• Oliveira Salazar : Europe, empire, éducation et races



    Supériorité civilisationelle et hiérarchies thomistes ?

  • Sommaire

    I. Impérialisme européen et conceptions des races avec Salazar

    II. Hiérarchies naturelles et morales selon l’Aquinate

    I. Impérialisme européen et conceptions des races avec Salazar

    A. Salazar par Jacques Ploncard d’Assac

    « Que l’on ne me taxe pas de racisme si je dis que les Noirs n’ont pas les mêmes aptitudes que les Blancs. Les Noirs ont besoin d’être encadrés. J’ai un exemple tout à fait significatif auprès de moi. L’un de mes médecins est un Noir, originaire d’Angola. Il a accompli de très bonnes études à la faculté de Lisbonne avant de s’y fixer. Marié à portugaise blanche dont il a plusieurs enfants, il est reçu partout dans la société. »

    « Dans les races, il y a deux sortes de défauts : les défauts naturels et les défauts incrustés, qui sont surtout des vices d’éducation, de mentalité. Or, s’il est presque inutile de faire la guerre aux premiers, il n’est pas impossible de liquider ces derniers. »

    « Dans le fond, en cette époque où l’on invoque de tous côtés la non-discrimination raciale, ces mouvements [antiracistes], […] sont surtout basés sur la race, sur la couleur, et menacent de se dresser en bloc contre la civilisation occidentale… »

    Jacques Ploncard d’Assac : Salazar, édition Dominique Martin Morin, (2016)

    Le chef de l’Estado Novo n’a pas professé un racisme radical comme on le constate. Toutefois, cela ne lui empêche pas de faire des constats complètement non conformistes. Et de plus, il a vu l’antiracisme dès le départ comme un mouvement anti-Blancs, ce qu’il est.

    B. Doctrines du nationalisme par Jacques Ploncard d’Assac

    Il est plutôt question ici de la conception civilisationnelle, faite de supériorité, pensée par Oliveira Salazar et commentée par Jacques Ploncard d’Assac :

    Salazar a toujours manifesté une conscience très vive de la valeur de l’Occident. C’est en termes durs qu’il constatera : « Il semble que l’Europe se sente aujourd’hui honteuse et repentante des actions de ses Navigateurs et de la haute pensée qui les guidait, et qu’elle s’efforce le plus discrètement possible d’en effacer les vestiges. »

    « La vérité cependant est que le progrès se mesure, partout, aujourd’hui encore, au degré d’occidentalisation atteint et que les régressions se manifestent en sens contraire » (56).

    L’Europe « tragique et glorieuse » lui a inspiré des pages qui sont des plus passionnées de son œuvre d’ordinaire si pondérée :

    « On ne saurait, dit-il, qualifier de préjugé racial la constatation d’un fait historique tel que la supériorité très marquée de l’Européen dans la tâche de répandre la civilisation parmi les peuples de la terre » (57).

    Et pourtant, il a peur de devoir prononcer le fatal aveu de la décadence, ce « finis Europe » des démissions définitives.

    « Lorsque je réfléchis sur la crise intérieure et extérieure que traverse notre Civilisation, dit-il, je ne suis assailli par aucun doute quant à la valeur universelle de ses principes », mais ce qui l’inquiète, c’est qu’on ait « ça et là, perdu la foi dans sa supériorité intrinsèque » et que l’on se comporte parfois « comme si ces conflits de civilisations n’étaient placés que sur le plan des discussions philosophiques, au sein de doctes académies. »

    L’Europe lui paraît « fatiguée de sa propre grandeur ». Il la voit éprouver « la peur de la vie et la peur de se battre pour défendre la dignité de cette vie », et il a « peur de cette peur » (58).

    Il voit une Europe, « par une espèce de lâcheté collective », sembler « avoir honte de l’havre qu’elle a réalisé », un Occident qui a perdu malheureusement le courage d’affirmer sa supériorité » (59).

