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Publié le par Florian Rouanet
État et tradition, Révolution et conservation : redonnons vie à l’organisme social !
Résumé introductif :
Le système n’est plus amendable ni réformable, il faut une révolution, d’une façon ou d’une autre. En effet, à la vue à la dégénérescence moderne, un retour, au moins temporaire, à un autoritarisme politique (ou dictature) devient inéluctable, afin de garantir un redressement homogène, culturel et moral puissants.
Ce passage, en partie imposée par les circonstances, permettra de refonder les remparts de la Cité en s’appuyant sur une instruction d’État rigoureuse, une cohésion familiale renforcée, et une vision organique de la vie, avant de retrouver une organisation plus détendue et décentralisée. En suivant les principes d’Oswald Spengler, plus largement, nous étudierons in fine les trois états d’évolution des sociétés, à l’image de la vie humaine, pour comprendre le cycle civilisationnel et envisager la renaissance des nations.
Sommaire :
I. Dégénérescence et nécessité d’un autoritarisme temporaire (Donoso Cortès)
II. Refondation par l’instruction et la structure familiale
III. Subsidiarité et décentralisation : vers une Europe confédérale
IV. Le cycle spenglérien : jeunesse, maturité et vieillesse des sociétés (Oswald Spengler)
I. Dégénérescence et nécessité d’un autoritarisme temporaire (Donoso Cortès)
En situation d'urgence et avec une collaboration populaire trop faible ? #DICTATURE !
La dictature a son caractère noble. La Rome antique dans des situations grave, donnait en quelque sorte les pleins pouvoirs à un Consul !
Le senatus consultum ultimum (« décret ultime du Sénat »), plus exactement senatus consultum de re publica defendenda (« décret du Sénat pour la défense de la République »), est un terme moderne basé sur la formulation utilisée par Jules César. Wikipedia
Discours sur la dictature, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 4 janvier 1849 :
« Je dis, messieurs, que la dictature, en certaines circonstances, en des circonstances données, comme celles, par exemple, où nous sommes, est un gouvernement aussi légitime, aussi bon, aussi avantageux que tout autre, un gouvernement rationnel qui peut se défendre en théorie comme en pratique. (…)
Citez-moi une société qui n’ait pas eu la dictature; citez-la moi. Voyez plutôt ce qui se passait dans la démocratique Athènes, ce qui se passait dans Rome l’aristocratique. A Athènes, ce pouvoir souverain était aux mains du peuple, et s’appelait ostracisme; à Rome, il était aux mains du sénat, qui le déléguait à un personnage consulaire, et il s’appelait, comme chez nous, dictature ». (…)
Ainsi, messieurs, la question, comme je l’ai dit, n’est pas entre la liberté et la dictature; si elle était entre la liberté et la dictature, je voterais pour la liberté, comme vous tous qui siégez dans cette enceinte. La question, la voici, et je conclus:
Il s’agit de choisir entre la dictature de l’insurrection et la dictature du gouvernement; dans cette alternative, je choisis la dictature du gouvernement, comme moins lourde et moins honteuse.
Il s’agit de choisir entre la dictature qui vient d’en bas et la dictature qui vient d’en haut: je choisis celle qui vient d’en haut, parce qu’elle vient de régions plus pures et plus sereines.
Il s’agit de choisir, enfin, entre la dictature du poignard et la dictature du sabre: je choisis la dictature » du sabre, parce qu’elle est plus noble ».Nos sociétés contemporaines, marquées entre autres par un individualisme exacerbé, un oubli d’elle même, une perte des repères moraux et une désagrégation des structures intermédiaires, semblent « irrémédiablement » condamnées à la décadence/décheance.
L’effondrement progressif des valeurs collectives, la montée des passions dissolvantes, ainsi que le mépris des traditions, ont conduit à une situation où seule une restauration autoritaire, ferme et structurée, pourra redonner à la cité son équilibre.Ce recours à l’autorité, bien que désagréable, pénible, et non seulement à « l’esprit démocratique », s’impose comme une mesure d’urgence, salvatrice.
