• De la nécessité contextuelle de la dictature selon Donosò Cortès

  • La situation d’urgence telle que l’actuel abâtardissement des masses populaires, cas d’écroulement financier aggravé, de morcellement ethnique interne et de possible guerre mondiale…etc, légitime d’autant plus le fait de se poser la question de cette nécessité. Le grand catholique espagnol Donosò Cortès viendra le défendre en ce sens. La dictature est-elle nécessaire en temps de paix ? Le fascisme «bardèchois» (comme en général d’ailleurs) répond par l’affirmatif la vantant y compris dans une situation ordinaire, là où la classique monarchie offre plutôt une stabilité toute paternelle. Toujours est-il que nous concernant, nous avons besoin d’un despote éclairé pour remettre les choses en ordre. Pour ceux qui ont peur du mot même de dictature, qu’ils sachent se rendre compte que cette république démocratie électorale qu’ils subissent est d’une certaine manière une dictature : celle des partis politiques, du gros argent et des coteries judéo-maçonniques… L’humanité bien comprise ne peut faire sans diktat.

     

    Extraits du discours sur la dictature, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 4 janvier 1849, par Donoso Cortès

    « Je dis, messieurs, que la dictature, en certaines circonstances, en des circonstances données, comme celles, par exemple, où nous sommes, est un gouvernement aussi légitime, aussi bon, aussi avantageux que tout autre, un gouvernement rationnel qui peut se défendre en théorie comme en pratique. Voyez, en effet, ce qu’est la vie sociale.

    La vie sociale, comme la vie humaine, se compose de l’action et de la réaction, du flux et du reflux de certaines forces envahissantes et de certaines forces résistantes.

    Telle est la vie sociale, telle est aussi la vie humaine. Or les forces envahissantes, qu’on appelle maladies dans le corps humain, et d’un autre nom dans le corps social, bien qu’elles soient  essentiellement la même chose, ont deux états. Dans l’un, elles sont répandues çà et là dans la société et ne sont représentées que par des individus; dans l’autre, dans l’état de maladie aiguë,  elles se concentrent davantage et sont représentées par des associations politiques. Eh bien, je dis que les forces résistantes n’existant dans le corps humain et dans le corps social que pour  repousser les forces envahissantes, elles doivent se proportionner nécessairement à l’état présent de celles-ci. Lorsque les forces envahissantes sont disséminées, les forces résistantes le sont  également; elles sont disséminées dans le gouvernement, dans les autorités, dans les tribunaux, en un mot, dans tout le corps social; mais les forces envahissantes se concentrent-elles dans des  associations politiques, alors nécessairement, sans que personne le puisse empêcher, sans que personne ait le droit de l’empêcher, les forces résistantes se concentrent en une seule main. Voilà  la théorie claire, lumineuse, indestructible, de la dictature.
    Et cette théorie, qui est une vérité dans l’ordre rationnel, est un fait constant dans l’ordre historique. Citez-moi une société qui n’ait pas eu la dictature; citez-la moi. Voyez plutôt ce qui  se passait dans la démocratique Athènes, ce qui se passait dans Rome l’aristocratique. A Athènes, ce pouvoir souverain était aux mains du peuple, et s’appelait ostracisme; à Rome, il était aux  mains du sénat, qui le déléguait à un personnage consulaire, et il s’appelait, comme chez nous, dictature ».

    « Non, messieurs, le germe des révolutions n’est pas dans l’esclavage, n’est pas dans la misère; le germe des révolutions est dans les désirs de la multitude surexcitée par les tribuns qui  l’exploitent à leur profit. (Bien ! bien !) Vous serez comme les riches, telle est la formule des révolutions socialistes contre les classes moyennes. Vous serez comme les nobles, telle est la  formule des révolutions des classes moyennes contre les classes nobiliaires. Vous serez comme les rois, telle est la formule des révolutions des classes aristocratiques contre les rois. Enfin,  messieurs: Vous serez comme des dieux, telle est la formule de la première révolte du premier homme contre Dieu, Depuis Adam, le premier rebelle, jusqu’à Proudhon, le dernier impie, telle est la  formule de toutes les révolutions ».

    « La cause de toutes vos erreurs, messieurs (l’orateur s’adresse aux députés de la gauche), c’est que vous ignorez la direction de la civilisation et du monde. Vous croyez que la civilisation  et le monde avancent quand le monde et la civilisation rétrogradent. Le monde marche à grands pas à la constitution d’un despotisme, le plus gigantesque et le plus destructeur que les hommes  aient jamais vu. Voilà où vont le monde et la civilisation.
    […]Les voies sont préparées pour un tyran gigantesque, colossal, universel, immense; tout est préparé pour cela. Remarquez-le bien, il n’y a déjà plus de résistances, ni morales ni  matérielles. Il n’y a plus de résistances matérielles: les bateaux à vapeur et les chemins de fer ont supprimé les frontières, et le télégraphe électrique a supprimé les distances. Il n’y a  plus de résistances morales: tous les esprits sont divisés, tous les patriotismes sont morts ».

    « Depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour, on a discuté la question de savoir quel système vaut le mieux, pour éviter les révolutions et les bouleversements, celui des concessions ou  celui de la résistance; mais ce qui était une question depuis l’an premier de la création jusqu’à l’an de grâce 1848 n’en est plus une aujourd’hui, elle est résolue […] Que sont, messieurs,  ces gouvernements avec leurs majorités légitimes, toujours vaincues par les minorités turbulentes, avec leurs ministres responsables, qui ne répondent de rien, avec leurs rois inviolables,  toujours violés? Ainsi, messieurs, la question, comme je l’ai dit, n’est pas entre la liberté et la dictature; si elle était entre la liberté et la dictature, je voterais pour la liberté, comme  vous tous qui siégez dans cette enceinte. La question, la voici, et je conclus:
    Il s’agit de choisir entre la dictature de l’insurrection et la dictature du gouvernement; dans cette alternative, je choisis la dictature du gouvernement, comme moins lourde et moins honteuse.
    (Applaudissements sur les bancs de la majorité.)
    Il s’agit de choisir entre la dictature qui vient d’en bas et la dictature qui vient d’en haut: je choisis celle qui vient d’en haut, parce qu’elle vient de régions plus pures et plus sereines.
    Il s’agit de choisir, enfin, entre la dictature du poignard et la dictature du sabre: je choisis la dictature » du sabre, parce qu’elle est plus noble ».

    Cité in. Revue Totalité n°26, automne 1986.


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