    Sources :

    (56) Oliveira Salazar, Discours du 12 avril 1954,
    (57) Oliveira Salazar, Discursos.., t. IV, p. 419 (25 juillet 1949).
    (58) Oliveira Salazar, Discours du 8 décembre 1936.
    (59) Oliveira Salazar, Discours du 30 mai 1956.
    (60) Oliveira Salazar, Discours du 30 novembre 1954.
    (61) Ibid.
    (62) Oliveira Salazar, Discours du 30 mai 1956.
    (63) Ibid.

    C. Fibres raciale, sociale et morale ?
    [Notre commentaire]

    Races

    Salazar était loin d’être naïf sur la question raciale, comme en témoigne ces quelques citations… Salazar avait mis en place une politique d’intégration des Africains, notamment en se servant d’Eusebio pour faire sa propagande (« la Panthère Noire », une légende du football portugais).

    Ainsi, si Salazar accepte volontiers les notions de hiérarchies et de supériorité civilisationnelle, il ne promeut pas une politique raciste, au contraire, par impérialisme, il propose un genre d’assimilationnisme, notamment par rapport aux détentions portugaises : l’Angola, le Mozambique et le Cap-Vert.

    La citation complète de l’ami nègre qu’il mentionne est que, ce dernier, avait un frère, qui, après avoir passé quelque temps en Afrique, était devenu polygame et avait pris pour habitude de manger avec les doigts. Salazar en concluait que cet homme avait oublié la civilisation qui l’avait élevé au-delà de ses gènes…

    Morale

    Salazar a fait un concordat en 1933. C’était un économiste de formation. Il a été professeur à l’université de Coimbra. Il était partisan d’un régime corporatiste, car il était à la fois opposé au socialisme et au libéralisme – nationalisme classique !

    Discours prononcé par le Pape Pie XII le 20 octobre 1940, lors de la présentation des lettres de créance de l’ambassadeur du Portugal près le Saint-Siège, S.E. M. António Faria Carneiro Pacheco :

    « Le Seigneur a donné à la nation portugaise un chef de gouvernement qui a su conquérir l’amour de son peuple et spécialement celui des classes les plus pauvres. Je le bénis de tout cœur pour qu’il puisse mener son œuvre de restauration nationale. »

    Vatican, VA

    Sociale

    Le peuple profond n’a pas vu sa condition de vie s’améliorer considérablement. Pourtant d’extraction pauvre, Salazar n’avait pas vraiment de passion sociale, de fibre sociale. Il n’en restait pas moins un brillant technicien de formation.

    De quelques citations supplémentaires :

    Sur la famille : « Nous ne discutons pas la famille. Quand la famille se défait, la maison tombe en ruine. »
    Evene

    Sur la liberté et la vérité : « Il ne peut y avoir de liberté contre la vérité, il ne peut y avoir de liberté contre l’intérêt commun. »
    Evene

    Jacques Ploncard décrit Salazar comme « l’homme d’État le plus silencieux d’Europe ».
    Librairie Française

    Jacques Ploncard: « Jusqu’à la fin, Salazar a maintenu le Portugal, son empire, ses traditions, sans un écart, sans hâte. »
    Chiré

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    II. Hiérarchies naturelles et morales selon l’Aquinate

    Complétons notre propos avec un florilège thomiste à propos de la force des lois, ainsi que de la hiérarchisation, naturelle et morale, des groupes humains :

    (Somme théologique, Ia, q. 96, a. 4) :

    « L’inégalité parmi les hommes découle de leur nature et de leur fin, car certains sont mieux disposés à commander, d’autres à obéir. Cela est conforme à l’ordre voulu par Dieu, car tout dans la création est ordonné. »
    (De Regno, livre I, chapitre 15) :

    « Les peuples qui vivent sous des lois éclairées par la lumière de la raison ou par la loi divine sont plus parfaits que ceux qui sont régis seulement par des coutumes barbares. »
    (Somme théologique, Ia-IIae, q. 95, a. 4) :

    « De même que dans le corps humain, la diversité des membres et leurs fonctions est ordonnée à la perfection du tout, ainsi dans la société humaine, la diversité des conditions et des rôles contribue à l’ordre et à l’harmonie. »
    (Somme théologique, Ia-IIae, q. 95, a. 2.)

