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Publié le par Florian Rouanet
L’usage des symboles en politique comme en histoire témoigne d’une transmission des idées à travers le temps, forgée par les civilisations qui les adoptèrent.
Quatre figures nous sont familières, au moins dans nos écrits récents :
le triple astérisme ⁂, le chrisme ☧, la svastika 卍 et le sigma Σ.Leur présence ne doit rien au hasard : chacune d’elles évoque une dimension essentielle de la pensée européenne, qu’elle soit chrétienne, nationale, impériale ou religieuse.
⁂
Représente la tri-unité fondamentale du monde, qu’elle soit théologique ou sociale.
☧
Est le signe de la victoire du Christ sur Constantin et de la mission divine et impériale de Rome.
卍
Ancien symbole solaire indo-européen, exprime la continuité spirituelle des peuples d’héritage « eurasiatique »
Σ
Fut l’emblème grec d’un intégralisme fascisant, réinvesti par une pensée organique, notamment au Brésil.
Ces symboles méritent d’être réexaminés à travers leur profondeur doctrinale.

⁂
I. Le triple astérisme : tri-unité & hiérarchie
Le symbole ⁂, formé de trois astérisques, est une évocation claire du principe trinitaire. Il s’inscrit dans une tradition religieuse où le nombre trois structure l’ordre divin, humain et cosmique.
Dans le christianisme, cette tripartition trouve son accomplissement dans la Sainte Trinité : Père, Fils & Saint-Esprit, affirmation centrale du dogme chrétien.
Elle est aussi présente dans la doctrine notamment médiévale qui divise la société en oratores, bellatores & laboratores, soulignant une hiérarchie organique du monde.D’autres traditions européennes rejoignent cette vision tripartite :
- Le triskel celtique, représentant les trois forces fondamentales de la nature.
- Les trois fonctions indo-européennes selon Georges Dumézil : souveraineté spirituelle, force guerrière, fécondité.
- La division anthropologique classique : corps, âme & esprit, reprise par Platon et la mystique chrétienne – notamment un père de l’Église comme saint Augustin.
Ainsi, le triple astérisme rappelle la nécessité d’un ordre structuré, où chaque fonction trouve sa place dans une harmonie transcendante.
☧
II. Le chrisme : le Christ-Roi & l’Empire chrétien
Le chrisme (☧) est l’un des plus puissants symboles chrétiens. Il unit les lettres grecques X (Chi) et P (Rho), les deux premières du mot ΧΡΙΣΤΟΣ (Christos).
Son usage fut sanctifié par l’Empereur Constantin Ier, qui, avant la bataille du Pont Milvius en 312, eut une vision céleste de ce signe accompagné de la phrase « In hoc signo vinces » (« Par ce signe, tu vaincras »). La victoire qui s’ensuivit contre Maxence marqua l’essor du christianisme dans l’Empire romain.
Le chrisme devint l’emblème des empereurs chrétiens, symbole de leur mission sacrale : défendre la foi et gouverner universellement, selon la justice divine. Dès lors, il orna :
- Les monnaies impériales, affirmant la fusion du politique et du spirituel.
- Les sarcophages chrétiens, témoignant de la victoire de la foi sur la mort.
- Les bannières et écus médiévaux, réaffirmant la vocation divine de la chevalerie.
Loin d’être un simple ornement, le ☧ rappelle que la souveraineté temporelle ne peut s’exercer sans soumission au règne du Christ.
卍
III. La svastika : lumière spirituelle indo-européenne
Le 卍 (svastika) est l’un des plus anciens symboles religieux et solaires, attesté en Europe, en Inde et en Asie, et ce, dès la préhistoire. Son étymologie sanskrite signifie « bien-être » ou « bon augure ».
Dans la tradition indo-européenne, il incarne :
- Le soleil, pivot cosmique et source de vie.
- Le mouvement des astres, assurant l’harmonie céleste.
- L’éternité, symbolisée par son tracé sans fin.
En Europe chrétienne, la svastika fut utilisée bien avant d’être reprise par les nationaux-socialistes allemands :
- Dans l’art paléochrétien, ornant mosaïques & tombes, elle symbolisait la lumière divine.
- Dans l’architecture médiévale, on la retrouve sur des fresques, églises et blasons.
- Dans les manuscrits enluminés, elle servait parfois de motif décoratif.
Ainsi, présente dans la culture, la svastika demeure un symbole de tradition, ancrée dans le patrimoine européen.
Σ
IV. Sigma : intégralisme & totalité organique
Le sigma grec (Σ) fut adopté par l’intégralisme brésilien dans les années 1930, mouvement nationaliste, inspiré du fascisme italien, hélas dans une société semi-cosmopolite, en restant profondément catholique.
Pourquoi ce choix ?
- En mathématiques, Σ signifie somme, exprimant la fusion des éléments dans une unité organique, rappelant ainsi les Faisceaux d’Action, reprenant la symbolique des licteurs romains, et donnant justement le terme de fascisme.
- Son usage traduit l’idée d’un État corporatiste et hiérarchique, où chaque citoyen joue un rôle structuré.
- Il évoque aussi la discipline et l’ordre, principes fondamentaux de l’intégralisme fascisant.
L’intégralisme lusitanien au Portugal, donnant aussi celui brésilien, ce mouvement sera dirigé par Plínio Salgado, lequel s’opposait au communisme et au libéralisme, prônant un retour aux principes catholiques et traditionnels.
Son symbole, Σ, incarne ainsi :
- Une vision organique de la société, contre l’individualisme moderne.
- Un ordre total, inspiré du catholicisme et des nationalismes.
- Une alternative aux autres emblèmes fascistes européens, s’enracinant dans l’héritage gréco-latin.
☧
Conclusion
Ces quatre symboles, issus de traditions diverses, forment un quatuor doctrinal et iconique :
- ⁂ rappelle la tripartition du monde, qu’elle soit spirituelle, sociale ou philosophique.
- ☧ consacre la victoire du christianisme sur l’Empire et la romanité, ancrant le pouvoir dans la foi.
- 卍 exprime la permanence de la spiritualité indo-européenne, en lien avec le soleil et l’éternité.
- Σ incarne une vision politique organique, opposée à l’individualisme et au matérialisme modernes.
Ces signes, loin d’être de simples ornements, ou pis des symboles contradictoires, témoignent d’une vision du monde cohérente, fondée sur l’ordre, la foi & l’héritage.
Ils continueront d’accompagner La Rédaction, comme repères immuables dans la tempête de nos temps tièdes.
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