• Lettres de noblesse politique, grandeur de l’action dans la Cité !



    Philosophie & praxis, un lien indissoluble entre formation et action

  • Définition :

    A.− Ensemble de principes, d’énoncés, érigés ou non en système, traduisant une certaine conception de l’univers, de l’existence humaine, de la société, etc., et s’accompagnant volontiers, pour le domaine envisagé, de la formulation de modèles de pensée, de règles de conduite.

    Préambule :

    Le monstre de constance que nous sommes conclu bientôt cette journée avec un nouveau papier doctrinal d'importance !

    La politique, dans son acception la plus noble, ne saurait être réduite aux gesticulations électoralistes, aux calculs partisans ni aux jeux d’appareils où le pouvoir n’est plus qu’un objet de convoitise.

    En son essence véritable, elle est l’« agir dans la Cité », c’est-à-dire l’art de structurer et d’ordonner la communauté humaine selon une hiérarchie du bien commun. Or, cet agir ne saurait se concevoir sans une formation préalable, une doctrine ferme qui éclaire l’action. En cela, la politique est inséparable de la philosophie politique, laquelle la précède comme la cause précède l’effet.

    Formation et action sont liées, c’est l’exemple de ce que l’on est par ce que l’on fait, la loi de l’acte : si bien que même fonder un foyer à son échelle organique est éminemment politique (chercher et choisir une femme, avoir une descendance, éduquer, placer sa famille dans la société, etc.).

    Le philosophe Oswald Spengler, dans Le Déclin de l’Occident, exalte la force, la discipline et la primauté de l’épée sur le livre. Pour lui, une civilisation en bonne santé repose sur l’autorité masculine et l’ordre moral, tandis que la tolérance excessive aux déviances annonce la décadence.

    Loin d’être une idée isolée, cette pensée rejoint une logique historique où les sociétés se sont toujours construites autour de l’idéal viril du chef et du guerrier, écartant tout ce qui pouvait affaiblir cette dynamique.

    Saint Thomas d’Aquin, docteur angélique, rappelle ainsi que l’intelligence doit présider à la volonté :

    « Il est nécessaire que la raison préside à la volonté. »
    (Somme théologique, I-II, q. 9, a. 1)

    Toute déviation de cette conception première entraîne une dénaturation de la politique : celle-ci, arrachée à sa racine philosophique, devient un cirque, une agitation stérile où triomphe la démagogie, fléau de la démocratie moderne.

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    Révolutionnaires parce que traditionalistes. Rebelles parce que fidèles.

    « La politique est la plus haute forme de la Charité. » — Pie XII

    Formation Intellectuelle | Hildegarde | Radio Franche

    Sommaire :

    I. Politique et philosophie : un couple indissociable
    II. L’action politique dans la sphère privée et publique
    III. Détournement médiatique et perversion du sens premier

    I. Politique et philosophie : un couple indissociable

    Loin d’être une science technique ou une simple gestion des affaires publiques, la politique est fondamentalement un acte de la raison, lequel commande l’action de la volonté. Ainsi que le rappelle Saint Thomas :

    « L’intellect meut la volonté en lui présentant son objet, qui est le bien compris sous une raison universelle. »
    (Somme théologique, I, q. 82, a. 3)

    L’homme d’État digne de ce nom ne saurait donc se contenter de l’instantanéité et du pragmatisme creux ; il doit, à l’inverse, s’appuyer sur une doctrine, une vision ordonnée du bien commun, fondée sur la nature même de l’homme et de la société.

    Cela explique pourquoi les civilisations les plus solides ont toujours lié la formation intellectuelle à la formation politique.

    • Chez les Grecs, Platon et Aristote assignaient à la cité un ordre naturel, où la politique devait être la mise en œuvre concrète d’une sagesse supérieure.
    • Chez les chrétiens, cette vision fut magnifiée de façon notable par la doctrine de Saint Thomas d’Aquin, qui harmonisa la raison et la foi en une vision organique de la communauté politique.

    II. L’action politique dans la sphère privée et publique

    L’homme ne peut être pleinement politique s’il ne commence pas par ordonner sa propre existence selon un principe de finalité. Loin d’être un exercice limité à la sphère publique, la politique commence dans le foyer : choisir une épouse, avoir une descendance, transmettre des valeurs, éduquer ses enfants et les insérer dans la société sont autant d’actes hautement politiques.

    « Toute inclination de la volonté procède d’une certaine connaissance. »
    (Somme contre les Gentils, III, ch. 10)

    De fait, l’homme politique par excellence est avant tout l’homme fait, le père de famille, celui qui gouverne sa maison selon la loi naturelle, prémisse de tout bon gouvernement étendu à la cité. L’État ne fait que refléter l’ordre ou le désordre des familles qui le composent.

    Contre l’individualisme moderne, cette conception enseigne que la politique n’est pas une simple conquête du pouvoir, mais une mission ordonnée vers un but supérieur : faire grandir une société en harmonie avec l’ordre naturel.

    III. Détournement médiatique et perversion du sens premier

    Aujourd’hui, cette vision de la politique a été travestie, corrompue par les illusions médiatiques et démocratiques où l’« opinion » se substitue à la vérité et où la volonté du plus grand nombre prime sur la raison.

    Non plus recherche du bien commun, mais agitation médiatique ; non plus ordre et justice, mais manipulation et chaos. Dans ce désordre, les masses, privées de la lumière de la sagesse, sont entraînées dans un tourbillon d’illusions, situées entre tyrannie des émotions et pulsions grégaire type Hooligan de stade de sport !

    Saint Thomas nous rappelle encore que :

    « La volonté ne tend vers son objet qu’en tant qu’il est proposé par l’intelligence. »
    (Somme théologique, I, q. 82, a. 4)

    Or, en privant les peuples de toute formation solide, la démocratie moderne a créé un monde où la politique n’est plus qu’un simulacre, une perte de temps, un maléfice et un théâtre d’ombres sans substance.

    Σ

    Vers un retour à la vraie politique ?

    Redonner à la politique sa noblesse implique de restaurer le lien entre pensée et action, entre raison et volonté. Il ne peut y avoir de redressement politique sans un redressement doctrinal préalable, une réhabilitation des principes premiers qui gouvernent l’ordre social.

    Cela commence par la formation des esprits, par l’éducation d’hommes capables de gouverner non selon les caprices du moment, mais selon la loi naturelle et la finalité supérieure du bien commun.

    En somme, il faut revenir à la source : une politique éclairée par la sagesse, ordonnée vers la vérité et incarnée dans l’action. Car c’est seulement ainsi que l’on pourra restaurer la grandeur de la Cité et mettre un terme à l’errance démocratique qui avilit les peuples.

    Pour approfondir :

    Soldat politique

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    Sachez pourquoi vous combattez avant de savoir qui vous combattez !

    Japon & femmes : tradition, modernité & politique politicienne sur la tangente

    L’ordre familial enseigné par saint Paul

    Du cocon familial au papillon

    La question de l’immigration selon Guy Debord

    De Tolbiac à Reims, Clovis et le miracle de la chrétienté – Augustin

    Une conception complète de l’homme


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