• Un ordre politique fondé sur un suffrage restreint et organique



    Par tête de foyer, justice, maturité et mérites

  • Patriarcat, justice sociale chrétienne et enracinement national

    A la néo-table ronde du Roi Arthur II, notre auteur Augustin lança :
    « Je lance un petit débat pour connaître vos avis sur le droit de vote (cadre : que l’on soit pour ou contre et qu’il soit national ou juste local/communautaire) ; Qui, pour vous, doit être autorisé à voter (homme/femme/les deux) et surtout à partir de quel âge selon vous ? »

    Préambule :

    Plus une société est instruite, éclairée et vertueuse et plus il est possible « d’abaisser » le pouvoir à des échelons plus inférieurs de la société, lesquels se responsabilisent ainsi par eux-mêmes. Toutefois, cela doit être effectué, sans nier la primauté de l’Etat-nation – ou d’une confédération européenne, et dans le cadre d’un juste Droit international -, ce dernier, élevant le Tout/la Cité au Bien commun, comme chaque homme à sa Finalité (« double », naturelle et surnaturelle).

    Ainsi, à une époque où « l’idéal démocratique » se confond avec la démagogie, nivelant toutes distinctions naturelles et acquises, il convient de repenser l’expression du vote, sous un prisme ordonné et davantage  conforme aux exigences de la véritable responsabilité politique, laquelle n’est pas une affaire à prendre à la rigolade.

    Un tel ordre rejette ladite universalité du suffrage, non par mépris du peuple, mais par reconnaissance de la nécessité d’un cadre structurant l’accès aux décisions publiques.
    Il nous faut rétablir la juste logique dans une époque qui politise les masses, sans le soucis du bien général, ainsi en faisant de chaque individu un hooligan de ses idées plus ou moins étoffées.

    Sommaire :

    I. Le suffrage conditionné : maturité et mérite
    II. Une expression du vote ancrée dans le local et les corps intermédiaires
    III. L’autorité politique fondée sur la centralisation, puis le principe de subsidiarité
    IV. Le suffrage familial et patriarcal par tête de foyer
    V. Une justice sociale chrétienne et populaire (appuis littéraire et doctrinal)


    I. Le suffrage conditionné : maturité et mérite

    Loin de l’égalitarisme qui confère le droit de vote à toute personne atteignant l’âge fixé arbitrairement par le législateur, il s’agirait ici d’établir des critères fondés sur la maturité véritable et la contribution tangible à la cité. Nous allons nous servir de la traditionnelle loi des trois sept, que M. Pierre Sidos nous enseignait naguère.

    L’homme, dans son développement naturel, atteint différents seuils de conscience et de responsabilité :

    • À 7 ans, il acquiert la raison ;
    • À 14 ans, il entre dans l’âge de la puberté, temps des premières affirmations ;
    • À 21 ans, il devient un homme accompli, capable de porter pleinement ses responsabilités.
    • À 28 ans, il devient plus mature et a le droit à une plus grande expression politique.

    Il conviendrait donc de repousser l’âge du suffrage à 21 ans au minimum, voire davantage, si l’on exige une formation plus complète. L’élévation de l’âge voterait ainsi la nécessité d’un esprit affermi, instruit et capable de discernement.

    À cette exigence d’âge s’ajouterait celle d’une qualification intellectuelle et professionnelle. Seul un homme ayant prouvé sa capacité à servir la communauté par l’apprentissage et la pratique d’un métier – qu’il soit manuel ou intellectuel – devrait accéder au droit de suffrage. Cette exigence éviterait le règne du consommateur irresponsable et mettrait en avant les individus ancrés dans la production et la transmission des savoirs.

    Outre l’âge, la condition physique et les mérites, ajoutons dans la sous-catégorie de ce dernier, pour ne pas le réduire qu’à des diplômes ou autre papier administratif, le service rendu, objectif, guerrier pourquoi pas – et non serviles, mais libres et effectué, dans une collaboration virile en concordance avec la bonne amitié politique que nous avons moult fois évoquée dans nos colonnes.

    II. Une expression du vote ancrée dans le local et les corps intermédiaires

    Au lieu d’un vote « humaniste abstrait » et médiocre, sur des questions éloignées et très complexes, les suffrages se tiendraient au sein de cercles restreints, selon des critères naturels et fonctionnels.