    « Toute loi humaine a raison de loi dans la mesure où elle dérive de la loi naturelle. Mais si, en quelque point, elle s’écarte de la loi naturelle, elle ne sera plus une loi, mais une corruption de la loi. »
    (Somme Théologique, Première partie de la seconde partie, question 95, article 2)

    « Il est nécessaire qu’il existe une certaine inégalité parmi les hommes, en raison de la diversité des fonctions requises pour le bien de la société. Car, de même que dans le corps, les membres ne sont pas tous identiques mais ont des rôles divers pour contribuer à la vie de l’ensemble, ainsi en est-il dans la société humaine. »
    (Somme Théologique, I, q. 96, a. 3)

    « L’ordre hiérarchique est une imitation de l’ordre céleste, où les anges eux-mêmes sont disposés en divers degrés. Cela manifeste la perfection de l’univers et l’harmonie voulue par Dieu : que les supérieurs guident les inférieurs et que les inférieurs obéissent aux supérieurs pour parvenir à une unité dans la diversité. »
    (Somme Théologique, I, q. 108, a. 1)

    « La subordination des inférieurs aux supérieurs est ordonnée par la Providence divine, car elle favorise la paix et l’harmonie parmi les hommes. L’autorité n’est pas un mal en soi, mais un bien, pourvu qu’elle soit exercée avec justice et orientée vers le bien commun. »
    (De Regno, Livre I, ch. 1)

    « Toute inégalité parmi les hommes ne relève pas de l’injustice. Au contraire, l’inégalité fondée sur les vertus ou les mérites est conforme à la justice distributive, qui attribue à chacun selon ce qui lui revient. Ainsi, dans une cité bien gouvernée, ceux qui sont les plus sages ou les plus vertueux sont appelés à gouverner. »
    (Somme Théologique, II-II, q. 63, a. 1)

    « Il convient que les hommes, en tant qu’êtres sociaux, soient soumis à une autorité qui les dirige vers le bien commun. Cette soumission n’est pas une dévalorisation de leur dignité, mais une participation à un ordre plus parfait, établi par la Sagesse divine. »
    (Somme Théologique, I-II, q. 90, a. 2)

    « Dieu a permis qu’il existe une diversité de nations et de peuples pour manifester la richesse de sa création. Chacune, selon ses dons particuliers, contribue à la gloire de Dieu et au bien commun de l’humanité. Cependant, cette diversité n’exclut pas la nécessité d’une autorité universelle pour maintenir l’unité dans la paix. »
    (De Regno, Livre I, ch. 15)

    « Dans l’ordre de la nature, comme dans celui de la grâce, les hiérarchies sont établies par la Providence divine pour conduire toutes choses à leur fin dernière. Ainsi, les supérieurs aident les inférieurs, non pour les opprimer, mais pour les élever. »
    (Somme Théologique, I, q. 103, a. 3)

    « La perfection de la société réside dans l’unité d’un ordre juste, mais cette unité est obtenue par la coordination harmonieuse de diverses fonctions et états. Cela reflète la sagesse divine, qui agit dans le monde avec un ordre parfait. »
    (Somme Théologique, II-II, q. 58, a. 5)

    Races dans le plan divin – Mgr Lefebvre

    Dieu, diversité des races, préservation et Salut des âmes

    La race, extraits divers de Walter Darré – Augustin

    Analyse mesurée à propos de mon exposé « La race d’un point de vue catholique » (par Milites Virginis Mariæ)

    Matière et Forme 1/2 – Essence, puissance/acte, État/peuple, homme/femme

    L’hitléro-thomisme n’est pas un mème : la pensée d’Hitler proche de l’aristotélo-thomisme

    Évolution et constance de la notion de « race » en Occident


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