétiens à travers Origène dans la construction intellectuelle et spirituelle de l’Église catholique dite primitive.

    Sommaire

    I. Celse et le néopaganisme : critique du christianisme et unité romaine
    II. Origène, apologiste chrétien : foi et raison contre l’odieux
    III. Un « patriotisme chrétien » face au mépris païen
    IV. Conclusion, Nouvelle droite et héritage d’Origène


    I. Celse et le néopaganisme : critique du christianisme et unité romaine

    Celse publia donc une œuvre intitulée Discours véritable contre les chrétiens (ou Logos Alēthēs), dans laquelle il attaquait frontalement le christianisme. Son œuvre, aujourd’hui globalement perdue, est connue notamment grâce à la réfutation minutieuse d’Origène et à la diffusion ignominieuse de Démocratie participative.

    Toutefois, son discours « philosophique », et « d’appel à l’unité », regorgeait d’invectives et d’attaques calomnieuses. Il traitait le Christ de « bâtard », issu de l’union illégitime entre Marie et un soldat romain, reprenant des rumeurs alimentées par des cercles hostiles au christianisme, et littéralement, celui des milieux juifs et talmudiques

    Le passage scandaleux, âmes sensibles, s’abstenir :

    « Tu as commencé par te fabriquer une filiation fabuleuse, en prétendant que tu devais ta naissance à une vierge. En réalité, tu es originaire d’un petit hameau de la Judée, fils d’une pauvre campagnarde qui vivait de son travail. Celle-ci, convaincue d’adultère avec un soldat Panthère, fut chassée par son mari, charpentier de son état. Expulsée de la sorte et errant çà et là ignominieusement, elle te mit au monde en secret. »

    Celse, Discours véritable contre les chrétiens – trad. Louis Rougier, éd. Éditions Pauvert, 1965.

    Un autre passage cité d’Origène, afin de répondre à l’accusation :

    « Votre Christ n’est qu’un imposteur né d’une prostituée, disaient-ils, et vos doctrines ne sont qu’un assemblage de mensonges et de superstitions destinés aux faibles et aux ignorants. »
    Celse, cité par Origène dans Contre Celse.

    Ce ton violent et méprisant à l’égard du Christ et des chrétiens, ces autres Christ, ne peut être accepté comme un message honnête, fut-il « unitaire ».

    Et ce discours est étrangement repris aujourd’hui par certains néopaïens, pourtant « antisémites », et notamment par les tenants de cette vision folklorique et nordique d’ailleurs, plus que gréco-romaine. Adolf Hitler avait l’intelligence d’admirer davantage l’avant-garde gréco-romaine et aryenne au premier chef, contre le « nordique » Heinrich Himmler. M. Le Lay en promouvant une imagerie païenne provoque en outre des polémiques semblables à celles de Celse, en son temps, tout en reprenant cet odieux document.

    En effet, ce « paganisme athée » se retrouve une « âme populiste et démocratique », en parlant ensuite du « cas numérique », de la loi du nombre, afin de réfuter l’existence et le poids des « catholiques traditionnels ». Seulement : combien sont-ils ces néopaïens non-païens ? Parcourent-ils les forêts d’Europe, en train de brûler des sangliers ? Ne tiennent-ils pas dans une cabine téléphonique encore plus petite ? Ils n’alertèrent d’ailleurs pas les autorités par leur seule profession de paganisme ; la raison est autre (radicalité, racisme, révisionnisme, etc). Le néopaganisme, le marteau de Thor 2.0, n’a jamais fait craindre personne, pas même les Juifs. Cela paraît plutôt carrément ridicule.


    II. Origène, apologiste chrétien : foi et raison contre l’odieux

    Origène, né vers 185 à Alexandrie, fut l’un des plus grands penseurs de l’Église primitive. Philosophe, théologien et exégète, il répondit à Celse en faisant preuve d’une érudition remarquable, défendant la foi chrétienne non seulement par des arguments théologiques, mais aussi par une profonde réflexion rationnelle.

    Dans Contre Celse, il réfute les accusations infamantes portées contre Jésus et Marie. Il démontre que ces calomnies ne reposent sur aucun fondement historique rationnel, mais relèvent de la diffamation pure et simple. Origène insiste sur la dignité de la foi chrétienne, qui n’est nullement l’affaire des faibles d’esprit, mais une véritable révélation divine, accessible et offerte à tous.