L’expérience, ses faits historiques, montre que de grandes civilisations, à l’instar de la Rome antique sous Auguste ou de la France postrévolutionnaire de Napoléon, n’ont pu survivre aux turbulences de leur époque qu’en adoptant une direction autoritaire.
Cet autoritarisme, toutefois, ne doit pas s’entendre, comme un despotisme tyrannique ou stérile, mais plutôt, éclairé et fécond, il est entendu comme un ordre organisé, ordonné au Tout, orienté vers le Bien commun.Ce passage, « contraint et forcé », à étaler probablement sur deux générations, car il faut une vision à moyen et long termes, serait le temps nécessaire pour reconstruire les bases solides d’une nation harmonieuse. Deux institutions en particulier, l’école et la famille, doivent être remises au centre de cette refondation, et ce, dès le départ !
En effet, la société dégénérée, suicidaire et inconsciente, est actuellement en roue libre, avec, dans tous ses corps intermédiaires et institutionnelles, des boomers, fils de boomers de fidèles, et autres « Pokémon obscures métèques »…
II. Refondation par l’instruction et la structure familiale
Le rôle de l’éducation, dans ses volets étatiques et familiales, que l’on entendra ici comme la transmission des savoirs fondamentaux et des principes moraux, est crucial.
L’école d’État, redevenue un sanctuaire de l’excellence, devra inculquer les vertus de discipline, de respect et d’héritage inestimable et intemporel. Loin des dérives progressistes, machinistes et technocratiques, elle formera des esprits à la fois éclairés et enracinés, capables de saisir leur histoire, tout en bâtissant un avenir viril, équilibré.La famille, quant à elle, socle de base, devra être restaurée dans sa pleine dignité et sa vocation naturelle. Père et mère, soutenus par une politique généreuse et favorable à la natalité et à la stabilité conjugale, en faveur d’une démographie aussi forte que possible, deviendront les premiers éducateurs de leurs enfants, transmettant foi, identité et sens du devoir : ils contribueront à former des générations à la fois cultivées et profondément enracinées dans l’Ordre moral et spirituel catholique, seule voix possible pour le Salut ultime.
III. Subsidiarité et décentralisation : vers une Europe confédérale
Nation et provinces
Nous ne soutenons pas forcément le fait de bander les énergies ad vitam aeternam, car même le guerrier se repose après l’effort. Une fois ces bases refondées, incruster dans le peuple, de haut en bas, seulement là, il sera possible de dépasser le cadre centralisateur et autoritaire, pour revenir à des principes de décentralisation et de subsidiarité, plus traditionnellement aristocratiques.
Ces concepts, ce logos (!), au cœur de la pensée politique traditionnelle européenne, impliquent que chaque échelon de la société exerce les responsabilités qui lui reviennent naturellement, selon ses capacités, dans les provinces, les communes, les villages et les familles, où l’individu s’épanoui.Europe confédéral
La nation-État, conçue comme une confédération de provinces charnelles et autonomes, pourra ainsi renaître. Chaque région, commune et village retrouvera son identité propre, exprimant une pluralité qui enrichira l’ensemble.
Cela, cet état de fait, n’empêchera pas même l’existence d’une Confédération Européenne, où chaque patrie tiendra sa place dans le concert continental. Ainsi, ce modèle s’étendra à l’échelle européenne, envisagée comme une confédération de Cités libres et respectueuses de leurs racines intrinsèques.
Adieu, technocratie bruxelloise dénuée de sens et d’âme !
IV. Le cycle spenglérien : jeunesse, maturité et vieillesse des sociétés
De la sclérose au renouveau : dépasser la vieillesse civilisationnelle
La pensée du philosophe et historien allemand, révolutionnaire conserva-tueur (!), Oswald Spengler, fut auteur de Le Déclin de l’Occident (Der Untergang des Abendlandes, publié en deux volumes entre 1918 et 1922). Notre homme développe une analyse organique des civilisations, qu’il compare d’ailleurs à des organismes vivants, traversant inévitablement des phases de jeunesse, de maturité et de vieillesse, avant leur sclérose et déclin inéluctable.
