• S’arroger sa liberté : participation ordonnée du peuple en politique



    Regard sur la participation populaire & la justice sociale chrétienne

  • Votes locaux, prise de risque, autonomie & indépendance !

    Définition :

    « Si le gouvernement est exercé par plusieurs en vue du bien commun, c’est une forme de régime appelée politié. Mais si ce gouvernement dégénère en faveur des intérêts particuliers des dirigeants, on l’appelle alors démocratie, laquelle est une corruption de la politié. »

    Saint Thomas d’Aquin in. De Regno, I, 1.

    Préambule :

    Il est un fait indéniable que l’homme est un animal social (Aristote), mais également que l’homme libre se définit par sa capacité à s’arroger lui-même son indépendance, et non par l’octroi d’un quelconque pouvoir extérieur.
    Cette quête de liberté suppose une « prise de risque » assumée, une testostérone contrôlée, une « indépendance d’esprit » forgée à la dure, mais ne doit jamais constituer un élan « anarchisant », ce qui finirait par briser toute hiérarchie légitime.
    Loin d’un chaos libertaire, l’organisation traditionnelle des sociétés européennes, assez prométhéenne, connut des formes de « démocratie » locale, ordonnée & sélective, bien différentes des utopies « universalistes » modernes.

    Nous évoquerons donc ici la place laissée par la « justice sociale chrétienne », celle-là s’ancrant dans une tradition de Bien commun hiérarchique et d’équité, loin des dogmes révolutionnaires destructeurs, personnaliste entre autres.
    En effet, ce principe, déjà présent sous le règne du « Roi Très Chrétien » Louis XVI, s’opposait à la tyrannie d’une bureaucratie froide & impersonnelle. Enfin, nous analyserons le « néo-corporatisme », les travers du « christianisme sécularisé » ou du « judaïsme sécularisé », ainsi que les dérives contemporaines du transhumanisme.

    Sommaire :

    I. « Démocratie locale » & sélection naturelle du politique
    II. Travail, propriété & indépendance populaire
    III. Justice sociale chrétienne : un équilibre entre ordre & bien divin
    IV. Les nouvelles folies doctrinales : paganisme urbain, écologisme dévoyé & transhumanisme

    I. « Démocratie locale » & sélection naturelle du politique

    À rebours de la mascarade démocratique moderne, où les « corps intermédiaires » se sont mués en castes démentiellement corrompues, ou en vide substanciel entre l’individu et l’État, la « démocratie » avait une part d’existence sous l’Ancien Régimetempérée d’aristocratie et du monarque comme doit l’être la politie grecque -, mais à une échelle locale et fondée sur des principes de sélection.
    Il n’était point question de « RIC » à la sauce « gilet jaune » des villes, qui donnerait derechef un pouvoir démesuré aux « boomers » covidistes décérébrés du système actuel.
    En réalité, dans les communes rurales et corporations de travail, ce furent les hommes complets, les pères de famille, qui prenaient part aux décisions directes et essentielles, évitant ainsi le clientélisme démagogique des édiles contemporains.

    Dans les villes, les structures variaient, certaines « constitutions locales » limitant l’accès au vote aux membres de corporations ou aux bourgeois les plus influents.
    Cette « démocratie organique », non anarchique, permettait une gestion proche, efficace et enracinée, où la responsabilité allait de pair avec l’exercice du pouvoir. Loin d’un égalitarisme absurde, l’ordre naturel imposait une hiérarchie méritocratique, plus proche d’une aristocratie élective que d’une « dictature des masses ».

    📚 À lire :

    📜 Références historiques :

    • Les statuts des corporations de Paris sous Étienne Boileau (XIIIe siècle), qui codifièrent sous saint Louis les règles de fonctionnement des métiers et leur autonomie locale.
    • Les chartes communales médiévales, instaurant une forme d’autogestion par les notables des villes. Exemple concret : Charte de Lorris (1155, France) ; accordée par Louis VII, elle servit de modèle pour d’autres villes françaises.
    • Le modèle des Républiques italiennes (Venise, Gênes, Florence), où un système aristocratique électif dominait la vie politique.
    • Les Landes Gemeind en Suisse et en Allemagne, systèmes de démocratie locale fortement structurés autour des chefs de famille.