    Deux sphères principales et privilégiées émergeraient :

    1. L’échelle communale : La cité ne saurait être gouvernée par des décisions venues d’entités lointaines et impersonnelles. Chaque communauté locale, enracinée dans ses traditions, ainsi que sa réalité humaine, connaissable de tous, exercerait son autonomie politique.
    2. Le cadre corporatiste : Le monde du travail, structuré en corps intermédiaires, du haut vers le bas tant qu’il est bon et juste de le faire, jouerait un rôle fondamental dans la délibération politique. Chaque profession, charnelle comme technologique, regroupée en corporation, exprimerait ses besoins et participerait à la définition des lois qui la régissent.

    Par expression locale, nous entendons aussi l’expression communale située dans des provinces charnelles (basées sur les frontières ethniques et linguistique et non de l’administratif pur ou les bourgeois/aristocrates du moment…), ou les particularismes doivent également régner, tant qu’ils ne mettent pas en danger la langue unitaires l’unité nationale et la civilisation européenne.

    Ainsi, le pouvoir politique serait à l’image du corps humain (ayant une tête au-dessus des pieds !) et du corps social : vivant, hiérarchisé et ordonné. Cela relève d’une véritable anthropologie politique, dite de droite.

    III. L’autorité politique fondée sur la centralisation, puis le principe de subsidiarité

    Tout d’abord, un État digne de ce nom ne saurait être une coquille vide livrée aux vents de l’instabilité ; il doit d’abord s’ériger en rempart solide, garant de l’ordre et de la continuité historique, avant d’accorder à sa population l’espace de respiration politique qui lui est dû. La sagesse du gouvernement réside précisément dans cet équilibre subtil entre centralisme et subsidiarité : un pouvoir fort, posé sur des fondations inébranlables, n’a rien à craindre de la délégation mesurée, au contraire, tandis qu’un État trop faible, cédant au morcellement anarchique, n’offre qu’une liberté illusoire, vouée à la désagrégation. Il appartient donc à toute autorité légitime d’abord de structurer, de consolider et d’imposer la stabilité avant de dispenser, avec prudence et discernement, une autonomie ordonnée, afin que la force de l’unité ne soit jamais un frein, mais bien un tremplin pour le développement des corps intermédiaires et la prospérité de la nation France – et par extension de l’Europe et de la civilisation.

    Ensuite, donc, pour préciser de nouveau la chose, cette organisation du vote ne se concevrait que sous l’égide du principe de subsidiarité : ce qui peut être décidé au niveau local ne doit pas être confié à un organe central. Loin du centralisme étouffant ou du chaos démocratique de masse, l’ordre politique s’édifierait sur des chefs locaux plus ou moins autonomes, reliées par un principe d’harmonie et de complémentarité.

    Enfin, un tel système permettrait de conjuguer, de façon communautaire, la responsabilité et l’enracinement, opposant à l’individualisme moderne, éclatant la structure sociale, une vision organique et hiérarchisée de la société, où chacun trouve sa place selon ses qualités, son mérite et sa fonction.

    Voir aussi :

    Autoritarisme temporaire (sur 2 générations) et refondation autonome : de la centralisation à la subsidiarité

    IV. Le suffrage familial et patriarcal par tête de foyer

    Parmis les successeurs de Lancelot, Perceval, Yvain, Gauvin et Tristan, un autre camarade relève :
    « J’imagine le droit de vote non pas comme étant lié à l’âge ou au sexe, mais à un statut social particulier : celui de chef de famille.
    Un jeune homme célibataire dispose d’une voix.
    Une jeune femme célibataire ne vote pas, car elle dépend du foyer de son père.
    Un homme marié dispose d’une voix majorée pour chaque enfant de son foyer.
    Une veuve, pourquoi pas, dispose également d’une voix majorée pour chaque enfant de son foyer.
    Évidemment, cette proposition ne vaut que pour les Français, tout étranger ou métèque en est exclu, et toutes les élections actuelles n’ont pas nécessairement vocation à être conservées. »

    Après l’idée d’aristocratie du mérite, revenons donc la notion d’un patriarcat noble, contre le féminisme et le cosmopolitisme, mais également le tout électoral en politique.

    Cette perspective replace la famille au cœur de la politique, comme au temps de l’Ancien Régime, où le recensement se faisait par foyer, révélant derechef l’esprit communautaire et organique de la société. Cette organisation assurait que le vote ne soit pas un acte individuel, mais une responsabilité collective, engageant la cellule familiale dans sa globalité et poussant à une démographie/natalité plus forte.