Cette analogie puissante, entre cycle de vie des civilisations et celui de l’homme, expose que chaque société passe par trois étapes fondamentales :
- L’éclosion culturelle : à l’image de la jeunesse, cette phase est marquée par une effervescence créative et spirituelle. Les civilisations s’enracinent dans des symboles puissants, forgent des mythes fondateurs et bâtissent des œuvres durables.
- La maturité politique et sociale : à ce stade, les traits de la société deviennent assurés et consolidés, c’est l’âge adulte. L’organisation politique, l’art et les mœurs atteignent leur apogée, offrant au mieux un équilibre harmonieux entre innovation et tradition.
- La sénescence civilisationnelle : comme un homme vieillissant, les nations se figent dans des structures rigides et périmée, perdent leur vitalité et tombent dans une décadence inexorable. La stérilité culturelle, le désintérêt pour l’avenir et l’abandon des traditions signent leur déclin.
Nous sommes, aujourd’hui, une fois de plus, au crépuscule de cette troisième phase, sans compter les turpitudes laïcardes et séculaires, dogmatisant le profane… Les solutions précédemment évoquées, à savoir un autoritarisme temporaire suivi d’une refondation par l’éducation-instruction et la subsidiarité, visent à inverser ce déclin pour retrouver l’énergie propre aux jeunes civilisations, avec une force expression égale à la fougue du squadriste italien !
En aphorismes :
Chaque culture traverse les phases évolutives de l’homme en particulier. Chacune a son enfance, sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse. (…)
Impérialisme est civilisation pure. Le destin d’Occident est dans ce phénomène irrévocable. L’homme cultivé a son énergie dirigée en dedans, le civilisé en dehors. (…)
Le cosmos des Grecs anciens était l’image d’un Univers qui ne devient pas, mais qui est. En conséquence, le Grec lui-même était un homme qui jamais ne devint, mais qui toujours fut. (…)
Chaque civilisation naît et meurt, comme les individus. La nôtre a ceci d’unique : comme elle est consciente de son destin, elle a des chances de ne pas le subir. (…)
Le génie politique d’une foule n’est que la confiance dans le commandement. (…)
L’histoire de l’Europe occidentale est un destin voulu, celle de l’Inde un destin fortuit. (…)

Conclusion
Le retour à un autoritarisme éclairé, heurtant les sensibilités efféminées de nos jours, apparaît comme une nécessité historique afin de restaurer des sociétés en proie à une dégénérescence destructrice. Cette phase, sans doute limitée dans le temps, doit permettre de rétablir des bases éducatives, culturelles, cultuelles et familiales solides, avant de renouer avec un modèle, se permettant de « lâcher du lest », de subsidiarité et de décentralisation.
En s’inspirant de Donoso Cortès, et des cycles spenglériens, nous devons comprendre que ce processus s’inscrit dans le grand « mouvement de l’histoire », où l’épanouissement, la maturité et la décadence des nations reflètent les lois naturelles de la vie. Seule une action déterminée, ferme et orientée vers le bien commun, permettra aux nations européennes de retrouver leur jeunesse et leur vitalité, puis leur maturité, avant de devoir fleurter avec le principe de renouvellement mérélien.
De la nécessité contextuelle de la dictature selon Donosò Cortès
Monarchie pour la tradition, Fascisme pour le renouvellement (Jean-Jacques Stormay)
Saintes Ligues catholiques : défense de la Foi et émergence du nationalisme
Révolution conservatrice à l’hispanique : entre Tradition et Modernité
« Humanisme classique et noble instruction » par David Veysseyre aux Écris de Paris
Benito Mussolini sur la dénatalité blanche, document publié en 1934 par L’Osservatore Romano

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