    II. Travail, propriété & indépendance populaire

    L’un des principaux freins à la liberté populaire réside dans l’impératif artificiel de « réussite sociale ». De nos jours, l’obsession du diplôme post guerre a engendré une caste d’étudiants sans avenir concret et anémié, tandis que les métiers techniques & artisanaux manquent cruellement de main-d’œuvre, qualifiée !
    Il faudrait réduire de moitié le nombre d’universitaires, afin de réorienter la jeunesse vers des formations davantage ancrées dans le réel : techniciens, artisans, entrepreneurs, ouvriers qualifiés…

    Un peuple libre ne peut se contenter d’être un simple rouage économique : il doit être propriétaire de ses moyens de production.
    Le système actuel, basé sur la financiarisation & l’hyper-centralisation, empêche l’épanouissement d’une élite populaire et hiérarchisée, dispersant les forces saines de la nation.
    Il ne suffit pas de parler « liberté », abstraite qui plus est ; encore faut-il que celle-ci repose sur une base matérielle et immatérielle solide, autrement dit un patrimoine, un savoir-faire, une autonomie productive et une foi !

    « Alors, ils sont vraiment moines quand ils vivent du travail de leurs mains, comme nos Pères et les Apôtres. » (Chapitre 48, verset 8)

    « L’oisiveté est l’ennemie de l’âme. C’est pourquoi les frères doivent être occupés à certains moments par le travail manuel, et à d’autres, par la lecture des choses divines. » (Chapitre 48, verset 1)

    « Si quelqu’un se croit plus habile, qu’il ne s’enorgueillisse pas de son habileté ; mais qu’il considère que tout ce qu’il sait faire, il le doit à Dieu. » (Chapitre 57, verset 2-3)

    Règle de saint Benoît (ordre bénédictin).

    III. Justice sociale chrétienne : un équilibre entre ordre & bien divin

    Contrairement aux idéologies égalitaristes et matérialistes – libéralo-communisme -, la « justice sociale chrétienne » ne vise pas l’abolition des différences naturelles, mais leur harmonisation au sein d’un bien commun total et supérieur.
    Déjà sous Louis XVI (et même avant !), l’on trouvait une forme de régulation sociale respectueuse des ordres, notamment avec l’édit du 8 août 1779, où les métiers étaient protégés & encadrés par des corporations, garantissant ainsi à chaque homme une place active et digne, ainsi qu’une protection contre l’exploitation forcenée du libéralisme.

    La doctrine chrétienne place la charité & la responsabilité au cœur des relations économiques. Loin d’un capitalisme sauvage, elle refuse l’indifférence laïque d’une élite marchande et usurière abandonnant le peuple à sa misère.
    C’est un équilibre subtil qui, permettait aux sociétés traditionnelles de prospérer sans sombrer dans la tyrannie d’un État-providence maçonnico-tentaculaire.

    Oui, sans doute, s’il y a une justice sociale chrétienne, un droit social chrétien, que celte législation ait pour objet de définir et de protéger dans le contrat de travail. (…)

    Eh bien, j’en demande pardon aux juristes dont j’ai reproduit ici le langage récent, ceci est la justice sociale païenne, ce n’est pas la justice sociale chrétienne, car, dans le christianisme, la charité n’est pas de conseil, elle est de précepte. « Si votre justice n’est pas plus parfaite que celle des docteurs de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux », a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ.

    René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien. Jalons de route : 1882-1907, , éd. Nouvelle librairie nationale, 3e édition, 1917, p. 209

    IV. Les nouvelles folies doctrinales : paganisme urbain, écologisme dévoyé & transhumanisme

    Notre époque souffre d’une pathologie bien particulière : celle des « anciennes valeurs chrétiennes devenues folles ».

