• Antiquités : origine primitive à l’émergence de la science historique



    Phases antiques et influence sur foi et connaissance

  • Antiquités primitive, classique & tardive

    Résumé
    L’histoire des antiquités se divise en trois grandes périodes : les antiquités primitives, fondement des premières civilisations ; les antiquités classiques, apogée culturelle et philosophique du monde gréco-romain ; et les antiquités tardives, marquées par la christianisation et l’évolution spirituelle de l’Occident.

    Au XVe siècle, la Renaissance initia un retour aux textes antiques, non seulement pour consolider la doctrine catholique, dans le meilleur des cas, mais aussi pour poser les bases de la science historique, une démarche souvent portée par des clercs, encore fidèles à leur foi.

    Sommaire
    I. Antiquités primitives : premières civilisations
    II. Antiquités classiques : épanouissement culturel et philosophique
    III. Antiquités tardives : transition vers le christianisme
    IV. Renaissance : les antiques redécouverts et l’émergence de l’histoire


    I. Antiquités primitives : premières civilisations

    Les antiquités primitives se situent principalement avant l’an 3000 avant J.-C., une époque où se développèrent les premières structures étatiques et politiques. Les civilisations mésopotamienne, égyptienne, de l’Indus et de la vallée du Huang He (Chine) posèrent les bases de l’organisation politique, religieuse (païenne) et technique.

    Ces sociétés se distinguent par une oralité dominante (tradition orale), des premiers essais d’écriture, et un rapport sacré au cosmos (ordre du monde, anthropologie).

    Extrait :
    « C’est dans la terre de Sumer que furent inventés l’écriture cunéiforme et les premiers codes de loi. Les rois y étaient vus comme les intermédiaires des dieux. »
    Histoire de l’Orient ancien, Gaston Maspero, 1875.

    Caractéristiques majeures avec exemples orientaux :

    • Mythes fondateurs (épopée de Gilgamesh, mythes égyptiens).

    • Premières traces d’écriture : tablettes sumériennes (XXIVe siècle av. J.-C.).

    • Art et architecture : ziggourats mésopotamiennes, pyramides égyptiennes.


    II. Antiquités classiques : épanouissement culturel et philosophique

    C’est la période arrivée à maturité. Les antiquités classiques (vers 800 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.) voient l’émergence des civilisations grecque et romaine, véritables piliers de la civilisation occidentale.

    Ces civilisations fondèrent des institutions politiques, développèrent des courants philosophiques et laissèrent un héritage littéraire et artistique inégalé, par rapport auquel, toute période se jauge.

    Extrait :
    « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. »
    Plaque gravée à l’entrée de l’Académie de Platon.

    Caractéristiques majeures :

    • Philosophie grecque (Socrate, Platon, Aristote).

    • Expansion romaine et son droit (Corpus Juris Civilis).

    • Littérature classique : Homère, Virgile, Ovide.

    • Épanouissement des arts : théâtre grec, sculpture hellénistique.

    Focus sur la philosophie et la religion :
    La philosophie grecque influença profondément la pensée chrétienne. Aristote, par exemple, fut étudié par saint Thomas d’Aquin pour appuyer la théologie chrétienne, intégrant foi et raison. Lecteur de Platon, saint Augustin fît de même pour l’apostolat chrétien.


    III. Antiquités tardives : transition vers le christianisme

    La période tardive (IVe-VIe siècle) marque une transition où le christianisme devient le ciment des sociétés européennes.

    L’Empire romain, déjà affaibli, adopte la foi chrétienne sous Constantin (édit de Milan, 313), avant que Théodose Ier ne la consacre comme religion d’État (391).

    Il s’agit en même temps de la transition entre Antiquité et monde médiéval (Haut Moyen Âge), où l’unité latine de la langue prévaut encore en matière d’espace et d’échanges « internationaux ».

    Extrait :
    « Faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
    Matthieu 28,19.

    Caractéristiques majeures :

    • Déclin du paganisme gréco-romain.

    • Naissance de la patristique (saint Augustin, saint Jérôme).

    • Établissement des canons de l’Église : Conciles de Nicée et de Constantinople.

    Les dernières institutions antiques furent absorbées dans le nouvel ordre chrétien, conciliant certains aspects culturels, bons et vrais, de l’Antiquité avec la doctrine de l’Église catholique.


    IV. Renaissance : Les antiques redécouverts et l’émergence de l’histoire

    L’idée n’est plus d’utiliser chrétiennement Aristote uniquement par exemple, mais bien de savoir ce qu’était l’entier personnage d’Aristote, pour ne faire mention que de lui. Avant, il y avait plutôt des chroniqueurs par exemple, faisant de l’actualité qui allait devenir de l’histoire.

    La Renaissance (XIVe-XVIe siècle), mouvement initié en Italie, est marquée par une redécouverte des auteurs antiques, motivée non seulement par une quête de savoir, mais aussi par le désir de réaffirmer la foi chrétienne.

    Avec ses gloires et ses excès, des humanistes comme Érasme, de pieux clercs tels que Marsile Ficin, et des figures comme Léonard de Vinci, étudièrent les textes antiques afin de mieux comprendre l’homme, la science, les arts et l’histoire.

    Et pour donner un exemple concret, Jean Bodin (1530-1596), penseur et juriste français de la Renaissance, écrit dans Méthode pour une histoire universelle :

    « Il est nécessaire que l’historien soit véridique et qu’il ne rapporte rien qu’il n’ait bien examiné. »

    Cette citation définit une approche critique et méthodique de l’étude historique, tout à fait contemporaine, en tant que discipline scientifique. Cela comprend l’importance de la critique des sources et de la méthodologie rigoureuse en histoire. Cet auteur a contribué, avec d’autres, à l’émergence d’une discipline historique précise, plus critique et rigoureuse, en mettant l’accent sur l’analyse philologique (étude d’une langue et de sa littérature) et la vérification des sources.

    Extrait :
    « Les œuvres de Cicéron et de Virgile, en tout leur éclat, se relèvent ici pour nourrir l’esprit et la foi. »
    Érasme, Adages (1500).

    Caractéristiques majeures :

    • Traductions des textes grecs et latins (Homère, Aristote).

    • Études philologiques et émergence de la critique historique.

    • Établissement de la science historique : analyse des sources, contextualisation.

    Loin de contredire la foi, ces travaux renforcèrent la doctrine chrétienne, tout en demeurant encore incompris, en rendant accessible la sagesse antique pour mieux glorifier Dieu, malgré certains auteurs indisciplinés (Pétrarque, Erasme) et la vilaine curiosité.


    Ainsi, des fondations des premières civilisations à la naissance de l’histoire comme science, l’Antiquité et sa redécouverte prononcée, montrent la continuité enrichissante entre héritage antique et foi chrétienne.

    « Humanisme et Théologie », saint Thomas d’Aquin par le professeur Werner Jäeger

    L’homme et la femme de la Renaissance italienne (Eugenio Garin)


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