    En effet, à notre époque moderne, la prépondérance de l’individualisme a dilué le sentiment d’appartenance, familial, national et racial notamment. Les prénoms se sont multipliés au point qu’il n’est pas rare, sur le modèle sémitique des Ben (sans nom de famille), dans une même entreprise, de trouver quatre Julien, trois Thomas (trente Mohamed et vingt-cinq Sophie !), ne permettant plus d’identifier les gens, engendrant une confusion inédite et témoignant de la disparition de la notion de lignée familiale dans ladite opinion publique.

    V. Une justice sociale chrétienne et populaire (appuis littéraire et doctrinal)

    La justice sociale véritable ne saurait être fondée sur l’égalitarisme niveleur (entendre vers le bas en chute libre !), mais sur l’harmonie des devoirs et des droits, enracinée dans l’ordre naturel et la tradition chrétienne. Elle conjugue l’autorité légitime, la subsidiarité et la participation du peuple, loin des démagogies modernes.

    Louis XVI, dans ses réformes sociales et fiscales, chercha à équilibrer les charges entre les ordres tout en protégeant les plus humbles, manifestant ainsi l’esprit d’une monarchie véritablement populaire, bien que sur sa fin. De son côté, le Père Taparelli d’Azeglio, fondateur et propagateur du concept moderne de justice sociale, sous le Pape Léon XIII, affirmait que celle-ci ne peut exister sans une organisation structurée de la société, respectant les hiérarchies naturelles.

    Les grands penseurs ont toujours affirmé que le pouvoir ne pouvait être abandonné à la foule indistincte, ni être tyrannique en sens inverse :

    « Le citoyen, dans la pleine acception du mot, est celui qui a part au pouvoir délibératif et judiciaire. »
    Aristote, La Politique, III, 1.

    « Tant que les philosophes ne seront pas rois, ou que les rois et les princes de ce monde n’auront pas l’esprit et la sagesse des philosophes, il n’y aura pas de fin aux maux des États ni, je crois, à ceux du genre humain. »
    Platon, La République, V, 473c-d.

    Toute souveraineté doit s’exercer à l’échelle locale et organique, car :

    « La souveraineté ne peut être représentée, pour la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans l’exercice du droit. »
    Pierre-Joseph Proudhon, Confessions d’un révolutionnaire (1849).

    La formulation de justice sociale est également bien présente chez les catholiques sociaux (La Tour du Pin), ainsi que les phalangistes espagnols, témoignant de l’universalité de la chose :

    « Nous voulons implanter une profonde justice sociale pour que sur cette base les peuples reviennent à la suprématie du spirituel. »

    José Antonio Primo de Rivera, cité par Domingo Gonzalez Hernandez
    Présence de José Antonio, Les Bouquins de Synthèse nationale, 2013 (Institut l’Illiade)

    Enfin, Charles Maurras résumait ainsi l’idéal d’une justice sociale ordonnée :

    « La vraie démocratie est l’organisation des élites. »

    Ainsi, la justice sociale chrétienne et populaire ne consiste pas en un nivellement abstrait, mais en un ordre où chacun participe selon ses capacités, dans une société où la force du peuple s’unit à l’autorité légitime pour le Bien commun.

    Conclusion :

    Voilà  un exemple de « débat » constructif, non passionnel mais raisonné, entre bonnes gens, un minimum cultivées.

    Rejoignez le Clavardage intégral, la néo-table ronde arthurienne !

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    LIENS EN CORRESPONDANCE :

    DROIT DE VOTE TRADI / TABLEAU DU TRADISTAN

    Tableau du vote catholique traditionnel

    Et si l’on dressait un tableau des variantes de « catho’ tradi’ » ?

    JUSTICE SOCIALE

    Quand Louis XVI employa l’expression de « justice sociale »

    Monarchie française, père Taparelli et justice sociale (Fide Post)

    Clivage droite-gauche : une opposition périmée

    AMITIE MASCULINE

    Amitié virile dans l’Éthique à Nicomaque d’Aristote

    Männerfreundschaft ou amitié politique virile

    Traité sur l’Amitié de Cicéron : présentation & extraits

    SUBSIDIARITE / CORPORATISME / ELITISME

    Autoritarisme temporaire (sur 2 générations) et refondation autonome : de la centralisation à la subsidiarité

    Principe de subsidiarité à travers les siècles

    Le soutien total de Pie XI aux corporations sociales de l’État fasciste italien

    Roman du Roi Arthur et « mythes » unificateurs

    Réflexion et révolution IV : effondrements et chamboulements

    Comportement de l’aristocratie française avant l’éclatement de 1789


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