    Gilbert Keith Chesterton écrivait :

    « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. »
    Orthodoxy (1908).

    De fait, à force de sortir le naturel de son cadre et le surnaturel du sien, l’Occident a engendré des monstres doctrinaux :

    • L’écologisme dévoyé : en confondant le respect de la nature avec un retour au paganisme dégénéré appelé le Nouvel âge, il produit des citadins néo-druides « énamourés » des arbres & des sources, sans enracinement réel.
      Cette fusion étrange entre paganisme mystique, christianisme sécularisé & messianisme juif (un peu comme chez Freud) engendre un culte millénariste du « paradis terrestre », faisant de l’écologie une nouvelle religion totalitaire.

    • La logique darwiniste inversée : l’Occident, par excès de « politesse », en vient à légitimer son propre effacement, sa propre disparition physique. Sous couvert d’universalisme, cachant mal la traitrise, il applique inconsciemment la « survie du plus faible », érigeant sa propre disparition en vertu, sans professer aucun vitalisme, sinon celui des autres !

    • Le transhumanisme & la violence contre la nature : alors que d’un côté certains « vénèrent » la nature, d’autres, dans une impulsion plus que prométhéenne, entendent la soumettre entièrement aux caprices de la technologie.
      L’homme dit augmenté, les manipulations génétiques et ladite intelligence artificielle ne sont que les nouvelles idoles d’une modernité dévoyée, qui prétend « libérer » l’homme en le coupant de son essence, de ses attaches naturelles et légitimes…

    Σ

    Conclusion

    S’arroger sa liberté individuelle et collective est un devoir, mais cela ne saurait se faire au détriment de l’ordre. Contre tout nihilisme, la véritable indépendance s’acquiert par la maîtrise de son destin : propriété, autonomie, enracinement local et haute connaissance.

    Le « peuple » ne peut être « libre » que s’il détient les moyens de sa souveraineté économique & politique, compris dans un cadre plus large.

    Ce fut le cas anthropologique sous les sociétés antiques et médiévales, où démocratie locale & justice sociale garantissaient un équilibre subtil entre autorité & participation populaire.

    Devant les dingueries des idéologies déconnectées, il est temps de retrouver le sens du réel, du concret & d’embrasser une vision politique qui allie ordre, liberté & enracinement.

    Une bonne référence pour nous serait ici le fascisme communal des brésiliens d’avant guerre !

    Tableau du vote catholique traditionnel

    Monarchie française, père Taparelli et justice sociale (Fide Post)

    Quand Louis XVI employa l’expression de « justice sociale »

    Sachez pourquoi vous combattez avant de savoir qui vous combattez !

    Critique de l’ancien relai de ma conférence «L’unité doctrinale contre les faux amis» par les royalistes de «Christ-Roi»

    Lettres de noblesse politique, grandeur de l’action dans la Cité !

    Attitude de l’Épiscopat, votes catholiques & National-socialisme

    Un ordre politique fondé sur un suffrage restreint et organique

    Présentation de nos quatre symboles & leur signification

    L’écologisme, une imitation gauchiste de la religion catholique ?

    Management moderne & national-socialisme allemand – Johann Chapoutot

    Aristote, éclat de la sagesse illuminé par la Révélation

    Transhumanisme ou bioconservatisme ?

    Europe de saint Benoît : ponts cléricaux d’Antiquité tardive aux temps médiévaux

    Carl Gustav Jung : inconscient collectif, spiritualité et rupture avec Freud

    Personnalisme contre Bien commun

    L’Intégralisme lusitanien et brésilien devant l’universel


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 2 commentaires




    […] S’arroger sa liberté : participation ordonnée du peuple en politique […]


    Répondre

    […] S’arroger sa liberté : participation ordonnée du peuple en politique […]


    Répondre