    « Si le Christ était un imposteur, comment expliquer que tant d’âmes nobles et sages, parmi les philosophes et les peuples, aient reconnu en Lui la vérité divine ? Celse confond calomnie et argumentation, mais la lumière du Verbe dissipe les ténèbres de son discours. »
    Origène, Contre Celse.

    En outre, Origène montre que, loin de s’opposer au patriotisme romain, le christianisme l’élève en lui donnant une dimension surnaturelle et universelle. Là où Celse voyait dans les chrétiens de potentiels traîtres à l’Empire, Origène affirme que ces derniers prient pour les autorités et œuvrent à la paix sociale, en conformité avec l’Évangile et sans contredire la « romanité ».


    III. Un « patriotisme chrétien » face au mépris païen

    Celse reprochait aux chrétiens de ne pas sacrifier aux dieux de Rome et d’affaiblir ainsi l’unité spirituelle de l’Empire. Origène répond que cette accusation méconnaît la nature véritable du christianisme, qui transcende les thématiques et les divisions nationales, ethniques et cultuelles pour proposer une fidélité à Dieu, ainsi qu’une loyauté sincère envers l’autorité légitime, la patrie faisant partie de l’ordre naturel voulu de Dieu, même si le patriotisme chrétien, dans l’ordre surnaturel, transcende les cultures et les races.

    Pour Origène, le patriotisme chrétien ne consiste pas à adorer les idoles de Rome, cela est impossible, mais à contribuer à son Bien commun par l’agir et la prière, la morale et l’obéissance aux lois justes (thomisme). Ce patriotisme spirituel, bien loin de menacer l’Empire, en fortifie les fondements moraux et sociaux, tentant de sauver ce qu’il restait à sauver dans l’Empire.

    Origène proclamerait presque le Christ-Roi « avant l’heure » :

    « Nous n’adorons pas les dieux de Celse, mais nous prions le Dieu véritable pour la paix de l’Empire et le salut de l’Empereur. Ce n’est pas l’idolâtrie qui préserve Rome, mais la justice et la vérité, que le Christ seul peut pleinement manifester. »
    Origène, Contre Celse.


    Conclusion, Nouvelle droite et héritage d’Origène

    La réédition de Contre Celse par La Caverne du Pèlerin est une bénédiction et une occasion précieuse de redécouvrir la richesse de l’apologétique contre les critiques païennes et de la Nouvelle droite en général. Origène répond non seulement à Celse, mais aussi aux idéologies néopaïennes contemporaines qui tentent de raviver un paganisme fictif, inexact et méprisant.

    Bien qu’Origène ne soit pas canonisé en raison de certaines spéculations théologiques jugées hétérodoxes par l’Église, son rôle dans la défense raisonnée du christianisme reste fondamental et valable. Par sa confrontation avec Celse, il a démontré que la foi chrétienne pouvait répondre aux critiques les plus virulentes en conciliant foi et raison.

    Et nous avons traité de cela, sans compter le fait, que l’Antiquité païenne a été surélevée de la grâce, par le catholicisme, notamment à travers le chrétien fidèle à Aristote, nous avons nommé le dominicain saint Thomas d’Aquin, entre autres choses. Nous y reviendrons !

    Approfondir les thèmes évoqués avec  nos productions précédentes :

    National-socialisme allemand et antiquité grecque, Jérôme et la ville de Rome, saint Augustin et l’Empire romain « républicain », saint Thomas d’Aquin et les lois bonnes/justes, Constantin et Théodose…

    Quelle place tient l’Antiquité grecque dans le National-Socialisme allemand ?

    Saint Augustin « républicain », Chrétienté et régimes politiques

    Saint Jérôme & Rome : cœur du monde classique et catholique

    L’Empereur Constantin a jeté les bases de notre civilisation chrétienne

    Saint Théodose Ier dit le Grand, empereur romain chrétien

    Importance des bonnes Lois et de la « Vertu populaire » – Thomisme

    De l’apostasie de Vincent Reynouard – Abbé Louis Arsille #CSC

    (Néo)Marcionite : naufrage théologique et imposture politique

    Manifeste pour l’Empire blanc de Démocratie Participative


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  • 11 commentaires




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