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Publié le par Florian Rouanet
Introduction
Le marcionisme, une hérésie du IIe siècle fondée par Marcion de Sinope (ou Marcion de Pont, il vécut au IIe siècle après J.-C., probablement entre 85 et 160 environ), repose sur une ruputre/séparation radicale opérée entre l’Ancien et le Nouveau Testament, ainsi qu’une opposition caricaturale entre un « Dieu cruel » du judaïsme et un « Dieu d’amour » du christianisme.
Si cette erreur théologique a été fermement rejetée par l’Église primitive, elle continue de resurgir sous des formes modernes, notamment sous des aspects néomarcionites mêlant une sorte de « complotisme-antisémite zélé ».
Et il faut s’y attarder, car ce poison s’est largement diffusé par les voix d’Alain Soral, de Laurent Guyénot ou de Claude Timmerman (CSC), mais encore d’Henry de Lesquen, entre autres choses.
Cela mérite donc une critique sans détour.
Le neomarcionite voilà l’ennemi !Sommaire
I. Lecture tronquée et manichéenne des Écritures
II. Ignorance crasse de la continuité prophétique
III. Dérive vers un complotisme antisémite facile
IV. Condamnation ferme de l’Église catholique
V. Hérésie condamnée à l’oubli
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I. Lecture tronquée et manichéenne des Écritures
Marcion prétendait que le Dieu de l’Ancien Testament, sévère et jaloux, était distinct du Dieu d’amour révélé par Jésus-Christ dans le Nouveau Testament. En agissant ainsi, il ignorait volontairement l’unité de la Révélation divine et le lien organique entre les deux Testaments, le premier annonçant le second. Pourtant, le Christ lui-même a affirmé qu’il venait accomplir la Loi et les Prophètes, non les abolir (Matthieu 5:17).
•Erreur théologique : Marcion caricature le Dieu de l’Ancien Testament en ignorant sa miséricorde et son amour manifestés dans des passages comme le Psaume 102(103) :
« Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. »•Refus de l’unité divine : Il isole artificiellement la mission du Christ en rejetant ses racines, oubliant que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes d’Israël. Le marcionisme est donc une mutilation des Écritures et une négation du Plan divin.
II. Ignorance crasse de la continuité prophétique
Marcion rejette l’Ancien Testament, pourtant indispensable pour comprendre la mission salvifique du Christ. Les prophéties messianiques (Isaïe 7:14, Michée 5:1, Psaume 22, etc.) trouvent leur accomplissement parfait en Jésus. Sans l’Ancien Testament, le Nouveau Testament perd son contexte et sa signification profonde.
C’est comme vouloir apprécier une cathédrale en ignorant ses fondations : cela relève de l’absurde. Marcion, et ses continuateurs partiels, en prétendant purger les Écritures, les a en réalité saccagées.
III. Dérive vers un complotisme antisémite facile
Certains néomarcionites contemporains, mus par un « complotisme antisémite » débile, adoptent un rejet radical de ces racines, vues comme juives, du christianisme. Cette posture complotiste, sous couvert de « pureté évangélique », dénature la foi chrétienne et reste contraire à l’Évangile.
•Le Christ et le judaïsme ancien : Jésus-Christ, en tant qu’appartenant à la lignée davidique (contrairement aux rois de France !), a pleinement intégré la Loi mosaïque tout en la renouvelant. Rejeter l’Ancien Testament revient à nier son incarnation dans l’histoire – plutôt que de parler d’enjuivement, autant ne plus s’attacher faussement au Christ par le marcionnisme.
•Une perversion idéologique : Les idées néomarcionites servent souvent de prétexte à combattre prétendument les Juifs modernes, en accusant les racines juives de tous les maux, lesquels ne peuvent se réduire à cela, car la nature humaine viciée demeure.
IV. Condamnation ferme de l’Église catholique
Les Pères de l’Église ont dénoncé le marcionisme dès ses débuts, en insistant sur l’unité des Écritures et sur la continuité entre les deux Alliances. Saint Irénée de Lyon, par exemple, dans Contre les hérésies, affirme que « les deux Testaments proviennent d’un même et unique Dieu », dénonçant ainsi l’absurdité de Marcion.
Le rejet du marcionisme est également un rappel que le christianisme n’est pas une rupture, mais l’accomplissement d’une promesse : celle de la Rédemption apportée par Jésus-Christ. Toute tentative de déformer ce message pour servir des agendas idéologiquement faux, qu’ils soient anciens ou modernes, relève de l’hérésie, de l’erreur, de l’incompréhension et de la calomnie.
Citons les Pères de l’Eglise :
1. Irénée de Lyon – Contre les hérésies (Adversus Haereses, Livre I, Chapitre 27)
Irénée critique Marcion pour son rejet de l’Ancien Testament et son dualisme.
« Marcion, pour se donner un vernis d’originalité, a coupé l’Évangile selon Luc, retranchant tout ce qui concerne la naissance du Seigneur, et il a exclu les parties où il est clairement dit que notre Seigneur est le Créateur. Il a aussi mutilé les épîtres de Paul, supprimant tout ce qui prouve que Dieu est le Créateur de ce monde. »
2. Tertullien – Contre Marcion (Adversus Marcionem, Livre I, Prologue)
Tertullien consacre une œuvre entière à la réfutation du marcionisme.
« Voici Marcion ! Plus impie encore que les païens, car il professe deux Dieux au lieu d’un seul. Il a inventé un Dieu étranger, supérieur à celui qui a créé le monde, et il ose appeler ce dernier un mauvais Démiurge. Que pourrait être plus blasphématoire ? »
« Marcion a défiguré les Écritures pour les adapter à sa propre doctrine. Mais nous conservons intact l’authentique Évangile et les paroles des apôtres. »
3. Origène – Commentaire sur l’Évangile de Jean (Livre V)
Origène met l’accent sur la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament, en réponse aux doctrines de Marcion.
« Celui qui croit que le Dieu de l’Ancien Testament est différent du Dieu du Nouveau Testament est dans l’erreur. L’unité de l’Écriture Sainte est évidente pour quiconque examine l’Évangile avec foi et raison. Marcion, en rejetant une partie des Écritures, rejette la vérité elle-même. »
4. Épiphane de Salamine – Panarion (Hérésie 42)
Épiphane décrit les hérésies, y compris celle de Marcion, et l’impact de ses idées.
« Marcion a osé couper les Écritures saintes, rejetant le Dieu de la Loi et des Prophètes, et fabriquant un Jésus sans racines historiques. Il divise Christ en deux, niant son humanité et sa véritable incarnation. »
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V. Hérésie condamnée à l’oubli
Ces gens, moyennement attirés par le christianisme, se bricolent ici une religion à la carte, leur permettant de ne point se convertir véritablement et de changer leur mauvaise vie. Nous pensons que cela constitue la raison profonde de leur choix.
Le marcionisme et ses avatars modernes, ne sont que des tentatives malhonnêtes et déconnectées, de vider le christianisme de sa substance. Qu’il s’agisse d’un rejet des racines juives ou d’un détournement idéologique, ces idées sont à la fois absurdes, non chrétiennes, et profondément dangereuses pour le Salut des âmes.
Voilà tout ce que le marcionisme rejette. Il n’a donc d’autre avenir que l’oubli qu’il mérite.
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